samedi 25 janvier 2014

58ÈME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE LOUNÈS MATOUB

58ÈME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE LOUNÈS MATOUB

La Kabylie n’a pas oublié

Malgré les aléas du mauvais temps, Taourirt Moussa Ouamar était, hier, la destination d’une foule nombreuse d’admirateurs de feu Lounès Matoub, venus prendre part aux festivités de commémoration du 58ème anniversaire du Chantre amazigh, qui coïncide avec le 24 du mois en cours. 
Des jeunes et moins jeunes, sont, en effet, venus de différentes localités de la wilaya de Tizi-Ouzou, mais aussi des quatre coins du pays, à l’instar d’un groupe venu de Tazmalt dans la wilaya de Béjaïa, qui a passé la nuit à Taourirt Moussa pour prendre part à cet événement et rendre hommage à leurs idole. « Nous sommes venus, hier, de Tazmalt. Je suis frigorifié, nous avons, mes camarades et moi, bravé le froid et fait tout ce chemin pour prendre part aux festivités. C’est pour Lounès, j’aime beaucoup sa poésie, j’ai toutes ses cassettes et je connais toutes ses chansons par cœur. C’était un homme un vrai, il n’a jamais trahi ses idéaux pour de l’argent ou pour être dans les bonnes grâces de qui que ce soit. Ce n’était pas un hypocrite… repose en paix cher frère, nous t’aimons…nous ne t’oublierons jamais…», dira Massinissa de Tazmalt.  A cette occasion, des élus de l’APC et de l’APW, notamment le P/APW, Hocine Haroun, et le président de la commission sociale et culturelle, Smail Benhamna, ainsi que le Sénateur Moussa Tamadartaza et le premier responsable du secteur de la culture de la wilaya, El Hadi Ould Ali, et des représentants du mouvement associatif à l’instar de l’association des filles de Chahid, se sont recueillis sur la tombe du défunt et y ont déposé des gerbes de fleurs. Le sénateur Moussa Tamadartaza a souligné que « le travail de mémoire structure l’histoire et cette dernière n’oublie jamais ses héros et ses mythes… Nous sommes là pour apporter notre soutien indéfectible à toute action concernant la réhabilitation et la promotion de la culture algérienne, en général, et amazighe, en particulier ».  Hocine Haroun, le P/APW a, quant à lui, déclaré : « Feu Matoub Lounès était un créateur, un grand poète, un génie et nous bénéficions toujours de son art. Tant que je suis à la tête de cette institution, chaque année, nous allons aider la fondation qui porte son nom, et ce seront, Inchaallah, que de grandes choses. Nous allons travailler ensemble. Cet endroit deviendra un lieu de pèlerinage et les gens viendront de partout pour s’y recueillir et voir le mérite et la grandeur de l’homme que fut Lounès… »   Samir Idouhan, membre de fondation, a, après avoir souhaité la bienvenue aux visiteurs, indiqué que « même si la mère de Lounès, Nna Aldjia, n’est pas présente parmi nous, ainsi que Malika Matoub, la présidente de la fondation, qui est à son chevet, nous ne pouvions pas laisser passer cette date anniversaire de la naissance du chantre, sans la célébrer, car nous avons grandi avec la musique et la poésie du rebelle, qui a chanté les droits de l’homme, Tamazight, l’unité, l’amour… Lounès n’est pas qu’un nom, c’est tout un combat, et son combat est la raison d’être de la fondation. Nous avons le devoir de reprendre le flambeau et continuer, vous et moi, et tous les Imazighèns, le combat de Lounés… les portes de la fondation sont grandes ouvertes à tous ceux qui se reconnaissent dans ses objectifs (…). Aussi, nous exigeons la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounes… ».  Le vice-président de la fondation Matoub Lounès, à son tour, dira : « Nous, en tant que fondation Matoub Lounes, notre exigence première est la vérité. Nous voulons tout savoir sur l’enquête et aussi qu’un procès juste et équitable ait lieu pour juger les assassins de Lounès… ». 
Pétition pour l’officialisation de Tamazight
Il ajoutera qu’une pétition a été lancée, hier à partir de Taourirt Moussa, pour l’officialisation de Tamazight. « Nous avons lancé une pétition, intitulée Im Oulach tamazight oulach oulach oulach, fidèle à l’engagement et au sacrifice du rebelle et des enfants du printemps noir de Kabylie. Nous, signataires de cette pétition, exigeons du président de la République l’officialisation de Tamazight dans toutes ses dimensions et l’institution du 20 avril comme journée nationale de l’Amazighité. Cette pétition sera lancée à partir d’ici, et la quête des signatures se poursuivra à la sortie du stade 1er novembre de Tizi-Ouzou, aujourd’hui (Hier, Ndlr), car, comme vous le savez, l’US de Beni Douala va jouer le 8e de finale de la coupe d’Algérie ».  A son tour, le président du comité du village de Tamourirt Moussa Ouamar dira : « Au nom de tous les habitants du village Taourirt Moussa Ouamar, nous souhaitons la bienvenue à tous nos invités, notamment les élus et les représentants du mouvement associatif. Lounès aimait l’unité, et comme il disait, Akan Ikyahoua inid, inid kan nak tha djazairi ». Le P/APC d’Ait Mahmoud, enfin, dira : « Soyez les bienvenus dans notre circonscription. Nous devons être à la hauteur du legs de Lounès. Il faut savoir une chose, depuis une quinzaine d’années, la fondation Matoub Lounès représente une école, c’est un repère pour la jeunesse et tout ceux qui se reconnaissent dans sa cause. Je m’engage, avec mes camarades élus, de soutenir la fondation durant tout notre mandat».
 Karima Talis 

