lundi 18 juin 2012

Attaque contre la BMPJ des At Ouacifs : « l’opération aura fait plus de 15 morts »


Attaque contre la BMPJ des At Ouacifs : « l’opération aura fait plus de 15 morts »

18/06/2012 - 12:59

AT WASSIF (SIWEL) — L’attaque terroriste perpétrée contre la Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ) des At Ouacifs, le début de semaine, aura fait plus de « 15 morts », a appris Siwel, auprès d’une source sécuritaire locale.


Lieu de l'attentat. Illustration et photo/ El Watan.
Lieu de l'attentat. Illustration et photo/ El Watan.
Selon cette source, le bilan donné par les autorités militaire « est faux ». Le nombre de victimes de cette attaque perpétrée par une soixantaine de terroristes lourdement armée, « aura fait plus d’une quinzaine de victimes», a-t-elle souligné. 

« Comment osent-ils parler de deux victimes et de quelques blessés alors que les policiers en faction étaient au nombre de quatre, alors qu'ils étaient les premiers visés ? », s’est-elle questionnée, avant de préciser que, « le but de l’attaque est de faire plus de victimes. On ne pense pas qu’une cohorte de terroristes est mobilisée juste pour leur faire peur ». 

Ainsi, le bilan officiel, rapporté par la presse, a donné, deux victimes et cinq blessés. Notre source apporte la contradiction et assure que l’attaque préparée, « sûrement » de longue date, « vise à s’accaparer même les armes et les munitions se trouvant à la brigade ». 

Par ailleurs, notre source a ajouté que « l’intervention de l’Armée n’est pas fortuite. Une attaque de deux heures fera plus de dix morts, et cette intervention visait justement à repousser la horde terroristes qui allait éliminer tous les agents de police se trouvant à l’intérieur ». 

« Les autorités algériennes ont toujours donné de faux bilans. Sur le plan politique, il serait une remise en cause des déclarations officielles faisant l’éloge de la Réconciliation nationale », a ajouté notre source. 

Elle a souligné, d’autre part que, « seule la Kabylie en souffre ! ». 

aai 
SIWEL 18 1259 JUIN12 

jeudi 14 juin 2012

La Kabylie Un Bastion De Resistance Et De Rebellion (rétrospective historique)


Ajoutée par aghrive06 le  5 févr. 2010
Le wali de Tizi-Ouzou annonce que « la couverture sécuritaire de la wilaya sera renforcée, à court terme, par de nouveaux apports structurels ». Il précise que les 21 daïras de la wilaya seront dotées de sûretés urbaines et que « des unités spéciales de lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le banditisme » seront mises en place.


Et finalement, dans une bouffée de défiance quil a du mal à dissimuler, il annonce que les 67 communes de la wilaya seront dotées chacune dune brigade de gendarmerie avant la fin 2010.


M. Mazouzi qui sest reclus dans son bunker de Tizi-Ouzou depuis que son cortège a fait lobjet dune embuscade aux environs dAin El Hammam fait semblant dignorer quil y a actuellement plus de policiers, gendarmes, militaires au mètre carré en Kabylie que nulle part ailleurs en Algérie. Sans compter les innombrables barbouzes du DRS qui écument les villes et les campagnes.


En Kabylie, nul nignore que Bouteflika et Zerhouni ont transformé toute la région en un casernement démesuré qui ressemble à une occupation militaire qui nose pas dire son nom.


Le peuple kabyle nest pas près doublier le comportement des gendarmes durant le Printemps noir où partout, ils ont tiré, tué et blessé des centaines de citoyens. Sans parler des obscénités dardées par la voix et le geste face aux façades dimmeubles dans les rues et les places publiques.


En Kabylie, les escadrons de gendarmerie quils sappellent brigades ou unités spéciales sont assimilés à un corps expéditionnaire chargé détouffer les libertés si chères aux Kabyles et dimposer dans le détail un mode de vie de soumission et de fatalisme dinspiration arabo-islamique.


Par la bouche de M. Mazouzi, on apprend que le régime compte réserver à la Kabylie un traitement « spécial » et cette spécification va prendre corps à travers des « Sections spéciales dIntervention ». Connaissant lanimosité et lesprit vindicatif qui caractérisent les tenants du régime envers la Kabylie, il y a tout lieu de sattendre au pire sur le plan de la répression quotidienne.


Lhistoire récente a appris à lhumanité que quand un État parle de « mesures spéciales » destinées à une population spécifique, cest le commencement dun génocide ourdi. Le monde a connu ce quil y a de pire dans le domaine, à limage des Schutzstaffeln, Sonderkommandos et autres Einsatzgruppen. Mais peut-être que lesprit malade de nos dirigeants nous réserve-t-il un nouveau raffinement ? Car jusquà présent, cest le seul domaine où limagination de nos dirigeants phosphore à plein régime.


Pour autant, la Kabylie qui a survécu durant la colonisation à 14 assauts militaires de grande envergure, dont les expéditions tragiques de 1857, 1864, 1865 et 1871, et qui sest immunisée contre 15 siècles dacculturation est plus que jamais déterminée à vivre libre et souveraine sur son territoire.


Ce ne sont pas les menaces et les gesticulations dun pouvoir aux abois, miné par une corruption devenue mode de gouvernance qui va aliéner ou altérer une raison kabyle qui a surfé sur 2000 ans de domination étrangèr


L'Algérie saisit des équipements israéliens destinés à une société sud-coréenne


L'Algérie saisit des équipements israéliens destinés à une société sud-coréenne
13/06/2012 - 23:01


ALGER (SIWEL) — Du matériel "Made in Israel" utilisé par l'entreprise sud-coréenne Samsung Engineering a été saisi la semaine dernière par les douanes algériennes à la raffinerie de Skikda. L'Algérie qui ne reconnaît pas l'Etat d'Israël, le désigne en tant qu’« entité sioniste ».




