samedi 23 juin 2012

Matoub Lounès- Ttuɣ (L'Amoureux Réprouvé). Sous-titrée en Français et en Tamazight .wmv - YouTube

Matoub Lounès- Ttuɣ (L'Amoureux Réprouvé). Sous-titrée en Français et en Tamazight .wmv - YouTube

Publiée le 22 juin 2012 par Bnademamazigh47
Transcription en Tamazight et traduction en Français tirées de l'ouvrage: Lounès Matoub MON NOM EST COMBAT, de Yalla Seddiki. Paru aux éditions La Découverte.

Quant au montage, je souhaite préciser que l'absence d'images était voulu; l'image est dans le texte et la musique, inutile d'interpréter ou d'essayer de faire dire au poète ce qu'il n'a peut-être pas dit. Merci et bonne écoute.


vendredi 22 juin 2012

Commémoration du 14e anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès - La Dépêche de Kabylie


Par R. S. | 21 Juin 2012 | 988 lecture(s)


EVOCATION : ELLE S’ÉTALERA DU 22 AU 25 JUIN
Commémoration du 14e anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès




Les journées commémoratives du quatorzième anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès, débuteront demain à Taourirt Moussa et s’étaleront jusqu’au 25 juin.


Une manifestation initiée par la fondation qui porte le nom du chanteur, en collaboration avec la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Un programme riche et varié a été concocté pour l’occasion. Au menu, plusieurs activités consistant en expositions, concours de poésie, un gala à l’honneur du rebelle, entre autres. La première journée, sera marquée par la cérémonie d’ouverture avec la chorale de la région. Une exposition de photos et d’articles inhérents à la vie, le parcours et l’œuvre du chanteur poète et militant de la cause berbère, Matoub Lounes, ornera plusieurs espaces de l’école primaire de Taourit Moussa, qui abritera cette manifestation, ainsi qu’au niveau de la maison de la culture Mouloud Mammeri. Ses chansons seront les seules que le public entendra tout le long de ces journées commémoratives qui s’étaleront de demain (vendredi) jusqu’au 25 juin. Un concours de poésie sera déclaré demain, lors de cette première journée. Ceci juste avant qu’une troupe d’Iferhounene monte sur scène, pour interpréter une pièce théâtrale. Le concours de poésie se poursuivra le lendemain. Une autre pièce théâtrale intitulée «Thachamlith» sera jouée dans l’après-midi de la même journée. De même que dix-neuf chanteurs des plus connus prendront part à la célébration de ce quatorzième anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounes. Ces derniers vont donc réchauffer le public de Taourirt Moussa, et celui qui viendra certainement en grand nombre d’autres localités, avec un grand gala à la mémoire de leur frère et ami. Une manière pour eux de s’incliner devant un grand et célèbre nom, qui a occupé une grande place et qu’il continue d’ailleurs d’occuper, dans le milieu artistique. Parmi ces artistes qui participeront à ce grand gala qui aura lieu le dimanche 25 juin, on citera Hacène Ahrès, Boudjmâa Agraw, Yasmina, Lani Rabah, Ek Hasnaoui Amechtouh, Ouazib Mohamed Ameziane, Ali Amrane et Lani Rabah. Une gerbe de fleurs sera déposée à Tala Bounane, le lieu où le chanteur a été assassiné, et ce dans la matinée de lundi 25 juin. Une autre gerbe de fleurs sera déposée juste après sur le tombeau de Matoub Lounes. Ceci sera suivi par une waada, à l’honneur de tous ceux qui se rendront à Taourit Moussa, pour marquer cette journée.

Le comité d’Aït El Kaïd interpelle le wali - La Dépêche de Kabylie


AGOUNI GUEGHRANE IL DEMANDE LA RESTITUTION DES TERRAINS DOMANIAUX AU PROFIT DU VILLAGE
Le comité d’Aït El Kaïd interpelle le wali
           


Le problème de terrains relevant du secteur public au village d’Aït El Kaïd relevant dans la commune d’Agouni Gueghrane refait surface ces derniers jours.