vendredi 24 janvier 2014

Ath Dwala : Une qualification dédiée à Matoub Lounès | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

US Béni Douala en huitième de finale de la Coupe d’Algérie
Le peuple Kabyle veut dédier cette qualification à leur idole Matoub Lounès. Cette rencontre coïncide avec l’anniversaire de la naissance de Matoub Lounès enfant prodige d’Ath Dwala, lui aussi un fan du ballon rond.
24/01/2014 - 16:24 mis a jour le 24/01/2014 - 15:16 par Karima Oufli
Le club amateur de l’US Béni Douala est entré dans l’histoire. C’est le premier club Kabyle de football dans la catégorie amateurs à se qualifier en 8 ème de finale de la Coupe d’Algérie, après avoir battu héroïquement l’équipe de Batna à Tizi Wezzu.
L’équipe d’Ath Dwala affrontera ce soir la formation Constantinoise, le MOC, pour le compte les 8e de finale au stade du 1er novembre de la ville de Tizi Wezzu. Les moments que vit la région sont historiques. Tout le monde se prépare à venir assister à la rencontre. La mobilisation ne concerne pas seulement la région d’Ath Dwala, mais toute la Kabylie. Les comités de village sont de la partie. Des bus, fourgons, voitures, camions sont mobilisés pour transporter les supporters vers la ville de Tizi Wezzu demain soir. la ville de Tizi Wezzu est envahie par de marries humaines depuis les premières lueurs de jours et le stade et déjà archée comble.
Le peuple Kabyle veut dédier cette qualification à leur idole Matoub Lounès. Cette rencontre coïncide avec l’anniversaire de la naissance de Matoub Lounès enfant prodige d’Ath Dwala, lui aussi un fan du ballon rond.
Les joueurs et le staff de l’US Béni Douala se disent confiants et ne jurent que par la qualification. Les élus de cette localité sont sur le qui-vive. Ils ont mis tous les moyens que compte la commune à la disposition du club et de ses supporters.
Le maire d’Ath Dwala, Monsieurs Hadef, ne cesse de lancer des appels à travers les médias pour inciter tous les jeunes Kabyles à venir en masse pour soutenir cette jeune équipe d’Ath Dwala qui caresse le rêve d’emporter la Coupe d’Algérie.
Karima Oufli