Les services de sécurité algériens ont décidé d'enquêter sur l'importation de matériel israélien par la société sud-coréenne Samsung Engineering en charge des travaux de réhabilitation de la raffinerei de Skikda (dans le nord-est de l'Algérie), a-t-on appris de sources fiables. 


La semaine dernière, les douanes algériennes avaient saisi une douzaine d'équipements de fabrication israélienne cachés au fond des containers en provenance depuis la Corée du Sud. 


Selon les mêmes sources, d'autres équipements déjà installés sur le site de la raffinerie ont été découverts, portant la mention « Made in Israël » rayée. 


Samsung Engineering avait remporté en 2009 le contrat pour la réhabilitation et la modernisation de la raffinerie de Skikda, la plus grande d'Algérie, pour un montant de 1,6 milliard de dollars. 


L'Algérie fait partie des 32 pays (pays arabo-islamiques et d'Amérique latine) qui ne reconnaissent pas l'Etat d'Israël, refusant officiellement tout contact avec lui. 


wbw 
SIWEL 132301 JUIN 12

mercredi 13 juin 2012

La hogra, un mal algérien


La hogra, un mal algérien
L’injustice et l’humiliation en Algérie
Depuis pas mal de temps, le lexique algérien a intégré des mots d’un genre particulier, tels que hagar et mahgor, ce qui veut dire, en plus atténué, oppresseur et opprimé. Institutionnalisée par l’occupant pendant la période coloniale, les Algériens acceptent mal que soit reconduite une telle pratique et appellent, par sa dénonciation, à l’égalitarisme citoyen qui a toujours fait défaut entre gouvernants et gouvernés.
Lorsque Mohamed, jeune père de famille, apprend que la wilaya de Chlef compte raser le bidonville dans lequel il habite, son corps est au bord de l’explosion. La colère, tant réprimée au vu des rejets de demandes de logement et des innombrables frustrations, se heurte au mépris affiché par les responsables de l’APC de Chlef avec lesquels il souhaite avoir une explication. Bien sûr, les responsables locaux, par cynisme ou par dépit, ne voudront pas le recevoir, prétextant des affaires plus urgentes. Cette fin de non-recevoir est vécue comme un affront. Le jeune homme perd patience, la colère grandit jusqu’à prendre le dessus. Dans un sursaut suicidaire, il s’asperge d’essence et tente de mettre fin à ses jours.
Ce sentiment mêlant humiliation, injustice et violence est bien connu des Algériens, ils l’appellent : "Hogra". Ce mot, qui n’a pas d’équivalent sémantique dans les autres langues, est utilisé par les grévistes, toutes sections confondues, par les jeunes en mal de considération, par les chômeurs en quête d’occupation ou par les femmes peinant à trouver leur place dans une société machiste.
Pour Amir, étudiant, la hogra fait partie de la vie de tous les jours. « La hogra c’est lorsqu’on te retire ton permis de conduire pour une broutille, quand toutes les portes de l’administration se referment et qu’il n’y a même pas où déposer une réclamation, quand on te fait poireauter des heures pour un banal papier administratif. En somme, c’est la routine. » D’après lui, elle tire ses origines de l’apparition de ce qu’il qualifie de « secte d’intouchables » qui se croirait au-dessus des lois.

C’est aussi, selon lui, le « règne de la médiocrité » et la « déchéance des valeurs ». Les plus âgés diront qu’ils ont toujours connu ce sentiment, de la période coloniale à l’indépendance du pays. Certains se rappellent sans doute de l’appel du président Ben Bella, en octobre 1963 lors La guerre des sables, dans lequel il criait : « Hagrouna el merrakchia. »
Bouziane Benachour, journaliste et écrivain, auteur d’un roman intitulé simplement Hogra, considère que c’est là un concept strictement algérien, parce qu’il est le cri « communautaire » des exclus – de tous les exclus – et de toutes les exclusions face à la machine bureaucratique insinuée magistralement dans les arcanes de l’Etat-nation et de ses tentacules. « Le mot hogra, dit-il, ne peut être approché par d’autres langues mais ne peut être effectivement rendu qu’en langue populaire algérienne. Hogra n’a qu’une seule nationalité : algérienne, qu’une couleur, la couleur des sans-voix, qu’un emblème, celui des sans-grade, ceux qui ne sont inscrits dans aucun réseau », une définition de Mouloud Hamrouche. « Depuis, la hogra est restée telle quelle. Le concept n’a pas bougé. Son sens premier non plus . »

