mercredi 18 février 2015

L’INFATIGABLE ET GRAND MILITANT SMAIL BELLACHE DIGNEMENT ENTERRÉ PAR LES SIENS

18/02/2015 - 17:25

LOUTA (SIWEL) — Smail Bellache, infatigable militant de la cause amazigh et compagnon de route de feu Mohand Arab bessaoud, s’est éteint à la suite d’une longue maladie. Son décès est survenu à l’âge de 69 ans dans un hôpital parisien le 10 février 2015. Son enterrement a eu lieu au cimetière de son village natal à Louta (Chemini-Vgayet). Il a été dignement accompagné à sa dernière demeure par le peuple kabyle reconnaissant en lui, l’un des meilleurs de ses enfants.


l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

Smail Bellache, figure de proue de la cause amazighe, est né le 21 août 1949, à Louta. Son intérêt pour sa langue et à sa culture se manifeste dès son plus jeune âge. À l’âge de 17 ans il embarque pour la France et y rencontre ses compagnons de lutte à l’image de Mohand Arab Bessaou, Hanouz Mohand Said et marguerite Taos Amrouche. 

C’est avec ce groupe que l’Académie Berbère Agraw Imazighen sera fondée en 1967, au domicile de Taos Amrouche. Il participera à toutes les œuvres et à toutes les luttes de l’Académie berbère de sa création en 1967 jusqu’à 1977. De 198 à 1972, c’est lui qui administre les cours d’histoire et de langue et c’est encore lui qui contribue à simplifier l’usage des Tifinagh. 

Smail Bellache collaborait également à la publication de la revue de l’Académie ainsi qu’aux recherches menées par le CNRS avec ses amis Bounab Mustapha, Salem Ould Slimane et Abdenour Kessili. Il a également traduit et adapté de nombreux textes de la littérature classique universelle, tels que « Le corbeau et le renard » de Jean de la Fontaine, devenu en kabyle « Agerfiw akwed ubaragh » et que l’immense Mohya a inséré dans sa pièce de théâtre « SINISTRI ». 

Dda Smail, était un grand militant, son apport a été considérable pour sa langue et sa culture mais il a tenu à toujours rester modeste, lui qui considérait qu’il n’avait que ce qu’il devait faire. Reste aux autres, notamment les éditeurs kabyles, de faire ce qu’ils ont le devoir de faire…à savoir éditer et rééditer les travaux et les recherches de Dda Smail. 

Ci-après quelques photos de son enterrement, reprises à partir des publications des internautes kabyles sur les réseaux sociaux. 

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

l’infatigable et grand militant Smail Bellache dignement enterré par les siens

dimanche 15 février 2015

Nabila Djahnine, l’éternelle combattante | Tamurt.info

Assassinée le 15 février 1995 à Tizi-Ouzou
Nabila Djahnine a été assassinée le 15 février 1995 à Tizi Ouzou par un groupe terroriste Islamiste.  Militante féministe, cette femme battante a payé, malheureusement, de sa vie sa lutte pour le droit des femmes en Algérie.
15/02/2015 - 18:02 mis a jour le 15/02/2015 - 17:59 paGaya B

Elle avait 30 ans lorsque les balles assassines et l’obscurantisme l’ont achevé. Depuis novembre dernier, une polyclinique porte son nom à Tizi-Ouzou. Nabila Djahnine était étudiante à l’université de Tizi-Ouzou. Féministe convaincue, elle s’est engagée contre le code de la famille, voté en 1984 et toujours en vigueur en Algérie. Elle était une femme rassembleuse et courageuse.
Nabila avait animé le Collectif d’étudiantes, en 1988 à Tizi Ouzou, puis à l’association « Tighri n’Tmettuth », créée en 1990 et qu’elle a présidé. Nabila Djahnine était diplômée de l’institut d’architecture. « Son engagement forçait le respect. Bien qu’inscrite au Groupe communiste révolutionnaire (GCR) puis au Parti socialiste des travailleurs (PST) », témoigne-t-on. Elle avait milité dans le Mouvement culturel Berbère (MCB).
Elle est née en 1965 à Vgayet.
L’association « Thighri n tmetut » (Cri de femme), qu’elle présidait « tentait de libérer les femmes de la prison dans laquelle les avaient enfermées le code de la famille de l’état algérien en leur offrant la possibilité d’avoir des activités dans les espaces publics ».