Elle a été inaugurée par le pouvoir au mois de juin dernier

Elle a été inaugurée par le pouvoir au mois de juin dernier
Six mois après son inauguration, la stèle est gagnée déjà par le délabrement. La photo de Matoub et les deux poèmes sont partiellement éclatés. La couleur du marbre avec laquelle a été construite commence déjà à palir. La stèle est d’une qualité médiocre.
24/01/2014 - 00:01 mis a jour le 23/01/2014 - 23:13 par R. Moussaoui
Le pouvoir central d’Alger n’honorera jamais un homme de bonne famille issu de la Kabylie. C’est une règle. Le cas de la stèle érigée à la mémoire de Matoub Lounès au mois de juin dernier par le pouvoir renseigne sur le mépris des décideurs envers le Rebelle.
Six mois après son inauguration, la stèle est gagnée déjà par le délabrement. La photo de Matoub et les deux poèmes sont partiellement éclatés. La couleur du marbre avec laquelle a été construite commence déjà à palir. La stèle est d’une qualité médiocre.
Renseignement pris, le coût de cette stèle est de 35 000 dinars, soit moins de 250 euros ! Cette stèle dite commémorative a été financée par un particulier que l’on dit entrepreneur des travaux public à Tizi Wezzu. Matoub Lounès,rifié sa vie pour la Kabylie ne mérite-t-il pas une stèle digne de ce nom ? C’est une insulte à sa mémoire de laisser le pouvoir le dénigrer de la sorte.
Dans quelques mois ce monument sera anonyme ! D’abord ce n’est pas sa place initiale. La place Matoub Lounès était le carrefour devant la cour de la Justice de Tizi Wezzu, mais le wali a préféré la déplacer vers un autre endroit, plus loin, pour ériger cette dite stèle entre des arbres, un lieu presque caché.
Le comble dans cette affaire c’est que même la sœur de Lounès, Malika, a accepté et a cautionné cette initiative humiliante envers Matoub Lounès. La place a été inaugurée par El Kachafa El Islamia (scouts musulmans) !
R.Moussaoui cet homme qui a sac

jeudi 23 janvier 2014

Matoub revient… - La Dépêche de Kabylie

COMMÉMORATION DU 58E ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DU REBELLE

Matoub revient…


La Fondation Matoub Lounès, présidée par Malika Matoubqui n’est autre que la sœur du rebelle, organise deux journées culturelles, les 24 et 25 janvier, pour commémorer le 58ème anniversaire de la naissance de feu Matoub Lounès qui naquit un 24 janvier 1956 dans le village de Taourirt Moussa, dans la commune d’Aït Mahmoud, dans la daïra de Béni Douala.
Le rebelle n’a pas perdu de sa notoriété malgré son lâche assassinat par les hordes terroristes, le 25 juin 1998 au lieudit «Tabarkoukt» au village Tala Bounane. Celui qui ce définissait comme le «patriote de toutes les patries opprimées» restera à jamais l’homme qui a consacré toute sa vie pour défendre les causes justes, celui qui disait tout haut ce que les autres pensait tout bas, comme il le disait, lui-même, dans l’une de ses chansons. Il s’est toujours battu pour ses idées et pour la reconnaissance de l’identité, de la langue et la culture amazighes. Lounés était un fervent patriote qui aimait l’Algérie d’un Amour «Réel». Il a chanté plus d’une chanson à la gloire de notre glorieuse révolution et de ses martyres tombés au champ d’honneur. En cette occasion, un programme a été mis sur pied par la fondation qui porte son nom, où il sera question d’une exposition continue de photos et d’objets ayant appartenu au rebelle, que les visiteurs pourront découvrir au niveau du siége de la fondation, les 24 et 25 du mois en cours. Des conférences, également au menu du programme de cette commémoration, auront lieu au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Dans la matinée du vendredi 24 janvier, vers 10h, il sera procédé au dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe du défunt, avec des prises de parole, et s’en suivra une «waâda» qui sera offerte par la famille du chantre à tous les visiteurs qui viendront honorer la mémoire de Lounès. Une série de conférences-débats sont au programme de la journée du 25 janvier au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou à partir de 13h. La première communication sera animée par Abdenour Abdeslam. Idir Ait Maamar présentera, quant à lui, une conférence intitulée «L’impact de l’assassinat de Matoub Lounès sur l’engagement de la jeunesse pendant les événements du printemps noire». Lynda Ouattah présentera, elle, une communication sur «La mort et l’espoir dans l’œuvre poétique de Matoub Lounes».
Karima Talis

mercredi 22 janvier 2014

Matoub, interview inédite de 1985.



