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samedi 15 septembre 2012

Statut (peu enviable) de la femme en islam.

http://apostat-kabyle.blog4ever.com/blog/article-457071.html

Statut (peu enviable) de la femme en islam.

Connaissez-vous ce proverbe: "quand tu rentres chez toi, bats ta femme. Si toi tu ne sais pas pourquoi, elle elle sait"? Il parait qu'il est musulman, ou arabe, je ne sais plus. A de très fortes probabilités! Car les femmes en islam sont quantité négligeable.

Voici le statut peu enviable de la femme, tel que l'a défini le dogme des musulmans:

- 1° Les femmes sont inférieures aux hommes, elles ont une intelligence limitée.
- 2° Les femmes, vous pouvez les battre. Vous pouvez les confiner dans leur chambre jusqu'à ce qu'elles vous obéissent.
- 3° Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme.
- 4° Une femme hérite de la moitié de ce qu'un homme hérite.
- 5° Les femmes doivent "ramener sur elles leurs grands voiles".
- 6° Les femmes doivent "baisser leurs regards".
- 7° Les femmes sont impures, à cause des menstrues.
- 8° L'enfer est peuplé en majorité de femmes (hadith sahih).
- 9° Un homme peut épouser quatre femmes.
- 10° La femme est un butin de guerre (sira: biographie).
- 11° Un homme peut épouser la femme de son fils adoptif.
- 12° Un prophète peut prendre 11 femelles (dans son cas, c'est le terme qui convient) ainsi qu'une esclave à son service: Maria la Copte, fille de Siméon (sira: biographie).
- 13° Un musulman peut épouser une fillette de 9 ans et donc la mutiler à vie.

On peut ajouter que les musulmans, à l'instar de leur rassoul, peuvent abuser des femmes qu'ils jugent impudiques. Ils peuvent les violer autant qu'ils veulent. Ils peuvent se "venger" d'elles si elles se font violer ou si elles ont des relations extra-conjugales. Pour les musulmans, c'est le "crime d'honneur", qui se traduit dans le meilleur des cas par des jets d'acides au visage et dans le pire des cas, par une mort atroce. De récentes affaires judiciaires chariaques servent désormais de jurisprudence: des femmes violées ont été condamnées, parfois à mort par lapidation, tandis que les hommes qui ont été jugés pour "crimes d'honneur" sont ressortis libres des tribunaux, y compris dans la Turquie "moderne" qui frappe à la porte de l'Europe.
Entre 622 et la mort du rassoul des musulmans, cette pratique était courante: après les razzias, les femmes butin de guerre passaient d'une tente crasseuse à l'autre, d'une paillase pouilleuse à une autre. Le rassoul et ses brigands se devaient de ne pas les engrosser pour ne pas qu'elles perdent de leur valeur au marché aux esclaves, ils pratiquaient donc le coït interrompu.

Que dire aussi de cette pauvre vieille femme, Oum Qirfa, que le rassoul a fait écarteler par des chameaux! Cette histoire invraissemblable est bien sûr contestée par les musulmans dans la forme qu'on lui connait généralement, c'est pour cette raison que je vous livre leur version, pour ne pas être accusé de tromperie. Car pour ce qui est de tromperie, de mensonge, de taquiya et de falsification historique, les musulmans ne sont pas les derniers:
"Zayd (raa) en fit part au Prophète Muhammad (saws) qui lui dit d'attaquer de nuit par surprise pour venger cette attaque et qu'elle ne reste pas sans justice. Zayd (raa) les attaqua donc à Wadi al Qoura et en tua plusieurs parmi eux. Qays ibn Muhassir tua Mas'ada ibn Hakama. Puis, Oum Qirfa, sa fille et 'Abdallah ibn Mas'ada furent fait prisonniers".
"Zayd (raa) ordonna à Qays ibn Muhassir de tuer Oum Qirfa, la chef de cette tribu qui avait causé la mort de plusieurs musulmans en les attaquant pendant leur voyage commercial. Qays la fit écarteler par des chameaux puis elle mourut assez tragiquement. Ces rapports sont ceux de Tabari, d'Ibn Sa'd et d'Ibn Hisham". (
http://blog.decouvrirlislam.net/Home/islam/muhammad-saws/desinformations-sur-le-prophete-saws/le-prophete-muhammad-sws-aurait-commandite-le-meurtre-d-oum-qirfa)


Allez comprendre pourquoi les femmes adhèrent à ce dogme maléfique. En supposant qu'il y a autant d'hommes que de femmes, on peut déduire qu'il y aurait donc 750 millions de femmes masochistes dans le monde? Ou bien 749 millions (environ) de femmes ignorantes. Qui sait?

vendredi 14 septembre 2012

Illilten : les citoyens s’opposent à la construction d’une brigade de gendarmerie


Illilten : les citoyens s’opposent à la construction d’une brigade de gendarmerie

14/09/2012 - 14:13

AT YELLILTEN (SIWEL) — Nouveau rebondissement dans l’affaire de la construction d’une brigade de gendarmerie à Illilten, à 70 km au sud de Tizi-Ouzou. En effet, après la tentative des autorités militaires algériennes d’entamer les travaux de cette brigade, les citoyens de la région se sont levés pour bloquer les travaux. Après quelques mois, les mêmes autorités tentent encore une fois de reprendre les travaux, mais en vain.


Les Kabyles ne veulent pas de corps militaire criminel. PH/DR
Les Kabyles ne veulent pas de corps militaire criminel. PH/DR
Parmi les régions les plus reculées de Tizi-Ouzou, At Yellilten est cette contrée oubliée par l’Algérie officielle. Pour cette année, alors que la région n’a jamais bénéficié d’aucun projet, les témoignages des habitants abondent dans ce sens, « on vient construire une brigade de gendarmerie », a indiqué un citoyen de la région. 

Pour ces citoyens, il est inadmissible d’accepter cette brigade alors que « notre région n’a jamais bénéficié d’aucun projet ». « Nous avons besoin plutôt d’une brigade de Protection civile et non pas d’un corps criminel et de répression ». 