Selon le sociologue Abdenasser Djabi, les accusations de hogra se multiplient à mesure que les inégalités se creusent. « L’Algérien qui a vécu la hogra pendant la période coloniale la rejette aujourd’hui. Ce refus s’est cristallisé en une forme de culture politique populaire appelant à l’égalitarisme », décrypte-t-il, en précisant que le rejet de la hogra reflète le refus de l’inégalité sociale entre les Algériens.
Le fait est, d’après le sociologue, que dans l’imaginaire collectif, la société algérienne a toujours été homogène, du moins idéologiquement. L’émergence d’une nouvelle classe qui n’éprouve aucune honte à étaler son faste et sa puissance creuse l’écart et attise le sentiment de marginalisation. « La société algérienne, dans les campagnes ou dans les ville croit avoir vécu une hogra émanant du colonisateur, qui a failli être une hogra "acceptable". Mais la hogra de l’Algérien envers l’Algérien est, elle, inadmissible », souligne Nacer Djabi.
Haggar et mahgour
Mais si l’Algérien était à la fois bourreau et victime, le haggar et le mahgour de la société algérienne ? Pour mieux étudier ce phénomène, Salaheddine, cadre dans une entreprise privée, recommande d’observer le comportement des conducteurs sur une autoroute : « Les voitures 4x4 y narguent les Renault Symbol et celles-ci doublent les Maruti qui, à leur tour, dénigrent les vieilles R4. »
La moindre once de pouvoir autorise ainsi un comportement méprisant envers les autres. « Malgré son rejet de la hogra, l’Algérien la pratique chaque jour, souligne Djabi. L’enfant algérien subit la hogra dans la rue, à l’école ainsi qu’à la maison, car le père algérien est un "grand haggar", usant de son autorité sur la femme et les enfants. Cependant, il subit, lui-aussi, la hogra dans son milieu de travail de la part de ses supérieues hiérarchiques. » Au final, on est tous le mahgour de quelqu’un. « Le mahgour devient lui aussi haggar, quand les conditions le lui permettent. Quand l’Algérien n’use pas de son pouvoir, il estime qu’il fait là une "faveur" envers lui, parce que c’est "un homme" ou un "fils de bonne famille"’ », explique encore Nacer Djabi.
En tout cas, la hogra reste une injustice à détente multiple dont les victimes se tournent rarement vers un juge pour se voir rétablis dans leurs droits. « La loi est totalement absente dans cette relation, explique Djabi. Ce qui est étrange, c’est que lorsque les Algériens rejettent une personne ou un groupe d’individus, on demande de changer les personnes nuisibles et les haggarine mais on ne réclame point le changement de l’institution ou l’application de la loi. » La psychologue Cherifa Bouatta explique, pour sa part, que le sentiment de hogra est amplifié par le fait qu’il y a une crise de confiance dans le fonctionnement des institutions de l’Etat. « Face à un système politique autoritaire, les jeunes semblent persuadés et se disent sous le règne de la hogra », précise-t-elle.Car ce qui fait la particularité de la hogra c’est ce sentiment d’impuissance qu’elle génère.
Les jeunes, qui s’en disent victimes, se révoltent par le moyen d’émeutes ou en retournant cette violence contre eux-mêmes. Dans son roman, Bouziane Benachour décrit un douar de « laissés-pour-compte » qui s’élèvent contre le diktat et l’arbitraire des pouvoirs publics. « Les personnages disent non, mais leur impuissance est avant toute chose une forme de repli avant réaction, précise l’auteur. Un repli qui peut dire je suis vaincu mais je ne me laisse pas abattre. Je suis en position de faiblesse mais ne comptez pas sur moi pour capituler. Les personnages de Hogra donnent le dos, mais n’offrent pas leur poitrine. » Il poursuit : « Leur résignation est une forme de dédain à l’endroit de tous ceux qui se sont autoproclamés guides des masses. Elle est carapace de mépris face à tous ceux qui se croient investis d’une mission céleste. Ceux qui pensent être des pasteurs alors qu’ils n’ont jamais quitté l’habit du berger selon la vieille formule populaire de chez nous. »
« El Harga » plutôt que la « hogra »
Dans les faits, la majorité des personnes ayant subi la hogra sont contraintes à courber l’échine. « On peut avancer sans se tromper qu’une très grande partie de la jeunesse algérienne est profondément convaincue qu’elle vit sous le règne de la hogra. Ce sentiment est profondément intériorisé au point où tous considèrent, même quand ce n’est pas le cas, qu’ils sont mahgourine », explique Chérifa Bouatta.
Sur le plan psychologique, la hogra ne laisse pas indemne. Dans les stades, rare espace d’expression pour des jeunes en quête de liberté, ils crient que la « harga » (immigration clandestine) vaut mieux que la « hogra ». Comme si l’unique moyen d’échapper à l’humiliation était de brûler ses papiers d’identité. « C’est l’identité même du sujet qui est ainsi attaquée, diagnostique le Dr Bouatta, vous vivez rejeté, exclu, méprisé… Ces sentiments sont très douloureux à vivre, ils engendrent la honte chez la victime de hogra et/ ou la colère et la révolte, d’où souvent les émeutes. » S’il est déjà établi que l’enfer était les autres, l’humiliation peut entraîner des conséquences souvent destructrices pour les victimes. Amrane Layachi, auteur d’un blog sur la hogra dont il se dit lui-même victime, affirme qu’il passe auprès de sa famille et de ses proches pour un « aliéné ». « La hogra, dit-il, amène des gens à mettre fin à leurs jours en s’infligeant d’atroces souffrances. D’autres sont au bord de la folie. Et même quand cela ne transparaît pas au premier coup d’œil, elle laisse des blessures qui ne guériront jamais. » Au fil du temps, l’Algérie devient, pour une partie de la population, un enfer très ordinaire…-
A l’ère des indignés de Hessel
Avant même le succès de l’ouvrage de Stephane Hessel, appelant à l’indignation, les Algériens avaient déjà montré des signes d’exaspération face à la hogra. « Non à la hogra » est d’ailleurs devenu, ces dernières années, un slogan politique. Cela pourrait faire penser au mouvement des indignés apparu dans plusieurs pays à la différence près que l’indignation passe, chez nous, par l’émeute.
Mais s’il y avait une analogie à faire entre les deux formes de protestation, il apparaîtrait que les deux mouvements pèchent par un excès d’utopisme et d’absence de solutions alternatives.

« Les déclinaisons de la hogra sont forcément multiples et en tout cas suffisamment ductiles pour devenir un argument d’élaboration d’un rapport de force avec les acteurs institutionnels – on l’a observé d’abondance et pas seulement en Kabylie – apparaissent, en même temps, encore trop floues pour initier de véritables mouvements sociaux porteurs autant de contestation que de projets alternatifs », souligne le sociologue Abdelmadjid Merdaci.
Abdenasser Djabi considère, pour sa part, que le « non à la hogra » est une « idée utopique visant à réaliser une société idéale ne se trouve pas sur le terrain ».