Dans une déclaration dont nous détenons une copie, le comité du village demande la restitution des terrains domaniaux attribués aux citoyens durant la révolution agraire au profit de ce hameau: «La population d’Aït El Kaïd souffre du manque de foncier et d’infrastructures de base. Ni salle de soins ni aire de jeu et encore moins de stade. Le village est privé d’un bureau de poste et d’une antenne de mairie, pire, de cimetière. Pour cela, nous demandons la restitution de nos terres attribuées durant la révolution agraire pour ainsi concrétiser ces projets qui peuvent alléger notre quotidien», écrit-on dans la déclaration. Dans le même document, le comité de village demande aux services concernés, notamment le wali de Tizi-Ouzou, de mettre un terme à cet épineux problème : «Nous demandons l’application de la loi N°90-06 du 7 Avril de 1990 relative à la reprise des terres agricoles du domaine national devant recevoir des projets d’utilité publique», lit-on dans le même document. Pour en savoir plus, nous avons pris attache avec le président du comité d’Aït El Kaïd, Sennad Boussad, qui nous fait savoir qu’il a saisi l’office national des terrains agricole (ONTA) et la direction de l’agriculture de Tizi-Ouzou quant au problème du foncier.
Ainsi, il a sollicité les hauts responsables concernant la quasi-totalité des terrains offerts pendant la révolution agraire afin de pouvoir réaliser des projets d’utilité publique.
Pour cela, on a décidé d’interpeller le premier responsable de la wilaya pour l’application de la loi en vigueur (loi de 90-06) de l’année 1990 qui permet la restitution des terrains domaniaux pour la réalisation des projets publics.

Lounes Matoub - Ssu-Yas Svuhry-yas - YouTube

Lounes Matoub - Ssu-Yas Svuhry-yas - YouTube

Boualem Sansal: récompensé malgré la censure arabo-musulmane

jeudi 21 juin 2012


Boualem Sansal: récompensé malgré la censure arabo-musulmane | Europe Israel - analyses, informations sur Israel, l'Europe et le Moyen-Orient
Boualem Sansal: récompensé malgré la censure arabo-musulmane
 juin 21st, 2012  Rub - Europe-Israel.org


Boualem Sansal a été récompensé grace au courage d’Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Inter, qui a su se démarquer rapidement et prendre des positions audacieuses contre la censure arabo-musulmane.Ainsi l’Institut du Monde Arabe et ses ambassadeurs se trouvent avoir, sur les questions de liberté d’expression et de littérature, les mêmes positions que le Hamas….


Articles à lire également
Résistance: Pourquoi je démissionne du Prix du roman arabe
Par OLIVIER POIVRE D’ARVOR Ecrivain, diplomate, directeur de France Culture Depuis sa création en 2008 par le conseil des ambassadeurs arabes en France, je suis membre

jeudi 21 juin 2012

La chanteuse pachtoune, Ghazala Javed, assassinée


La chanteuse pachtoune, Ghazala Javed, assassinée
21/06/2012 - 11:17


PARIS (SIWEL) — La chanteuse populaire pachtoune, Ghazala Javed, a été assassinée le lundi 18-06-2012 à Peswahar, la capitale pachtoune (au nord du Pakistan). Agée de seulement 24ans, cette résistante à l'islamisme et à l'ultra-traditionnalisme pakistanais avait à son actif une vingtaine d'albums.


Ghazala Javed. PH/DR
Le lundi soir, à sa sortie d'un salon de beauté, la jeune chanteuse pachtoune, accompagnée par son père, s'est retrouvée face à deux motards, qui ont ouverts le feu. Elle a reçu six balles dans le corps et son père une balle dans la tête. 
  
Fréquemment menacée par les islamistes, opposés à toute carrière artistique d'une femme au Pakistan, cette chanteuse en langue pachtoune a décidé de poursuivre sa carrière. Mariée à un homme d'affaire pakistanais en 2010, elle lança une procédure de divorce quelques mois plus tard, après avoir découvert que son homme avait une autre femme et qu'il voulait l'empêcher de poursuivre dans la chanson. Il relève presque de l'inédit qu'une femme lance une procédure de divorce dans ce pays où l'homme est autorisé à avoir jusqu'à 4 femmes. 
  