Ainsi, cette région ne compte pas se laisser faire. Les citoyens que nous avons rencontrés estiment que « tous les villages sont engagés à bloquer définitivement le projet quitte à créer une situation sans précédent ». 

« Je ne comprends pas ce pouvoir », disait un jeune citoyens résident dans l’endroit ou devait être implantée la brigade. « Nos maisons ne sont pas alimentées en eau et en gaz, mais ils préfèrent installer leur gendarmerie en lieu et place de l’eau et du gaz », a-t-il ajouté. 

Les comités des villages d’Illilten ont décidé d’empêcher ce projet par tous les moyens. « Il s’agit d’un principe pour nous, on ne veut pas de cette brigade et nous allons nous opposer avec dignité quel que soit le prix à payer », fulmine un villageois. 

Déterminés à ne pas se laisser faire, la population locale a même eu recours à l’usage de la force, face à l’insistance des autorités militaires de maintenir ce projet. Une attitude perçue d’ailleurs comme une pure provocation. 

Les villageois se demandent où est l’utilité d’installer une brigade de gendarmerie entre des habitations ? Les travaux de la réalisation, entamés il y a de cela 15 mois, ont été sabotés à maintes reprises par les villageois. Les fondations ont été carrément détruites. Vu la ténacité des villageois, le projet a été, semble-t-il, suspendu. 

L’entreprise privée chargée de la réalisation du projet à fini par plier bagages et déserter les lieux. Les autorités locales ont aussi exprimé leur vœu de délocaliser ce projet vers un autre endroit plus approprié. 

« Pourquoi ils ne construisent pas cette brigade au col de Chelatta. C’est un endroit stratégique puisqu’il domine tout le versant sud-est de Tizi-Ouzou. Ils cherchent quoi ces gendarmes entres les habitations ? s’interrogent-ils. 

aai/ni 
Siwel 141413 sept12

jeudi 13 septembre 2012

Assassinats en Libye : les islamistes annoncent la couleur


JEUDI 13 SEPTEMBRE 2012

Assassinats en Libye : les islamistes annoncent la couleur… et l’Occident demande pardon ! | Riposte Laique


Assassinats en Libye : les islamistes annoncent la couleur… et l’Occident demande pardon !

En voilà une bonne idée. Montrer par un film, l’Innocence des musulmans,  les horreurs de la vie de Mahomet, ce prétendu prophète qui n’a sans doute jamais existé mais dont la vie inventée et écrite quelques siècles après sa prétendue mort  sert de référent et de modèle à des milliards de musulmans endoctrinés.
Que  les Ramadan et Qaradawi qui osent fustiger l’Occident et les non musulmans pour leur prétendue décadence  aient le nez dans leurs mensonges avec la peinture de ce chamelier assassin de juifs, obsédé sexuel et pédophile me semble une bonne chose.
Que des milliers de musulmans honnêtes, respectueux de la vie, de la femme et de l’être humain aient ainsi l’occasion d’ouvrir les yeux et de se rendre compte de l’endoctrinement criminel dont ils ont été victimes dès leur naissance me semble une bonne chose.
Or, des milliers de musulmans  en Libye (et ailleurs, gageons qu’il y aura des manifestations, pacifiques mais aussi violentes, hélas, partout dans le monde, exactement comme lors de la fameuse affaire des caricatures) montrent tant de haine pour celui qui montre le vrai visage de Mahomet, qu’ils sont capables de tuer au hasard et de tout détruire. Ce n’est pas une bonne chose.
Alors, cela devrait justifier une résolution de l’ONU pour envahir et détruire les pays qui payent et forment les islamistes capables de tels actes, capables qui plus est d’entraîner dans leur folie meurtrière des milliers de gens. C’est l’Arabie Saoudite et le Qatar qu’il faut envahir, pas la Syrie. Ce sont ces deux pays, avec l’Iran, qui, par leur soutien aux Frères musulmans, aux Salafistes, au Hamas, au Hezbollah… constituent des dangers pour tous les hommes, musulmans ou pas dans le monde entier.
Qu’on en juge par les photos de la danse macabre avec le corps de l’ambassadeur américain.
Alors, on se contentera de relever, une fois de plus, la dhimmitude de nos élites et medias devant ce qui devrait conduire les gouvernements occidentaux à prendre enfin les mesures de légitime défense qui s’imposent.
Quand le président de la première puissance du monde, Barack Obama, se prosternait devant l’Arabie saoudite.
On citera notre gouvernement qui monte au créneau à la moindre prétendue profanation de mosquée en se mettant à plat ventre devant les musulmans, Valls répétant ses inacceptables paroles de juillet à propos de Limoges: « s’attaquer à une religion c’est s’attaquer à la République« .
On citera un BHL qui a fait des pieds et des mains pour livrer la Libye, avec l’aide de la France –horresco referens je frémis d’horreur en le racontant-  aux islamistes, leur permettant ainsi, en remerciement, d’y imposer la loi de la violence et du meurtre et souhaitant, l’infâme, rejouer ce sale coup en Syrie !
On citera une Hillary Clinton qui ose parler de « tolérance religieuse » et qui condamne ceux qui « dénigrent » les religions, faisant ainsi le jeu des islamistes, encouragés à interdire la liberté d’expression par la violence. C’est un appel à l’auto-censure, à mettre en vigueur le délit de blasphème et même, c’est un comble, à remettre en cause l’amendement numéro 1 de la Constitution des Etats-Unis garantissant la liberté d’expression pour les beaux yeux de l’islam. On citera encore la voix d’Obama, l’ambassadeur des USA au Caire qui ose condamner « les efforts d’ »individus mal avisés pour heurter les sentiments religieux de musulmans »!!! Gageons que cela coûtera cher au pro-islam Obama, son rival Mitt Romney ayant eu la seule réaction qui vaille –et qui devrait plaire aux électeurs américains- : Il est honteux de la part du gouvernement Obama que sa première réponse n’ait pas été de condamner les attaques contre nos légations mais de sympathiser avec ceux qui les ont orchestrées ». 
Quand Hillary Clinton se voilait pour aller en Iran…
On citera encore, sans étonnement, Libération, qui ose descendre en flèche le film à l’origine  des manifestations. Bien entendu on sait que pour les gauchistes de ce quotidien, parler de « film islamophobe » n’est pas un compliment, eux qui ont l’outrecuidance de faire du Khomeiny dans le texte en assimilant l’islamophobie à du racisme. D’ailleurs, l’article riche en termes méprisants et péjoratifs tend bien à justifier sans le dire incendies et meurtres des Américains à cause de cette œuvre au caractère « volontairement insultant » à la diffusion de laquelle, circonstance aggravante,  serait mêlé un   copte !
Et quel dangereux copte puisqu’il voudrait faire sécession pour mettre à l’abri les coptes assassinés et persécutés par les musulmans en Egypte au nom de l’islam et du Dieu de l’islam… On pourrait rire de Libérationsi il n’y avait pas partout dans le monde des gens qui souffraient et mouraient au nom d’Allah qu’il serait interdit de critiquer.
Dhimmis. Tous des dhimmis. Des dhimmis criminels qui acceptent par leur lâcheté et leur soumission à la violence musulmane la loi coranique. Les musulmans seraient supérieurs aux autres et leurs croyances, leurs lois devraient être respectées sous peine de mort.
Mais ils oublient que le peuple n’a pas une âme de dhimmi.
Le peuple français, héritier de l’âme grecque et de son amour de la liberté, héritier du christianisme qui a accouché des droits de l’homme ne cèdera pas à la violence de barbares soumis à un système totalitaire qui voudraient faire régresser l’humanité à leur niveau.
Nous nous battrons, nous mourrons s’il le faut, mais nous ne laisserons pas transformer nos enfants en esclaves d’adeptes d’un système poussant l’homme au  crime et à la violence.
Nous sommes en situation de légitime défense. Oriana Fallaci, dans La Force de la Raison, paru en 2004, rappelait déjà sa rencontre avec Georges Habache, chef du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) et les paroles sans ambiguïté de ce dernier : « Il est donc nécessaire que la Nation arabe tout entière entre en guerre avec l’Amérique et avec l’Europe. Qu’elle déclenche une guerre totale contre l’Occident. Et elle la déclenchera. Que l’Amérique et l’Europe sachent que nous en sommes à peine au commencement du commencement. Que le plus beau est encore à venir. Qu’à partir de maintenant, il n’y aura  plus de paix pour elles. […] Avancer pas à pas, millimètre par millimètre. Année par année. Décennis après décennie. Déterminés, obstinés, patients. Telle est notre stratégie. Une stratégie que nous élargirons, par ailleurs. « 
Il n’y a rien à ajouter.
Christine Tasin