L’auteur de Indignez-vous, Stephane Hessel, explique, lui-même, qu’il faut « rapprendre à s’indigner » mais pas « n’importe comment ni contre n’importe quoi ». « Tout ne mérite pas l’indignation. Je crains toujours ceux qui s’en prennent aux institutions sans proposer d’alternative. » C’est là aussi un mal algérien. -
Amrane Layachi, auteur d’un blog contre la hogra : l’homme qui demanda à être déchu de sa nationalité algérienne
L’histoire d’Amrane Layachi, ex-cadre à la direction des impôts de la wilaya de M’sila, ressemble à une magistrale pièce de théâtre de l’absurde. Se disant victime de « la hogra », il aura surpris tout le monde en demandant, dans une lettre adressée au ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères, à être déchu de sa nationalité algérienne. Comble de la provocation : il sollicite l’acquisition d’un passeport israélien. La réaction des autorités publiques ne se fit pas attendre : Amrane Layachi a été écroué, cinq jours après l’envoi de sa requête, pour… « divulgation d’informations secrètes au journal El Watan ».
« Ces informations ayant trait aux impôts n’avaient rien de secret, elles sont sur le Journal officiel, c’est juste qu’ils n’ont rien trouvé à mon encontre », nous a-t-il expliqué.

Son enfer a débuté lorsque ses responsables de la direction des impôts de la wilaya de M’sila l’ont accusé d’avoir falsifié un extrait de rôle. « J’ai eu à subir les foudres d’un lobby au sein de l’entreprise. On m’a démis de mes fonctions. Ayant fait un recours à la justice, j’ai été innocenté mais j’ai dû subir l’acharnement d’un groupe de personnes. Ce clan n’a cessé de grossir, englobant des membres de la police, un procureur, etc. Excédé par les pressions, j’ai préféré donner sa démission », raconte-t-il à El Watan. Son expérience de la hogra l’a amené à s’intéresser à d’autres cas de mépris. Il a ainsi lancé, sur la Toile, un blog consacré à la hogra hogra.centrblog.net dans lequel il répertorie soigneusement tous les cas d’injustice allant des affaires de mœurs aux scandales de corruption. « Depuis quelques temps, je n’arrive plus à poster quoi que ce soit sur mon blog, c’est comme si on me l’avait bloqué », confie-t-il.
Ayant renouvelé sa demande après avoir envoyé sa demande au ministère de la Justice, on lui remit, le 7 février 2012, la réponse suivante : « Dites-nous quel est votre problème, nous vous apporterons notre appui sur le plan légal. » Mais pour Amrane Layachi, l’affront qu’il a subi ne peut être lavé avec quelques mots.

Lire aussi :
- Merzak Allouache : « La société algérienne n’est pas apaisée »
- L’immolation, miroir du malaise social algérien ?
- Ces immigrés européens qui fuient la misère en partant vers l’Afrique

Par Amel Blidi

mardi 12 juin 2012

Vidéo lapidation d'une adolescente en Irak « Défrancisation.com.flv - YouTube

Vidéo lapidation d'une adolescente en Irak « Défrancisation.com.flv - YouTube

Publiée le 11 juin 2012 par damien058
Les images, filmées sur un téléphone portable, circulent sur l'Internet. La victime s'appelait Doaa Khalil Assouad, elle avait 17 ans, elle vivait à Bashika, une ville majoritairement kurde, dans le nord de l'Irak. Un jour d'avril 2007, un groupe d'hommes l'a traînée hors de sa maison, et pendant une demi-heure elle a été bombardée de lourdes pierres jusqu'à ce qu'on soit sûre qu'elle était morte, le tout sous le regard d'un policier qui n'est pas intervenu et n'a pas appelé ses collègues.

Attention : les images suivantes sont d'une extrême violence et ne doivent pas être montrées aux enfants et aux personnes sensibles.
Cette vidéo qui refait son apparition sur internet est parfois faussement présentée comme étant la lapidation d'une jeune fille de 12 ans.

lundi 11 juin 2012

Tahar Djaout Shooting The Writer BBC part1 - YouTube

Tahar Djaout Shooting The Writer BBC part1 - YouTube


Ajoutée par aghrive06 le  5 sept. 2009
Tahar Djaout (1954-1993) est un écrivain, poète et journaliste algérien d'expression française. d'origine kabyle, Tahar Djaout est né le 11 janvier 1954 à Oulkhou (Ighil Ibahriyen) près d'Azeffoun . En 1993, il fut l'un des premiers intellectuels victime de la « décennie du terrorisme » en Algérie. sa fameuse citation est (Si tu parle tu meurs, si tu te tais tu meurs, alors parle et meurs) - 
parmi ses oeuvres litteraires : les vigiles -Solstice barbelé -LÉtreinte du sablier -L'Invention du désert - LExproprié- Le Dernier Été de la raison - Les Chercheurs d'os . 
Matoub lounes lui a rendu un vibrant hommage dans la chanson Kenza (la fille de Tahar) dans laquelle on retient le fameux refrain ( Et si ils aneantissent tant et tant d'etoiles, le ciel lui ne s'aneantira jamais).
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Ferhat Mehenni serait déchu de sa nationalité algérienne (rumeur)


dimanche 10 juin 2012


Ferhat Mehenni serait déchu de sa nationalité algérienne (rumeur)


10/06/2012 - 22:01


AZAZGA (SIWEL) — Une rumeur a circulé ce dimanche à Azazga, à 40 Km à l'est de Tizi-Ouzou, indiquant qu'une circulaire serait arrivée au Commissariat de police de la ville selon laquelle M. Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire kabyle en exil, serait déchu de sa nationalité algérienne.


Contacté par Siwel, le porte-parole du Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad), M. Makhlouf Idri a déclaré : « le Président Ferhat Mehenni savait déjà qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt depuis mars 2009 mais la nouveauté est cette déchéance de l'algérianité à laquelle lui-même a renoncé pour sa Kabylité et sa nationalité authentique kabyle ». 
Sur les raisons d'une telle action des autorités algériennes, le porte-parole de l'Anavad avance que « le pouvoir algérien avec ses accointances arabo-islamistes voudrait lui faire payer ainsi sa visite en Israel », visite effectuée du 20 au 24 mai dernier, acompagné de M. Lyazid Abid, ministre des Relations internationales au sein de l'Anavad, visite durant laquelle ils avaient été reçus à la Knesset et avaient rencontré de hauts responsables politiques et des intellectuels israëliens. 