Publiée le 24 nov. 2013
Matoub affirme qu'il ne croit plus à cette religion de Mohammed. Il affirme aussi qu'il n'a rien contre les Arabes de par le monde, mais il a une haine viscerale des amazighs qui prétendent être arabes.
tahar djaout ..........da mouloud mammeri
Lettre à Da L'mulud

par : Tahar Djaout
Lettre de Tahar Djaout à Mouloud Mammeri

Cette lettre a été écrite par Tahar Djaout après la mort ( 25 le 1989 février ) de Mouloud Mammeri en 1989 et a été publié par AWAL.

Comme il va être dur de devoir désormais parler de toi au passe! Quelques heures après ta mort, que ta famille et tes amis ignoraient encore, un universitaire qui venait d'assister a ce colloque d'Oujda d'ou tu revenais toi aussi m'entretenait de toi. Il me disait, entre autres, que tu avais passe sept heures a la frontière; trois heures et demie du cote algérien et autant du cote marocain. En dépit de ce que tu as donne a la culture maghrébine, tu demeurais un citoyen comme les autres, un homme qui n'a jamais demande de privilèges qui a, au contraire, refuse tous ceux qui lui ont été proposes. Depuis le prix littéraire qui a couronne ton premier roman et que tu as refuse d'aller recevoir, tu t'es méfie de toutes les récompenses parce que tu savais qu'elles demandaient des contreparties. Tu n'étais pas de ces écrivains qui voyagent dans les délégations officielles, dans les bagages des ministres ou des présidents, et qui poussent parfois le cynisme jusqu'a écrire, une fois rentres, des articles contre les intellectuels aux ordres des pouvoirs !

Tes rapports avec le pouvoir (tous les pouvoirs) ont été très clairs; une distance souveraine. Tu étais, au lendemain de l'indépendance, président de la première Union d'écrivains algériens. Mais le jour ou l'on était venu t'informer que l'Union allait passer sous l'autorité du Parti, tu avais remis le tablier avec cette courtoisie seigneuriale qui t'est coutumière. Tu n'acceptais aucune contrainte, aucun boulet a ton pied, aucune laisse a ton cou. Tu étais par excellence, UN HOMME LIBRE. Et c'est ce que AMAZIGH veut dire. Cette liberté t'a coûté cher. De toute façon, tu en savais le prix et tu l'a toujours accepte. Tu as été peut-être le plus persécute des intellectuels algériens, toi l'un des fils les plus valeureux que cette nation ait jamais engendres. Le soir ou la télévision avait annonce laconiquement et brutalement ta mort, je ne pus m'empêcher, en dépit de l'indicible émotion, de remarquer que c'était la deuxième fois qu'elle parlait de toi; la première fois pour t'insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n'avait aucun document a nous montrer sur toi; elle ne t'avait jamais filme, elle ne t'avait jamais donne la parole, elle qui a pérennise en des kilomètres de pellicule tant d'intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plume aux ordres du pouvoir.