mercredi 12 septembre 2012

Moi, Boualem Sansal, je réponds à la lettre ouverte de Jean Daniel


Moi, Boualem Sansal, je réponds à la lettre ouverte de Jean Daniel

Modifié le 11-09-2012 à 10h09
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LE PLUS. Boualem Sansal a été privé du Prix du roman arabe pour "Rue Darwin", au motif que le romancier s’était rendu quelques semaines plus tôt au Festival international des écrivains de Jérusalem. Le prix lui a finalement été remis, sans dotation financière. Il répond ici à la "Lettre ouverte de Jean Daniel à Boualem Sansal" publiée par "Le Nouvel Observateur" le 19 juillet 2012.

Édité par Amandine Schmitt  
Boualem Sansal lors de la cérémonie de remise du prix de la Paix des libraires allemands à Francfort le 16 octobre 2011 (LOHNES/SIPA).
Boualem Sansal à la cérémonie de remise du prix de la Paix des libraires allemands à Francfort le 16 octobre 2011 (LOHNES/SIPA).

Cher Jean,

Dans ta lettre, tu me parles des ambassadeurs arabes à Paris et de leur attitude dans l’affaire du prix du roman arabe 2012.

Je reconnais bien là ton élégance d’esprit et de cœur, jamais prise en défaut. "L’ennemi est à terre, laissons-lui la vie sauve, aidons-le à se relever", sembles-tu dire à propos de ces éminents diplomates. Tu trouves que la sanction est passée, ils ont été assez secoués par la démission du jury et la charge des médias. Ils sont embarrassés, dis-tu, ils n’étaient pas vraiment unanimes, et leur refus de me remettre le prix qu’un jury souverain m’avait loyalement décerné, finalement, loin de me causer du tort, m’a servi, il a fait de moi une star.

Dans ces États, les écrivains censurés

Tu es un maître pour moi, cher Jean, et je tirerais plaisir et honneur à te suivre dans ce raisonnement, mais je ne le peux pas, je ne veux pas être élégant, cela me tuerait de l’être. Je te rappelle que dans les États que ces ambassadeurs représentent à Paris, ville des lumières et de la littérature jusqu’à nouvel ordre, on censure les écrivains, on les surveille à les rendre fous, on les veut obéissants et obséquieux et, quand il plaît au chef, on les jette en prison, on les force à l’exil, et il arrive qu’on les pende.

Combien sont-ils à vivre encore dans leurs pays ? Aucun ou très peu, c’est la preuve que la situation est grave. Toute sa vie, ton ami Kateb Yacine le magnifique a été en butte à leurs méchancetés et il en est mort et à ce jour, son nom est interdit de cité. Pareil pour ton autre ami, l’immense Arkoun, honoré dans le monde entier, à qui le gouvernement algérien a refusé une simple tombe dans son petit village de Kabylie. Il est enterré à Rabat et on peut dire qu’il manque doublement aux siens.

N’oublions pas que parmi lesdits ambassadeurs, il y a celui qui représente Bachar El Assad, celui qui représente El Bachir, celui qui représente Bouteflika, celui qui représente les Saoud, celui qui… j’en tremble, il y a une année il était parmi eux, le représentant des Kadhafi père et fils !

