lundi 1 juin 2015


LE MAK S’INCLINE À LA MÉMOIRE DE TAHAR DJAOUT.

01/06/2015 - 20:36

OULKHOU ( SIWEL) - Vingt-deux années sont déjà passées depuis l’assassinat de Tahar Djaout, l’homme de plume au dixit plus que jamais d’actualité : « Il Y a la famille qui avance et la famille qui recule ».


Le MAK s’incline à la mémoire de Tahar Djaout.
Aujourd’hui, lundi 1er juin 2015, seuls les membres de la famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), à l'initiative du conseil universitaire de Tizi Ouaou, à leur tête, Bouaziz Aït-Chebib, étaient présents au cimetière, presque marin, d’Oulkhou où repose à jamais Tahar Djaout. « Presque marin » sont les mots justes puisque sur cette colline, un vent doux vous fait parvenir jusqu’aux narines ces odeurs de mer. 

Le cimetière où repose pour l’éternité le célèbre journaliste à la moustache se terminant en croc était vide avant l’arrivée de la famille du MAK et redevint vide dès son départ. Cela renseigne fort bien que les thuriféraires professionnels habituels à la solde du pouvoir n’ont pas mentionné sur leur feuille de route la commémoration de la disparition de Tahar Djaout. Ceci nous renseigne encore que le pouvoir trouve que le moment est venu de faire disparaître des mémoires l’homme qu’il n’a jamais pu corrompre. Même en fleurs, sont montrés radins les thuriféraires professionnels à la solde du pouvoir qui, durant des années, ont chanté la plume du défunt sans pour autant le lire. Il aura fallu la gerbe de fleurs du conseil universitaire MAK de Tizi Ouzou pour embellir la tombe de l’homme qui a identifié dès le début de l’ère terroriste les véritables fossoyeurs de l’"Algérie". A cette occasion, le président du MAK a prononcé un discours où il a mis en avant les grands mérites du défunt. 

C’est quand même assez curieux. De son vivant, Tahar Djaout ne s’est jamais laissé berner par le factice, symbole d’hypocrisie et d’ignorance. Dans sa mort, le factice semble aussi l’épargner à présent puisque, répétons-le, les thuriféraires professionnels semblent plus trouver goût aux tendres brises marines caressant les collines d’Azeffoun. Il va sans dire que cela est de bon augure, car de la sorte, chacun reconnaît les siens. 

Said Tissegouine, 
SIWEL 012036 MAI 15

AGOUNI GUEGHRANE : POUR LA SAUVEGARDE DES TERRES DE LA FAMILLE DE SLIMANE AZEM

01/06/2015 - 07:46

AGOUNI GUEGHRANE ( SIWEL) - La Famille de Slimane Azem, d'Agouni Gueghrane a procédé hier à la mise en place d’une clôture sur la propriété privée de Slimane Azem pour sauvegarder les terres du poète de ceux qui veulent les spolier dans le cadre d’un avant-projet d’un Plan de Développement d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) du Maire de la Commune d’Agouni Gueghrane d’obédience RND en alliance majoritaire avec le RCD dans l’Exécutif municipal .


Agouni Gueghrane :  Pour la sauvegarde des terres de la famille de Slimane Azem
Ce projet de spoliation contre les terres Azem a été initié par le Maire du RND pour interdire immoralement l’enterrement de la dépouille de Na Hedjila, la sœur de Slimane Azem en 2013 sur les terres de ses aïeux. 

Le Mouvement pour l’Audétermination de la Kabylie (MAK) avait initié et réalisé une opération de baptisation d’une place publique à Tizi Ouzou au nom du poète kabyle Slimane Azem lors de la marche historique du 20 Avril 2015, une première pour Slimane Azem dans son pays. 

Le régime d’Alger ne voulant pas d’un hommage du MAK à Slimane Azem avait d’abord fait interpellé par la police le Président du MAK Bouaziz Ait Chebi et Hocine Azem Secrétaire National aux Relations Extérieures du mouvement souverainiste kabyle pour les empêcher de matérialiser la baptisation de la place publique de s’opérer le 16 avril mais en vain. Puisque le MAK avait contre vents et marées réussi avec la mobilisation de la Kabylie toute entière le 20 Avril dernier à baptiser la place en question au nom de Slimane Azem. 

Bien pire, le régime algérien qui a toujours échoué de folkloriser la mémoire et l’œuvre de Slimane Azem , en actionnant ses relais locaux d’agir contre sa propriété privée le 21 avril 2015, à Agouni gueghrane sous couvert du P/APC qui a convoqué l’APC en réunion extraordinaire pour adopter le PDAU dont les terres de Slimane Azem ont été incluses comme patrimoine public et lui dédiant en catimini un triste hommage à Alger sous les auspices de l’Office National Droits Auteurs algérien le 27 avril 2015, en invitant des personnes triées sur le volet pour jouer les comparses de la parodie de ce triste dommage contre le poète immortel kabyle. 
Toute cette artillerie du régime d’Alger est mise en branle pour amoindrir la baptisation grandiose d’une place publique organisée en hommage à Slimane Azem par le MAK en Kabylie de laquelle le régime algérien l’a banni et l’a privé des années durant. 