C'est en mars 2009, soit quelques semaines avant la présidentielle du 09 avril (qui avait vu Bouteflika se faire élire pour un 3ème mandat, après que ce dernier ait truturé la constitution algérienne, cette dernière limitant à 2 mandats l'exercie du Président de la République) que la presse algérienne avait fait état d'un mandat d'amener délivré par un juge de Bouira. 


La justice aurait été actionnée par les autorités algériennes, car « elles n’auraient pas apprécié la manifestation dans cette ville, attribuée aux militants du MAK (Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie) (dont Ferhat Mehenni était président au moment des faits, NDLR), organisée par des étudiants de l’université Muhend-U-lhadj At Wakli, le 20 avril 2008 ». 
M. Ferhat Mehenni avait réagi à ce moment-là en se demandant : « Pourquoi ce n’est que près d’un an plus tard que cette instance judiciaire entreprend cette action contre moi, juste à la veille des élections présidentielles qui, au demeurant, ne passionnent personne au pays des Kabyles ? ». 


« N’y cherche-t-on pas plutôt un bouc-émissaire au prévisible et ridicule taux de participation de la mascarade des présidentielles du 9 avril prochain ? Ne veut-on pas y créer des troubles, un printemps-noir-bis, pouvant servir de diversion pour faciliter le bourrage des urnes ailleurs, en dehors de la Kabylie ? Ou bien, veut-t-on m’empêcher de rentrer et me pousser à l’exil définitif ? » 
Rappelons que 98% des citoyens de Kabylie avait boycotté la présidentielle algérienne du 9 avril 2009, le peu de votants étant issu des corps constitués : police, armée en stationnement sur tout le territoire kabyle, fonctionnaires de l'administration, ainsi qu'une population arabophone habitant les zones limitrophes de la Kabylie, que le pouvoir fait déplacer par bus entiers pour remplir les urnes en Kabylie... 


Ferhat Mehenni demeure déterminé : « Quoi qu’il en soit, je voudrais que tous mes adversaires sachent que je ne renoncerai ni à mon action pour l’autodétermination de la Kabylie, ni à ma liberté de penser et de m’exprimer. C’est sur le plan des idées et du combat politique qu’il est sain de me contrer et non par l’anathème, l’insulte, la répression, la corruption ou l’assassinat. » 


wbw 


SIWEL 102101 JUIN 12

lundi 4 juin 2012

Affaire des caricatures de Mahomet : quatre individus jugés coupables de terrorisme contre le journal danois Jyllands-Posten.

Affaire des caricatures de Mahomet : quatre individus jugés coupables de terrorisme contre le journal danois Jyllands-Posten.

Affaire des caricatures de Mahomet : quatre individus jugés coupables de terrorisme contre le journal danois Jyllands-Posten.

04/06/2012 - 12:45

COPENHAGUE (SIWEL) — Quatre individus ont été jugés coupables de terrorisme, par le tribunal du district de Glostrup dans la banlieue de Copenhague, dans l’affaire du complot d’assassinat du personnel d’un journal danois, Jyllands-Posten, qui avait publié, en 2005, les caricatures sur le prophète de l’islam, Mohamed.


Siège du journal danois Jyllands-Posten. PH/DR
Siège du journal danois Jyllands-Posten. PH/DR
Il s’agit de trois suédois et un tunisien, qui se sont rendus coupable d’attentat terroriste contre le personnel du journal, a jugé, ce matin, le tribunal du district de Glostrup dans la banlieue de Copenhague. Sahbi Ben Mohamed Zalouti, Mounir Awad et Omar Abdalla Aboelazm, citoyens suédois d'origine tunisienne, libanaise et marocaine, et Mounir Ben Mohamed Dhahri, Tunisien 

Les quatre « terroristes », qui avaient plaidé non-coupables, devant le tribunal, ont été jugés « coupables de terrorisme », a indiqué la présidente du tribunal, Katrine Eriksen, à l’AFP. 

Le verdict a été retransmis en direct sur deux chaînes de télévision publiques DR et TV2. 

Le parquet avait souligné, qu'au moment de leur arrestation, les quatre hommes avaient eu l'intention de « tuer un grand nombre de gens »dans les locaux du quotidien Jyllands-Posten, à Copenhague. 

Un pistolet-mitrailleur avec silencieux, un revolver, 108 balles et 20.000 dollars (16.084 euros) en espèces ainsi que 200 tiges en plastique pour ligoter des otages avaient été saisis par la police auprès de ces quatre hommes. 

ri/bbi 
SIWEL 04 1248 JUIN 12code

"L’Autonomie de la Kabylie est une affirmation forte et noble qu’il faut soutenir