Gaya B

VINGTIÈME ANNIVERSAIRE DE L'ASSASSINAT DE LA KABYLE NABILA DJAHNINE PAR LES ISLAMISTES ALGÉRIENS

15/02/2015 - 02:43

VGAYET (SIWEL) — Un hommage sera rendu à Vgayet ce dimanche 15 février à Nabila Djahnine, militante féministe et architecte kabyle, assassinée par les islamistes algériens le 15 février 1995 à Tizi Wezzu. Elle n'avait que 30 ans.


Nabila Djahnine, kabyle assassinée par les islamistes algériens le 15 février 1995. (PH/DR)
Nabila Djahnine, kabyle assassinée par les islamistes algériens le 15 février 1995. (PH/DR)
Une veillée commémorant le vingtième anniversaire de la disparition de la militante féministe et de toutes les causes justes, lâchement assassinée par les hordes islamistes, sera organisée dimanche 15/02/2015 à partir de 18h30 à Vgayet, à la Place de la Liberté d'expression Said Mekbel (une autre victime kabyle du terrorisme islamiste algérien). 

Nabila Djahnine, est née en 1965 à Vgayet (Bougie, Béjaia). Elle 

Nabila Djahnine, était architecte diplômée de l’institut d’architecture de l’université de Tizi Wezzu, elle présidait l'association "Thighri n tmetut" (Cri de femme), une association qui tentait de libérer les femmes de la prison dans laquelle les avaient enfermées le code de la famille de l'état algérien en leur offrant la possibilité d'avoir des activités dans les espaces publics. Elle avait également milité dans le Mouvement culturel Berbère (MCB). Son association activait dans plusieurs villages du département de Tizi-Ouzou en Kabylie. 

Depuis 1999, la loi de « grâce amnistiante » contenue dans la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale", que Bouteflika a faite voter, accorde l'impunité aux terroristes de la" décennie noire" sous l'ère de la "concorde civile" des islamistes avec leurs géniteurs sur le dos de leurs victimes communes. 

wbw 
SIWEL 150243 FEV 15

mercredi 11 février 2015

Matoub lounes une chanson inédite qui n'a pu enregistrée

  REPOSE EN PAIX DJAMILA !

Enterrement de Djamila Moula ce mercredi à Tawrirt Musa Waɛmar

11/02/2015 - 06:25

AT DWALA (SIWEL) — L'enterrement de Djamila At Si Mesɛud (Moula), décédée à Marseille samedi dernier aura lieu ce mercredi 11 février 2015 à partir de 12h30 dans son village natal de Tawrirt Musa Waɛmar de la confédération des At Σïsi.


Djamila, la muse du rebelle kabyle Lounès Matoub (PH/DR)
Djamila, la muse du rebelle kabyle Lounès Matoub (PH/DR)
L'enterrement de la première épouse de Matoub Lounès, décédée en France, à l'âge de 50 ans, aura lieu au cimetière de Timezguida (Tmanedalt n Tmezgida). 

Le village est accessible par la route qui relie At Dwala au lieu-dit Akal Averkan et par la RN30 au niveau du barrage de Taqsevt. 

wbw 
SIWEL 110625 FEV 15 

Le village de Tawrirt Musa Waɛmar, Kabylie (PH/DR)
Le village de Tawrirt Musa Waɛmar, Kabylie (PH/DR)

lundi 26 janvier 2015

Les détracteurs du rebelle s’autoproclament héritiers de son combat | Kabyle.com

Les détracteurs du rebelle s’autoproclament héritiers de son combat
Soumis par Balak.A le lun, 2015-01-26 12:42
         

L’hommage du cinquante neuvième anniversaire de la naissance « du rebelle » à Tawrit Moussa Ouamar, dans la région d’Ath Douala un certain 24 janvier 1956, a été célébrée samedi dans plusieurs institutions culturelles étatiques par « officiels », loin des siens avec qui’il avait partagé son noble combat. En conséquence, la mémoire du chantre de la chanson engagée d’expression kabyle, militant aguerrie de la cause identitaire, laïque, démocrate et progressiste, a été squattée chapeautée, bafouée voir monopolisée par les détracteurs jurés d’hier qui ont combattu les idées de l’artiste durant son vivant.