Haine incommensurable

Ne nous trompons pas, le fond de l’affaire n’est pas Boualem Sansal, ni sa visite en Israël, ni ses vilains papiers, ni la Palestine, encore moins les Palestiniens, de tout cela ils se fichent comme d’une guigne, le fond, le vrai, le seul, c’est la haine incommensurable, dévorante, que ces gens portent à Israël, dans laquelle ils veulent nous embarquer tous, comme si Dieu le leur avait ordonné, comme s’il n’y avait de vie sur terre que dans la mort de ce pays. C’est cela, j’ai attenté à leur belle et merveilleuse Haine, élevée au rang de religion, avec sa profession de foi, ses sacrements, ses excommunications, ses mises à mort, et son clergé, c’est-à-dire eux, qui font et défont les lois et les vies. Si j’étais revenu d’Israël vomissant de dégoût et tremblant de colère, ils m’auraient médaillé et promu écrivain de génie.

Je suis heureux que tu cites Montherlant. Lui s’était converti à l’Algérie, le sait-on ? Il a écrit un livret sur Alger que tous les Algériens, de quelle que nationalité qu’ils soient et où qu’ils se cachent dans le monde, devraient posséder et apprendre par cœur. Son titre seul suffit pour le rendre indispensable à chacun : "Il y a encore des paradis".

Le dandy comte de Montherlant était venu à Alger pour quelques jours (la vie en Europe lui pesait, nous sommes dans les années 30, Hitler polluait l’atmosphère), et il est resté cinq longues années, chaque jour un peu plus entiché de son paradis. Il découvrit une vérité :

"Il existe une sorte de loi, qui veut que, lorsqu’un écrivain de valeur aime avec passion certain pays ou certain peuple, et que ses livres respirent cet amour, ce pays ou ce peuple, lui réponde par de l’animosité." 

Notre pays ou la vérité ?

Voilà cher Jean, nous en sommes là, il nous faut haïr pour être dans les bonnes grâces de nos amis. Tu en sais quelque chose, tes amours t’ont valu bien des critiques, ton amour pour l’Algérie, ton amour pour Israël. Et ma foi, on peut le comprendre, aimer très fort un pays, un peuple, c’est le distinguer, c’est l’élever dans son cœur au-dessus des autres, pour, toujours, être plus dur envers lui, et parfois, seulement parfois, être prêt à tout lui pardonner.

Qui aimes-tu le plus, ô étranger, notre pays ou la vérité ? La question a-t-elle une réponse autre que celle que lui a donnée Camus ? Ce Camus que tu portes si haut dans ton cœur, comme aussi tous les écrivains d’Algérie, Kateb, Mimouni, et les nouveaux, comme moi, que tu reçois si généreusement, dès lors qu’ils passent à Paris et sont à portée de ton téléphone. C’est ainsi que j’ai partagé avec toi quelques bons repas riches en goût et en fraternité, chez toi, rue Vanneau, et dans tes bureaux au "Nouvel Observateur". C’est émouvant comme tout, ces agapes en famille, pour les méditerranéens de "Là-bas" que nous sommes, pétris dans l’émotion.

Tu parles de l’hommage que nous t’avons rendu à Sciences Po. C’était un grand jour, je m’en souviens, j’étais très ému. Lakhdar Brahimi et Elie Barnavi ont été magnifiques et très justes. Je ne crois pas, pour ma part, avoir été brillant, du moins le cœur y était, mais qu’importe en vérité, le public n’était pas là pour nous, il venait t’écouter, toi, t’entendre décrypter pour eux les complexités du monde et leur donner quelques pistes pour trouver le chemin de l’espoir.

Tu étais impressionnant, seul sur la scène, assis sur une chaise devant une table d’écolier, parlant à voix basse à un public que tu as tenu en haleine une demi-heure durant. C’est étrange, j’en étais fasciné, tu leur parlais de ce qui obscurcit le monde et le rend inintelligible et dans leurs yeux brillait une lumière. "L’art est l’apothéose de la solitude" disait Beckett. Face au public, fut-il ami, on est seul. Mais après tu fus tellement entouré que nous qui t’avions rendu hommage fûmes oubliés, personne n’est venu nous questionner pour apprendre quelque chose de nous. "Devant l’arbre, on est dans l’ombre" aurait dit un proverbe africain.

Notre arme : l'indépendance

Il reste la question délicate de la récupération. Tu as bien raison, s’en garder est harassant, combattre ces gens manipulateurs et fourbes est en plus plein de dangers. Ils se sont donné tous les droits, y compris celui de tuer, et affirment les tenir de Dieu. Notre arme, l’indépendance, est bien dérisoire devant leur folie, mais bien assumée, publiquement, elle suffit à les tenir à distance. Comme dans la corruption qui ne fonctionne que si le corrupteur rencontre un corruptible, il n’y a de récupérateurs que parce qu’il existe des récupérables. Ils peuvent évidemment attenter à notre vie, mais c’est là une autre histoire.

jeudi 14 juin 2012

La Kabylie Un Bastion De Resistance Et De Rebellion (rétrospective historique)


Ajoutée par aghrive06 le  5 févr. 2010
Le wali de Tizi-Ouzou annonce que « la couverture sécuritaire de la wilaya sera renforcée, à court terme, par de nouveaux apports structurels ». Il précise que les 21 daïras de la wilaya seront dotées de sûretés urbaines et que « des unités spéciales de lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le banditisme » seront mises en place.


Et finalement, dans une bouffée de défiance quil a du mal à dissimuler, il annonce que les 67 communes de la wilaya seront dotées chacune dune brigade de gendarmerie avant la fin 2010.


M. Mazouzi qui sest reclus dans son bunker de Tizi-Ouzou depuis que son cortège a fait lobjet dune embuscade aux environs dAin El Hammam fait semblant dignorer quil y a actuellement plus de policiers, gendarmes, militaires au mètre carré en Kabylie que nulle part ailleurs en Algérie. Sans compter les innombrables barbouzes du DRS qui écument les villes et les campagnes.


En Kabylie, nul nignore que Bouteflika et Zerhouni ont transformé toute la région en un casernement démesuré qui ressemble à une occupation militaire qui nose pas dire son nom.


