jeudi 21 avril 2011

L’AMAZIGHITUDE* RESISTANCE ET DEVENIR, REFEXION SUR LA REVENDICATION IDENTITAIRE AMAZIGHE (BERBERE)

L’AMAZIGHITUDE* RESISTANCE ET DEVENIR, REFEXION SUR LA REVENDICATION IDENTITAIRE AMAZIGHE (BERBERE)
                    Par M. Med Ouramdane KHACER
Ancien Membre de l’Académie Berbère
Président de l’association Afus Deg Wfus
A Roubaix le 10 mars 2011

Je pense que la politisation de la question amazighe s’inscrit dans une orientation contre productive. L’identité historique qui découle du combat identitaire appartient a tous les Algériens, je dirais même à tous les Amazighiens* Maghrébins-Nord Africains ? Pour comprendre cela, je vais développer un peu ma réflexion qui appelle cette réponse.
Tout au cours de l’histoire, les Amazighs ont reçu différents apports qui ont nourri leur personnalité et leur culture. Ces apports ne peuvent pas constituer des identités. Les Amazighs avant d’être confrontés aux Phéniciens, aux Romains, aux Byzantins, aux Vandales, aux Arabes, aux Turcs et aux Européens, avant de parler et d’écrire en punique, latin, grecque, arabe, français, espagnole, italien, avant d’adopter les trois religions monothéistes, étaient des Amazighs, parlaient en amazigh et écrivaient en Tifinnegh tout naturellement.
C’est cette amazighitude* qui tire ses racines du substrat amazigh qui a forgé les différentes identités nationales des pays de l’Amazighie*, elle en constitue la sève et le socle. Elle est notre identité.
C’est cette conception de l’identité historique enracinée dans cette partie de l’Afrique qui doit être consacrée. C’est elle qui nous rassemble et nous unit. Elle ne peut pas être une dimension parmi tant d’autres. (Arabité, islamité, francité, hispanité, latinité, chrétienté…), elle est l’identité.
Nous pouvons donc considérer que les Amazighophones, les Arabophones et les Canariens de l’Amazighie*- Maghreb - Afrique du Nord se fondent dans la même identité historique amazighe. Ce sont tous des Amazighs.
Quant à la langue amazighe, elle constitue le patrimoine commun. Elle a été la première langue naturelle de tous les Algériens et par extension de tous les Amazighiens pendant une grande période de l’histoire de ce pays et de cette grande région d’Afrique. Elle est aujourd’hui la langue maternelle de près de 40 millions de personnes.
Par conséquent, la co officialité de l’amazigh demeure un droit historique inaliénable. C’est une exigence, une chance et une échéance pour l’avenir des pays de l’Amazighie.
La solution de la question amazighe dans les pays de l’Amazighie interviendra qu’à partir du moment où nous commencerons à nous réapproprier notre Identité Historique Amazighe.
La revendication identitaire amazighe interviendra aussi avec l’avènement d’une véritable démocratie. C’est à cette condition que les pays et les peuples de l’Amazighie retrouveront leurs repères identitaires enracinés dans une Amazighitude ancrée dans l’histoire et la préhistoire nord-africaine. C’est ainsi qu’ils pourront s’inscrire dans un développement culturel harmonieux, participer à la modernité et à la course universelle de l'esprit humain.

Aujourd’hui, le désir d'autonomie par certains militants découle du déni identitaire.
Les tenants de l’Algérie algérienne libre et démocratique exigent la reconnaissance identitaire depuis le début de l’Etoile Nord Africaine. La revendication de l’autonomie est une suite logique à toutes les revendications d'officialisation de la langue amazighe qui remontent à l’indépendance de notre pays et qui demeurent lettres mortes. L’ostracisme du pouvoir face aux revendications légitimes d’une partie du peuple peut conduire certains militants à rechercher d’autres voies de salut.
Quant à moi je préfère le terme de régionalisation qui ne peut trouver son aboutissement que dans une Algérie libre et démocratique. En ce qui me concerne, depuis mon engagement au sein de l’académie berbère en 1969, je continu à me battre par le biais de l’association Afus Deg Wfus* et aux travers de mes conférences pour la co officialité de la langue amazighe, la généralisation de l’écriture Tifinnegh et l’avènement d’une Union Amazighienne-Maghrébine-Nord Africaine qui intègre les Iles Canaries. (Le gouvernement autonome canarien a accueilli, participé à l’organisation et au financement du 1er Congrès Mondial Amazigh en 1997 à Tafira dans la Grand Canaria).
Cette union basée sur la reconnaissance des réalités socioculturelles de nos pays, sur les valeurs civilisationnelles et sur l’affirmation d’une identité historique Amazighienne assumée, doit permettre le développement des échanges dans tous les domaines ainsi que la réalisation de grands projets sur le plan culturel, scientifique, économique, industriel et environnemental par une coopération franche et fraternelle.
Après tant d’années de sacrifices, avant qu’il ne soit trop tard, il est grand temps pour les Etats d’Amazighie de répondre favorablement aux revendications légitimes par l’officialisation de la langue amazighe.