En effet, des conférences débats, meetings, festivités, témoignages vénérations ont été organisées à la capitale de DjurDjura en présence d’une foule nombreuse, composée essentiellement des anti Matoub. Habillés en costumes cravates, fidèles à leur langue de bois, sans scrupule, ni conscience encore moins de regrets, les ennemis de l’artiste ont osé célébrer la mémoire d’un grand homme de tous les temps qui leur appartenait pas. Plus grave, des fleurs ont été déposées sur sa tombe par ces derniers qui s’autoproclament « héritiers » du combat de l’ icône du peuple kabyle, qui a bataillé toute sa vie contre la hogra, répression, l’impunité, le régime tyrannique et la dictature.

Habitués, à des méthodes diaboliques et sataniques pour détourner l’histoire et satisfaire leurs seigneurs « les faux kabyles- valets des arabos islamo baathistes » n’ont qu’un seul objectif, déshabillée, déracinée et décapitée la kabylie de son identité. Après, « l’islamisation, l’arabisation, la légitimité historique, famille révolutionnaire, falsification de l’histoire et Algérie pays Arabo Musulman », c’est au tour de convertir la Kabylie en « péninsule arabique ».



En revanche, pour calmer les esprits de certains peusodos activistes culturalistes versatiles « dits kabyles », les autorités locales n’ont ménagées aucun effort pour autoriser et financer certaines manifestations, meetings et autres activités à des associations culturelles proche du pouvoir de célébrer la naissance de l’artiste.

Chagrinée, attristée, révoltée et consternée par l’audace abjecte des domestiques d’un régime pervers, immoral qui ont le culot d’encrasser la mémoire d’un homme qui a lutter toute sa vie contre les forces du mal, la population s’interroge, s’inquiète et très soucieuse quant à l’avenir de la kabylie, elle se demande où sont cachés les militants, intellectuels, artistes, hommes de cultures, universitaires, leaders politiques, fondation Matoub et autres « démocrates ». Sont-ils aveugles ? Incapable d’agir ? Démissionnaires ? Laxistes ? Où amnésiques ? Une chose est sure, le moment de vérité viendra certainement un jour ! La chanson préférée de l’idole du peuple est sans doute « D’aghouru » !

B.A.

dimanche 25 janvier 2015

«Je suis toujours Matoub» - La Dépêche de Kabylie

La Kabylie commémore, aujourd’hui, le 59e anniversaire de la naissance du rebelle

«Je suis toujours Matoub»

