Interview avec Boualem Sansal

J’espère bien que le concept de l’autonomie fasse des jaloux et que dans d’autres régions d’Algérie on revendique la même chose.
16/05/2012 - 11:52 mis a jour le 27/05/2012 - 11:54 par
C’est l’affirmation d’une identité, c’est une affirmation démocratique. On veut être soi-même et c’est très noble, c’est très puissant et c’est la première fois en Algérie qu’on utilise cette idée. Eh bien c’est fort et il faut la soutenir. J’espère bien que ça fasse des jaloux et que dans d’autres régions d’Algérie on revendique la même chose. J’aimerais par exemple bien, que les universités déclarent leur autonomie par rapport au gouvernement. Là aussi, ce n’est pas seulement l’autonomie, au sens politique comme pour la Kabylie, mais d’une manière générale que les femmes déclarent leur autonomie par rapport à la culture machistes de ce pays. On a besoin de cela. C’est cela le siècle des lumières en Europe. C’est que des gens ont décidé de prendre leur autonomie par rapport à la religion, par rapport aux rois, par rapport aux traditions. Prendre sa responsabilité et décider soi-même pour construire sa vie par le débat, par la confrontation. C’est très important comme convention, la provocation est un jeu ridicule.
Je reviens au concept de l’autonomie, ce n’est pour s’enfermer. S’autonomiser, ce n’est pas échapper à quelque chose pour aller s’enfermer dans une autre chose. C’est beaucoup plus riche, car l’Histoire, c’est important. La symbolique et importante sans tomber dans le folklore.
Interview réalisée par Zahir Boukhelifa