Le peuple kabyle nest pas près doublier le comportement des gendarmes durant le Printemps noir où partout, ils ont tiré, tué et blessé des centaines de citoyens. Sans parler des obscénités dardées par la voix et le geste face aux façades dimmeubles dans les rues et les places publiques.


En Kabylie, les escadrons de gendarmerie quils sappellent brigades ou unités spéciales sont assimilés à un corps expéditionnaire chargé détouffer les libertés si chères aux Kabyles et dimposer dans le détail un mode de vie de soumission et de fatalisme dinspiration arabo-islamique.


Par la bouche de M. Mazouzi, on apprend que le régime compte réserver à la Kabylie un traitement « spécial » et cette spécification va prendre corps à travers des « Sections spéciales dIntervention ». Connaissant lanimosité et lesprit vindicatif qui caractérisent les tenants du régime envers la Kabylie, il y a tout lieu de sattendre au pire sur le plan de la répression quotidienne.


Lhistoire récente a appris à lhumanité que quand un État parle de « mesures spéciales » destinées à une population spécifique, cest le commencement dun génocide ourdi. Le monde a connu ce quil y a de pire dans le domaine, à limage des Schutzstaffeln, Sonderkommandos et autres Einsatzgruppen. Mais peut-être que lesprit malade de nos dirigeants nous réserve-t-il un nouveau raffinement ? Car jusquà présent, cest le seul domaine où limagination de nos dirigeants phosphore à plein régime.


Pour autant, la Kabylie qui a survécu durant la colonisation à 14 assauts militaires de grande envergure, dont les expéditions tragiques de 1857, 1864, 1865 et 1871, et qui sest immunisée contre 15 siècles dacculturation est plus que jamais déterminée à vivre libre et souveraine sur son territoire.


Ce ne sont pas les menaces et les gesticulations dun pouvoir aux abois, miné par une corruption devenue mode de gouvernance qui va aliéner ou altérer une raison kabyle qui a surfé sur 2000 ans de domination étrangèr


mercredi 13 juin 2012

La hogra, un mal algérien


La hogra, un mal algérien
L’injustice et l’humiliation en Algérie
Depuis pas mal de temps, le lexique algérien a intégré des mots d’un genre particulier, tels que hagar et mahgor, ce qui veut dire, en plus atténué, oppresseur et opprimé. Institutionnalisée par l’occupant pendant la période coloniale, les Algériens acceptent mal que soit reconduite une telle pratique et appellent, par sa dénonciation, à l’égalitarisme citoyen qui a toujours fait défaut entre gouvernants et gouvernés.
Lorsque Mohamed, jeune père de famille, apprend que la wilaya de Chlef compte raser le bidonville dans lequel il habite, son corps est au bord de l’explosion. La colère, tant réprimée au vu des rejets de demandes de logement et des innombrables frustrations, se heurte au mépris affiché par les responsables de l’APC de Chlef avec lesquels il souhaite avoir une explication. Bien sûr, les responsables locaux, par cynisme ou par dépit, ne voudront pas le recevoir, prétextant des affaires plus urgentes. Cette fin de non-recevoir est vécue comme un affront. Le jeune homme perd patience, la colère grandit jusqu’à prendre le dessus. Dans un sursaut suicidaire, il s’asperge d’essence et tente de mettre fin à ses jours.
Ce sentiment mêlant humiliation, injustice et violence est bien connu des Algériens, ils l’appellent : "Hogra". Ce mot, qui n’a pas d’équivalent sémantique dans les autres langues, est utilisé par les grévistes, toutes sections confondues, par les jeunes en mal de considération, par les chômeurs en quête d’occupation ou par les femmes peinant à trouver leur place dans une société machiste.
Pour Amir, étudiant, la hogra fait partie de la vie de tous les jours. « La hogra c’est lorsqu’on te retire ton permis de conduire pour une broutille, quand toutes les portes de l’administration se referment et qu’il n’y a même pas où déposer une réclamation, quand on te fait poireauter des heures pour un banal papier administratif. En somme, c’est la routine. » D’après lui, elle tire ses origines de l’apparition de ce qu’il qualifie de « secte d’intouchables » qui se croirait au-dessus des lois.

C’est aussi, selon lui, le « règne de la médiocrité » et la « déchéance des valeurs ». Les plus âgés diront qu’ils ont toujours connu ce sentiment, de la période coloniale à l’indépendance du pays. Certains se rappellent sans doute de l’appel du président Ben Bella, en octobre 1963 lors La guerre des sables, dans lequel il criait : « Hagrouna el merrakchia. »
Bouziane Benachour, journaliste et écrivain, auteur d’un roman intitulé simplement Hogra, considère que c’est là un concept strictement algérien, parce qu’il est le cri « communautaire » des exclus – de tous les exclus – et de toutes les exclusions face à la machine bureaucratique insinuée magistralement dans les arcanes de l’Etat-nation et de ses tentacules. « Le mot hogra, dit-il, ne peut être approché par d’autres langues mais ne peut être effectivement rendu qu’en langue populaire algérienne. Hogra n’a qu’une seule nationalité : algérienne, qu’une couleur, la couleur des sans-voix, qu’un emblème, celui des sans-grade, ceux qui ne sont inscrits dans aucun réseau », une définition de Mouloud Hamrouche. « Depuis, la hogra est restée telle quelle. Le concept n’a pas bougé. Son sens premier non plus . »