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Parmi les personnes à qui Aït Menguellet s'est identifié, dans le contexte du "Je suis Charlie" qui a coïncidé avec son gala du 11 janvier dernier au Zénith de Paris, il y a le nom de Matoub Lounès.
Ce dernier a été joint à Tahar Djaout, Saïd Mekbel, Smaïl Yefsah et tous ceux qui ont été ciblés par les balles assassines, pour ceux qu'ils représentent sur le plan culturel, intellectuel, symbolique et de lutte identitaire. Il fait partie de cette élite décapitée par la bêtise humaine. Une bêtise "infinie comme l'univers", précise le chanteur Idir, en citant le grand Einstein, toujours à l'occasion des attentats de Paris de la première semaine du mois de janvier. La bêtise qui a mis fin à la vie de Matoub Lounès, un certain 25 juin 1998 à Tala Bounane, n'est sans doute pas si "bête" que cela, oserions-nous dire. Car, elle s'en est prise à un symbole immense, l'un des rares qui fût en communion complète, charnelle, avec la société kabyle, dans un moment où les repères commençaient sérieusement à se brouiller, où les partis politiques s'étaient montrés inefficaces, où les associations étaient neutralisées et où presque tous les médiateurs culturels, portant les espoirs et les malaises de société, étaient "clientélisés". Né le 24 janvier 1956, Matoub se fera connaître presque "en déboulant", c'est-à-dire d'un seul coup, à partir de la fin des années 1970. À la veille du Printemps amazigh d'avril 1980, Aït Menguellet, Idir, Ferhat Imazighène Imula et d'autres ténors de la chanson kabyle à texte, furent rejoints par Matoub. Son nom s'imposa rapidement. Il apportera un autre style chanté par une voix rocailleuse et disant les choses sans détour. Il ira droit au cœur de la jeunesse, assoiffée de vérités et de vivre son identité sans complexe. Pendant vingt ans, Matoub déroulera sa saga poétique, accompagnant la jeunesse dans toutes espérances de promotion sociale, de reconnaissance identitaire et d'émancipation politique. Il paya le prix fort de son courage et de sa ténacité, non seulement en étant censuré et "ostracisé" des médias officiels, mais en recevant à deux reprises des rafales de kalachnikov (octobre 1988 et juin 1998) dont la seconde lui fut fatale. Ce prix, on est tenté de lire dans ses chansons, qu'il le voyait venir, étant conscient du combat qui fut le sien, par lequel il porta les revendications historiques de la société tendant à réhabiliter la citoyenneté dans sa dimension intégrale: politique, culturelle et sociale. Il pourfendra les politiques, les militaires, le système policier, la médiocrité de l'école, l'intégrisme islamiste et tous éléments de la stérile régression qui ont affecté la société algérienne dès le lendemain de l'Indépendance du pays. Mieux, il fouinera même dans la période de la guerre de Libération, précisément dans les "purifications" qui s'y étaient produites pour y trouver les germes de nos futurs malheurs. La vie de Matoub se confondra avec le combat quotidien mené par toute la société, et ce, non seulement en se lançant de tout son poids sur le terrain des luttes, mais également dans le teneur de plusieurs de ses textes, où la frontière entre la vie réelle du chanteur, la création artistique et le combat de la société est presque effacée, donnant l'impression d'une épopée générale. Dans la longue chanson "A tarwa lhif" (1986), ce brassage est sans doute plus visible qu'ailleurs. Se mêlent alors les scènes de la vie privée, le bréviaire des errements du pouvoir politique, l'arbitraire dans la gestion du pays, les leçons et la philosophie de la vie. Avec les textes d'Aït Menguellet, de Ferhat, d'Idir et d'autres chanteurs qui ont fait de l'engagement une valeur exactement aux antipodes de l'"encagement" et de l'embrigadement recherché et encouragé par le pouvoir politique de l'époque, la chanson de Matoub s'inscrit dans cette épopée de remise en cause de l'ordre établi sous toutes ses déclinaisons: politique, sociale, philosophique et culturelle. Sa présence avait une telle prégnance que les vingt ans pendant lesquels il avait produit ses albums étaient vus et vécus comme un demi-siècle, sinon plus. Et dire que, à sa mort, Matoub n'était âgé que de 42 ans. Parti au moment où il pouvait donner davantage, en pleine maturité, à l'image de Mouloud Feraoun, un enfant de Béni Douala ayant, lui aussi, reçu une rafale de balles 36 ans auparavant, et de Tahar Djaout, en 1993, Matoub Lounès demeure plus vivant que jamais auprès d'une jeunesse qui n'a pas eu le privilège de la connaître de son vivant; une jeunesse pour laquelle le verbe de Lounès se conjugue toujours au présent et surtout au futur. Un verbe portant dans sa trajectoire les dimensions de Tamazight, de la démocratie, des droits de l'homme, de l'État de droit, de la justice sociale; autant d'idéaux pour lesquels des luttes sont menées depuis des décennies et dont les territoires se gagnent progressivement, malgré l'infortune des jours et l'adversité du moment. On a pris l'habitude de nous plaindre parfois du retard que l'on met à rendre hommage à un artiste ou un écrivain de valeur, jusqu'à ce que sa mort vienne nous surprendre dans notre torpeur. Matoub en a parlé dans "A tarwa l'hif": "C’est après qu’il meurt qu’on accorde à l’homme sa valeur". Cependant, il se situe à mille lieues d'une telle situation, sachant que la reconnaissance de Matoub s'est établie de son vivant dans une légendaire communion avec la jeunesse kabyle, et continue à être alimentée par les nouveaux combats et défis de la société.
Amar Naït Messaoud

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Inédit Matoub Lounès nous livre ses pensées sur Radio Beur.

samedi 24 janvier 2015

matoub lounes sa meilleur chanson

24 janvier 1956 : naissance de Matoub Lounès, chanteur, poète, « Algérien, Berbère, et laïc » 

A l'âge de neuf ans, il fabrique sa première guitare à partir d'un bidon d'huile de moteur vide, et compose ses premières chansons durant l'adolescence. Sa prise de conscience débute lors de la confrontation armée entre les Kabyles et les forces gouvernementales en 1963-1964. En 1968, le gouvernement algérien introduit une politique d'arabisation dans le système éducatif au détriment du berbère. Matoub réagit en n'allant plus à l'école. Finalement, il quitte le système éducatif et devient autodidacte. En 1978, il émigre en France.