Aujourd’hui, il est admis que l’écriture Tifinnegh* constitue une référence et un symbole identitaires. Le choix d’une graphie pour une langue n’étant pas neutre, les caractères Tifinnegh constituent une garantie d’authenticité et une spécificité amazighe. L’amazigh doit s’écrire avec son propre système d’écriture, c'est-à-dire en Tifinnegh. Pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons chez nous ?
Je dirai comme Mouloud Mammeri grand visionnaire que l’adoption des caractères Tifinnegh résulte du simple bon sens. Dda lmouloud écrivait dans la préface du livre de Hamouna « grammaire berbère » (Octobre 1987). « Nous avons utilisé les caractères latins pour des raisons pratiques mais demain le berbère doit s’écrire en berbère, c’est-à-dire, en Tifinagh aménagé, c’est le simple bon sens ».
Fidèle à cette grande figure de l’Amazighitude et défenseurs du Tifinnegh, les membres de l’association Afus Deg Wfus ont fait un pas dans ce sens en réalisant en 1993 le premier standard des polices de caractères en TIFINAGH issu de l’aménagement de l’Académie Berbère avec l’adaptation de deux les lettres et l’introduction du W.
Il y’a deux ans, en passant par la librairie de l’aéroport d’Alger, j’ai trouvé le coran en amazigh écrit en Tifinnegh (Standard Afus Deg Wfus) d’où ma fierté. Cette traduction en amazigh a été faite par Remdhan Ath Mensour, un génie de la littérature amazighe.
Aujourd’hui c’est ce standard avec quelques adaptations réalisées par l’IRCAM (Institut Royal de la Culture Amazighe) qui est utilisé officiellement dans les écoles pour l'enseignement de la langue amazighe au Maroc.
A cet effet, je me  félicite et me réjouis du choix judicieux de l’alphabet Tifinnegh qui a été fait par le Maroc pour l’enseignement de la langue amazighe. Une pensée à Mas Mahdjoubi Ahardan ce grand militant de l’amazighitude qui a eu l’intelligence de conseiller  aux premiers membres de l’Académie Berbère l’utilisation de l’alphabet Tifinnegh et qui a publié dans l’hebdomadaire Marocain Tidmi n°38 en 1995  mon premier plaidoyer pour la généralisation de l’alphabet Tifinnegh.
C’est avec une grande fierté que j’adresse mes chaleureuses félicitations à tous les membres de l’IRCAM qui font un travail remarquable par une production scientifique, didactique et pédagogique et qui ont permis au Tifinnegh, deuxième alphabet avec l’amharique en Afrique d’intégrer l’Unicode.
J’adresse mes ferventes salutations, fraternelles et militantes aux deux recteurs de l’IRCAM Mas Mohamed Chafiq et à Mas Ahmed Boukous. Ils ont fait le choix du cœur et celui du bon sens en optant pour l’alphabet Tifinagh que nous ont légué nos ancêtres.
Bien qu’une grande partie des militants ait disparu, l’espoir est permis pour le mouvement culturel amazigh de faire aboutir ses revendications.
L’Académie berbère avait été durant une dizaine d’années le foyer de toute une génération de militants amazighs mobilisés pour la défense et la réhabilitation de la langue et de l’identité amazighes dans les pays de l’Amazighie. Le premier travail de vulgarisation de l’histoire, de sensibilisation et de conscientisation des populations par la diffusion de l’alphabet Tifinnegh a été principalement l’œuvre de cette Académie « Agraw Imazighen » de Paris, de l’Académie Berbère de Roubaix fondée par moi-même en 1971 ainsi que de l’Union du Peuple Amazigh (UPA) fondée en 1974 par le grand militant, regretté et ami Amar Neggadi.
Aujourd’hui, nous pouvons dire que cette Académie avec les autres organisations ont rempli leur mission avec succès. C’était le pot de terre contre le pot de fer. Face aux menaces et aux pressions incessantes, les premiers militants ont accompli avec courage et dignité la tâche de sensibilisation et de réhabilitation de l’identité, de la langue amazighes et de l’alphabet Tifinagh. Ce travail militant a engendré le printemps berbère de 1980 qui demeure l’un des événements majeurs de l’Algérie indépendante.
Grâce à ce travail désintéressé de sensibilisation et de conscientisation, les Amazighs se sont forgés aujourd’hui une mémoire et une identité commune qui s'étend de l'Egypte aux Iles Canaries, du nord de l’Algérie au sud du Niger.
L’espoir est permis. Création du HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité) en 1994 en Algérie et de l’IRCAM en 2002 au Maroc. Suite aux grandes manifestations de Rabat, Marrakech et Agadir le 20 février dernier, le jeune roi Mohamed VI vient de déclarer le changement de la Constitution avec la prise en charge officielle de l’amazighité.
La relève est assurée. Dans tous les pays d’Amazighie, des étudiants, des jeunes et moins jeunes continuent le combat sous des formes variées avec de nouvelles stratégies. Des mouvements naissent un peu partout. De multitudes associations se sont crées à l’intérieur du pays, en Europe, en Amérique, et un peu partout dans le monde. Toutes les instances internationales sont investies par de nombreux militants amazighs organisés en ONG et internationalisent le combat identitaire.
Je laisse la parole au guide et au sage feu Mouloud Mammeri:
« Quels que soient les obstacles que l’histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple, et à travers lui les autres, ira. L’ignorance, les préjugés, l’inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l’on distinguera la vérité de ses faux-semblants. Tout le reste est littérature ».
Je profite pour avoir une pensée et rendre hommage à tous les compagnons du combat identitaire, je nomme Med Saïd Hanouz, Amar Naroun, Mouloud Mammeri, Ali Sayad, Slimane Azem, Haroun Mohamed, Smaïl Medjber, Amar Neggadi, Hend et Ramdane Sadi, Ben Mohamed, Abdelmadjid Bali, Hessas Abdelkader, Med Ouyahia, Hassan Hiréche, Bessaoud Med Arab, Mouloud Kaneb, Med Saïd Hamiche, Mustapha Aouchiche, Mustapha Bounab, Berkouk ahmed, Salem Ould Slimane, Djekouane Belkacem, Bairi Hend, Chebli Mohamed, Mohand Oussaïd, Makhlouf Rachid, Ali Fatah, Smahi Djilali ainsi qu’à tous les artisans de l’amazighitude.
 Aujourd’hui même si le combat identitaire amazigh s’essouffle en Algérie, il continu à prendre de l’ampleur au Maroc.
Le Mouvement amazigh est l'expression d'une revendication identitaire, culturelle et linguistique, qui, au nom de la démocratie, revendique une prise en charge du patrimoine commun et présente une vision globale d'une Algérie moderne, libre, démocratique, tolérante, ouverte sur le monde. De ce fait, l’ensemble des revendications s'inscrit dans le combat pour la Démocratie et le respect des droits de l’homme. La revendication culturelle amazighe demeure indissociable du combat pour cette Algérie libre démocratique.
Au Maroc le mouvement culturel amazigh est porté par de nombreux intellectuels qui réclament tous l’officialité de la langue amazighe. Il existe au Maroc une stratégie de négociation et toutes les régions du Maroc sont représentées dans le mouvement culturel amazigh. Les Amazighophones au Maroc représentent près de 70% de la population.
Bien que les Amazighophones représentent de 40 à 50% de la population, portée par la seule région de la Kabylie, la revendication culturelle en Algérie depuis l’indépendance se solde à chaque période par des confrontations avec le pouvoir. Ces confrontations ont endeuillé plusieurs familles par le sacrifice de plusieurs Martyrs. Aujourd’hui l’Algérie reconnait l’amazigh comme langue nationale dans la constitution en faisant payer un lourd tribut à son peuple et à sa jeunesse. N’oublions pas que les grandes manifestations initiées par le mouvement des citoyens ont laissé plusieurs familles en deuil avec un terrible bilan de 132 Martyrs et plus de 5000 blessés.
Combien de Martyrs faudrait-il encore de sacrifices pour faire aboutir les revendications légitimes de tout un peuple ? S’il est certain que le statut de langue nationale confère à une langue un certain renom, c’est le statut de langue officielle qui lui donne des droits véritables. Son utilisation dans l’administration, à l’école, dans les médias etc… Il est urgent de satisfaire la reconnaissance officielle de l’amazigh et de lui attribuer des moyens juridiques et institutionnels indispensables à son réel développement.
La langue amazighe patrimoine commun des Amazighiens* deviendra officielle en Amazighie* une fois que ses pays s’inscriront dans des régimes démocratiques y compris La Libye. De nombreux militants Libyens sont passés par l’Académie Berbère. Les Libyens mènent depuis longtemps un combat pacifique pour la réappropriation de l’identité amazighe et la co officialité de la langue qui en découle. Cette co officialité de la langue amazighe est un droit historique inaliénable. Dans une Libye Libre est démocratique que j’appelle de mes vœux, la question ne doit même pas se poser.
Pour conclure, je cite notre guide, ce visionnaire en lui rendant un énième hommage. Je veux évoquer Dda Lmouloud* / Le réveil des peuples aujourd’hui lui donnent raison.
« Quand trop de sécheresse brule les cœurs,
Quand la faim tord trop d’entrailles
Quand on rentre trop de larmes,
Quand on bâillonne trop de rêves,
C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bucher
A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave
Pour faire dans le ciel de dieu et dans le cœur des hommes
Le plus énorme incendie »

Ceux, qui comme moi militent depuis fort longtemps pour que soit reconnue la langue amazighe comme langue officielle à côté de la langue arabe, connaissent l’œuvre gigantesque de Dda Lmouloud.
IL a été et demeurera notre guide. Il a donné à la littérature algérienne ses lettres de noblesse. Sa grammaire berbère éditée en 1976 restera le fondement essentiel de notre langue. Sa sortie a permis son développement et a encouragé de nombreux jeunes à des créations d’œuvres littéraires ouvrant la langue et la culture berbères à l’universalité. Dda Lmouloud demeurera le symbole de l’éternité amazighe et celui de l’Homme Libre.
Son nom restera à jamais ancré dans la mémoire de son peuple et traversera les générations futures. Demain, je suis sûr que l’on dira  la langue de Dda Lmouloud pour la langue amazighe, comme on dit la langue de Molière pour le français, de Shakespeare pour l’anglais et de Goethe pour l’allemand.
DEFINITION PAR MED OURAMDANE KHACER
Amazighie* = Maghreb, Afrique du Nord (Territoire avec les Iles Canaries)
Amazighien*= Maghrébin, Nord Africain (Amazighophone, Arabophone, Canarien)
Amazighitude* = Berbéritude = Amazighité
Tifinnegh* = Tifinagh (Signifie notre trouvaille)
Dda Lmouloud*= Mouloud Mammeri
Espace Culturel Berbère Européen Afus Deg Wfus :
E-mail: AfusDegWfus@gmail.com
Site Web: www.afusdegwfus.org

Chanson de Matoub Lounès "Tavrats i l'hekam"(seulement la parodie de l'hymne national algérien) sous-titré en kabyle avec la traduction française de la chanson.
(Transcription en Tamazight et traduction/adaptation en français de Yalla Seddiki - Matoub Lounès, Mon nom est combat).
http://matoub.rebelle.free.fr/

La Kabylie, aux noms du MAK et du GPK, le fête en grandes pompes

Commémoration du 31e anniversaire du Printemps Kabyle
Marche du MAK à Tizi-Ouzou, Crédit Photo : SIWEL - Hocine Amayas Kemmache
Marche du MAK à Tizi-Ouzou, Crédit Photo : SIWEL - Hocine Amayas Kemmache
C’est aux noms du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) et du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) que la Kabylie, toute entière, a fêté la commémoration du 31e anniversaire du Printemps Kabyle, connue sous les appellations lapidaires de « Printemps amazigh et Printemps 1980 » et le 10e anniversaire du Printemps noir de 2001.
20/04/2011 - 20:47 mis a jour le 21/04/2011 - 00:29 par Saïd Tissegouine
    