Selon le sociologue Abdenasser Djabi, les accusations de hogra se multiplient à mesure que les inégalités se creusent. « L’Algérien qui a vécu la hogra pendant la période coloniale la rejette aujourd’hui. Ce refus s’est cristallisé en une forme de culture politique populaire appelant à l’égalitarisme », décrypte-t-il, en précisant que le rejet de la hogra reflète le refus de l’inégalité sociale entre les Algériens.
Le fait est, d’après le sociologue, que dans l’imaginaire collectif, la société algérienne a toujours été homogène, du moins idéologiquement. L’émergence d’une nouvelle classe qui n’éprouve aucune honte à étaler son faste et sa puissance creuse l’écart et attise le sentiment de marginalisation. « La société algérienne, dans les campagnes ou dans les ville croit avoir vécu une hogra émanant du colonisateur, qui a failli être une hogra "acceptable". Mais la hogra de l’Algérien envers l’Algérien est, elle, inadmissible », souligne Nacer Djabi.
Haggar et mahgour
Mais si l’Algérien était à la fois bourreau et victime, le haggar et le mahgour de la société algérienne ? Pour mieux étudier ce phénomène, Salaheddine, cadre dans une entreprise privée, recommande d’observer le comportement des conducteurs sur une autoroute : « Les voitures 4x4 y narguent les Renault Symbol et celles-ci doublent les Maruti qui, à leur tour, dénigrent les vieilles R4. »
La moindre once de pouvoir autorise ainsi un comportement méprisant envers les autres. « Malgré son rejet de la hogra, l’Algérien la pratique chaque jour, souligne Djabi. L’enfant algérien subit la hogra dans la rue, à l’école ainsi qu’à la maison, car le père algérien est un "grand haggar", usant de son autorité sur la femme et les enfants. Cependant, il subit, lui-aussi, la hogra dans son milieu de travail de la part de ses supérieues hiérarchiques. » Au final, on est tous le mahgour de quelqu’un. « Le mahgour devient lui aussi haggar, quand les conditions le lui permettent. Quand l’Algérien n’use pas de son pouvoir, il estime qu’il fait là une "faveur" envers lui, parce que c’est "un homme" ou un "fils de bonne famille"’ », explique encore Nacer Djabi.
En tout cas, la hogra reste une injustice à détente multiple dont les victimes se tournent rarement vers un juge pour se voir rétablis dans leurs droits. « La loi est totalement absente dans cette relation, explique Djabi. Ce qui est étrange, c’est que lorsque les Algériens rejettent une personne ou un groupe d’individus, on demande de changer les personnes nuisibles et les haggarine mais on ne réclame point le changement de l’institution ou l’application de la loi. » La psychologue Cherifa Bouatta explique, pour sa part, que le sentiment de hogra est amplifié par le fait qu’il y a une crise de confiance dans le fonctionnement des institutions de l’Etat. « Face à un système politique autoritaire, les jeunes semblent persuadés et se disent sous le règne de la hogra », précise-t-elle.Car ce qui fait la particularité de la hogra c’est ce sentiment d’impuissance qu’elle génère.
Les jeunes, qui s’en disent victimes, se révoltent par le moyen d’émeutes ou en retournant cette violence contre eux-mêmes. Dans son roman, Bouziane Benachour décrit un douar de « laissés-pour-compte » qui s’élèvent contre le diktat et l’arbitraire des pouvoirs publics. « Les personnages disent non, mais leur impuissance est avant toute chose une forme de repli avant réaction, précise l’auteur. Un repli qui peut dire je suis vaincu mais je ne me laisse pas abattre. Je suis en position de faiblesse mais ne comptez pas sur moi pour capituler. Les personnages de Hogra donnent le dos, mais n’offrent pas leur poitrine. » Il poursuit : « Leur résignation est une forme de dédain à l’endroit de tous ceux qui se sont autoproclamés guides des masses. Elle est carapace de mépris face à tous ceux qui se croient investis d’une mission céleste. Ceux qui pensent être des pasteurs alors qu’ils n’ont jamais quitté l’habit du berger selon la vieille formule populaire de chez nous. »
« El Harga » plutôt que la « hogra »
Dans les faits, la majorité des personnes ayant subi la hogra sont contraintes à courber l’échine. « On peut avancer sans se tromper qu’une très grande partie de la jeunesse algérienne est profondément convaincue qu’elle vit sous le règne de la hogra. Ce sentiment est profondément intériorisé au point où tous considèrent, même quand ce n’est pas le cas, qu’ils sont mahgourine », explique Chérifa Bouatta.
Sur le plan psychologique, la hogra ne laisse pas indemne. Dans les stades, rare espace d’expression pour des jeunes en quête de liberté, ils crient que la « harga » (immigration clandestine) vaut mieux que la « hogra ». Comme si l’unique moyen d’échapper à l’humiliation était de brûler ses papiers d’identité. « C’est l’identité même du sujet qui est ainsi attaquée, diagnostique le Dr Bouatta, vous vivez rejeté, exclu, méprisé… Ces sentiments sont très douloureux à vivre, ils engendrent la honte chez la victime de hogra et/ ou la colère et la révolte, d’où souvent les émeutes. » S’il est déjà établi que l’enfer était les autres, l’humiliation peut entraîner des conséquences souvent destructrices pour les victimes. Amrane Layachi, auteur d’un blog sur la hogra dont il se dit lui-même victime, affirme qu’il passe auprès de sa famille et de ses proches pour un « aliéné ». « La hogra, dit-il, amène des gens à mettre fin à leurs jours en s’infligeant d’atroces souffrances. D’autres sont au bord de la folie. Et même quand cela ne transparaît pas au premier coup d’œil, elle laisse des blessures qui ne guériront jamais. » Au fil du temps, l’Algérie devient, pour une partie de la population, un enfer très ordinaire…-
A l’ère des indignés de Hessel
Avant même le succès de l’ouvrage de Stephane Hessel, appelant à l’indignation, les Algériens avaient déjà montré des signes d’exaspération face à la hogra. « Non à la hogra » est d’ailleurs devenu, ces dernières années, un slogan politique. Cela pourrait faire penser au mouvement des indignés apparu dans plusieurs pays à la différence près que l’indignation passe, chez nous, par l’émeute.
Mais s’il y avait une analogie à faire entre les deux formes de protestation, il apparaîtrait que les deux mouvements pèchent par un excès d’utopisme et d’absence de solutions alternatives.

« Les déclinaisons de la hogra sont forcément multiples et en tout cas suffisamment ductiles pour devenir un argument d’élaboration d’un rapport de force avec les acteurs institutionnels – on l’a observé d’abondance et pas seulement en Kabylie – apparaissent, en même temps, encore trop floues pour initier de véritables mouvements sociaux porteurs autant de contestation que de projets alternatifs », souligne le sociologue Abdelmadjid Merdaci.
Abdenasser Djabi considère, pour sa part, que le « non à la hogra » est une « idée utopique visant à réaliser une société idéale ne se trouve pas sur le terrain ».