Mais je vais clore la le chapitre navrant et long des brimades. Ce serait faire affront a ta générosité et a ta noblesse d'âme que de m'attarder a l'énumération des injustices, des diffamations qui glissaient sur toi comme de simples égratignures, qui te faisaient peut-être mal a l'intérieur mais ne transparaissaient pas. Tes préoccupations étaient ailleurs, tu avais autre chose a faire. Et puis, tu respectais trop les autres, même lorsqu'ils te faisaient du mal. Sans avoir jamais prétendu donner de leçon, ta vie, ton comportement, ton courage et ton intégrité constituaient en eux mêmes un exemple et une leçon. C'est pourquoi, toi l'homme modeste et brillant qui ne se montre gène et pris de court que lorsqu'il s'agit de lui-même, tu as toujours été au coeur de ce qui fait ce pays. Et les 200 000 personnes venues de toute l'Algérie escalader ces "chemins qui montent" pour t'accompagner a ton ultime demeure au coeur du Djurdjura témoignent en quelque sorte de cela. Toi l'homme pacifique et courtois, toi qui ne claques les portes que lorsqu'un pouvoir ou une chapelle quelconque tente de t'embrigader, tu as aide, non par des déclarations fracassantes, mais par ta lucidité, par ton travail intellectuel minutieux et soutenu, au lent cheminement de la tolérance et de la liberté.

Qui peut oublier les débuts de l'année 80 ? Des hommes qui nient une partie de la culture de ce peuple (tout le monde heureusement a oublie leurs noms, car ce ne sont pas des noms que l'histoire retient) t'interdisent de prononcer une conférence sur la poésie kabyle. De partout, de Bejaia, de Bouira, de Tizi-Ouzou, la Kabylie se lève pour défendre ses poètes. Et c'est toute l'Algérie qui, peu a peu, année après année, rejettera les baillons, les exclusions, les intolérances, la médiocrité et qui un jour d'octobre descendra dans la rue pour l'affirmer en versant une fois encore son sang. Toi, l'humaniste sceptique et indépendant qui n'a jamais assené de vérité, qui n'a jamais juge personne, tu étais, presque malgré toi, en amont d'une prise de conscience.

Et voici que nous devons désormais nous passer de ta présence chaleureuse et brillante, de ta superbe intelligence, de ta bonne humeur a toute épreuve, de ton endurance physique (on peut difficilement t'imaginer malade, par exemple) qui te faisait faire des centaines de kilomètres par jour pour aller donner bénévolement une conférence et remonter tout de suite après dans ta voiture. Tu es mort au volant de ta 205 (une voiture de jeune) comme le jeune homme fougueux que tu as toujours été. Sois rassure, Da Lmulud, la dernière image que je garderai de toi ce n'est pas celle, émouvante, du mort accidente que j'ai vu mais celle de ce jeudi 16 février ou nous nous étions retrouves avec d'autres amis a Ighil-Bwamas pour discuter du tournage d'un film. Tu étais élégant et alerte comme toujours, en tennis. Tu étais le premier au rendez-vous. Tu nous plaisantais sur notre retard, disant que tu croyais te tromper de jour. Tu étais aussi le premier a repartir, toujours disponible et toujours presse. Tu avais beaucoup de choses a faire, a donner a cette culture que tu as servie généreusement, sans rien demander en retour, supportant au contraire avec dignité les brimades que ton travail t'attirait. Tu étais impatient en ce jeudi 16 février comme si tu savais déjà que le temps pressait. Je te vois monter dans ta 205 et démarrer bruyamment sur la route difficile tandis que nous étions encore a bavarder. C'était la dernière fois que je devais te voir vivant.

La jeunesse assoiffée de culture et de liberté t'a toujours reconnu comme l'une de ses figures symboliques, quelques intellectuels et artistes t'ont toujours témoigne amitié, respect ou admiration dans les moments les plus difficiles. Mais ces derniers mois, c'est tout le monde intellectuel et médiatique algérien qui a commence a comprendre ton importance et qui a recherche ton point de vue. C'est vrai que certains medias, qui avaient peur de "se compromettre", te sont demeures fermes jusqu'a ta mort. Mais que de projets auxquels des gens voulaient t'associer ! que de journaux t'ont interviewe ! Et toi, porte et comme enivre par cette brise de liberté, tu te démenais, tu prenais ta voiture, sillonnais les routes et te rendais partout ou l'on te sollicitait. Oran, Ain-El-Hammam (ou tu devais rendre hommage a Si Mohand ou Mhand et ou l'on t'avait offert un burnous), Bejaia. Et enfin Oujda. Au mois de janvier, a Bejaia, ta conférence sur la culture berbère a draine tellement de monde qu'aucun édifice ne pouvait le contenir. Et c'est dans le stade de la ville que des milliers de gens t'ont écoute et ont discute de leur culture. Quelle belle revanche sur l'interdiction de ta conférence en 1980 ! Quel trajet parcouru depuis cette date sur le chemin de l'expression libre !