En effet, plusieurs dizaines de milliers de personnes brandissant le drapeau kabyle et le portrait du président du GPK  , en l’occurrence M Ferhat Mehenni, ont marché aujourd’hui du carrefour du 20 Avril jusqu’à la place de l’Ex-Mairie (centre-ville de Tizi-Ouzou) pour exiger la tenue du référendum sur l’autodétermination de la Kabylie, un droit inscrit et retenu dans le registre des Nations-Unies consacré aux droits des peuples autochtones à disposer d’eux-mêmes.
Tôt le matin, des milliers de personnes ont déjà marqué leur présence sur le lieu du départ de la marche. Couleurs kabyles dans les mains ou portées carrément sur les épaules et l’hymne national de la Kabylie porté très loin par le biais d’une formidable sonorisation, une marée humaine s’est rassemblée au carrefour du 20 Avril et du lieu se situant devant le portail de l’université Hasnaoua.
A fur et à mesure que le temps passait, les rangs kabyles se gonflait. C’est pourquoi à l’heure arrêtée pour le départ de la marche, il était impossible à quiconque de retrouver une de ses connaissances intimes. De loin ou de près, seuls les drapeaux et les slogans du MAK reflétaient et identifiaient la paternité de la manifestation. Même les observateurs ont été unanimes : « C’est bel et bien le rendez-vous du MAK ».
A 10 heures et demi, la marche commença. Et tandis que le premier carré des manifestants a déjà atteint le point final de la marche, à savoir la place de l’Ex-Mairie, le carré devant former la queue n’avait pas encore démarré à partir du carrefour du 20 Avril ou du devant du portail de l’université Hasnaoua.
Il va sans dire que tout au long du trajet de la manifestation, les Kabyles criaient des slogans propres au MAK, à savoir la tenue d’un référendum sur l’autodétermination de la Kabylie, la grandeur de M. Ferhat Mehenni, le refus de la Kabylie à être diluée dans le monde arabo-musulman etc.
En toute vérité, seul le célébrissime journaliste Albert Londres aurait pu décrire avec le minimum de fidélité possible la manifestation initiée aujourd’hui par la famille militante et patriotique du MAK. C’est le cas de le dire puisqu’en sus des milliers de personnes occupant le pavé, d’autres personnes encore se tenant sur les trottoirs et autres éminences, notamment les jeunes gens, scandaient : « vive le MAK ! » « Vive le GPK ! », « Vive Ferhat Mehenni ! : », « Oui pour l’autonomie de la Kabylie ! ».
C’est dans ce climat de Kabylie aux Kabyles et d’Algérie pas arabe, que les premiers manifestants ont atteint le point final de la marche. Cependant, le point final de la marche ne signifie pas la fin de la manifestation. En effet, une fois constaté l’arrivée de tous les manifestants, les dirigeants du MAK ont tenu à animer un meeting.
C’est le président du MAK par intérim, M. Mohand Larvi Tayev, qui ouvrit le bal en donnant un grand aperçu historique la Kabylie authentique et de ce qu’elle a toujours été.
En mettant en avant une rationalité indiscutable, Mohand Larvi Tayev a développé plusieurs points sur la réalité de la Kabylie dont la laïcité, l’aspect culturel et linguistique, l’ordre sociologique et politique, le modèle économique et tant d’autres éléments faisant ressortir que « l’exigence de l’autonomie de la Kabylie ne relève pas du tout de l’aventurisme comme tente de le faire croire certaines hommes et femmes politiques considérant que la politique en Algérie ne constitue qu’un moyen purement lucratif ».
La foule était déjà chauffée à blanc quant M. Bouaziz Aït-Chebib, Secrétaire National à l’Organique du MAK, a pris le micro pour rappeler les raisons légitimes du peuple kabyle à demander son autonomie. En ce qui le concerne, le ministre des Relations internationales du GPK, M. Arezki At Hammuc a profité de cette occasion pour rappeler les questions inscrites à l’agenda du GPK dont le dépôt de plainte contre ceux qui ont commis une agression traduite par le sang contre la Kabylie il y a dix ans de cela.
Par la même occasion, le ministre des affaires étrangères du GPK n’ a pas manqué de condamner le régime d’Alger pour son « soutien à El Guadaffi dans sa répression sanglante contre son peuple ». En un mot, l’intervenant du GPK a rappelé le soutien indéfectible de la nation kabyle à l’endroit du peuple libyen qui mène une lutte pour la liberté et la démocratie.
A la fin du meeting, la foule se dispersa dans le calme mais non sans avoir fait le serment que la Kabylie n’arrêtera le combat et le sacrifice qu’une fois obtenue son autonomie.
Addenda : Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a commémoré à sa façon aussi l’anniversaire du Printemps kabyle.
Les forces militantes du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) qui se sont aussi maladroitement que sordidement travesties en forces de la Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie (CNDC) ont effectué une marche pour commémorer le 31 ème anniversaire du Printemps kabyle.
Environ 300 personnes ont participé à cette manifestation. Il va sans dire que l’honneur de la Kabylie a été mis en avant par les manifestants à travers le long de leur marche laquelle a commencé à partir du carrefour du 20 Avril pour se terminer devant le siège de la wilaya. Par obligation et devoir journalistique, il est nécessaire d’apprendre à nos lecteurs que seuls les cadres et militants du RCD ont participé à cette manifestation.
Il est vrai que des noms ont été avancés parmi les manifestants et qui ne seraient pas membres du RCD mais tout simplement des membres de la CNCD mais hélas, aucun de ces personnages cités au dehors du RCD n’est connu sur la place publique. En d’autres termes, seuls les militants du RCD et qui sont d’abord des Kabyles ont tenu à marquer de leur empreinte cette manifestation.
S’il est vrai que personne n’a le droit de nier les sacrifices des militants du RCD pour que la Kabylie se maintienne toujours debout, aucun élément du RCD n’a le droit non plus de faire croire aux Kabyles que la « Kabylie et le reste de l’Algérie ne constitue qu’une seule nation, unie et indivisible ». La preuve que le slogan de l’ « Algérie est unie et indivisible » est trivial à voir dans le grand nombre de sincères et vaillants militants du RCD qui ont rejoint ce matin les rangs du MAK pour exiger du pouvoir d’Alger l’autonomie pure et simple de la Kabylie.

mercredi 20 avril 2011

Ferhat Mehenni internationalise la question kabyle via Fox News


Ferhat Mehenni internationalise la question kabyle via Fox News

19/04/2011 - 23:39

WASHINGTON (SIWEL) — La visite du président du Gouvernement provisoire kabyle, Ferhat Mehenni à Washington suscite un intérêt des médias américains. Exemple de la grande chaine d’information en continu, Fox News, qui a consacré tout un programme pour cette visite. Son site a publié aujourd’hui mardi à la Une un long article, intitulé : « Algérie : une minorité revendique son autonomie ».


Ferhat Mehenni internationalise la question kabyle via Fox News
« L'administration Obama pourrait faire face à un potentiel de bouleversement politique avec encore un autre allié dans le monde arabe, cette fois en Algérie. Le MAK fait état d’une demande d’un référendum sur l'autonomie. Cette étape sera suivie par des manifestations prévues, et dont certains analystes craignent qu’elles dégénèrent en violence si les Etats-Unis ne fait rien pour rapprocher les parties et travailler sur un accord mutuellement acceptable. Ce qui rend ce dilemme particulièrement difficile pour l'administration, c'est que les Kabyles, qui font partie de l'ethnie berbère, sont majoritairement musulmans laïques et largement pro-occidentaux. Ils sont très actifs dans la lutte contre Al-Qaïda, et ont même leur propre armée de volontaires pour se prémunir contre les attaques, a estimé Fox News.

La chaine américaine poursuit que « Ferhat Mehenni, chef de la délégation en visite, a déclaré à Fox News qu'il craignait une répression de la part des autorités algériennes sur les manifestations à venir. « Il a dit qu'il espère que le gouvernement ne commette pas la même erreur qu'il y'a 10 ans, lors des manifestations que les forces de sécurité algériennes avaient brutalement écrasées, et a appelé à mettre fin à la répression du gouvernement et une extension des droits culturels et linguistiques. Plus de 120 personnes ont été tuées dans ce qui est communément appelé le "printemps noir". »

M. Mehenni a précisé que l'objectif du voyage « est à chercher du soutien diplomatique de l'administration américaine et des Nations unies et les amener à faire pression sur l’Algérie pour accepter un référendum d'autonomie ». Il a dit que ce sont les principales revendications qui seront portées par les manifestants le mercredi 20 avril.

Le responsable kabyle a déclaré à Fox News qu'il croit qu'il est dans l'intérêt de l'Amérique de soutenir « nos droits d'exercer notre langue, notre culture, la démocratie et les valeurs laïques que nous partageons naturellement avec l'Occident ».

Il a accusé également le régime algérien « d’encourager le terrorisme qu’il est censé combattre. Il est scandaleux d'entendre certains responsables occidentaux décrire le régime algérien comme laïc », conclut M. Mehenni.

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SIWEL 192345 AVR 11

mardi 19 avril 2011

L'AUTONOMIE EST LE SEUL SALUT DE LA KABYLIE (Arezqi At Ḥemmuc).

Mass Areẓqi At Ḥemmuc, aneɣlaf n Wassaɣen igreɣlanen, ad yili d inevgi n Mohand Kacioui di tedwilt J-7, I neẓra mazal ad nẓer, n wass n 25 meɣres 2011 ɣef 21:, di tiliẓri Berbère-Télévision.

Le rapporteur onusien épingle le gouvernement algérien

Droit à la liberté d’opinion et d’expression et libertés publiques
Le rapporteur spécial onusien sur le droit à la liberté d’opinion et d’expression a épinglé dimanche 17 avril, en termes qui ne souffrent d’aucune équivoque, le gouvernement algérien, coupable à ses yeux d’entraver l’exercice des libertés par le maintien d’une certaine législation. « La réconciliation ne peut jamais être réalisée en imposant le silence », a affirmé Frank La Rue, lors d’une conférence de presse animée au siège du PNUD à Alger à l’issue d’une mission d’une semaine sur invitation du gouvernement algérien.
18/04/2011 - 14:00 mis a jour le 18/04/2011 - 01:28 par Amar Maksen
    