Interview avec Boualem Sansal
J’espère bien que le concept de l’autonomie fasse des jaloux et que dans d’autres régions d’Algérie on revendique la même chose.
16/05/2012 - 11:52 mis a jour le 27/05/2012 - 11:54 par Zahir Boukhelifa
-  Tamurt.info : Monsieur Boualem Sansal, azul 
- Boualem Sansal : Azul
- Tamurt : Vous avez déclaré lors de votre conférence, que vous adhérez pleinement à l’idée de l’autonomie et que votre souhait est que cette idée se généralise à toute l’Algérie. Est-ce que c’est une provocation de plus ou un choix réfléchi de votre part ?
- Sansal : Moi, je ne joue pas au jeu de la provocation. C’est un jeu débile, indigne d’un écrivain, d’un intellectuel ou d’un citoyen. S’amuser à cela, c’est faire le jeu du système. Les provocateurs sont comme l’arroseur arrosé, finalement ça se retourne contre eux. Donc, c’est par conviction que j’ai des positions politiques, philosophiques. Ce seront les miennes et comme je les exprime sans langue de bois cela paraît être souvent de la provocation. Je dis les choses directement, sans tourner autour du pot. Pour le reste, les autres sont libres de penser ce qu’ils veulent. Ils peuvent penser que c’est de la provocation, moi j’ai l’intime conviction que l’autonomie de la Kabylie est une opportunité extraordinaire. Cela fait longtemps d’ailleurs que j’attendais que des hommes ayant un pouvoir emblématique dans la région s’emparent de ce thème et en fassent un vecteur de combat. Parce qu’il y a plusieurs façons de se battre contre le régime algérien. On peut, par exemple, prendre les armes, ce n’est pas ce que je souhaite. On peut rentrer dans un processus et réclamer l’indépendance, ce n’est pas non plus ce que je souhaite, cela mettra en danger le pays et la Kabylie elle-même. En revanche le concept de l’autonomie est un concept riche.
C’est l’affirmation d’une identité, c’est une affirmation démocratique. On veut être soi-même et c’est très noble, c’est très puissant et c’est la première fois en Algérie qu’on utilise cette idée. Eh bien c’est fort et il faut la soutenir. J’espère bien que ça fasse des jaloux et que dans d’autres régions d’Algérie on revendique la même chose. J’aimerais par exemple bien, que les universités déclarent leur autonomie par rapport au gouvernement. Là aussi, ce n’est pas seulement l’autonomie, au sens politique comme pour la Kabylie, mais d’une manière générale que les femmes déclarent leur autonomie par rapport à la culture machistes de ce pays. On a besoin de cela. C’est cela le siècle des lumières en Europe. C’est que des gens ont décidé de prendre leur autonomie par rapport à la religion, par rapport aux rois, par rapport aux traditions. Prendre sa responsabilité et décider soi-même pour construire sa vie par le débat, par la confrontation. C’est très important comme convention, la provocation est un jeu ridicule.
-  Tamurt : Le pouvoir accuse les autonomistes d’être instrumentalisés par l’étranger et de vouloir diviser le pays. Il qualifie leurs actions de Tintamare Que pensez-vous de cette propagande du pouvoir algérien qui vise à discréditer ce Mouvement ?
-  Sansal : Il ne faut pas rentrer dans le jeu du pouvoir. Si on fait cela, on est fichu. Je n’ai pas à aller voir le pouvoir pour lui expliquer pourquoi je réclame l’autonomie, ni à discuter avec lui. Je prends ma décision tout seul. A partir du moment où j’ai décide d’être autonome, je n’ai plus besoin de lui. Je n’ai ni à le regarder, ni à polémiquer avec lui, ni…. De toute façon, lui, il va utiliser tous les moyens. Évidemment, pour ridiculiser votre pensée, il vous accusera de tous les maux. Vous allez rentrer dans ce jeu là ? Vous êtes perdant. Non. Je suis autonome et je n’ai plus besoin de vous. Je regarde ailleurs. Je construis ma vie. Si tu veux venir construire avec moi, viens. Sinon toi tu restes, moi j’organise ma vie.
-  Tamurt : Vous parlez du principe : j’existe, je suis autonome ?
- Sansal : Oui, c’est ça le principe de la démocratie. C’est le principe de la liberté. Je décrète que je suis libre. Je ne dépends plus de vous. Je n’ai pas besoin de discuter avec vous. Je suis libre. En revanche, je dois, puisque on parle de l’autonomie de la Kabylie, me tourner vers les Kabyles et leur faire partager ce sentiment que l’autonomie, la liberté, ça se décrète soi-même, pas contre l’autre. Je suis libre, point. Donc, si tu veux te sentir libre, on se rejoint, on va travailler ensemble à construire cette liberté, lui donner un contenu politique, institutionnel, culturel, etc.
-  Tamurt : Aujourd’hui nous célébrons une fête séculaire : le nouvel an berbère. Combien de fois vous l’avez célébré dans votre vie ?
- Sansal : Trois ou quatre fois. J’habite à Boumerdes et Je l’ai célébré trois à quatre fois en petit groupe.
-  Tamurt : Qu’est-ce que ces célébrations du nouvel an, Chrétien, musulman, chinois, etc, invoque en vous ?
- Sansal : Pas grand chose. Je ne crois pas que la société a besoin de rituels. On peut partager ces moment avec eux, il n’y a pas de problèmes. Il m’est arrivé de fêter n’importe quoi, avec des copains juifs, avec des copains chrétiens. Et voilà ! Être avec eux pour partager un moment. Mais moi, personnellement, ces anniversaires n’invoquent pas grand-chose en moi.
-  Tamurt : Même pas un marquage identitaire pour que l’Algérie, la Kabylie retrouve son identité ? Vous ne croyez pas que cela passe par ce genre d’initiative, par ce genre de célébration ?
- Sansal : Oui, je comprends qu’on ait besoin de ritualiser la vie. C’est comme ça que les identités se maintiennent. C’est une sensation mais c est aussi un rituel comme la façon de manger, de s’habiller, etc. Il ne faut pas aussi tomber dans la ritualisation, s’emprisonner. Je participe à ces fêtes la, quand on m’invite, mais sans être forcement super exalté par la chose. Si je ne le fait pas, ça ne me manque pas spécialement. Je ne réduis pas l’identité à des festivités. C’est une façon de regarder le monde, mais c’est quand même plus compliqué. Je me méfie aussi un peu aussi de cette ritualisation quand elle commence à devenir presque comme une fin en soi, obligatoire, ça devient un peu comme le ramadhan, si on ne le fait pas on est taxé.
Je reviens au concept de l’autonomie, ce n’est pour s’enfermer. S’autonomiser, ce n’est pas échapper à quelque chose pour aller s’enfermer dans une autre chose. C’est beaucoup plus riche, car l’Histoire, c’est important. La symbolique et importante sans tomber dans le folklore.
-  Tamurt : Quel avenir politique présagez-vous pour la cause autonomiste kabyle ?
- Sansal : Je pense que maintenant, il faut travailler à initier le peuple en Kabylie et ailleurs, même partout, à cette affirmation. Nous avons décrété notre autonomie et travaillons à donner corps à cette autonomie. Il ne faut que ça reste un mot seulement. Il faut travailler à cela. Par exemple, le MAK s’est donné un certain nombre d’institutions, c’est déjà important. Maintenant, il faut un programme de travail, obtenir une reconnaissance mondiale. C’est toujours ce qu’on fait quand un peuple décrète sa liberté. Par exemple, le Sud-Soudan, a arraché son indépendance. Maintenant, il faut donner corps à cette indépendance : Se faire reconnaitre par les institutions internationales, obtenir sa place dans le concert des nations, un siège à l’ONU, construire un Etat, abolir tous ce qui est dénoncé dans l’ancien régime et ne pas le laisser se reproduire, etc. Donner vraiment corps à l’idée d’autonomie n’est pas seulement un travail de quelques hommes, mais de tout un peuple. C’est un travail d’éducation, de rénovation de la culture. Enfin, un énorme boulot qu’il faut faire. Sinon ça reste un slogan et une attitude un peu comme ça : Je suis autonome sans plus.
-  Tamurt : N’y a-t-il pas une part d’utopie dans tout cela ?
- Sansal : On ne peut pas vivre sans utopie. Le monde fonctionne comme ça. L’objectif est d’abord lointain, mal défini… Eh bien, c’est la quête du bonheur. Quelle plus grande utopie que cela ! On sait bien que le bonheur n’existe pas, mais on se fixe cet objectif. On y travaille avec des petits plaisirs, des petits bonheurs, des petites réussites, en espérant que ceux qui viendront après iront plus loin. Et voilà, c’est du travail.
Interview réalisée par Zahir Boukhelifa