Le peuple pachtoune, dispersé sur deux pays (l'Afghanistan et le Pakistan) par les britanniques en 1893, perd ainsi une voix féministe, symbole de la résistance à l'islamisme. 


mld 
SIWEL 211222 JUIN12

lundi 18 juin 2012

Attaque contre la BMPJ des At Ouacifs : « l’opération aura fait plus de 15 morts »


Attaque contre la BMPJ des At Ouacifs : « l’opération aura fait plus de 15 morts »

18/06/2012 - 12:59

AT WASSIF (SIWEL) — L’attaque terroriste perpétrée contre la Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ) des At Ouacifs, le début de semaine, aura fait plus de « 15 morts », a appris Siwel, auprès d’une source sécuritaire locale.


Lieu de l'attentat. Illustration et photo/ El Watan.
Lieu de l'attentat. Illustration et photo/ El Watan.
Selon cette source, le bilan donné par les autorités militaire « est faux ». Le nombre de victimes de cette attaque perpétrée par une soixantaine de terroristes lourdement armée, « aura fait plus d’une quinzaine de victimes», a-t-elle souligné. 

« Comment osent-ils parler de deux victimes et de quelques blessés alors que les policiers en faction étaient au nombre de quatre, alors qu'ils étaient les premiers visés ? », s’est-elle questionnée, avant de préciser que, « le but de l’attaque est de faire plus de victimes. On ne pense pas qu’une cohorte de terroristes est mobilisée juste pour leur faire peur ». 

Ainsi, le bilan officiel, rapporté par la presse, a donné, deux victimes et cinq blessés. Notre source apporte la contradiction et assure que l’attaque préparée, « sûrement » de longue date, « vise à s’accaparer même les armes et les munitions se trouvant à la brigade ». 

Par ailleurs, notre source a ajouté que « l’intervention de l’Armée n’est pas fortuite. Une attaque de deux heures fera plus de dix morts, et cette intervention visait justement à repousser la horde terroristes qui allait éliminer tous les agents de police se trouvant à l’intérieur ». 

« Les autorités algériennes ont toujours donné de faux bilans. Sur le plan politique, il serait une remise en cause des déclarations officielles faisant l’éloge de la Réconciliation nationale », a ajouté notre source. 

Elle a souligné, d’autre part que, « seule la Kabylie en souffre ! ». 

aai 
SIWEL 18 1259 JUIN12 

jeudi 14 juin 2012

La Kabylie Un Bastion De Resistance Et De Rebellion (rétrospective historique)


Ajoutée par aghrive06 le  5 févr. 2010
Le wali de Tizi-Ouzou annonce que « la couverture sécuritaire de la wilaya sera renforcée, à court terme, par de nouveaux apports structurels ». Il précise que les 21 daïras de la wilaya seront dotées de sûretés urbaines et que « des unités spéciales de lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le banditisme » seront mises en place.


Et finalement, dans une bouffée de défiance quil a du mal à dissimuler, il annonce que les 67 communes de la wilaya seront dotées chacune dune brigade de gendarmerie avant la fin 2010.


M. Mazouzi qui sest reclus dans son bunker de Tizi-Ouzou depuis que son cortège a fait lobjet dune embuscade aux environs dAin El Hammam fait semblant dignorer quil y a actuellement plus de policiers, gendarmes, militaires au mètre carré en Kabylie que nulle part ailleurs en Algérie. Sans compter les innombrables barbouzes du DRS qui écument les villes et les campagnes.


En Kabylie, nul nignore que Bouteflika et Zerhouni ont transformé toute la région en un casernement démesuré qui ressemble à une occupation militaire qui nose pas dire son nom.


Le peuple kabyle nest pas près doublier le comportement des gendarmes durant le Printemps noir où partout, ils ont tiré, tué et blessé des centaines de citoyens. Sans parler des obscénités dardées par la voix et le geste face aux façades dimmeubles dans les rues et les places publiques.


En Kabylie, les escadrons de gendarmerie quils sappellent brigades ou unités spéciales sont assimilés à un corps expéditionnaire chargé détouffer les libertés si chères aux Kabyles et dimposer dans le détail un mode de vie de soumission et de fatalisme dinspiration arabo-islamique.