D’autre part, la Famille Azem a désigné hier par consensus trois de ses membres pour la représenter auprès de qui de droit et faire barrage à toutes les tentatives de fabrication artificielle d’interlocuteurs complices du régime d’Alger dont les détenteurs du pouvoir algérien ont la chimie et l’alchimie des formules et les brevets dans le domaine de la perversion et la fabrication de ce genre de créatures monstrueuses.

mercredi 27 mai 2015

Hommages : Lettre à Da L'mulud par Tahar Djaout


Cette lettre a été écrite par Tahar Djaout après la mort ( 25 le 1989 février ) de Mouloud Mammeri en 1989 et a été publié par AWAL.


Comme il va être dur de devoir désormais parler de toi au passe! Quelques heures après ta mort, que ta famille et tes amis ignoraient encore, un universitaire qui venait d'assister a ce colloque d'Oujda d'ou tu revenais toi aussi m'entretenait de toi. Il me disait, entre autres, que tu avais passe sept heures a la frontière; trois heures et demie du cote algérien et autant du cote marocain. En dépit de ce que tu as donne a la culture maghrébine, tu demeurais un citoyen comme les autres, un homme qui n'a jamais demande de privilèges qui a, au contraire, refuse tous ceux qui lui ont été proposes. Depuis le prix littéraire qui a couronne ton premier roman et que tu as refuse d'aller recevoir, tu t'es méfie de toutes les récompenses parce que tu savais qu'elles demandaient des contreparties. Tu n'étais pas de ces écrivains qui voyagent dans les délégations officielles, dans les bagages des ministres ou des présidents, et qui poussent parfois le cynisme jusqu'a écrire, une fois rentres, des articles contre les intellectuels aux ordres des pouvoirs !


Tes rapports avec le pouvoir (tous les pouvoirs) ont été très clairs; une distance souveraine. Tu étais, au lendemain de l'indépendance, président de la première Union d'écrivains algériens. Mais le jour ou l'on était venu t'informer que l'Union allait passer sous l'autorité du Parti, tu avais remis le tablier avec cette courtoisie seigneuriale qui t'est coutumière. Tu n'acceptais aucune contrainte, aucun boulet a ton pied, aucune laisse a ton cou. Tu étais par excellence, UN HOMME LIBRE. Et c'est ce que AMAZIGH veut dire. Cette liberté t'a coûté cher. De toute façon, tu en savais le prix et tu l'a toujours accepte. Tu as été peut-être le plus persécute des intellectuels algériens, toi l'un des fils les plus valeureux que cette nation ait jamais engendres. Le soir ou la télévision avait annonce laconiquement et brutalement ta mort, je ne pus m'empêcher, en dépit de l'indicible émotion, de remarquer que c'était la deuxième fois qu'elle parlait de toi; la première fois pour t'insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n'avait aucun document a nous montrer sur toi; elle ne t'avait jamais filme, elle ne t'avait jamais donne la parole, elle qui a pérennise en des kilomètres de pellicule tant d'intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plume aux ordres du pouvoir.


Mais je vais clore la le chapitre navrant et long des brimades. Ce serait faire affront a ta générosité et a ta noblesse d'âme que de m'attarder a l'énumération des injustices, des diffamations qui glissaient sur toi comme de simples égratignures, qui te faisaient peut-être mal a l'intérieur mais ne transparaissaient pas. Tes préoccupations étaient ailleurs, tu avais autre chose a faire. Et puis, tu respectais trop les autres, même lorsqu'ils te faisaient du mal. Sans avoir jamais prétendu donner de leçon, ta vie, ton comportement, ton courage et ton intégrité constituaient en eux mêmes un exemple et une leçon. C'est pourquoi, toi l'homme modeste et brillant qui ne se montre gène et pris de court que lorsqu'il s'agit de lui-même, tu as toujours été au coeur de ce qui fait ce pays. Et les 200 000 personnes venues de toute l'Algérie escalader ces "chemins qui montent" pour t'accompagner a ton ultime demeure au coeur du Djurdjura témoignent en quelque sorte de cela. Toi l'homme pacifique et courtois, toi qui ne claques les portes que lorsqu'un pouvoir ou une chapelle quelconque tente de t'embrigader, tu as aide, non par des déclarations fracassantes, mais par ta lucidité, par ton travail intellectuel minutieux et soutenu, au lent cheminement de la tolérance et de la liberté.


Qui peut oublier les débuts de l'année 80 ? Des hommes qui nient une partie de la culture de ce peuple (tout le monde heureusement a oublie leurs noms, car ce ne sont pas des noms que l'histoire retient) t'interdisent de prononcer une conférence sur la poésie kabyle. De partout, de Bejaia, de Bouira, de Tizi-Ouzou, la Kabylie se lève pour défendre ses poètes. Et c'est toute l'Algérie qui, peu a peu, année après année, rejettera les baillons, les exclusions, les intolérances, la médiocrité et qui un jour d'octobre descendra dans la rue pour l'affirmer en versant une fois encore son sang. Toi, l'humaniste sceptique et indépendant qui n'a jamais assené de vérité, qui n'a jamais juge personne, tu étais, presque malgré toi, en amont d'une prise de conscience.