jeudi 31 mai 2012

Ferhat Mehenni : « Les Juifs cachés à la mosquée de Paris durant l'occupation nazie était le fait de Kabyles »


Ferhat Mehenni : «  Les Juifscachés à la mosquée de Paris durant l'occupation nazie était le fait de Kabyles »

30/05/2012 - 21:54

LA KABYLIE SOEUR D'ISRAËL 
Interview de Ferhat Mehenni par Bernard Koch : 

Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement provisoire kabyle en exil : « De retour d'Israël, la Kabylie, à travers ce geste, réaffirme sa propre souveraineté par rapport à elle-même » 

Cette Kabylie, cette région montagneuse tout au Nord de l'Algérie, au bord de la Méditerranée, n'en finit pas, depuis près de deux siècles de réclamer, haut et fort, son indépendance. De vouloir se défaire de sa tutelle, l'Algérie. Etat qui dès sa décolonisation, n'a cessé de malmener cette région, de maltraiter ses habitants, les Kabyles. 

"Liberté pour la Kabylie, éternité pour Israël". C'est ce que Ferhat Mehenni a déclaré au quotidien israélien de langue anglaise, The Jerusalem Post, durant la visite qu'il vient de rendre, non sans un certain enthousiasme, à l'Etat d'Israël. 

Vif opposant au régime actuel algérien d'Abdelaziz Bouteflika, Ferhat Mehenni, le Président du Gouvernement provisoire Kabyle y est interdit de séjour, tout en étant menacé à l'extérieur. Plus déterminé que jamais, il continue à traverser la planète pour que la cause d'une Kabylie libre, indépendante, laïque et non arabe soit pleinement entendue et partagée à travers le monde. 

C'est en Israël où la cause Kabyle a reçu, à ce jour le meilleur écho, le plus sûr soutien. 

De retour de ce voyage au pays de Canaan, du 20 au 24 mai 2012, Ferhat Mehenni a bien voulu accepter de répondre à mes questions :


Tract en kabyle rédigé en 1942 par le "groupe kabyle" des Francs-Tireurs et Partisans appelant à protéger les Juifs pourchassés par les Nazis à Paris (PH/SIWEL)
Tract en kabyle rédigé en 1942 par le "groupe kabyle" des Francs-Tireurs et Partisans appelant à protéger les Juifs pourchassés par les Nazis à Paris (PH/SIWEL)
Vous revenez d’une visite en Israël qui fait beaucoup de vagues en Algérie ? Pourquoi avez-vous fait ce choix de vous rendre dans un Etat fortement vilipendé par le monde arabo-musulman ? 

La Kabylie ne se sent pas partie intégrante du monde arabo-musulman. Elle s'y refuse au nom de son identité et de ses valeurs. Un intellectuel vient de donner sur un site internet la conclusion de cette visite, et selon laquelle "la Kabylie n'est pas prête à rendre les armes". Disons qu'elle n'acceptera jamais d'être soumise. La Kabylie, à travers ce geste, réaffirme sa propre souveraineté sur elle-même. Nous préférons cultiver l'amitié entre les peuples à la place de la haine que l'on prête, à tort ou à raison, à cette nébuleuse arabo-musulmane. 

Quel était le but de cette visite ? Le message que vous vouliez transmettre ? 

Notre objectif était une simple prise de contact. Israël a son siège à l'ONU, contrairement à la Kabylie du fait d'une injustice historique qu'elle cherche aujourd'hui à réparer. Nous voulons nouer des relations d'amitié entre nos deux peuples, kabyle et Israélien. 

Nous cherchons aussi des soutiens politiques et diplomatiques en mesure d'inscrire la question kabyle à l'ordre du jour de l'ONU. 

Quelle importance donnez-vous à cette visite ? Qui avez-vous rencontré ? Comment avez-vous été accueilli ? Qu’attendez-vous de cette visite ? 