Par la bouche de M. Mazouzi, on apprend que le régime compte réserver à la Kabylie un traitement « spécial » et cette spécification va prendre corps à travers des « Sections spéciales dIntervention ». Connaissant lanimosité et lesprit vindicatif qui caractérisent les tenants du régime envers la Kabylie, il y a tout lieu de sattendre au pire sur le plan de la répression quotidienne.


Lhistoire récente a appris à lhumanité que quand un État parle de « mesures spéciales » destinées à une population spécifique, cest le commencement dun génocide ourdi. Le monde a connu ce quil y a de pire dans le domaine, à limage des Schutzstaffeln, Sonderkommandos et autres Einsatzgruppen. Mais peut-être que lesprit malade de nos dirigeants nous réserve-t-il un nouveau raffinement ? Car jusquà présent, cest le seul domaine où limagination de nos dirigeants phosphore à plein régime.


Pour autant, la Kabylie qui a survécu durant la colonisation à 14 assauts militaires de grande envergure, dont les expéditions tragiques de 1857, 1864, 1865 et 1871, et qui sest immunisée contre 15 siècles dacculturation est plus que jamais déterminée à vivre libre et souveraine sur son territoire.


Ce ne sont pas les menaces et les gesticulations dun pouvoir aux abois, miné par une corruption devenue mode de gouvernance qui va aliéner ou altérer une raison kabyle qui a surfé sur 2000 ans de domination étrangèr


L'Algérie saisit des équipements israéliens destinés à une société sud-coréenne


L'Algérie saisit des équipements israéliens destinés à une société sud-coréenne
13/06/2012 - 23:01


ALGER (SIWEL) — Du matériel "Made in Israel" utilisé par l'entreprise sud-coréenne Samsung Engineering a été saisi la semaine dernière par les douanes algériennes à la raffinerie de Skikda. L'Algérie qui ne reconnaît pas l'Etat d'Israël, le désigne en tant qu’« entité sioniste ».




Les services de sécurité algériens ont décidé d'enquêter sur l'importation de matériel israélien par la société sud-coréenne Samsung Engineering en charge des travaux de réhabilitation de la raffinerei de Skikda (dans le nord-est de l'Algérie), a-t-on appris de sources fiables. 


La semaine dernière, les douanes algériennes avaient saisi une douzaine d'équipements de fabrication israélienne cachés au fond des containers en provenance depuis la Corée du Sud. 


Selon les mêmes sources, d'autres équipements déjà installés sur le site de la raffinerie ont été découverts, portant la mention « Made in Israël » rayée. 


Samsung Engineering avait remporté en 2009 le contrat pour la réhabilitation et la modernisation de la raffinerie de Skikda, la plus grande d'Algérie, pour un montant de 1,6 milliard de dollars. 


L'Algérie fait partie des 32 pays (pays arabo-islamiques et d'Amérique latine) qui ne reconnaissent pas l'Etat d'Israël, refusant officiellement tout contact avec lui. 