M. Frank La Rue faisait notamment allusion à l’article 46 de l’ordonnance portant mise en application de la charte et qui impose une véritable chape de plomb aux journalistes et aux historiens. L’article en question, en effet, menace d’une peine de cinq ans de prison ou d’une forte amende « toute personne, en Algérie ou à l’étranger utilisant les blessures de la tragédie nationale pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne, fragiliser l’État, nuire à l’honorabilité de tous ses agents ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international ». « La paix est basée sur le droit à la vérité et le droit de l’accès à la justice pour les victimes », a indiqué le rapporteur onusien. En dépit des revendications de certains partis d’opposition et des réclamations des familles des disparus, le sort de certaines personnes disparues durant la décennie noire reste à ce jour inconnu.
Chargée d’enquêter, la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’homme (CNCPPDH), organisme officiel dirigé par Farouk Ksentini, a conclu que certaines disparitions ont été le fait « d’agents de l’Etat ». Mais elle s’est refusé à incriminer les institutions. Et pour clore le dossier, elle a proposé des indemnités aux familles. Mais certaines familles ont opposé une fin de non recevoir à ce qu’elles considèrent comme une tentative d’enterrer le dossier et continuent à ce jour de manifester à Alger pour réclamer la vérité et la justice.
M. Frank La Rue qui a eu à assister à un rassemblement - interdit - des familles de disparus, tout comme à la répression de la marche des étudiants, a exhorté le gouvernement « à ne plus faire usage de la force contre les manifestations pacifiques ». « Et pour les cas des familles de disparus, elles doivent avoir le droit de s’exprimer en public », a-t-il dit. « J’ai pu observer une marche des étudiants qui a été violemment dispersée par les forces de l’ordre », a-t-il encore indiqué. S’il qualifie de « signe positif » la levée de l’Etat d’urgence décidée en février dernier, il considère cependant que « le cadre légal existant est toujours restrictif (et) viole le droit à la liberté d’opinion et d’expression ». « Il est important que la liberté de manifester pacifiquement soit complémentaire avec la liberté d’opinion et d’expression qui doit être garantie par l’Etat », a-t-il souligné.
Concernant la télévision publique qui reste sous le monopole de l’Etat, l’envoyé onusien estime qu’ « elle ne doit pas être utilisée à des fins politiques par le pouvoir ». « C’est pour cela que j’ai proposé la création d’une instance indépendante chargée de réglementer le travail des médias audio-visuels », a-t-il affirmé.
Concernant l’agence nationale d’édition et de publicité (ANEP), organisme qui gère la publicité étatique, elle ne doit pas, selon Frank La Rue , privilégier les journaux qui ont des positions favorables au gouvernement. Une pratique au demeurant assez courante et qui a permis de maintenir sous perfusion de nombreux titres de la presse.
Quant à la dépénalisation du délit de presse, dont il a salué l’annonce, il a rappelé que les peines contenues dans le code pénal font office « d’intimidation à l’égard des journalistes qui les pousse à l’auto-censure ». M Frank La Rue, qui va présenter son rapport en 2012 à l’ONU, s’est félicité enfin de ce qu’il soit invité et d’avoir travaillé librement.

Rendez-vous le 20 Avril devant l’ambassade de l’Algérie à Paris

Succès du rassemblement en hommage aux victimes du printemps noir
Le parvis des droits de l’Homme, au Trocadéro (Paris), a été envahi, hier en fin d’après-midi, par plus de 200 personnes, venues rendre hommage aux martyrs kabyles de 2001 et exiger un référendum d’autodétermination du peuple kabyle.
19/04/2011 - 00:07 mis a jour le 19/04/2011 - 00:07 par Muyyud
    
La fédération du MAK France, initiatrice de l’évènement, a, pour l’occasion, exposé des photos des évènements du printemps noir de 2001, celles des différentes marches du MAK des dernières années ainsi que le mémorandum adressé aux instances algériennes et internationales pour la demande officielle d’un statut d’autonomie régionale pour la Kabylie. Des chansons kabyle engagées ont été diffusées pendant tout le rassemblement. Des dizaines de pancartes, portant l’identité de martyrs du printemps noir, ont été distribuées aux présents ainsi que des drapeaux kabyles. Ce rassemblement compact aux couleurs de la Kabylie a attiré la curiosité de dizaines de touristes, qui se sont approchées pour en savoir davantage sur la cause kabyle.
Vers 19h30, une prise de parole a été effectuée. Après avoir souhaité la bienvenue aux présents, Abdennour Aouchiche, le nouveau président du MAK France, a souligné que « ce rassemblement était un devoir et qu’on n’est pas prêts de pardonner même pas une goutte du sang versé par pas moins de 127 martyrs et plus de 5000 blessés en 2001. ». Il s’est félicité aussi de l’avancement du combat des militants de la cause kabyle depuis 2001, en rappelant que cela fait 10 ans que le MAK existe et bientôt un an que le Gouvernement Provisoire Kabyle, Anavad  , a été mis sur pieds. Le secrétaire général de la fédération du MAK France, Ahviv Mekdam, a, quant à lui, assuré que la meilleure façon de sanctionner le pouvoir algérien pour le génocide qu’il a perpétré contre le peuple kabyle dans une indifférence générale est « d’exiger un referendum d’autodétermination du peuple kabyle ».
Makhlouf Idri, porte parole du Gouvernement Provisoire Kabyle, a, quant à lui, remercié, au nom de l’Anavad et de son président, Ferhat Mehenni, le MAK France d’avoir organisé cette manifestation, avant de parler de la symbolique du 20 Avril « qui était longtemps un rendez-vous de culture et d’échange et qui est depuis 2001 synonyme d’une blessure très profonde », a t-il soutenu, avant d’enchainer en annonçant à l’assistance que « la requête déposée par le Gouvernement Provisoire Kabyle auprès du Tribunal Pénal International a été acceptée par le procureur » avant d’assurer que dans un avenir proche « on va faire juger les assassins d’au moins 128 kabyles ».
Le porte-parole de l’Anavad est ensuite revenu sur la récente sortie médiatique du président algérien Bouteflika, où ce dernier « a essayé de garder un semblant d’autorité et de pouvoir », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « c’est une démonstration de plus qu’il n’y a pas d’autre voie que celle d’une Kabylie autonome ».
Avant de clore la prise de parole, un blessé du printemps noir a été invité à dire un mot, 10 après qu’il a été touché par une balle au visage tirée par un gendarme algérien. Ce jeune kabyle, qui ne devait pas avoir encore 20ans, au moment des faits, a regretté que « le pouvoir algérien ne cesse de faire subir de l’injustice à la Kabylie » et a déclaré que « La Kabylie a besoin d’avoir un pouvoir entre ses mains afin que ce qui s’est passé avec nous ne se répète pas avec d’autres Kabyles, dans l’avenir ».
Les présents se sont succédés pour allumer des bougies sous les portraits des victimes du printemps noir avant de se disperser dans le calme.
Massinissa Guermah a été tué dans la nuit du 17 au 18 Avril 2001. 10 ans plus tard les militants de la cause kabyle sont plus que jamais décidés à porter haut et fort la voix des 128 martyrs de la Kabylie. L’Anavad a déposé une plainte au Tribunal Pénal International contre le pouvoir algérien. Le président Ferhat Mehenni est actuellement aux Etats Unis pour appuyer la demande d’un référendum pour l’autodétermination du peuple kabyle et sera reçu le 20 Avril par le secrétaire général de l’ONU. A la même date, le MAK a appelé à une marche historique dans les 3 grandes villes de la Kabylie pour exiger un référendum d’autodétermination du peuple kabyle. La fédération du MAK France donne rendez-vous à la diaspora kabyle en France devant l’ambassade de l’Algérie à paris, à 17h, et l’invite à venir en famille afin d’apporter son soutien aux marcheurs en Kabylie.

dimanche 17 avril 2011

Le tribunal pénal international a jugé recevable la plainte du MAK contre les commanditaires des crimes commis contre les jeunes Kabyles en 2001

Le tribunal pénal international (TPI), dont le siège se trouve à La Haye (Pays Bas), a jugé recevable la plainte du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) contre les commanditaires des crimes commis contre les jeunes Kabyles en 2001.
16/04/2011 - 20:50 mis a jour le 16/04/2011 - 22:50 par Saïd Tissegouine
    