Et voici que nous devons désormais nous passer de ta présence chaleureuse et brillante, de ta superbe intelligence, de ta bonne humeur a toute épreuve, de ton endurance physique (on peut difficilement t'imaginer malade, par exemple) qui te faisait faire des centaines de kilomètres par jour pour aller donner bénévolement une conférence et remonter tout de suite après dans ta voiture. Tu es mort au volant de ta 205 (une voiture de jeune) comme le jeune homme fougueux que tu as toujours été. Sois rassure, Da Lmulud, la dernière image que je garderai de toi ce n'est pas celle, émouvante, du mort accidente que j'ai vu mais celle de ce jeudi 16 février ou nous nous étions retrouves avec d'autres amis a Ighil-Bwamas pour discuter du tournage d'un film. Tu étais élégant et alerte comme toujours, en tennis. Tu étais le premier au rendez-vous. Tu nous plaisantais sur notre retard, disant que tu croyais te tromper de jour. Tu étais aussi le premier a repartir, toujours disponible et toujours presse. Tu avais beaucoup de choses a faire, a donner a cette culture que tu as servie généreusement, sans rien demander en retour, supportant au contraire avec dignité les brimades que ton travail t'attirait. Tu étais impatient en ce jeudi 16 février comme si tu savais déjà que le temps pressait. Je te vois monter dans ta 205 et démarrer bruyamment sur la route difficile tandis que nous étions encore a bavarder. C'était la dernière fois que je devais te voir vivant.


La jeunesse assoiffée de culture et de liberté t'a toujours reconnu comme l'une de ses figures symboliques, quelques intellectuels et artistes t'ont toujours témoigne amitié, respect ou admiration dans les moments les plus difficiles. Mais ces derniers mois, c'est tout le monde intellectuel et médiatique algérien qui a commence a comprendre ton importance et qui a recherche ton point de vue. C'est vrai que certains medias, qui avaient peur de "se compromettre", te sont demeures fermes jusqu'a ta mort. Mais que de projets auxquels des gens voulaient t'associer ! que de journaux t'ont interviewe ! Et toi, porte et comme enivre par cette brise de liberté, tu te démenais, tu prenais ta voiture, sillonnais les routes et te rendais partout ou l'on te sollicitait. Oran, Ain-El-Hammam (ou tu devais rendre hommage a Si Mohand ou Mhand et ou l'on t'avait offert un burnous), Bejaia. Et enfin Oujda. Au mois de janvier, a Bejaia, ta conférence sur la culture berbère a draine tellement de monde qu'aucun édifice ne pouvait le contenir. Et c'est dans le stade de la ville que des milliers de gens t'ont écoute et ont discute de leur culture. Quelle belle revanche sur l'interdiction de ta conférence en 1980 ! Quel trajet parcouru depuis cette date sur le chemin de l'expression libre !


Je te revois a cette époque ou nous préparions l'entretien qui allait paraître aux éditions Laphomic. Je me rappelle la vivacité de ton intelligence, ton sens de la repartie, ta pudeur et ta gène lorsque nous sortions du domaine de l'esthétique ou des idées et que je te demandais de parler de toi-même ( ton combat nationaliste, par exemple, ton militantisme au MTLD, ce que tu as souffert durant la guerre, tu ne les évoquais jamais même lorsqu'on te contestait ton passe ou qu'on t'en fabriquait un autre ). Je me rappelle surtout ta jeunesse indéfectible. Je nous revois prenant des glaces dans l'un de ces innombrables salons de thé qui encombrent la rue Ben M'hidi ou dans le café "Le Véronèse" a Paris.


Tu seras toujours près de nous, éternel jeune homme des Ath Yenni et d'Algérie.


Qim di lehna
Tahar Djaout

mardi 26 mai 2015

France, Saint-Étienne

Inauguration d’une allée "LOUNES MATOUB"

Jugurtha Aqvayli pour Tamurt.info
SAINT ETIENNE (Tamurt-info) - La ville de Saint-Étienne et des associations berbères organisent l’inauguration d’une « Allée LOUNES MATOUB » le 6 juin 2015 à 16H en présence des élus locaux, de Malika MATOUB et de personnalités kabyles.
26/05/2015 - 00:00 mis a jour le 25/05/2015 - 22:12 par Jugurtha Aqvayli
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La Ville de Saint-Étienne située dans le quart sud-est du pays, dans le département de la Loire en région Rhône-Alpes, les associations amazighs ECLA (Espace Culturel Amazigh de Loire E.C.L.A) et l’association NUMIDYA organiseront le Samedi 6 juin 2015 à 18H l’inauguration d’une « Allée LOUNES MATOUB » au parc François MITTERAND.
Au Centre des congrès 24, rue PONCHARDIER à 20H, une soirée gala sera organisée avec : Idir – Ferhat Mehenni – Malika Domrane – Akli D – Malik Bellili – Ferhat Iguercha – Said Khazem – Ali Amran.
PAF : sur réservations : 
8€ Enfants
15€ Adultes
12€ Adhérents 
Sur place : 20€
Pour plus de renseignements : 06 16 77 01 96 – 06 62 96 02 62
Courte biographie de MATOUB Lounes
Lounès Matoub est né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa Ouamar, un village de la tribu et actuelle commune Ait Mahmoud dans la daïra d’Ath Douala dans la wilaya de Tizi-Ouzou (intégrée à la commune mixte Fort National, dans l’époque de la colonisation française). Il meurt le 25 juin 1998, assassiné sur la route qui relie Tizi Ouzou et son village au lieu-dit Taberquqt à Ait Aïssi.
La vie de Lounès était très agitée, il a vécu des moments tragiques qui ont marqué sa carrière d’artiste. Sa carrière artistique était indissociable de son combat politique.
Depuis la sortie de son premier album A Yizem anda tellid ? (Ô lion où es-tu ?) Lounès Matoub célèbre les combattants de l’indépendance et fustige les dirigeants de l’Algérie auxquels il reproche d’avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d’expression. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue berbère, Lounès Matoub est grièvement blessé par un gendarme algérien en octobre 1988. Il raconte sa longue convalescence dans l’album L’Ironie du sort (1989).
Violemment opposé au terrorisme islamiste, Lounès Matoub condamne l’assassinat d’intellectuels. Il fut cependant enlevé le 25 septembre 1994 par un groupe armé, puis libéré au terme d’une forte mobilisation de l’opinion Kabyle. La même année, il publie un ouvrage autobiographique Le Rebelle et reçoit le Prix de la Mémoire des mains de Danielle Mitterrand.
En 1995, Lounès Matoub participe à la « marche des rameaux » en Italie pour l’abolition de la peine de mort, alors qu’en mars 1995, le S.C.I.J. (Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d’expression.
Le 25 juin 1998, Lounès Matoub fut assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à Ath Douala en (en Kabylie) à quelques kilomètres de son village natal. Les conditions de ce meurtre n’ont jamais été élucidées.
Source de la biographie : Wikipédia.