wbw 
SIWEL 132301 JUIN 12

mercredi 13 juin 2012

La hogra, un mal algérien


La hogra, un mal algérien
L’injustice et l’humiliation en Algérie
Depuis pas mal de temps, le lexique algérien a intégré des mots d’un genre particulier, tels que hagar et mahgor, ce qui veut dire, en plus atténué, oppresseur et opprimé. Institutionnalisée par l’occupant pendant la période coloniale, les Algériens acceptent mal que soit reconduite une telle pratique et appellent, par sa dénonciation, à l’égalitarisme citoyen qui a toujours fait défaut entre gouvernants et gouvernés.
Lorsque Mohamed, jeune père de famille, apprend que la wilaya de Chlef compte raser le bidonville dans lequel il habite, son corps est au bord de l’explosion. La colère, tant réprimée au vu des rejets de demandes de logement et des innombrables frustrations, se heurte au mépris affiché par les responsables de l’APC de Chlef avec lesquels il souhaite avoir une explication. Bien sûr, les responsables locaux, par cynisme ou par dépit, ne voudront pas le recevoir, prétextant des affaires plus urgentes. Cette fin de non-recevoir est vécue comme un affront. Le jeune homme perd patience, la colère grandit jusqu’à prendre le dessus. Dans un sursaut suicidaire, il s’asperge d’essence et tente de mettre fin à ses jours.
Ce sentiment mêlant humiliation, injustice et violence est bien connu des Algériens, ils l’appellent : "Hogra". Ce mot, qui n’a pas d’équivalent sémantique dans les autres langues, est utilisé par les grévistes, toutes sections confondues, par les jeunes en mal de considération, par les chômeurs en quête d’occupation ou par les femmes peinant à trouver leur place dans une société machiste.
Pour Amir, étudiant, la hogra fait partie de la vie de tous les jours. « La hogra c’est lorsqu’on te retire ton permis de conduire pour une broutille, quand toutes les portes de l’administration se referment et qu’il n’y a même pas où déposer une réclamation, quand on te fait poireauter des heures pour un banal papier administratif. En somme, c’est la routine. » D’après lui, elle tire ses origines de l’apparition de ce qu’il qualifie de « secte d’intouchables » qui se croirait au-dessus des lois.

C’est aussi, selon lui, le « règne de la médiocrité » et la « déchéance des valeurs ». Les plus âgés diront qu’ils ont toujours connu ce sentiment, de la période coloniale à l’indépendance du pays. Certains se rappellent sans doute de l’appel du président Ben Bella, en octobre 1963 lors La guerre des sables, dans lequel il criait : « Hagrouna el merrakchia. »
Bouziane Benachour, journaliste et écrivain, auteur d’un roman intitulé simplement Hogra, considère que c’est là un concept strictement algérien, parce qu’il est le cri « communautaire » des exclus – de tous les exclus – et de toutes les exclusions face à la machine bureaucratique insinuée magistralement dans les arcanes de l’Etat-nation et de ses tentacules. « Le mot hogra, dit-il, ne peut être approché par d’autres langues mais ne peut être effectivement rendu qu’en langue populaire algérienne. Hogra n’a qu’une seule nationalité : algérienne, qu’une couleur, la couleur des sans-voix, qu’un emblème, celui des sans-grade, ceux qui ne sont inscrits dans aucun réseau », une définition de Mouloud Hamrouche. « Depuis, la hogra est restée telle quelle. Le concept n’a pas bougé. Son sens premier non plus . »