A Paris, Matoub Lounès anime des soirées dans des cafés parisiens fréquentés par la communauté kabyle. C’est là qu’ Idir le remarque et l’aide à enregistrer son premier album, Ay Izem, qui remporte un grand succès. En 1980, il se produit pour la première fois à l’Olympia en plein pendant les évènements du printemps berbère. Il monte alors sur scène habillé d’une tenue militaire pour manifester son soutien aux manifestants kabyles.
Depuis la sortie de son premier album Ay izem (Ô lion), Matoub Lounès célèbre les combattants de l’indépendance et fustige les dirigeants de l’Algérie à qui il reproche d’avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d’expression. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue berbère, il est grièvement blessé par un gendarme en octobre 1988. Il raconte sa longue convalescence dans l’album L’Ironie du sort (1989).
Opposé à l’islamisme et au terrorisme islamiste, il condamne l’assassinat d’intellectuels. Il est enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA (Groupe Islamique Armée), puis libéré au terme d’une mobilisation de l’opinion publique de la communauté kabyle. La même année, il publie un ouvrage autobiographique « Rebelle » et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.
En 1998, il sort les albums Tabratt i lḥukem et Ilḥeq-d zzher, il y dénonce la lâcheté et la stupidité du pouvoir algérien. Le morceau Tabratt i lḥukem de l’album éponyme, est construite en « kacide » (enchaînement de musiques différentes). Le dernier morceau est une parodie de Kassaman, l’hymne national algérien.
Le 25 juin 1998, il est assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à At Douala en Kabylie à quelques kilomètres de son village natal. Les conditions de ce meurtre n’ont jamais été élucidées, officiellement cet assassinat est attribué au GIA, mais le pouvoir algérien est régulièrement accusé de l’avoir assassiné. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes, tandis que toute la région connait plusieurs semaines d’émeutes.
Cinq rues portant le nom de Matoub Lounès ont été inaugurées en France à sa mémoire : à Paris, Aubervilliers, Saint-Martin, Vaulx-en-Velin et Pierrefitte.



Ce que disait Hocine Aït Ahmed lors de l’assassinat de Matoub Lounes
« Les Kabyles ne se soumettront pas ! »
Je suis consterné et révulsé par cette exécution abominable. On a supprimé un homme emblématique, un homme de conviction. On a endeuillé une famille et toute une région. Le meilleur hommage a lui rendre doit être pacifique et non-violent, un hommage digne parce Matoub Lounès était un homme de dignité. Bien sûr, cet assassinat ne pouvait que déboucher sur une réaction populaire très forte parce qu’il représentait quelque chose de très puissant . Il y avait un rapport magico-mystique entre lui et la population. Et pas seulement avec les kabyles. Une sorte d’attachement à l’artiste qui sait trouver les mots pour exprimer les idées, les sentiments d’une population, de toute une jeunesse. Son désespoir, ses frustrations, son courage. Matoub Lounès, lui aussi, n’avait jamais peur. Ni des islamistes, ni du pouvoir. L’avoir exécuté, c’est vouloir atteindre la région et ceux qui l’habitent, en plein cœur. Je comprend très bien la réaction de la jeunesse. Dégradation sociale, violence, exclusion politique, culturelle…cette région est un véritable baril de poudre et le pouvoir n’a, à l’‘évidence, rien compris aux émeutes d’octobre 88. Quant à l’identité de ses assassins, vous savez la difficulté en Algérie d’identifier les véritables auteurs de la violence. Dimanche, par exemple, à Tazmalt, c’est le maire, chef de la milice, qui a tiré et tué un manifestant. Cette prolifération des seigneurs de la guerre s’ajoute aux activités des groupes para-militaires et crée une situation inextricable. Voilà pourquoi nous avons demandé une commission d’enquête pour mettre fin à l’impunité qui encourage les règlements de compte.