Je te revois a cette époque ou nous préparions l'entretien qui allait paraître aux éditions Laphomic. Je me rappelle la vivacité de ton intelligence, ton sens de la repartie, ta pudeur et ta gène lorsque nous sortions du domaine de l'esthétique ou des idées et que je te demandais de parler de toi-même ( ton combat nationaliste, par exemple, ton militantisme au MTLD, ce que tu as souffert durant la guerre, tu ne les évoquais jamais même lorsqu'on te contestait ton passe ou qu'on t'en fabriquait un autre ). Je me rappelle surtout ta jeunesse indéfectible. Je nous revois prenant des glaces dans l'un de ces innombrables salons de thé qui encombrent la rue Ben M'hidi ou dans le café "Le Véronèse" a Paris.

Tu seras toujours près de nous, éternel jeune homme des Ath Yenni et d'Algérie.
Qim di lehna
Tahar Djaout
Lettre à Da L'mulud
par : Tahar Djaout
Lettre de Tahar Djaout à Mouloud Mammeri

Cette lettre a été écrite par Tahar Djaout après la mort ( 25 le 1989 février ) de Mouloud Mammeri en 1989 et a été publié par AWAL.

Comme il va être dur de devoir désormais parler de toi au passe! Quelques heures après ta mort, que ta famille et tes amis ignoraient encore, un universitaire qui venait d'assister a ce colloque d'Oujda d'ou tu revenais toi aussi m'entretenait de toi. Il me disait, entre autres, que tu avais passe sept heures a la frontière; trois heures et demie du cote algérien et autant du cote marocain. En dépit de ce que tu as donne a la culture maghrébine, tu demeurais un citoyen comme les autres, un homme qui n'a jamais demande de privilèges qui a, au contraire, refuse tous ceux qui lui ont été proposes. Depuis le prix littéraire qui a couronne ton premier roman et que tu as refuse d'aller recevoir, tu t'es méfie de toutes les récompenses parce que tu savais qu'elles demandaient des contreparties. Tu n'étais pas de ces écrivains qui voyagent dans les délégations officielles, dans les bagages des ministres ou des présidents, et qui poussent parfois le cynisme jusqu'a écrire, une fois rentres, des articles contre les intellectuels aux ordres des pouvoirs !

Tes rapports avec le pouvoir (tous les pouvoirs) ont été très clairs; une distance souveraine. Tu étais, au lendemain de l'indépendance, président de la première Union d'écrivains algériens. Mais le jour ou l'on était venu t'informer que l'Union allait passer sous l'autorité du Parti, tu avais remis le tablier avec cette courtoisie seigneuriale qui t'est coutumière. Tu n'acceptais aucune contrainte, aucun boulet a ton pied, aucune laisse a ton cou. Tu étais par excellence, UN HOMME LIBRE. Et c'est ce que AMAZIGH veut dire. Cette liberté t'a coûté cher. De toute façon, tu en savais le prix et tu l'a toujours accepte. Tu as été peut-être le plus persécute des intellectuels algériens, toi l'un des fils les plus valeureux que cette nation ait jamais engendres. Le soir ou la télévision avait annonce laconiquement et brutalement ta mort, je ne pus m'empêcher, en dépit de l'indicible émotion, de remarquer que c'était la deuxième fois qu'elle parlait de toi; la première fois pour t'insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n'avait aucun document a nous montrer sur toi; elle ne t'avait jamais filme, elle ne t'avait jamais donne la parole, elle qui a pérennise en des kilomètres de pellicule tant d'intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plume aux ordres du pouvoir.