Selon le sociologue Abdenasser Djabi, les accusations de hogra se multiplient à mesure que les inégalités se creusent. « L’Algérien qui a vécu la hogra pendant la période coloniale la rejette aujourd’hui. Ce refus s’est cristallisé en une forme de culture politique populaire appelant à l’égalitarisme », décrypte-t-il, en précisant que le rejet de la hogra reflète le refus de l’inégalité sociale entre les Algériens.
Le fait est, d’après le sociologue, que dans l’imaginaire collectif, la société algérienne a toujours été homogène, du moins idéologiquement. L’émergence d’une nouvelle classe qui n’éprouve aucune honte à étaler son faste et sa puissance creuse l’écart et attise le sentiment de marginalisation. « La société algérienne, dans les campagnes ou dans les ville croit avoir vécu une hogra émanant du colonisateur, qui a failli être une hogra "acceptable". Mais la hogra de l’Algérien envers l’Algérien est, elle, inadmissible », souligne Nacer Djabi.
Haggar et mahgour
Mais si l’Algérien était à la fois bourreau et victime, le haggar et le mahgour de la société algérienne ? Pour mieux étudier ce phénomène, Salaheddine, cadre dans une entreprise privée, recommande d’observer le comportement des conducteurs sur une autoroute : « Les voitures 4x4 y narguent les Renault Symbol et celles-ci doublent les Maruti qui, à leur tour, dénigrent les vieilles R4. »
La moindre once de pouvoir autorise ainsi un comportement méprisant envers les autres. « Malgré son rejet de la hogra, l’Algérien la pratique chaque jour, souligne Djabi. L’enfant algérien subit la hogra dans la rue, à l’école ainsi qu’à la maison, car le père algérien est un "grand haggar", usant de son autorité sur la femme et les enfants. Cependant, il subit, lui-aussi, la hogra dans son milieu de travail de la part de ses supérieues hiérarchiques. » Au final, on est tous le mahgour de quelqu’un. « Le mahgour devient lui aussi haggar, quand les conditions le lui permettent. Quand l’Algérien n’use pas de son pouvoir, il estime qu’il fait là une "faveur" envers lui, parce que c’est "un homme" ou un "fils de bonne famille"’ », explique encore Nacer Djabi.
En tout cas, la hogra reste une injustice à détente multiple dont les victimes se tournent rarement vers un juge pour se voir rétablis dans leurs droits. « La loi est totalement absente dans cette relation, explique Djabi. Ce qui est étrange, c’est que lorsque les Algériens rejettent une personne ou un groupe d’individus, on demande de changer les personnes nuisibles et les haggarine mais on ne réclame point le changement de l’institution ou l’application de la loi. » La psychologue Cherifa Bouatta explique, pour sa part, que le sentiment de hogra est amplifié par le fait qu’il y a une crise de confiance dans le fonctionnement des institutions de l’Etat. « Face à un système politique autoritaire, les jeunes semblent persuadés et se disent sous le règne de la hogra », précise-t-elle.Car ce qui fait la particularité de la hogra c’est ce sentiment d’impuissance qu’elle génère.
Les jeunes, qui s’en disent victimes, se révoltent par le moyen d’émeutes ou en retournant cette violence contre eux-mêmes. Dans son roman, Bouziane Benachour décrit un douar de « laissés-pour-compte » qui s’élèvent contre le diktat et l’arbitraire des pouvoirs publics. « Les personnages disent non, mais leur impuissance est avant toute chose une forme de repli avant réaction, précise l’auteur. Un repli qui peut dire je suis vaincu mais je ne me laisse pas abattre. Je suis en position de faiblesse mais ne comptez pas sur moi pour capituler. Les personnages de Hogra donnent le dos, mais n’offrent pas leur poitrine. » Il poursuit : « Leur résignation est une forme de dédain à l’endroit de tous ceux qui se sont autoproclamés guides des masses. Elle est carapace de mépris face à tous ceux qui se croient investis d’une mission céleste. Ceux qui pensent être des pasteurs alors qu’ils n’ont jamais quitté l’habit du berger selon la vieille formule populaire de chez nous. »
« El Harga » plutôt que la « hogra »
Dans les faits, la majorité des personnes ayant subi la hogra sont contraintes à courber l’échine. « On peut avancer sans se tromper qu’une très grande partie de la jeunesse algérienne est profondément convaincue qu’elle vit sous le règne de la hogra. Ce sentiment est profondément intériorisé au point où tous considèrent, même quand ce n’est pas le cas, qu’ils sont mahgourine », explique Chérifa Bouatta.
Sur le plan psychologique, la hogra ne laisse pas indemne. Dans les stades, rare espace d’expression pour des jeunes en quête de liberté, ils crient que la « harga » (immigration clandestine) vaut mieux que la « hogra ». Comme si l’unique moyen d’échapper à l’humiliation était de brûler ses papiers d’identité. « C’est l’identité même du sujet qui est ainsi attaquée, diagnostique le Dr Bouatta, vous vivez rejeté, exclu, méprisé… Ces sentiments sont très douloureux à vivre, ils engendrent la honte chez la victime de hogra et/ ou la colère et la révolte, d’où souvent les émeutes. » S’il est déjà établi que l’enfer était les autres, l’humiliation peut entraîner des conséquences souvent destructrices pour les victimes. Amrane Layachi, auteur d’un blog sur la hogra dont il se dit lui-même victime, affirme qu’il passe auprès de sa famille et de ses proches pour un « aliéné ». « La hogra, dit-il, amène des gens à mettre fin à leurs jours en s’infligeant d’atroces souffrances. D’autres sont au bord de la folie. Et même quand cela ne transparaît pas au premier coup d’œil, elle laisse des blessures qui ne guériront jamais. » Au fil du temps, l’Algérie devient, pour une partie de la population, un enfer très ordinaire…-
A l’ère des indignés de Hessel
Avant même le succès de l’ouvrage de Stephane Hessel, appelant à l’indignation, les Algériens avaient déjà montré des signes d’exaspération face à la hogra. « Non à la hogra » est d’ailleurs devenu, ces dernières années, un slogan politique. Cela pourrait faire penser au mouvement des indignés apparu dans plusieurs pays à la différence près que l’indignation passe, chez nous, par l’émeute.
Mais s’il y avait une analogie à faire entre les deux formes de protestation, il apparaîtrait que les deux mouvements pèchent par un excès d’utopisme et d’absence de solutions alternatives.