vendredi 22 mai 2015

Tifrit / Hommage à Masin U Haroun :«Haroun est notre fierté. Il est la fierté de toute la Kabylie à qui il a tant donné», Hsen Cherifi

TIFRIT / HOMMAGE À MASIN U HAROUN :«HAROUN EST NOTRE FIERTÉ. IL EST LA FIERTÉ DE TOUTE LA KABYLIE À QUI IL A TANT DONNÉ», HSEN CHERIFI

22/05/2015 - 16:47


TIFRIT (SIWEL) — Ils sont venus des quatre coins de la Kabylie pour rendre hommage à Masin Uharun. En plus des membres de l'association Tigemmi de Tifrit, on compte parmi les présents, ses anciens compagnons comme Hsen Cherifi, Idir Mouloud, le chanteur Said Kessas et le président du MAK, Bouaziz Ait Chebib qui était à la tête d'un fort cortège de militants de son mouvement. Il y avait aussi l'association des enfants de Martyrs d’ Akbou, des membres de la fondation Matoub Lounes et de la fondation Mustapha Bacha.


Ce matin sur la tombe de Masin U Haroun, en hommage à l'homme et au militant d’exception (PH/DR)
Ce matin sur la tombe de Masin U Haroun, en hommage à l'homme et au militant d’exception (PH/DR)

Aujourd'hui à 10h30, ils étaient nombreux à se recueillir sur la tombe de Muhend u Harun. La manifestation s'est déroulée dans une ambiance fraternelle où chaque délégation a eu le temps qu'il lui fallait pour déposer sa gerbe de fleurs et prononcer quelques mots en hommage au défunt. Le MAK, fortement représenté par son président et un cortège important de militants du Mouvement, s’est incliné devant la mémoire de l'un des meilleurs enfants que la Kabylie a engendré en brandissant le drapeau kabyle sur la tombe de Masin Uharun, un digne fils de la Kabylie qui a tant donné pour sa langue, sa culture et son identité. 

Jugurtha Adjaoudi, un militant du MAK, le premier à intervenir, a mis l'accent sur la nécessité de bannir la culture de l'oubli: « ce qui nous tue c'est l'oubli. Haroun est vivant car nous ne l'avons pas oublié et nous ne l'oublierons jamais. Nous sommes déterminée à entretenir sa mémoire et poursuivre son combat ». 

Larbi Yahioune, président de l'association TIGEMMI du village de Tifrit, a mis en évidence les travaux de recherche effectué par Masin u Harun, affirmant avec insistance qu'«une langue, pour durer et se développer a besoin d'un Etat». 

Hsen Cherifi, a quant à lui témoigné sur les qualités humaines, le courage et l'engagement de Muhend u Harun qui doit servir selon lui d'exemple à toutes les générations. «Haroun est notre fierté. Il est la fierté de toute la Kabylie à qui, il a tant donné». 


Bouaziz Ait Chebib, a de son côté, mis en avant le rôle joué par les vraies élites dans l'éveil des consciences en citant en exemple Muhend u Harun: « on dit souvent que le vrai héro c'est le peuple, mais il ne faut oublier que ce peuple tire son héroïsme de l'héroïsme de ceux qui l'éveillent à l'instar de Muhend u Harun. Ce grand militant incorruptible, dément et prouve à quel point ceux qui disent que les kabyles se vendent ont tort. Si tel était le cas, la Kabylie n'aurait jamais engendré de Muhend u Harun, et aujourd'hui, aucun hommage ne lui aurait été rendu. Notre présence ici, pour réitérer notre engagement et notre ferme détermination à poursuivre son œuvre, indique clairement que la Kabylie est toujours debout et qu’elle tire sa force des sacrifices de Muhend u Harun, Bessaoud Muhend Arav et de tant d’autres ... ». 

Poursuit son allocution, Bouaziz Ait-Chebib revient sur le printemps de 1980 et dit que « Avril 1980 n'est pas le début de l'éveil identitaire, il est l'aboutissement du long combat initié par les berbéristes de 1949, poursuivi par Agraw imazighen, Mouloud Mammeri et les poseurs de bombe de 1976 ». Critiquant certaines mémoires sélectives, le président du MAK fustige « Certains "anciens militant de la cause amazighe, qui occultent volontairement ce qui s'est passé en 1976 » avant d’affirmer concernant le Mouvement souverainiste kabyle : « Nous, nous disons que nous assumons pleinement l'affaire des poseurs de bombes qui est indissociable du long cheminement du combat kabyle ». 