L’auteur de Indignez-vous, Stephane Hessel, explique, lui-même, qu’il faut « rapprendre à s’indigner » mais pas « n’importe comment ni contre n’importe quoi ». « Tout ne mérite pas l’indignation. Je crains toujours ceux qui s’en prennent aux institutions sans proposer d’alternative. » C’est là aussi un mal algérien. -
Amrane Layachi, auteur d’un blog contre la hogra : l’homme qui demanda à être déchu de sa nationalité algérienne
L’histoire d’Amrane Layachi, ex-cadre à la direction des impôts de la wilaya de M’sila, ressemble à une magistrale pièce de théâtre de l’absurde. Se disant victime de « la hogra », il aura surpris tout le monde en demandant, dans une lettre adressée au ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères, à être déchu de sa nationalité algérienne. Comble de la provocation : il sollicite l’acquisition d’un passeport israélien. La réaction des autorités publiques ne se fit pas attendre : Amrane Layachi a été écroué, cinq jours après l’envoi de sa requête, pour… « divulgation d’informations secrètes au journal El Watan ».
« Ces informations ayant trait aux impôts n’avaient rien de secret, elles sont sur le Journal officiel, c’est juste qu’ils n’ont rien trouvé à mon encontre », nous a-t-il expliqué.

Son enfer a débuté lorsque ses responsables de la direction des impôts de la wilaya de M’sila l’ont accusé d’avoir falsifié un extrait de rôle. « J’ai eu à subir les foudres d’un lobby au sein de l’entreprise. On m’a démis de mes fonctions. Ayant fait un recours à la justice, j’ai été innocenté mais j’ai dû subir l’acharnement d’un groupe de personnes. Ce clan n’a cessé de grossir, englobant des membres de la police, un procureur, etc. Excédé par les pressions, j’ai préféré donner sa démission », raconte-t-il à El Watan. Son expérience de la hogra l’a amené à s’intéresser à d’autres cas de mépris. Il a ainsi lancé, sur la Toile, un blog consacré à la hogra hogra.centrblog.net dans lequel il répertorie soigneusement tous les cas d’injustice allant des affaires de mœurs aux scandales de corruption. « Depuis quelques temps, je n’arrive plus à poster quoi que ce soit sur mon blog, c’est comme si on me l’avait bloqué », confie-t-il.
Ayant renouvelé sa demande après avoir envoyé sa demande au ministère de la Justice, on lui remit, le 7 février 2012, la réponse suivante : « Dites-nous quel est votre problème, nous vous apporterons notre appui sur le plan légal. » Mais pour Amrane Layachi, l’affront qu’il a subi ne peut être lavé avec quelques mots.

Lire aussi :
- Merzak Allouache : « La société algérienne n’est pas apaisée »
- L’immolation, miroir du malaise social algérien ?
- Ces immigrés européens qui fuient la misère en partant vers l’Afrique

Par Amel Blidi

lundi 4 juin 2012

"L’Autonomie de la Kabylie est une affirmation forte et noble qu’il faut soutenir