De ce fait, le Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK  ) a décidé d’ester en justice M. Abdelaziz Bouteflika, et ce , en tant que premier responsable des crimes commis puisqu’il était président de la république au moment des faits. C’est ce qu’a affirmé, hier, M. Arezqi At Hemmuc, ministre des Relations internationales au GPK à l’occasion du meeting animé aux Ouacifs. Le ministre du GPK a précisé que pas moins de onze avocats ont pris en charge cette affaire. « Quatre d’entre eux, précise le ministre, ont été mobilisés par le parlement flamand, trois sont de nationalité française et deux autres sont des Suisses ». S’agissant des deux autres, M. Ath-Hammouche n’a pas révélé leur nationalité. «  Une fois devant les juges, l’accusé ne manquera certainement pas de révéler le ou les commanditaires de cette tragédie », note le ministre qui a tenu à rassurer l’assistance que les crimes ne demeureront pas impunis. Le ministre a déclaré également que c’est sur invitation des autorités américaines que le président du GPK, M. Ferhat Mehenni, est depuis le 12 de ce mois en visite officielle d’une dizaine de jours à Washington DC. A l’issue de ce séjour officiel dans la capitale fédérale américaine, le président du GPK sera reçu par le Congrès, le Sénat et le Pentagone. Dans ses discussions, il sera question du dossier kabyle, selon le ministre des affaires étrangères du GPK.
En sus de ces informations agréablement accueillies par l’assistance fort nombreuse, M. At Hemmuc a puissamment développé le thème ayant directement trait à l’avenir de la nation kabyle et les raisons de sa demande d’autonomie. « Même en Europe, le débat sur l’identité est lancé », souligne d’emblée le ministre du GPK pour ajouter ensuite que « si l’Algérie a un problème c’est à cause de son système politique ». « Les Algériens disent bien « Bled El Kabaïl ( le pays des Kabyles) » pour désigner la Kabyle ; cette identification n’est pas innocente », affirme l’orateur avant de déclarer : « Nous voulons nous aussi reprendre notre mode de gouvernance et notre système politiques ancestraux ».
Continuant sur la même lancée, le ministre des affaires étrangères du GPK a évoqué le concept de « l’unité » lequel « a été imposé par la France coloniale pour répondre au mieux à ses intérêts  ». « Et maintenant que la France n’est plus là, ajoute l’orateur, nous devons poursuivre le processus de décolonisation pour pouvoir retrouver notre système ancestral ». M. At Hemmuc n’a pas nié la présence du FFS et du RCD au parlement mais « ils ne peuvent aucunement défendre un projet dans notre intérêt puisqu’ils sont minoritaires ». « Et ce n’est quand même pas Abdelaziz Belkhadem qui porte la tenue afghane qui puisse assurer nos intérêts », lâche l’orateur avec un air mi-sérieux mi-plaisantin pour déclarer aussitôt que « seule l’autonomie constitue la solution idoine que recherchons ».
En ce qui le concerne, le président du MAK par intérim, Si Moh Tayev Larvi, l’homme qui, d’ailleurs, a ouvert le bal comme d’habitude, a développé son thème d’excellence avec compétence. La laïcité chez le peuple kabyle depuis la nuit des temps, le principe républicain appliqué dans les villages, la Kabylie, berceau de la science, l’invention des chiffres de zéro jusqu’à neuf par un mathématicien kabyle de l’université des Hammadite (v’gayet), et l’appellation à tort « chiffres arabes » à cause de l’influence de l’Andalousie arabo-muslmane à cette époque, les Turcs et les Français qui qui se sont coalisés contre les Kabyles en 1830 et ce 21 énième siècle qui est celui de la décolonisation de tout peuple autochtone pour peu qu’il manifeste son désir dans ce sens, sont autant de points développés avec brio et, évidemment, fort bien enregistrés par les citoyens des Ouacifs.
Lui succédant dans la prise de parole mais sans toutefois être prolixe, Mlle Hassiba Abassène, militante et cadre du MAK de la première heure, a informé l’assistance que son choix pour la défense des couleurs du MAK a pour motif « l’honneur, la nécessité pour la nation kabyle d’exister en tant telle et dans laquelle la femme, cette moitié de l’homme, est vue et considérée dans toute sa dimension ». Ces simples mots traduisant le profil authentique du peuple kabyle ont valu à son auteur de grandes ovations de la part de la population des Ouacifs.
Après Mlle Hassiba Abassène, le Secrétaire national à l’Organique, M. Bouaziz Aït-Chebib, prend enfin la parole. L’homme, connu comme un véritable harangueur de foule, a, comme à son habitude, réussi à démontrer le bien-fondé de la revendication du MAK. Après les salutations d’usage propres aux Kabyles, le Secrétaire National à l’Organique du MAK attaqua : « Le peuple kabyle mes frères, n’est pas tombé du ciel et la Kabylie n’est ni à vendre, ni à hypothéquer ». « Aussi, ajoute-t-il en guise d’introduction, notre peuple a droit au respect qu’il mérite comme les autres peuples de cette planète ».
Bouaziz Aït-Chebib a cité Charles Alexis de Tocqueville et Karl Marx, deux grandes figures du I9e siècle qui ont parlé de la Kabylie et la grandeur du peuple kabyle. Le premier pour son témoignage quant à «  l’indépendance » du peuple kabyle et le second sur son mode de vie et son système politique lui ayant servi d’exemple dans sa mise au point de sa doctrine sur le socialisme. « En dépit des multiples invasions culturelles et linguistiques qu’elle a subie, la nation kabyle a su leur résister et les combattre », déclare encore l’orateur. Faisant le comparatif avec l’Egypte qui a 85 millions d’habitants, il y a eu beaucoup de mal à faire sortir un million de personnes dans la rue alors que « seulement sept millions d’habitants, la Kabylie a mobilisé deux millions de personnes à la suite d’un simple appel, a clamé le Secrétaire National à l’Organique du MAK. S’agissant de la guerre d’indépendance de l’Algérie, l’orateur a crié haut et fort que ce sont les kabyles qui l’ont menée contre la France. « Et on n’a obtenu rien que de la haine des autres Algériens », remarque-t-il avant d’ajouter que « la Kabylie a toujours été méprisée et isolée ». Sans omettre de parler de l’indépendance confisquée aux Kabyles par ceux-là même qu’ils considérait comme leurs frères, Bouaziz Aït-Chebib « prouve » la poursuite de la politique d’anéantissement de la culture et l’identité kabyles par le pouvoir algérien qui n’hésite pas à octroyer l’espace d’habitation kabyle aux terroristes repentis. « La méthode choisie à cet effet, signale l’orateur, est la mise en application sur le terrain de la doctrine arabo-islamiste ». « Azazga et Fréha ainsi que d’autres localités sont aujourd’hui infestés de ces repentis à tel point que l’arabe rivalise avec le kabyle et l’islamisme y est instaurée », affirme le Secrétaire National à l’Organique du MAK qui ne cache pas encore que parmi ces repentis, certains, devenus des imams, déclarent ouvertement que le mot « AZUL   » est prohibé par l’islam. Toutefois, l’orateur avoue que cette nouvelle politique du pouvoir contre la Kabylie ne l’étonne pas, et par conséquent, « seule un Etat kabyle est à même de sauver la langue et la culture kabyle de la disparition ». Et encore une fois, l’harangueur de foule du MAK revient sur la thèse selon laquelle quelle quel soit le différent entre les clans du pouvoir, « lorsqu’il s’agit de détruire la Kabylie, ils arrivent à se mettre d’accord ». « Même les éradicateurs et les réconciliateurs, pourtant en guerre ouverte, en ont donné la preuve en 2001 », argue-t-il.
Nonobstant ce constat alarmant concernant la Kabylie, le Secrétaire National à l’Organique du MAK reconnaît que la partie n’est pas perdue puisque le GPK veille au grain à l’extérieur. L’orateur déclare même à l’assistance captivée que « le peuple kabyle n’est pas amnésique et qu’il fera payer très cher à tous ceux qui lui ont causé du tort ». Il va sans dire que des noms de personnalités physiques reconnues comme des ennemis de la Kabylie ont été cités à l’endroit de la population des Ouadias. S’agissant du Front des Forces Socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), Bouaziz Aït-Chebib les a exhorter de retirer leurs élus des institutions « élues » algériennes. C’est suite aussi à cet appel en direction de ces deux partis kabyles que le Secrétaire National à l’Organique du MAK a appelé les citoyens des Ouacifs à venir massivement le 20 avril prochain à Tizi-Ouzou pour exiger « le droit à la tenue d’un référendum sur l’autodétermination du peuple kabyle ». A noter que l’adhésion de l’assistance au discours du MAK a été marqué par un tonnerre d’applaudissements et par des cris « vive le MAK/ » «  Vive le GPK ».
C’est aussi avec ce sentiment du devoir accompli que le Secrétaire National à l’Organique du MAK, le ministre des affaires étrangères du GPK et l’un des organisateurs du meeting aux Ouadhias  , en l’occurrence Karim, ont pris la direction de Seddouk, région natale de Cheikh Aheddadh, pour animer un deuxième meeting. A la maison de jeunes Berkam Madjid de Seddouk, lieu qui a abrité le rendez-vous avec la vaillante population de Seddouk, le verbe a été également à la mesure de l’exigence de la situation et des attentes du peuple kabyle. En effet, l’assistance, fort attentionnée, a été informée par le ministre des affaires étrangères du GPK de la plainte contre le président de la république algérienne reconnue recevable par le TPI par rapport aux événements tragiques de 200I ainsi que de la visite officielle du président du GPK aux Etats-Unis.
En ce qui le concerne, Razik Zouaoui, chargé de l’éducation et de la promotion de la langue kabyle, a évoqué les raisons qui motivent le peuple kabyle à demander son autonomie. Pour ce faire, l’orateur a mis en exergue des éléments historiques et les spécificités culturelles, linguistiques, sociologiques et religieuses prouvant l’existence de peuples d’Algérie et « le droit du peuple kabyle » à mettre fin à cette politique basée sur le concept d’ « unité ».
C’est dans ce sens que Bouaziz Aït-Chebib a abondé mais sous une autre forme que celle de Razik Zouaoui. Le Secrétaire National à l’Organique du MAK a commencé par apporter un correctif à la prononciation volontairement Arab Bessaoud, pour l’identité kabyle a aussi été mentionnée par l’orateur. Idem concernant les poseurs de bombes qui ont été «  manipulés » par une taupe de l’ex-Sécurité Militaire.
Le dossier du Printemps 1980 a été aussi passé au peigne fin par le Secrétaire National à l’Organique du MAK. L’assistance a pu connaître l’amont et l’aval de l’affaire et tous ses dessous, informations réservées jusque-là qu’aux grands connaisseurs. Les différents mouvements des enfants de Chouhada ont été évoqués aussi dans leur moindre détail. Et dans chaque affaire, rien de visible que l’empreinte kabyle, et ce, pour « justement la reconnaissance identitaire ».
Avant de revenir sur les événements de 2001, Bouaziz Aït-Chebib s’est longuement étalé sur l’événement mémorable connu sous l’appellation de l’année du cartable. Dans son allocution, l’orateur a « lavé » de toutes les allégations mensongères dont a été victimes le président du GPK de la part de ses détracteurs. « Contrairement à ce que les mauvaises langues et les esprits destructeurs ont prétendu, M. Ferhat Mehenni a fait fuir ses enfants en France pour les sauver d’une mort certaine et non pas pour le faire suivre leurs études là-bas ». « C’est bel et bien suite aux menaces de liquidation physique de tous ses enfants qu’il a reçues que M. Ferhat Mehenni a décidé de les mettre à l’abri en France. Il a agi comme n’importe quel père aurait agi pour protéger ses enfants », a martelé le Secrétaire National à l’Organique du MAK avant de prononcer une violente diatribe contre les auteurs des allégations mensongères ayant ciblé le président du GPK à cette époque.