Enfin, rendant hommage au militantisme, à l'engagement et au travail de Masin U Harun « qui a été parmi les premier d'introduire notre langue dans le domaine scientifique », le président du MAK a tenu à rappeler que « le meilleur hommage qu'on puisse lui rendre c'est de continuer son combat pour assurer la pérennité de notre langue et de notre identité qui réclament un Etat kabyle car un peuple sans Etat, se dénature et dilue dans une identité de substitution qui lui sera imposée lentement mais surement » a-t-il conclu. 

L’Hommage à Masin U Harun s’est poursuivi dans l’après-midi avec une conférence témoignage et un gala artistique 

cdb, 
SIWEL 221647 MAI 15 

AT WAGHLIS / HOMMAGE AU MARTYR UZADI ET LEVER DU DRAPEAU NATIONAL KABYLE, LE 26 MAI À CHEMINI

22/05/2015 - 12:19

AT-WAGHLIS (SIWEL) — En hommage au martyr kabyle Farid UZADI, lâchement assassiné par l’Etat algérien le 26 mai 1984 à l’âge de 24 ans, la Coordination MAK d’At Waγlis appelle les citoyennes et les citoyens à participer massivement à un rassemblement suivi d'un dépôt de gerbe de fleurs puis de la pose d'une stèle en hommage à farid UZADI, assassiné par l'Etat algérien le 26 mai 1984. la cérémonie sera suivie du lever du drapeau national kabyle à Chemini, le 26 mai 2015. Ci après l'intégralité de l'appel de la Coordination MAK d'At Waghlis.


At Waghlis / Hommage au martyr UZADI et lever du drapeau national kabyle, le 26 mai à Chemini
AFRANIMAN I TMURT N IQVAYLIYEN 
MOUVEMENT POUR L’AUTODETERMINATION DE LA KABYLIE 
M A K 

Coordination d’At Waγlis 

APPEL 

L’amnésie est le pire ennemie des peuples 
Win iwumi tt-tekkes cfaya, ulayγer lettkal fell-as.
 

Suite à la mobilisation de la société civile de Chemini (citoyens, associations, comités de village) contre la tentative de l'Etat algérien de rebaptiser notre maison de jeunes dans le but de retirer le nom qui lui a été octroyé dans les années 90 par la volonté populaire à travers l'association Tidukla Tadelsant Tamaziγt At Waγlis, une association qui a tant donné pour le combat identitaire depuis sa création en 1989, la maison de jeunes de Chemini est baptisée depuis au nom du valeureux martyr de la liberté Farid UZADI, lâchement assassiné par l’Etat algérien, le 26/05/1984 à l'âge de 24 ans. 

Les pouvoirs publics algériens ont procédé l’année dernière à la dépabtisation de cette maison de jeune afin d’occulter notre histoire et les sacrifices consentis par notre jeunesse pour faire valoir notre droit à l’existence. En procédant de cette façon, l’Etat colonial algérien vise à assassiner une seconde fois Farid UZADI. 

Nous militants du MAK, citoyens d’At Waγlis, nous n’accepterons jamais cette injustice qui confirme une fois de plus le caractère raciste et négationniste de l’Algérie. Nous réaffirmons avec fermeté et détermination que la maison de jeunes de Chemini ne portera aucun autre nom que celui de Farid UZADI, un nom écrit en lettres de sang et qui symbolise la liberté dans notre histoire. 

Devant ce déni de justice et cette grave atteinte à la mémoire de notre martyr de la liberté, la Coordination MAK d’At Waγlis appelle l’ensemble des citoyennes et des citoyens à venir massivement rendre hommage à ce grand homme qui fait la fierté de notre jeunesse et du peuple kabyle. Le rassemblement aura lieu le 26 mai 2015 à 13 devant la stèle de Massinissa. Il sera suivi d’un dépôt de gerbe de fleur sur la tombe de notre martyr UZADI. 

Après le recueillement, il sera procédé à la mise en place de la plaque commémorative au nom de Farid UZADI sur le fronton de la maison de jeunes. L'hommage au martyr Farid Uzadi, sera clôturé par le lever du drapeau national kabyle à 16h30 en face du siège de la Daira de Chemini

Tous et toutes contre l’oubli ! 
Gloire à nos martyrs ! 


"Yella yiwen yella ulac-it, yella wayeḍ ulac-it yella" 
Dda Lmulud At MΣemmeṛ 

"Idammen-ik ttazallen iḍ d wass, sswayen ifadden n tlelli. 
Tilleli attaya ad d-tas, azaglu yellan ad t-nezwi" 
Feṛḥat Mhenni. 