Interview avec Boualem Sansal
J’espère bien que le concept de l’autonomie fasse des jaloux et que dans d’autres régions d’Algérie on revendique la même chose.
16/05/2012 - 11:52 mis a jour le 27/05/2012 - 11:54 par Zahir Boukhelifa
-  Tamurt.info : Monsieur Boualem Sansal, azul 
- Boualem Sansal : Azul
- Tamurt : Vous avez déclaré lors de votre conférence, que vous adhérez pleinement à l’idée de l’autonomie et que votre souhait est que cette idée se généralise à toute l’Algérie. Est-ce que c’est une provocation de plus ou un choix réfléchi de votre part ?
- Sansal : Moi, je ne joue pas au jeu de la provocation. C’est un jeu débile, indigne d’un écrivain, d’un intellectuel ou d’un citoyen. S’amuser à cela, c’est faire le jeu du système. Les provocateurs sont comme l’arroseur arrosé, finalement ça se retourne contre eux. Donc, c’est par conviction que j’ai des positions politiques, philosophiques. Ce seront les miennes et comme je les exprime sans langue de bois cela paraît être souvent de la provocation. Je dis les choses directement, sans tourner autour du pot. Pour le reste, les autres sont libres de penser ce qu’ils veulent. Ils peuvent penser que c’est de la provocation, moi j’ai l’intime conviction que l’autonomie de la Kabylie est une opportunité extraordinaire. Cela fait longtemps d’ailleurs que j’attendais que des hommes ayant un pouvoir emblématique dans la région s’emparent de ce thème et en fassent un vecteur de combat. Parce qu’il y a plusieurs façons de se battre contre le régime algérien. On peut, par exemple, prendre les armes, ce n’est pas ce que je souhaite. On peut rentrer dans un processus et réclamer l’indépendance, ce n’est pas non plus ce que je souhaite, cela mettra en danger le pays et la Kabylie elle-même. En revanche le concept de l’autonomie est un concept riche.
C’est l’affirmation d’une identité, c’est une affirmation démocratique. On veut être soi-même et c’est très noble, c’est très puissant et c’est la première fois en Algérie qu’on utilise cette idée. Eh bien c’est fort et il faut la soutenir. J’espère bien que ça fasse des jaloux et que dans d’autres régions d’Algérie on revendique la même chose. J’aimerais par exemple bien, que les universités déclarent leur autonomie par rapport au gouvernement. Là aussi, ce n’est pas seulement l’autonomie, au sens politique comme pour la Kabylie, mais d’une manière générale que les femmes déclarent leur autonomie par rapport à la culture machistes de ce pays. On a besoin de cela. C’est cela le siècle des lumières en Europe. C’est que des gens ont décidé de prendre leur autonomie par rapport à la religion, par rapport aux rois, par rapport aux traditions. Prendre sa responsabilité et décider soi-même pour construire sa vie par le débat, par la confrontation. C’est très important comme convention, la provocation est un jeu ridicule.
-  Tamurt : Le pouvoir accuse les autonomistes d’être instrumentalisés par l’étranger et de vouloir diviser le pays. Il qualifie leurs actions de Tintamare Que pensez-vous de cette propagande du pouvoir algérien qui vise à discréditer ce Mouvement ?
-  Sansal : Il ne faut pas rentrer dans le jeu du pouvoir. Si on fait cela, on est fichu. Je n’ai pas à aller voir le pouvoir pour lui expliquer pourquoi je réclame l’autonomie, ni à discuter avec lui. Je prends ma décision tout seul. A partir du moment où j’ai décide d’être autonome, je n’ai plus besoin de lui. Je n’ai ni à le regarder, ni à polémiquer avec lui, ni…. De toute façon, lui, il va utiliser tous les moyens. Évidemment, pour ridiculiser votre pensée, il vous accusera de tous les maux. Vous allez rentrer dans ce jeu là ? Vous êtes perdant. Non. Je suis autonome et je n’ai plus besoin de vous. Je regarde ailleurs. Je construis ma vie. Si tu veux venir construire avec moi, viens. Sinon toi tu restes, moi j’organise ma vie.
-  Tamurt : Vous parlez du principe : j’existe, je suis autonome ?
- Sansal : Oui, c’est ça le principe de la démocratie. C’est le principe de la liberté. Je décrète que je suis libre. Je ne dépends plus de vous. Je n’ai pas besoin de discuter avec vous. Je suis libre. En revanche, je dois, puisque on parle de l’autonomie de la Kabylie, me tourner vers les Kabyles et leur faire partager ce sentiment que l’autonomie, la liberté, ça se décrète soi-même, pas contre l’autre. Je suis libre, point. Donc, si tu veux te sentir libre, on se rejoint, on va travailler ensemble à construire cette liberté, lui donner un contenu politique, institutionnel, culturel, etc.
-  Tamurt : Aujourd’hui nous célébrons une fête séculaire : le nouvel an berbère. Combien de fois vous l’avez célébré dans votre vie ?
- Sansal : Trois ou quatre fois. J’habite à Boumerdes et Je l’ai célébré trois à quatre fois en petit groupe.
-  Tamurt : Qu’est-ce que ces célébrations du nouvel an, Chrétien, musulman, chinois, etc, invoque en vous ?
- Sansal : Pas grand chose. Je ne crois pas que la société a besoin de rituels. On peut partager ces moment avec eux, il n’y a pas de problèmes. Il m’est arrivé de fêter n’importe quoi, avec des copains juifs, avec des copains chrétiens. Et voilà ! Être avec eux pour partager un moment. Mais moi, personnellement, ces anniversaires n’invoquent pas grand-chose en moi.
-  Tamurt : Même pas un marquage identitaire pour que l’Algérie, la Kabylie retrouve son identité ? Vous ne croyez pas que cela passe par ce genre d’initiative, par ce genre de célébration ?
- Sansal : Oui, je comprends qu’on ait besoin de ritualiser la vie. C’est comme ça que les identités se maintiennent. C’est une sensation mais c est aussi un rituel comme la façon de manger, de s’habiller, etc. Il ne faut pas aussi tomber dans la ritualisation, s’emprisonner. Je participe à ces fêtes la, quand on m’invite, mais sans être forcement super exalté par la chose. Si je ne le fait pas, ça ne me manque pas spécialement. Je ne réduis pas l’identité à des festivités. C’est une façon de regarder le monde, mais c’est quand même plus compliqué. Je me méfie aussi un peu aussi de cette ritualisation quand elle commence à devenir presque comme une fin en soi, obligatoire, ça devient un peu comme le ramadhan, si on ne le fait pas on est taxé.
Je reviens au concept de l’autonomie, ce n’est pour s’enfermer. S’autonomiser, ce n’est pas échapper à quelque chose pour aller s’enfermer dans une autre chose. C’est beaucoup plus riche, car l’Histoire, c’est important. La symbolique et importante sans tomber dans le folklore.
-  Tamurt : Quel avenir politique présagez-vous pour la cause autonomiste kabyle ?
- Sansal : Je pense que maintenant, il faut travailler à initier le peuple en Kabylie et ailleurs, même partout, à cette affirmation. Nous avons décrété notre autonomie et travaillons à donner corps à cette autonomie. Il ne faut que ça reste un mot seulement. Il faut travailler à cela. Par exemple, le MAK s’est donné un certain nombre d’institutions, c’est déjà important. Maintenant, il faut un programme de travail, obtenir une reconnaissance mondiale. C’est toujours ce qu’on fait quand un peuple décrète sa liberté. Par exemple, le Sud-Soudan, a arraché son indépendance. Maintenant, il faut donner corps à cette indépendance : Se faire reconnaitre par les institutions internationales, obtenir sa place dans le concert des nations, un siège à l’ONU, construire un Etat, abolir tous ce qui est dénoncé dans l’ancien régime et ne pas le laisser se reproduire, etc. Donner vraiment corps à l’idée d’autonomie n’est pas seulement un travail de quelques hommes, mais de tout un peuple. C’est un travail d’éducation, de rénovation de la culture. Enfin, un énorme boulot qu’il faut faire. Sinon ça reste un slogan et une attitude un peu comme ça : Je suis autonome sans plus.
-  Tamurt : N’y a-t-il pas une part d’utopie dans tout cela ?
- Sansal : On ne peut pas vivre sans utopie. Le monde fonctionne comme ça. L’objectif est d’abord lointain, mal défini… Eh bien, c’est la quête du bonheur. Quelle plus grande utopie que cela ! On sait bien que le bonheur n’existe pas, mais on se fixe cet objectif. On y travaille avec des petits plaisirs, des petits bonheurs, des petites réussites, en espérant que ceux qui viendront après iront plus loin. Et voilà, c’est du travail.
Interview réalisée par Zahir Boukhelifa