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jeudi 14 avril 2011

Ferhat Mehenni aux Etats-Unis et à l’ONU pour appuyer sa demande de référendum

Ferhat Mehenni aux Etats-Unis et à l’ONU pour appuyer sa demande de référendum

13/04/2011 - 00:10

WASHINGTON DC (SIWEL) — Le président du Gouvernement provisoire kabyle (Anavad) Ferhat Mehenni est arrivé mardi dans la soirée à Washington DC pour une tournée de 10 jours qui le conduira au Congrès américain et au siège de l’ONU à New York.


F. Mehenni, alors président du MAK, au Parlement flamand en février 2010 (PH/ G. I - SIWEL)
F. Mehenni, alors président du MAK, au Parlement flamand en février 2010 (PH/ G. I - SIWEL)
Une communication du ministère des Relations internationales parvenue à Siwel indique qu'à travers sa tournée américaine, le président de l'Anavad compte appuyer la demande d'un réferendum par voie de marches populaires prévues en Kabylie le 20 avril 2011.

Le responsable kabyle va demander à ce que les Etats Unis et l'ONU exercent des pressions sur Alger pour la tenue d'un référendum sur l'autonomie de la Kabylie dont la date est à définir en commun accord. « Ce référendum devra être précédé d'une campagne référendaire en Kabylie dont la durée est à déterminer par les deux partie. La marche du 20 avril sera l'occasion de réclamer ce droit à l’expression démocratique garanti par la loi internationale », a affirmé Arezqi At Hemmuc, ministre des relations internationales de l’Anavad contacté par Siwel.

Ferhat Mehenni rencontrera des membres du Congrès, du Sénat américain, en plus des responsables du Pentagon. Il est aussi attendu au Secrétariat général de l'ONU à New York d'où il s'adressera aux marcheurs du 20 avril. « C’est aussi l'occasion de porter tous les détails des massacres du printemps noir 2001-2003 qui fait actuellement l'objet d'une plainte pour crimes contre l'humanité à la Cour pénale internationale », ajoute le ministre de l’Anavad.

Le communiqué du Gouvernement kabyle a précisé que Ferhat Mehenni aura des rencontres au Congrès des Etats Unis, dans des Think Tanks (lobbies d’opinion), avec quelques médias et avec des ONG.

Dès ce mardi soir, M. Mehenni est attendu au Think Tank Heritage Foundation à Washington DC. Mercredi, il sera invité à la chaîne Al Hurra TV, le plus grand groupe satellitaire américain à diffuser au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Le président de l’Anavad rencontrera successivement l’ambassadeur du Sud-Soudan, l’ambassadeur du Conseil libyen de transition, des leaders Coptes et Kurdes américains.

Le jeudi, il sera reçu par la Co-présidente du Caucus antiterroriste de la Chambre des représentants américaine ainsi que par le président de la commission du renseignement pour le Moyen-Orient.

Le vendredi, Ferhat Mehenni s’entretiendra avec un membre de la la Commission des Affaires étrangères et sera entendu par le Sous-comité sur le terrorisme, la non-prolifération et le commerce au Sénat des Etats-Unis. Dans l’après-midi, il aura une rencontre avec des universitaires à la National Defense University.

La communication du ministère des relations internationales a indiqué d’autres réunions au niveau du Congrès avec la Présidente du Middle East-North Africa Committee et à l’Institute of World Politics.

La tournée américaine de Ferhat Mehenni s’achèvera avec des rencontres au Pentagone et le Conseil national de sécurité.

Les 19 et 20 avril, le président de l’Anavad sera reçu par le secrétariat général de l’ONU à New York.

uz/bbi
SIWEL 131720 AVR 11



mardi 12 avril 2011

UN TROUBLANT DÉNI D’ALGÉRIANITÉ « Mouloud Mammeri ou la seconde mort du Juste »

L’écrivain et journaliste Tahar Benaïcha a déclaré récemment à El Khabar (21 mai 2011) que l’auteur du Banquet (Paris, Librairie académique Perrin, 1973) « Mouloud Mammeri est plus kabyle qu’algérien ». La formule malheureuse, semée impudiquement par l’ancien président de la République Ahmed Ben Bella à propos de Hocine Aït Ahmed membre du « Groupe des Six » et chef historique de la Révolution algérienne ( Jeune Afrique, n° 2626, 8-14 mai 2011), est-elle vouée à faire florès et à jeter au ban de la nation une région glorieuse du pays et ses natifs ?
26/05/2011 - 14:57 mis a jour le 26/05/2011 - 15:13 par Abdellali Merdaci