SIWEL 221219 MAI 15 

Ci-dessous, en fichier-joint, l'Appel de la Coordination MAK d'At Waghlis

L’amnésie est la pire ennemie des peuples | Tamurt.info

Appel du MAK
Tamurt.info - Suite à la mobilisation de la société civile de Chemini (citoyens, associations, comités de village) contre la tentative de l'Etat algérien de rebaptiser notre maison de jeunes dans le but de retirer le nom qui lui a été octroyé dans les années 90 par la volonté populaire à travers l'association Tidukla Tadelsant Tamaziγt At Waγlis, une association qui a tant donné pour le combat identitaire depuis sa création en 1989.
22/05/2015 - 10:51 mis a jour le 22/05/2015 - 10:50 par La Rédaction
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AFRANIMAN I TMURT N IQVAYLIYEN

MOUVEMENT POUR L’AUTODETERMINATION DE LA KABYLIE

M A K

Coordination d’At Waγlis

APPEL

L’amnésie est la pire ennemie des peuples
Win iwumi tt-tekkes cfaya, ulayγer lettkal fell-as.
Suite à la mobilisation de la société civile de Chemini (citoyens, associations, comités de village) contre la tentative de l’Etat algérien de rebaptiser notre maison de jeunes dans le but de retirer le nom qui lui a été octroyé dans les années 90 par la volonté populaire à travers l’association Tidukla Tadelsant Tamaziγt At Waγlis, une association qui a tant donné pour le combat identitaire depuis sa création en 1989.
La maison de jeunes de Chemini est baptisée depuis au nom du valeureux martyr de la liberté Farid UZADI, lâchement assassiné par le pouvoir algérien, le 26/05/1984 à l’âge de 24 ans.
Les pouvoirs publics algériens ont procédé l’année dernière à la dépabtisation de cette maison de jeune afin d’occulter notre histoire et les sacrifices consentis par notre jeunesse pour faire valoir notre droit à l’existence. En procédant de cette façon, l’Etat colonial algérien vise à assassine une seconde fois Farid UZADI.
Nous militants du MAK, citoyens d’At Waγlis, nous n’accepterons jamais cette injustice qui confirme une fois de plus le caractère raciste et négationniste de l’Algérie. Nous réaffirmons avec fermeté et détermination que la maison de jeunes de Chemini ne portera aucun autre nom que celui de Farid UZADI, un nom écrit en lettres de sang qui symbolise la liberté dans notre histoire.
Devant ce déni de justice et à cette grave atteinte à la mémoire de notre martyr de la liberté, la coordination MAK d’At Waγlis appelle l’ensemble des citoyennes et des citoyens à venir massivement rendre hommage à ce grand homme qui fait la fierté de notre jeunesse et du peuple kabyle. Le rassemblement aura lieu le 26 mai 2015 à 13 devant la stèle de Massinissa. Il sera suivi d’un dépôt de gerbe de fleur sur la tombe de notre martyr UZADI.
Après le recueillement, il sera procédé à la mise en place de la plaque commémorative au nom de Farid UZADI sur le fronton de la maison de jeunes.
L’hommage au martyr Farid Uzadi, sera clôturé par le lever du drapeau national kabyle à 16h30 en face du siège de la Daira de Chemini.
Tous et toutes contre l’oubli !
Gloire à nos martyrs !
"Yella yiwen yella ulac-it, yella wayeḍ ulac-it yella"
Dda Lmulud At MΣemmeṛ
"Idammen-ik ttazallen iḍ d wass, sswayen ifadden n tlelli.Tilleli attaya ad d-tas, azaglu yellan ad t-nezwi"
Feṛḥat Mhenni.

Mohamed Haroun | Tamurt.info

Hommage à Masin U Harun, par Smail Medjber

Mohamed Haroun

Par Smaïl Medjeber
22/05/2015 - 09:55 mis a jour le 22/05/2015 - 09:48 par Smail Medjeber

Quand tu rédigeais les bulletins de l’O.F.B*. tu y croyais…
Quand tu venais chez moi faire le tirage avec la ronéo (qu’on avait achetée ensemble), tu y croyais…
Quand on se réunissait dans une chambre d’étudiant, tu y croyais…
Quand on te flagellait, nu, attaché à une chaise, jusqu’à l’ouverture de ta chair saupoudrée de sel puis soumise aux électrochocs, tu y croyais…
Quand on t’avait condamné à perpétuité dans une parodie de procès, tu y croyais…
Quand on t’enfermait dans des cachots sordides, tu y croyais…
Quand tu purgeais courageusement, dignement tes onze années et demie de calvaire, tu y croyais…
Qu’un jour, une Promotion d’élèves** de cette “Belle langue” comme tu l’appelais, porterait ton nom ?
Oui, tu y croyais, Mohamed Haroun. Oui, tu y croyais : dur comme la vérité ; dur comme le droit ; dur comme l’amour de ta langue ; dur comme ta foi inébranlable en la légitimité de ton combat ; dur comme le marbre sous lequel tu reposes, pour l’éternité, à Tifrit, ton village natal, qu’un jour, comme tu l’as dit : Les Amazighs seront fiers de leur langue.
Et que nous, nous serions fiers d’eux et d’elles, fiers de ces jeunes gens et jeunes filles qui portent, à présent, tamazight, dans leurs cœurs, dans leurs têtes, dans leurs cartables…” 
Smaïl Medjeber
*Organisation des Forces Berbères.
** Promotion Mohamed Haroun sortie des classes d’enseignement de la langue amazighe dirigées par l’Association Tala n 
Tussna de Tizi-ouzou, le 3/7/1997.
(Extrait d’Abc Amazigh, une expérience éditoriale en Algérie, volume 2, de Smaïl Medjeber, paru aux éditions L’Harmattan)