Nous avons rencontré le Vice Président de la Knesset M. Danny Danon, des responsables au ministère des Affaires Etrangères chargés des dossiers nord-africains, et au niveau ministériel par le Ministre des Infrastructures, M. Uzi Landau. Nous attendons de cette visite une meilleure connaissance de la Kabylie de la part de nos partenaires israéliens et le développement de notre coopération culturelle et politique entre nos deux gouvernements et nos deux peuples. 


Comment a été reçu cette initiative dans la communauté kabyle que vous représentez ? Avant et après votre voyage ? 

La Kabylie respire enfin : cette visite est vécue par le citoyen kabyle comme une délivrance. Le peuple kabyle en est heureux et espère que cela ne va pas s'arrêter à un simple formalisme protocolaire. De notre côté, nous avons des projets. Etant donnée la qualité de l'écoute de la part de nos interlocuteurs, je peux affirmer que l'horizon est souriant. 

"LA RECONNAISSANCE D'ISRAËL PAR LES PAYS ARABES FERA TOMBER LES TENSIONS ET REGLERA LA QUESTION PALESTINIENNE" 

Quelle(s) observation(s) faites-vous de ce pays ? A la suite de votre visite qu’auriez-vous à dire à ceux qui s’en prennent à Israël, qui jugent de façon unilatéral le conflit israélo-palestinien ? Vous-même, votre communauté, avez-vous un point de vue sur ce conflit ? 

Israël est un pays très développé. C'est un modèle sur le plan économique. Ses investissements dans la recherche scientifique et dans des pôles d'excellence font de lui une nation en avance sur la plupart du reste du monde. 

Concernant le conflit qui l'oppose au monde arabe, nous pensons que la reconnaissance d'Israël par ce dernier est vitale pour la paix dans la région. Elle fera tomber toutes les tensions et réglera du coup la question palestinienne. 

Le moment est venu de vous demander quelles sont les relations qui existent entre Juifs et Kabyles, en France en particulier. On sait qu’elles s’appuient sur une Histoire commune. Peut-être pourriez-vous nous faire un bref raccourci de cette Histoire ? 

Les Juifs cachés à la mosquée de Paris durant l'occupation nazie était le fait de Kabyles. La pratique du judaïsme s'est évanouie en Kabylie, mais les noms de clans, de familles et de villages demeurent toujours. Il serait bon d'engager des recherches universitaires pour en connaître la réalité et dessiner peut-être des perspectives. La Kabylie, en tous les cas, sacralise toutes les croyances et les respecte au plus haut point. Le serment le plus inviolable des Kabyles est de jurer "au nom de toutes les croyance". 

En France, l'intolérance, l'incivisme et le refus de l'altérité dans certains quartiers nous inquiète et nous interpellent de la même manière que la communauté juive de France. Nous avons en commun l'attachement le plus fort aux valeurs de la république, loin de tout prosélytisme. 

Propos recueillis par Bernard Koch

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Voici la retranscription en kabyle puis en français du tract, rédigé en 1942 par le "groupe kabyle" des Francs-Tireurs et Partisans : 

AM ARRAC NNAGH 
Id'elli di lefjer hebsen udayen n' Paris 
Imgharen am tilawin am arrac 
Di lgherba am nukwni, d-ixeddamen am nukwni 
D-atmaten nagh. Arrac nsen am arrac nagh 
Ma yiwen yufa yiwen weqcic nni, 
i'laq as yefk n nsib at isebar attaadi lmehna. 
A yargaz n'tmurt nagh, ulik d-amuqran. 

« COMME NOS ENFANTS 
Hier, à l'aube, les juifs de Paris ont été arrêtés, 
Les vieillards, les femmes comme les enfants, 
en exil comme nous, ouvriers comme nous, ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. 
Si quelqu'un d'entre vous rencontre un de ces enfants, 
Il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe. 
Enfant de Kabylie, ton coeur est grand » 

C'est le réalisateur Derri Berkani qui avait retrouvé ce tract (dont SIWEL dispose d'une copie envoyée par M. Berkani) en 2005 chez un comptable à Draâ El Mizan, en Kabylie. Ce dernier l'avait récupéré parmi des papiers administratifs du propriétaire d'un bistrot, rue Château des Rentiers, dont il s'est occupé des comptes. 

Derri Berkani qui avait réalisé un film de 26 minutes pour France 3 "“La Mosquée de Paris, une résistance oubliée" déclare : « Les FTP algériens étaient désignés sous le vocable de « groupe kabyle » par facilité de langage en usage chez les FTP qui utilisaient les groupes de langues, pour permettre une sécurité de transmission des consignes. L'immigration algérienne de Paris, à l'époque, était le fait d'hommes jeunes, seuls, d'origine rurale, essentiellement de Kabylie. Ils étaient aux deux tiers analphabètes, ils vivaient dans la misère, mais par le travail ils avaient intégré un autre univers, celui du monde ouvrier, du prolétariat. Ils avaient acquis une conscience prolétarienne dans les usines où ils travaillaient. Ils étaient tous syndiqués, et ils participaient à toutes les luttes ouvrières, aux grèves... Une fois la guerre venue, ils se sont engagés dans les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) » 

Derri Berkani relève que la démarche de la Mosquée de Paris et de son recteur Si Kaddour Benghabrit obéissait à des principes religieux, mais les FTP algériens, qui ont amené des juifs pour les mettre à l'abri, étaient des laïcs, des ouvriers. Leurs motivations n'étaient pas religieuses, elles ont concordé avec celles des dirigeants de la Mosquée. Les FTP avaient agi par « conscience prolétarienne ». 

Les juifs étaient amenés à la Mosquée de Paris avec l'accord et le soutien de son recteur, Ben Ghabrit, le temps d'organiser leur passage vers la zone libre ou le Maghreb. Aussi, la Mosquée n'était pas un lieu de séjour, mais de passage. 

Source 

wbw/bbi 
SIWEL 302054 MAI 12