Ce déni de la nationalité algérienne à celui qui a été — et reste par le courage et la qualité de son œuvre — un prestigieux nom de la littérature contemporaine et de la recherche universitaire en anthropologie et en linguistique berbères n’est pas en soi nouveau. Faut-il inscrire cette énième foucade au registre d’une haine récurrente, aux mécanismes suffisamment huilés, pour être spontanément reproductible dans les palabres d’estaminets de l’Algérie profonde ? Le grief kabyle — sordidement réactivé par Benaïcha — et le doute sur son algérianité ont toujours été convoqués à charge contre Mammeri de son vivant. La défiance qu’a connue — et subie — Mouloud Mammeri, inexplicablement et durablement agie dans le champ littéraire et dans le champ politique, est inséparable de la complexe formation d’une littérature nationale dans la dernière décennie de l’occupation française de l’Algérie et du débat sur l’histoire littéraire de l’Algérie qui a été, dès l’indépendance, confisqué par des sycophantes et des âniers.
Le vieux « mythe kabyle »
Fut-elle ancienne et enracinée cette rage à pourfendre Mouloud Mammeri ? La suspicion a été nourrie assez tôt — en 1953 — contre le romancier de La Colline oubliée (Paris, Plon, 1952) dans un procès instruit dans les colonnes du « Jeune Musulman », publication de la jeunesse de l’association des Oulémas musulmans d’Algérie dirigée par Ahmed Taleb (signant Ibn El-Hakim).
A l’origine de cette querelle, il y a une profonde méprise, sur fond d’ignorance et de désinformation, volontairement entretenue. Il est vrai que l’œuvre de Mammeri — qui a été créditée aux prix littéraires de l’automne 1952 de deux voix au Fémina, remporté par Dominique Rolin ( Le Souffle, Paris, Seuil) et d’un vote au Goncourt qui a consacré Béatrice Beck ( Léon Morin, prêtre, Paris, Gallimard) — a été nominée par les membres de l’académie des Quatre jurys, créée par le patron de L’Écho d’Alger et cacique des assemblées coloniales Alain de Sérigny. Ce prix littéraire — qui n’était pas perçu comme une distinction coloniale — avait pour objectif de récompenser un auteur cité dans un des quatre grands prix littéraires parisiens (Goncourt, Renaudot, Fémina, Interallié). Ravivant le souvenir d’André Gide, les membres de l’académie des Quatre Jurys tiennent leur première réunion à Biskra, le 26 janvier 1953, et attribuent à l’unanimité leur prix à La Colline oubliée, premier roman d’un jeune professeur de lettres françaises, encore inconnu dans le milieu littéraire d’Alger. Mouloud Mammeri ne se prête pas à qu’il pensait être une mystification politico-littéraire coloniale et refuse de se rendre à Biskra, le 30 janvier, pour y recevoir le prix des Quatre jurys. Bien des années après, il s’en explique auprès de Mohamed-Salah Dembri : « Il eut été aberrant que par le biais d’un prix quelconque on donnât à mon œuvre le sens exactement contraire de celui que je voulais lui donner. » ( An Nasr, 4-11 mai 1968). Cependant, la polémique suscitée par le roman, et plus particulièrement par sa remarquable réception critique dans la presse parisienne et coloniale, se greffera vite sur cet événement. Dans « La Colline du reniement », article publié dans le numéro 12 du 2 janvier 1953 du « Jeune Musulman », Mohand Chérif Sahli prévenait sentencieusement Mammeri sur les bruits qui assourdissent son œuvre, le menaçant même du terrible châtiment de « l’indignité nationale ». S’il amende les Kabyles de toute traîtrise envers la cause nationale en les situant à « l’avant-garde du mouvement national », Sahli ne veut être comptable, dans une étroite perspective intellectuelle jdanoviste, que de l’engagement politique de l’écrivain et de son œuvre. Trouvant suspect l’accueil critique unanime fait, en France et en Algérie, à La Colline oubliée, qu’il qualifie d’« exploit étonnant », le chroniqueur du « Jeune Musulman » — qui vitupère « la théorie de l’art pour l’art » — pose à l’auteur la question essentielle : « Une œuvre signée par un Algérien ne peut donc nous intéresser que d’un seul point de vue : quelle cause sert-elle ? Quelle est sa position dans la lutte qui oppose le mouvement national au colonialisme ? » Mais l’adresse de Sahli n’évite pas la rumeur oblique, la méconnaissance de la vie littéraire de la colonie et de l’actualité de ses auteurs indigènes, qui renvoie la consécration critique de l’œuvre de Mammeri à la protection d’« un maréchal de France qui s’y connaît fort bien en goumiers ». En vérité, cet auteur parrainé par le maréchal Juin est Taïeb Djemeri, Algérien né au Maroc et exerçant la pharmacie en France, auteur d’un roman La Course à l’étoile (Paris, Éditions du Dauphin, 1952). Ce mensonge ne gênera pas Sahli et encore moins ceux qui le reprendront à sa suite. La charge la plus construite contre le romancier ne viendra-t-elle pas de Mostefa Lacheraf ? Dans « La Colline oubliée ou Les Consciences anachroniques » (Le Jeune Musulman, n° 15, 13 février 1953), Lacheraf rebondit sur une incrimination du fait berbère (et kabyle) dans une démarche opératoire, qui contrairement à celle de Sahli qui ne s’intéresse qu’à la finalité du roman algérien dans le combat nationaliste, prétend s’appuyer sur la lecture raisonnée de l’œuvre. Lacheraf incrimine directement le fait berbère, survivance acrimonieuse de la « crise berbère » de 1949, et reproche à Mammeri son amour de la « petite patrie ». L’accusation est précise : « Il nous déplaît de constater que […] pas un seul critique littéraire n’a qualifié M. Mammeri d’auteur algérien. On l’a toujours appelé, vraisemblablement sur sa demande : romancier berbère. L’Algérie serait-elle aussi une patrie oubliée ? » Accusation sans fondement et injuste : dans les maisons d’édition — où on est aussi commerçant —, le « prière d’insérer » en « quatrième de couverture », sur lequel se basent souvent les chroniqueurs littéraires pour portraiturer un écrivain, relève des attachés de presse et non des auteurs. Il est souvent un argument de vente qui permet à l’éditeur un retour sur investissement. Dans son entreprise de destruction d’un jeune romancier de La Colline oubliée, Lacheraf aiguisera son argumentaire sur deux plans : le culturel et le littéraire. 1° | Dans un développement culturel — ou plutôt cultuel —, Lacheraf ne signale la berbérité que pour la naturaliser consciencieusement dans une sorte de destinée arabo-musulmane, la mission la plus légitime qu’il lui concède. Ce sont, soutient-il, les Berbères qui ont ramené à la stricte orthodoxie musulmane les Hilaliens — impies — et ce sont les Kabyles zouaouas qui descendaient « en pays dit arabe » enseigner la gnose islamique ; et c’est bien chez eux que se rendait la jeunesse studieuse des confins sahariens pour apprendre les rudiments de la langue arabe classique. Cette lecture du monde berbère épuise certainement le fonds culturel tamazight, trop impétueusement assimilé à la langue et à la liturgie arabo-musulmane. De ce point de vue, une description différente de la montagne kabyle par l’auteur de La Colline oubliée est grosse d’hérésie. 2° | S’il reconnaît l’existence d’une littérature régionale en France — « genre régionaliste breton, cévenol, provençal » —, Lacheraf en minore le statut littéraire (« genre mineur ») et la confine à une utilité documentaire. Cela n’est pas vérifiable : à cette période de l’histoire littéraire de la France, la tradition provinciale et régionaliste — de Jean Giono à Henri Pourrat, d’André Chamson à Ernest Pérochon, de Marcel Pagnol à Henri Bosco — informe, en partie, la structure du champ littéraire parisien et des trajectoires d’auteurs en compétition.
L’Algérie étant, en 1952, une région de la France, il est incontestable que l’éditeur Plon a projeté « l’écrivain kabyle » Mammeri dans cette perspective littéraire régionale qui n’était pas encore discréditée, quitte à rectifier le tir dans la « quatrième de couverture » du second opus Le Sommeil du juste (1955) dans lequel Mammeri est expressément présenté comme « écrivain français », mention soulignée par le caractère italique. Sous le prétexte du régionalisme littéraire, Lacheraf hâte la disqualification de l’œuvre de Mammeri : « Le roman de M. Mammeri est-il un document ? Il ne mérite pas cette qualification pour sa “subjectivité” même, son absence de chaleur humaine. Tout y est sporadique, fragmentaire, souvent étriqué, à l’image même de cette conscience des individualistes et des isolés qui ne se réalise jamais sans trahir les siens. » Un massacre en règle d’un premier roman et de son auteur (posément réédité avec Mourad Bourboune dans un entretien donné aux Temps modernes, octobre 1963), au seul principe d’un idéal politique — national — de la littérature et du littéraire ? Auparavant Mouloud Mammeri aura répondu à Mohand Cherif Sahli (« Le Jeune Musulman », n° 14, 30 janvier 1953), mais sans convaincre. Dans sa brève réplique à Mammeri, Sahli persiste et renvoie l’auteur et son œuvre à un « succès douteux ». Entre-temps, la rumeur aura enflé. Dans son introduction à l’article de Lacheraf — probablement écrite par son rédacteur en chef Ahmed Taleb —, la rédaction du « Jeune Musulman » instille l’ambiguïté sur la position de Mammeri à propos de La Colline oubliée : « Un roman algérien sur des réalités algériennes, un roman qui comme tel ne peut donc servir que la cause algérienne. » Déniait-on déjà une spécificité algérienne à l’auteur et à son œuvre ? Mouloud Mammeri, l’amoureux de la « petite patrie », est résolument campé. Cela restera. Revenant, dans un entretien avec Tahar Djaout, sur cet épisode (fut-il pour lui éprouvant et douloureux ?), Mammeri précisera son éthique de l’écriture littéraire et de ses usages sociétaux au moment de la maturation de La Colline oubliée : « Le véritable engagement consistait à présenter cette société telle qu’elle était dans la réalité et non pas telle que l’aurait reconstruite un choix de héros dits positifs ou retraduite en discours idéologique, c’est-à-dire un mythe. » (Mouloud Mammeri, entretien avec Tahar Djaout suivi de La Cité du soleil, Alger, Laphomic, 1987). Deux doctrines du réalisme littéraire, deux rapports à la littérature et à sa prescription sociale, inconciliables dans leur principe, qui restituent amplement les arrière-pensées de la polémique de 1953. Cependant la guerre d’indépendance ne tarde plus.