Mohamed Haroun

“Nous continuerons à œuvrer en fidélité à sa mémoire et à son combat”
Pour les Associations Amazighes du Maroc, A. Adghirni
Adieu Mohamed Haroun,
Adieu, celui qui n’a jamais fait de mal,
Adieu notre défunt compagnon de combat.
Par Hocine Cheradi
Huit ans à peine après sa libération Mohamed Haroun est reparti.
Non pas pour une peine de prison de laquelle il reviendra une nouvelle fois vers la vie après l’avoir purgée, mais, hélas, cette fois-ci pour toujours.
Mohamed Haroun ne donnera plus de discours enflammés ; il ne guidera plus les jeunes avides de ta mazight, de démocratie et de justice. Son association culturelle n’aura plus Mohamed Haroun comme président, pas plus que l’association des enfants de martyrs dont il assurait la présidence.
Le souvenir le plus marquant qu’il me reste de Mohamed Haroun est qu’il est de cette race de seigneurs qui ne plie jamais. Je l’ai connu en 1974, lorsqu’on militait au sein de l’O.F.B dont il était membre fondateur. Nous avons passé ensemble, à la prison de Tazoult (Lambèse), onze années et demi, et, Haroun n’a jamais baissé la tête qu’elle que soit l’adversité. Cela lui a coûté très cher : isolement dans les sous-sols de la prison ; persécution ; et toutes sortes de tracasseries pénitentiaires.
Il a toujours marché debout, la tête haute, fier d’être le fils d’un glorieux martyr de la révolution et d’être l’un des militants les plus acharnés de la cause amazighe. Mohamed Haroun a toujours donné ce qu’il avait : le savoir, les idées, l’expérience de la lutte politique, les idéaux de justice… sans jamais rien demander en retour. Il a refusé même jusqu’à ce qu’on lui a donné.
Haroun, pourtant, n’a pas été gâté ni par la société avant et après l’indépendance, ni par la vie. Que ce soit à la maison des enfants de martyrs en 1963 (alors âgé tout juste de 13 ans), au lycée technique de Dellys plus tard ; durant sa détention surtout ; après sa libération, durant huit ans, il est resté sans travail donc sans ressources, jusqu’à sa mort.
Mais il a beaucoup laissé : il laisse d’abord son nom, Mohamed Haroun, un symbole d’honnêteté, de courage et d’abnégation.
Haroun a laissé des travaux en ta mazight : un recueil de poèmes commencé en 1976 ; un essai de grammaire ; et des tableaux de peinture de haute facture dont la valeur a été reconnue par de grands artistes peintres. Il a laissé Dassine et Lydia, ses deux filles, des petites Dihia et Fadhma n’Soumer.
Pourvu d’un corps robuste et d’une santé de fer, la maladie du siècle, le cancer, a eu raison de toi. Mais en fin de compte, c’est toi Mohamed Haroun qui est sorti vainqueur de ton long combat.
De quelques centaines de militants dans les années 60, ton idéal est repris par des millions de jeunes et moins jeunes pour le porter vers les sommets les plus hauts et les plus glorieux dont tu rêvais avec tes camarades durant la lutte clandestine pendant les années 1970. 
Hocine Cheradi
(Ancien compagnon de combat de Mohamed Haroun, militant de l’Organisation des Forces Berbères, l’un des rédacteurs de Athmaten l’organe de l’OFB, ex. condamné à perpétuité.)
(Extrait d’Abc Amazigh, une expérience éditoriale en Algérie, volume 2, de Smaïl Medjeber, paru aux éditions L’Harmattan)

HOMMAGE À MASIN U HARUN, PAR SMAIL MEDJBER

21/05/2015 - 23:06

DIASPORA (SIWEL) — En hommage à son compagnon de combat pour la cause amazighe, Mohamed HAROUN décédé le 22 mai 1996, il y a 19 ans, Smail Medjber nous a fait parvenir deux textes que nous publions ci-après en hommage à la mémoire du grand militant Masin U Harun.


Hommage à Masin U Harun, par Smail Medjber
Mohamed Haroun 
Par Smaïl Medjeber 

Mohamed Haroun 
Par Smaïl Medjeber 

Quand tu rédigeais les bulletins de l’O.F.B*. tu y croyais… 

Quand tu venais chez moi faire le tirage avec la ronéo (qu’on avait achetée ensemble), tu y croyais… 

Quand on se réunissait dans une chambre d’étudiant, tu y croyais… 

Quand on te flagellait, nu, attaché à une chaise, jusqu’à l’ouverture de ta chair saupoudrée de sel puis soumise aux électrochocs, tu y croyais… 

Quand on t’avait condamné à perpétuité dans une parodie de procès, tu y croyais… 

Quand on t’enfermait dans des cachots sordides, tu y croyais… 

Quand tu purgeais courageusement, dignement tes onze années et demie de calvaire, tu y croyais… 

Qu’un jour, une Promotion d’élèves** de cette “Belle langue” comme tu l’appelais, porterait ton nom ? 

Oui, tu y croyais, Mohamed Haroun. 

Oui, tu y croyais : dur comme la vérité ; dur comme le droit ; dur comme l’amour de ta langue ; dur comme ta foi inébranlable en la légitimité de ton combat ; dur comme le marbre sous lequel tu reposes, pour l’éternité, à Tifrit, ton village natal, qu’un jour, comme tu l’as dit : Les Amazighs seront fiers de leur langue. 

Et que nous, nous serions fiers d’eux et d’elles, fiers de ces jeunes gens et jeunes filles qui portent, à présent, tamazight, dans leurs cœurs, dans leurs têtes, dans leurs cartables…” 

Smaïl Medjeber 

*Organisation des Forces Berbères. 