Mais je vais clore la le chapitre navrant et long des brimades. Ce serait faire affront a ta générosité et a ta noblesse d'âme que de m'attarder a l'énumération des injustices, des diffamations qui glissaient sur toi comme de simples égratignures, qui te faisaient peut-être mal a l'intérieur mais ne transparaissaient pas. Tes préoccupations étaient ailleurs, tu avais autre chose a faire. Et puis, tu respectais trop les autres, même lorsqu'ils te faisaient du mal. Sans avoir jamais prétendu donner de leçon, ta vie, ton comportement, ton courage et ton intégrité constituaient en eux mêmes un exemple et une leçon. C'est pourquoi, toi l'homme modeste et brillant qui ne se montre gène et pris de court que lorsqu'il s'agit de lui-même, tu as toujours été au coeur de ce qui fait ce pays. Et les 200 000 personnes venues de toute l'Algérie escalader ces "chemins qui montent" pour t'accompagner a ton ultime demeure au coeur du Djurdjura témoignent en quelque sorte de cela. Toi l'homme pacifique et courtois, toi qui ne claques les portes que lorsqu'un pouvoir ou une chapelle quelconque tente de t'embrigader, tu as aide, non par des déclarations fracassantes, mais par ta lucidité, par ton travail intellectuel minutieux et soutenu, au lent cheminement de la tolérance et de la liberté.

Qui peut oublier les débuts de l'année 80 ? Des hommes qui nient une partie de la culture de ce peuple (tout le monde heureusement a oublie leurs noms, car ce ne sont pas des noms que l'histoire retient) t'interdisent de prononcer une conférence sur la poésie kabyle. De partout, de Bejaia, de Bouira, de Tizi-Ouzou, la Kabylie se lève pour défendre ses poètes. Et c'est toute l'Algérie qui, peu a peu, année après année, rejettera les baillons, les exclusions, les intolérances, la médiocrité et qui un jour d'octobre descendra dans la rue pour l'affirmer en versant une fois encore son sang. Toi, l'humaniste sceptique et indépendant qui n'a jamais assené de vérité, qui n'a jamais juge personne, tu étais, presque malgré toi, en amont d'une prise de conscience.

Et voici que nous devons désormais nous passer de ta présence chaleureuse et brillante, de ta superbe intelligence, de ta bonne humeur a toute épreuve, de ton endurance physique (on peut difficilement t'imaginer malade, par exemple) qui te faisait faire des centaines de kilomètres par jour pour aller donner bénévolement une conférence et remonter tout de suite après dans ta voiture. Tu es mort au volant de ta 205 (une voiture de jeune) comme le jeune homme fougueux que tu as toujours été. Sois rassure, Da Lmulud, la dernière image que je garderai de toi ce n'est pas celle, émouvante, du mort accidente que j'ai vu mais celle de ce jeudi 16 février ou nous nous étions retrouves avec d'autres amis a Ighil-Bwamas pour discuter du tournage d'un film. Tu étais élégant et alerte comme toujours, en tennis. Tu étais le premier au rendez-vous. Tu nous plaisantais sur notre retard, disant que tu croyais te tromper de jour. Tu étais aussi le premier a repartir, toujours disponible et toujours presse. Tu avais beaucoup de choses a faire, a donner a cette culture que tu as servie généreusement, sans rien demander en retour, supportant au contraire avec dignité les brimades que ton travail t'attirait. Tu étais impatient en ce jeudi 16 février comme si tu savais déjà que le temps pressait. Je te vois monter dans ta 205 et démarrer bruyamment sur la route difficile tandis que nous étions encore a bavarder. C'était la dernière fois que je devais te voir vivant.