Mammeri y aura une présence d’une grande clarté, démentant tous les procès d’intention autour de sa personne et de son œuvre d’écrivain. Sous le nom de guerre de Brahim Bouakkaz, il signe plusieurs articles — confortant le combat libérateur des Algériens regroupés autour du FLN et de l’ALN — dans L’Effort algérien, organe des libéraux algériens ; ce qui n’était pas une tare, car le FLN des années 1950 n’était pas la chapelle qu’il est devenu en 1962, mais un front intégrant musulmans, juifs, chrétiens, athées et un large éventail de tendances politiques : nationalistes PPA-MTLD, salafistes AOMA, communistes et libéraux. Mouloud Mammeri participe, aux côtés de M’hamed Yazid, à la rédaction et la mise en forme du dossier que présente le FLN à la 11e session de l’assemblée générale de l’ONU, en 1957. Recherché par la police coloniale, il est contraint de quitter précipitamment l’Algérie pour le Maroc où sa famille possède des attaches. Il reviendra à cet auteur que l’on soupçonnait d’être proche du colonialisme et tiède envers la cause nationale de présenter la description la plus pertinente et la plus achevée du monde colonial : « Les hommes tarissent — parce que pas un des sentiments qui accompagnent immanquablement le système colonial n’est un sentiment exaltant ; ils se situent tous dans la région la plus basse, la plus négative, la plus laide de l’homme. Les hommes qui fleurissent en régime colonial, ce sont les combinards, les traficoteurs, les renégats, les élus préfabriqués, les idiots du village, les médiocres, les ambitieux sans envergure, les quémandeurs de bureau de tabac, les indicateurs de police, les maquereaux tristes, les tristes cœurs. Il ne peut y avoir en régime colonial ni saint ni héros, pas même le modeste talent, parce que le colonialisme ne libère pas, il contraint ; il n’élève pas, il opprime ; il n’exalte pas, il désespère ou stérilise ; il ne fait pas communier, il divise, il isole, il emmure chaque homme dans une solitude sans espoir. » (Lettre à un Français, Entretiens sur les Lettres et les Arts [Rodez], n° spécial Algérie, février 1957).
En 1962, quand beaucoup d’écrivains de sa génération se tâtaient et répugnaient à rejoindre le pays nouveau, Mouloud Mammeri est sur le terrain. De la littérature à l’université, de l’écriture à la recherche, dans la semblable probité et rigueur intellectuelle qui étaient celles de l’auteur de La Colline oubliée. Pour rappel, la même année de publication de ce roman, en 1952, Mohammed Dib commençait avec La Grande Maison (Paris, Seuil) une trilogie romanesque qui a pour cadre Tlemcen et les hauteurs du pays tlemcénien. Certes, un respectable roman de terroir — où monte le chant d’une autre « petite patrie » — que n’assombrissaient ni le vieux « mythe kabyle » ni les retombées encore vives de l’imparable et sécant drame politique qui cisaillait le PPA-MTLD en 1949.
« L’arme redoutable de la stigmatisation »
A l’indépendance, Mammeri, de retour à Alger, écrit pour le cinéma (avec notamment Jean-Marie Boeglin et Ahmed Rachedi), s’essaie au théâtre et surtout met en chantier son émouvant hymne à la Révolution L’Opium et le bâton, indépassable roman sur la guerre d’indépendance que son éditeur publie en 1966. Avec Jean Sénac, le tout premier à en avoir conçu l’idée, Kaddour M’hamsadji, Mourad Bourboune et bien d’autres écrivains — même Jean Pélégri avait souhaité y être associé —, Mouloud Mammeri contribue, dans l’âpreté des débats, à la fondation de l’Union des écrivains algériens qui ne rassemblera pas tous les suffrages, méchamment raillée par Kateb Yacine — qui acceptera nolens volens d’être membre de son bureau exécutif. Dans un pays qui a décrété l’unicité en toutes choses, l’UEA voguera sur des mers démontées et ne parviendra jamais à quai. Elle vaudra à Mammeri, qui en assurera — après Sénac — le secrétariat général, ses premiers désagréments dans le pays indépendant et libre. Comme en 1953, il y a l’indéracinable procès d’intention aux motivations politiques. La polémique qui se développe dans les colonnes de l’hebdomadaire du parti FLN Révolution africaine se fonde sur l’attitude réservée de l’UEA et de son secrétaire général Mouloud Mammeri pendant la guerre des Six- Jours qui a opposé, au mois de juin 1967, les armées arabes à Israël. L’auteur de l’article « La trahison des clercs » (n° 232, 22 juillet-29 juillet 1967) pointe du doigt l’écrivain Mammeri « qui s’est rendu en pèlerinage, il n’y a pas si longtemps à Buchenwald, n’a pas daigné répondre à l’offre qui lui a été faite d’effectuer le même pèlerinage en Jordanie pour rendre compte des méfaits de certains rescapés des camps de la mort ». Citant son œuvre Le Foehn ou la preuve par neuf(Paris, Publisud, 1982), qui venait d’être montée au TNA par Jean-Marie Boeglin, le rédacteur évoque un « patriotisme circonstanciel ». Et ce ne fut pas la pire des insultes. Dans sa réponse, publiée dans le n°233 de Révolution africaine (30 juillet-6 août 1967), Mammeri insiste sur la morale du clerc, car c’est bien là le fond du problème : « Mais le vrai clerc ne ment pas. Il ne doit pas tromper sur la qualité de la marchandise. Faire croire à ce peuple que les vrais clercs sont des rhéteurs aptes à la production sur commande, c’est montrer à quel point on les méprise. » Cette réticence à un alignement automatique sur les mots d’ordre du pouvoir et de ses représentants, cette distance critique face à l’événement et, en tout cas, la réaffirmation de la liberté du penseur face à l’omnipotence des légats, n’est ni comprise ni admise par la rédaction de l’organe du parti FLN. Dans un second article intitulé Le rabouilleur ou la “colle” inoubliée (n°234, 7-14 août 1967), le rédacteur de l’hebdomadaire du parti unique revient sur les incriminations essentielles à l’origine de la polémique : « Depuis sa création, l’Union des écrivains algériens n’a pas montré le réel visage de l’Algérie révolutionnaire.
Cette Union brille de mille feux… par son absence. Son existence est révélée aux Algériens de temps à autre par quelques congrès qui se tiennent çà et là. Mais là n’est pas le fait important : il s’agit de savoir si cette Union est ou n’est pas une organisation nationale. » En fait, c’est bien l’autonomie, rappelée par Mammeri, de l’UEA face aux attentes du FLN qui dérange. Dans les faits, bien distante par rapport aux tentatives de « normalisation » du parti FLN, l’UEA— qui rassemble des écrivains, de différentes provenances, aux philosophies diverses, et non pas des militants — ne pouvait en être un satellite. Et exécuter les ordres du jour du FLN et, plus largement, du pouvoir, sur les politiques nationales et internationales. Le rédacteur de Révolution africaine désigne alors la responsabilité de l’UEA et de Mouloud Mammeri : « […] elle se devait par la voix de son président de condamner sans équivoque l’agression sioniste, qui ne permet d’autre alternative que d’être avec ou contre la cause palestinienne. On est le complice de l’agresseur si on n’est pas l’allié des agressés, parce que cette alliance est dans la nature des choses. Mettre une prise de position en faveur des Palestiniens sur le compte du béni-ouiouisme de la pensée relève d’un raisonnement simpliste et nous donne encore la preuve intangible de cette malhonnêteté intellectuelle. Pis encore, c’est dramatique. » Cette double accusation de tourner le dos à « l’Algérie révolutionnaire » et de s’écarter des stricts ordonnancements de l’« organisation nationale », majorée d’un silence coupable face à l’agression israélienne, ouvrait les portes de l’enfer, en ces années de plomb du parti unique, à ceux qui s’y exposaient. Mammeri entendra les bruits de la meute. Le même numéro de l’hebdomadaire du FLN donne — dans une partition sans fausse note — la parole à un groupe de lecteurs — anonymes — de Tiaret dont la condamnation est sans appel : « Pourquoi les écrivains algériens sont demeurés muets durant la guerre d’agression israélienne ? Mammeri a répondu en refusant de répondre. C’est déjà une réponse […] Nous réclamons à notre avant-garde intellectuelle de ne pas se transformer en arrière-garde. Nous sommes en droit d’exiger cela, même s’ils comptent parmi leurs amis un grand nombre de sionistes notoires. » Pernicieux sous-entendu ? Clouer au pilori, en cet été 1967 embrasé et résolument palestinien, cet ennemi intérieur — longtemps décrié dans les kasmas FLN et bientôt dans la « famille révolutionnaire » — qui n’a pour lui que la morale du « vrai clerc » pour s’insurger contre l’embrigadement du puissant FLN ? Révolution africaine dans un autre courrier, signé par Mme Chohra F., actionne l’arme redoutable de la stigmatisation : « Je commence à avoir certains doutes. M. Mammeri est-il algérien ? Ma question n’est pas une banale plaisanterie. Elle est motivée par le retrait que M. Mammeri prend pour parler de l’Algérie au démonstratif. “Ce pays”, écrit-il. “Ce pays” qu’il se plaît à critiquer avec “négativisme”, c’était peut-être une occasion pour lui d’exprimer quelque rancœur et quelque petite idée malsaine, quant à la culture telle qu’elle est conçue chez nous […] Est-ce des propos de concierge que de demander pourquoi un écrivain algérien n’a pas exprimé son opinion au sujet du conflit qui nous oppose à l’impérialisme et au sionisme ? » L’écrivain Mammeri — qui s’est scrupuleusement avancé dans cette polémique en son nom personnel et sans impliquer ses pairs de l’UEA — ne sera pas, davantage qu’en 1953, écouté. Après cette polémique, il décide d’un salutaire recul. Il quitte une UEA, désormais caporalisée, réduite à un rôle de porte-voix des communiqués du FLN. Le « vrai clerc » entreverra un horizon de travail littéraire et universitaire fécond.
Un vrai Algérien
En 1952, et aujourd’hui encore, autant Taassast que Bni Boublen, avec leurs cortèges de personnages typiques, ont des droits à figurer dans l’histoire de la littérature d’un seul et même pays, l’Algérie. Le pays de Mokrane et de Menach, de Hamid Seraj et de Commandar qui dénonce la longue dépossession coloniale. Au-delà de visions du monde des auteurs Mammeri et Dib et des engagements qu’ils font prendre à leurs personnages, aux ancrages idéologiques et sociopolitiques différents, il y a l’histoire de l’Algérie, en ses multiples retranchements. Les critiques de 1953 ont sans doute préjugé du travail et de la responsabilité de l’écrivain en regard d’une littérature nationale qui n’existait pas. Ils ont plus cherché à valider un projet politique qu’un projet littéraire. L’auteur de La Colline oubliée n’a pas failli, ni politiquement ni littérairement. Je retiens de la réception critique de la presse française de ce premier roman la reconnaissance d’un art supérieur — et sublime — de la langue littéraire, ce qui précisément était pour Mohand Cherif Sahli le plus outrancier des sacrilèges contre la cause nationale. Sahli, qui répudiait « l’art pour l’art », ne voulait pas distinguer la langue brute du tract politique de celle ouvrée de la littérature. Mais c’est cette pureté de la langue — marque distinctive des œuvres de Mammeri — qui portera dans ses écrits de la guerre d’Indépendance, une pensée anticoloniale sans aspérités. Ne peut-on pas louer la constance de l’homme et des idées qui ont tracé sa voie dans la marche contrastée d’une nation algérienne à laquelle il aura beaucoup apporté et dont son œuvre — littéraire et scientifique — enrichit le patrimoine. L’écrivain et chercheur Mammeri a défendu l’exigence — toujours actuelle — de ne pas confondre la politique, la littérature et la production intellectuelle et d’aliéner les unes à l’autre. Jusqu’au bout de son chemin d’éclaireur, il continuera à en enseigner l’humble leçon.
En 1953, comme en 1967, et aussi en 1981, dans les heures poignantes du « Printemps berbère », cette liberté de conscience était intolérable pour ses contradicteurs. L’infinie sagesse de Mouloud Mammeri, ressourcée dans le message des imusnawen des fières montagnes de Kabylie, pays de haute mémoire, a bouleversé — et bouleverse toujours — l’immuable cercle des bien-pensants, sa valetaille et ses légions de ferrailleur. Celui qui proclamait avec humilité n’être qu’un clerc (un « vrai clerc ») était — dans la fidélité à son humanisme ancestral — un vrai Algérien.