** Promotion Mohamed Haroun sortie des classes d’enseignement de la langue amazighe dirigées par l’Association Tala n 
Tussna de Tizi-ouzou, le 3/7/1997. 

(Extrait d’Abc Amazigh, une expérience éditoriale en Algérie, volume 2, de Smaïl Medjeber, paru aux éditions L’Harmattan) 


Hommage à Masin U Harun, par Smail Medjber
Mohamed Haroun 

“Nous continuerons à œuvrer en fidélité à sa mémoire et à son combat” 
Pour les Associations Amazighes du Maroc, A. Adghirni 
Adieu Mohamed Haroun, 
Adieu, celui qui n’a jamais fait de mal, 
Adieu notre défunt compagnon de combat. 

Par Hocine Cheradi 


Huit ans à peine après sa libération Mohamed Haroun est reparti. 
Non pas pour une peine de prison de laquelle il reviendra une nouvelle fois vers la vie après l’avoir purgée, mais, hélas, cette fois-ci pour toujours. 

Mohamed Haroun ne donnera plus de discours enflammés ; il ne guidera plus les jeunes avides de ta mazight, de démocratie et de justice. Son association culturelle n’aura plus Mohamed Haroun comme président, pas plus que l’association des enfants de martyrs dont il assurait la présidence. 

Le souvenir le plus marquant qu’il me reste de Mohamed Haroun est qu’il est de cette race de seigneurs qui ne plie jamais. Je l’ai connu en 1974, lorsqu’on militait au sein de l’O.F.B dont il était membre fondateur. Nous avons passé ensemble, à la prison de Tazoult (Lambèse), onze années et demi, et, Haroun n’a jamais baissé la tête qu’elle que soit l’adversité. Cela lui a coûté très cher : isolement dans les sous-sols de la prison ; persécution ; et toutes sortes de tracasseries pénitentiaires. 

Il a toujours marché debout, la tête haute, fier d’être le fils d’un glorieux martyr de la révolution et d’être l’un des militants les plus acharnés de la cause amazighe. Mohamed Haroun a toujours donné ce qu’il avait : le savoir, les idées, l’expérience de la lutte politique, les idéaux de justice… sans jamais rien demander en retour. Il a refusé même jusqu’à ce qu’on lui a donné. 

Haroun, pourtant, n’a pas été gâté ni par la société avant et après l’indépendance, ni par la vie. Que ce soit à la maison des enfants de martyrs en 1963 (alors âgé tout juste de 13 ans), au lycée technique de Dellys plus tard ; durant sa détention surtout ; après sa libération, durant huit ans, il est resté sans travail donc sans ressources, jusqu’à sa mort. 

Mais il a beaucoup laissé : il laisse d’abord son nom, Mohamed Haroun, un symbole d’honnêteté, de courage et d’abnégation. 
Haroun a laissé des travaux en ta mazight : un recueil de poèmes commencé en 1976 ; un essai de grammaire ; et des tableaux de peinture de haute facture dont la valeur a été reconnue par de grands artistes peintres. Il a laissé Dassine et Lydia, ses deux filles, des petites Dihia et Fadhma n’Soumer. 

Pourvu d’un corps robuste et d’une santé de fer, la maladie du siècle, le cancer, a eu raison de toi. Mais en fin de compte, c’est toi Mohamed Haroun qui est sorti vainqueur de ton long combat. 

De quelques centaines de militants dans les années 60, ton idéal est repris par des millions de jeunes et moins jeunes pour le porter vers les sommets les plus hauts et les plus glorieux dont tu rêvais avec tes camarades durant la lutte clandestine pendant les années 1970. 

Hocine Cheradi 

(Ancien compagnon de combat de Mohamed Haroun, militant de l’Organisation des Forces Berbères, l’un des rédacteurs de Athmaten l’organe de l’OFB, ex. condamné à perpétuité.) 

(Extrait d’Abc Amazigh, une expérience éditoriale en Algérie, volume 2, de Smaïl Medjeber, paru aux éditions L’Harmattan) 


SIWEL 212306 MAI 15

dimanche 10 mai 2015

Tizi Wezzu
Le comité de village Tassaft Ougemoune organise le 18e anniversaire du lâche assassinat de Djaffer Ouahioune et Kamel Ait Hamouda, assassinés le 10 mai 1995 par un groupe terroriste armé.
09/05/2015 - 18:48 mis a jour le 09/05/2015 - 18:50 par Gaya B
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Ils étaient des militants et membres du groupe de patriotes du village. Contre l’oubli, le comité de village a concocté un programme d’activités culturelles et sportives depuis jeudi dernier et jusqu’à aujourd’hui.
Jeudi la population a été conviée à la finale du tournoi de football organisé à la mémoire des deux martyrs de la démocratie, au stade Azru u Sebah. Les finalistes ont joué avec des tenues confectionnées à cet effet, portant les photos des deux martyrs.
Hier, les jeunes du village ont joué la pièce théâtrale « Tiyita » produite par Bedad Boudjemâa.
Aujourd’hui une cérémonie de dépôt de gerbe de fleurs a été organisée sur les lieux de leurs assassinats au lycée Si Hacen Outaleb à At Yeni. A 10h, il y a eu le dépôt de gerbes de fleurs au sanctuaire des martyrs du village, puis une table ronde autour de la vie des deux martyrs. En fin d’après midi, des médailles ont été remises aux participants à l’activité sportive.
GayaB