La jeunesse assoiffée de culture et de liberté t'a toujours reconnu comme l'une de ses figures symboliques, quelques intellectuels et artistes t'ont toujours témoigne amitié, respect ou admiration dans les moments les plus difficiles. Mais ces derniers mois, c'est tout le monde intellectuel et médiatique algérien qui a commence a comprendre ton importance et qui a recherche ton point de vue. C'est vrai que certains medias, qui avaient peur de "se compromettre", te sont demeures fermes jusqu'a ta mort. Mais que de projets auxquels des gens voulaient t'associer ! que de journaux t'ont interviewe ! Et toi, porte et comme enivre par cette brise de liberté, tu te démenais, tu prenais ta voiture, sillonnais les routes et te rendais partout ou l'on te sollicitait. Oran, Ain-El-Hammam (ou tu devais rendre hommage a Si Mohand ou Mhand et ou l'on t'avait offert un burnous), Bejaia. Et enfin Oujda. Au mois de janvier, a Bejaia, ta conférence sur la culture berbère a draine tellement de monde qu'aucun édifice ne pouvait le contenir. Et c'est dans le stade de la ville que des milliers de gens t'ont écoute et ont discute de leur culture. Quelle belle revanche sur l'interdiction de ta conférence en 1980 ! Quel trajet parcouru depuis cette date sur le chemin de l'expression libre !

Je te revois a cette époque ou nous préparions l'entretien qui allait paraître aux éditions Laphomic. Je me rappelle la vivacité de ton intelligence, ton sens de la repartie, ta pudeur et ta gène lorsque nous sortions du domaine de l'esthétique ou des idées et que je te demandais de parler de toi-même ( ton combat nationaliste, par exemple, ton militantisme au MTLD, ce que tu as souffert durant la guerre, tu ne les évoquais jamais même lorsqu'on te contestait ton passe ou qu'on t'en fabriquait un autre ). Je me rappelle surtout ta jeunesse indéfectible. Je nous revois prenant des glaces dans l'un de ces innombrables salons de thé qui encombrent la rue Ben M'hidi ou dans le café "Le Véronèse" a Paris.

Tu seras toujours près de nous, éternel jeune homme des Ath Yenni et d'Algérie.
Qim di lehna
Tahar Djaout

jeudi 16 janvier 2014

Zedek Mouloud - Inédit 2014 (uffan ibγiγ)



Publiée le 12 janv. 2014
Le chanteur kabyle, Zedek Mouloud connu pour la finesse de ses mélodies et la douceur de sa voix, écrit, compose et chante avec un style qui lui est propre. Il respire l'originalité, l'authenticité et le poids des mots.

Fin et subtil quand il aborde les thèmes sentimentaux, direct et presque sans détours quand il traite des sujets où l'engagement est de mise.

La poésie du chanteur qui touche au politique, au sentimental et au vécu social, est à méditer par tous ceux qui partagent les valeurs que défend ce chanteur.

Zedek dans le rétro, c'est déjà une quinzaine d'albums en plus de 20 ans de carrière.

La dimension poétique de l'œuvre du chanteur Zedek Mouloud a été l'objet d'une étude à l'université de Tizi-ouzou.

Ile de la Réunion: Bientôt un jardin baptisé au nom de Chikh El Hasnaoui

Ile de la Réunion: Bientôt un jardin baptisé au nom de Chikh El Hasnaoui
16/01/2014 - 09:58

ÎLE DE LA RÉUNION ( SIWEL) - Un jeune Kabyle,Youva n Thala Hamou,vient de rendre hommage au grand maître de la chanson kabyle, Chikh El hasnawi,de son vrai nom Khelwat Mohhamed. Et aussi,Youva nous apprend qu’un jardin portera désormais le nom de Chikh . Cette nouvelle reconnaissance témoigne du respect que manifestent les étrangers à notre culture. Hélas, nous constatons avec regret que Chikh El Hasnaoui à l'instar de Slimane Azem et bien d'autres grands noms kabyles ne bénéficient d'aucune reconnaissance chez eux en Kabylie alors qu'ailleurs, il y a même des rues qui portent leurs noms.

Ile de la Réunion: Bientôt un jardin baptisé au nom de Chikh El Hasnaoui
Par ce geste, Youva, ce militant qui porte la Kabylie dans son cœur, nous rappelle le devoir d'entretenir note mémoire sans rien attendre du pouvoir algérien qui ne jure que par notre disparition et nous éveille sur l'impératif de doter le pays kabyle de son propre Etat afin de le réconcilier avec sa véritable identité et assurer son développement en tant que peuple et nation.