« Les déclinaisons de la hogra sont forcément multiples et en tout cas suffisamment ductiles pour devenir un argument d’élaboration d’un rapport de force avec les acteurs institutionnels – on l’a observé d’abondance et pas seulement en Kabylie – apparaissent, en même temps, encore trop floues pour initier de véritables mouvements sociaux porteurs autant de contestation que de projets alternatifs », souligne le sociologue Abdelmadjid Merdaci.
Abdenasser Djabi considère, pour sa part, que le « non à la hogra » est une « idée utopique visant à réaliser une société idéale ne se trouve pas sur le terrain ».

L’auteur de Indignez-vous, Stephane Hessel, explique, lui-même, qu’il faut « rapprendre à s’indigner » mais pas « n’importe comment ni contre n’importe quoi ». « Tout ne mérite pas l’indignation. Je crains toujours ceux qui s’en prennent aux institutions sans proposer d’alternative. » C’est là aussi un mal algérien. -
Amrane Layachi, auteur d’un blog contre la hogra : l’homme qui demanda à être déchu de sa nationalité algérienne
L’histoire d’Amrane Layachi, ex-cadre à la direction des impôts de la wilaya de M’sila, ressemble à une magistrale pièce de théâtre de l’absurde. Se disant victime de « la hogra », il aura surpris tout le monde en demandant, dans une lettre adressée au ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères, à être déchu de sa nationalité algérienne. Comble de la provocation : il sollicite l’acquisition d’un passeport israélien. La réaction des autorités publiques ne se fit pas attendre : Amrane Layachi a été écroué, cinq jours après l’envoi de sa requête, pour… « divulgation d’informations secrètes au journal El Watan ».
« Ces informations ayant trait aux impôts n’avaient rien de secret, elles sont sur le Journal officiel, c’est juste qu’ils n’ont rien trouvé à mon encontre », nous a-t-il expliqué.

Son enfer a débuté lorsque ses responsables de la direction des impôts de la wilaya de M’sila l’ont accusé d’avoir falsifié un extrait de rôle. « J’ai eu à subir les foudres d’un lobby au sein de l’entreprise. On m’a démis de mes fonctions. Ayant fait un recours à la justice, j’ai été innocenté mais j’ai dû subir l’acharnement d’un groupe de personnes. Ce clan n’a cessé de grossir, englobant des membres de la police, un procureur, etc. Excédé par les pressions, j’ai préféré donner sa démission », raconte-t-il à El Watan. Son expérience de la hogra l’a amené à s’intéresser à d’autres cas de mépris. Il a ainsi lancé, sur la Toile, un blog consacré à la hogra hogra.centrblog.net dans lequel il répertorie soigneusement tous les cas d’injustice allant des affaires de mœurs aux scandales de corruption. « Depuis quelques temps, je n’arrive plus à poster quoi que ce soit sur mon blog, c’est comme si on me l’avait bloqué », confie-t-il.
Ayant renouvelé sa demande après avoir envoyé sa demande au ministère de la Justice, on lui remit, le 7 février 2012, la réponse suivante : « Dites-nous quel est votre problème, nous vous apporterons notre appui sur le plan légal. » Mais pour Amrane Layachi, l’affront qu’il a subi ne peut être lavé avec quelques mots.

Lire aussi :
- Merzak Allouache : « La société algérienne n’est pas apaisée »
- L’immolation, miroir du malaise social algérien ?
- Ces immigrés européens qui fuient la misère en partant vers l’Afrique

Par Amel Blidi