dimanche 7 octobre 2012

« Notre combat est juste » | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


Le MAK à Ath-Mesbah (Ath-Douala)

« Notre combat est juste »

De Tizi-Ouzou, par Saïd Tissegouine
Agissant dans le cadre de la campagne du rejet de l’échéance électorale, le président du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), M. Bouaziz Aït-Chebib, et certains de ses proches collaborateurs, en l’occurrence MM. Hsen Graïchi, Hocine Azem et Mohand-Ouamar Hachim, ont animé, hier en fin d’après-midi, un meeting à Ath-Mesbah, commune d’Ath-Douala. Signalons d’emblée que les intervenants, tous rôdés depuis longtemps à la maîtrise du verbe, ont, chacun en ce qui le concerne, démontré que ces élections locales, à l’instar des autres rendez-vous électoraux passés, n’apporteront rien de bon pour les citoyens si ce n’est un nouveau sursis pour le régime d’Alger.
07/10/2012 - 13:59 mis a jour le 07/10/2012 - 14:56 par Saïd Tissegouine
C’est M. Hsen Graïchi, psychologue de formation, qui a ouvert le bal le premier. « Il m’a fallu atteindre l’âge de vingt ans pour entendre parler d’Imache Amar », lance-t-il d’emblée à l’assistance. (Imache Amar, l’un des pères fondateurs du mouvement national algérien, est originaire du grand village Ath-Mesbah). « Et si j’ai mis tant de retard pour apprendre la vérité, continue l’orateur, c’est parce que le pouvoir algérien n’a rien fait pour faire connaître du public ce grand militant ». Pour M. Hsen Graïchi, Messali Hadj qui était « maçon de formation » et partisan de la « ouma royale » n’était rien devant Imache Amar qui, lui était porteur d’un projet de modernité. L’orateur ira jusqu’à affirmer qu’ « aujourd’hui encore l’affrontement se passe entre deux courants : l’arabo-bâathiste et le projet moderne prôné par la Kabylie ». L’intervenant tentera de prouver ensuite que « les malheurs successifs frappant la Kabylie » sont liés intimement à l’hégémonie que tente sans cesse d’asseoir sur l’Algérie entière ce courant idéologique dit « l’arabo-baâthisme ».
L’école sinistrée où l’enfant kabyle est forcé d’apprendre une langue qui n’est qui n’est pas la sienne et apprendre dans une langue qui n’est pas la sienne, les feux de forêts par « l’ANP », la complicité entre l’Etat algérien, le terrorisme et le voyoutisme contre la Kabylie, les événements sanglants du printemps 2001 sont entre autres des « preuves » de non reconnaissance de la société traditionnelle kabyle par les tenants de l’arabo-baâthisme.
M. Hsen Graïchi, après avoir mis en évidence certaines évidences bien scientifiques quant à l’épanouissement de l’individu, a plaidé pour « l’autodétermination » de la Kabylie dès lors que c’est la seule voie possible qui reste pour assurer la survie du peuple kabyle et l’ensemble de ses éléments identitaires. Pour sa part, le président du MAK a déclaré d’emblée que l’autodétermination est « notre droit le plus inaliénable ». « Aussi, ajoute-t-il en substance, notre combat est juste ! ».
M. Bouaziz Aït-Chebib conditionne toutefois la victoire du peuple kabyle face à ses adversaires à l’union de tous ses enfants. Une fois ce préambule fait avec réussite puisque il a été accueilli par des ovations, le président du MAK s’atèle ensuite à démonter la falsification de l’histoire de l’Algérie ordonnée et dirigée par Alger, et ce, en rappelant, avec références scientifiques à l’appui, l’histoire plusieurs fois millénaires du peuple kabyle. Et de fil en aiguille, le premier responsable du MAK arrive à la guerre d’indépendance de l’Algérie dont la proclamation de Novembre 1954 a été faite en Kabylie et le congrès de la Soummam, porteur et projectionniste d’une Algérie moderne. M. Bouaziz Aït-Chebib, en sa qualité de spécialiste des sciences politiques, connaît parfaitement la portée véritable des concepts déclaratifs, c’est-à-dire des mots constituant une idée ou des idées.
C’est pourquoi, à l’issue de ce rendez-vous d’Ath-Mesbah, il a déclaré tout haut et sans ambages que la déclaration de Novembre I954, laquelle a été pensée et rédigée en fonction de l’exigence de la situation du moment, est à présent dépassée. « La référence, déclare-t-il avec véhémence, demeure pour nous le congrès de la Soummam/ ». Les propos du président du MAK concernant la déclaration de Novembre 1954 se veulent comme une barrière aux arabo-islamistes prétendant avoir participé à la guerre de libération nationale. « La guerre de libération nationale, affirme avec solennité l’orateur, a été faite par les Kabyles ». « Aujourd’hui, à notre grand regret, ajoute-t-il, des chenapans, n’hésitent pas à qualifier la Kabylie de Hizb França ». Chargeant à nouveau les partisans de l’arabo-islamisme, le président du MAK les a accuse d’avoir copié sur la méthode de l’administration coloniale française en essayant de diviser la Kabylie en deux : la Petite et la Grande Kabylie.
Ce point permettra à l’assistance d’apprendre de la bouche de M. Bouaziz Aït-Chebib le grand mérite de Krim Belkacem, « soucieux de réunifier à nouveau la Kabylie, a pensé et exigé de ses vis-à-vis que l’Algérie en guerre fut divisée en wilayas d’où l’identification de l’ensemble de la Kabylie comme wilaya 3 ». Ce point expliqué, l’orateur démontrera également à travers une multitude d’exemple la spécificité de la Kabylie d’où son exigence à l’autodétermination ne relève que de l’ordre naturel des choses. Le président du MAK ira jusqu’à démontrer qu’il n’y a que certains Kabyles qui n’arrivent pas à comprendre leur appartenance à un peuple. « Si en 2001, pendant que nos jeunes tombaient sous les balles meurtrières des gendarmes, aucun Algérien, politique ou intellectuel, n’a pas jugé utile de nous adresser un message de soutien ou de sympathie alors que la mobilisation se fait grande à chaque fois qu’un Palestinien se fait tuer, c’est parce que justement ces Algériens nous ont toujours vus comme un peuple non seulement à part entière mais aussi comme un peuple non arabe. Autrement dit, ces Algériens se sentent beaucoup plus proches des Palestiniens que de nous autres les Kabyles », explique l’intervenant pour ajouter aussitôt : « Ces responsables politiques algériens ne connaissent les Kabyles qu’à l’approche des élections, et ce, pour le besoin de leurs voix ». A partir de là, le président du MAK réaffirme que toute échéance électorale organisée par le régime d’Alger ne peut en aucun cas concerner le peuple kabyle ». « Seul le référendum sur l’autodétermination du peuple kabyle nous intéresse », dit-il avant de céder le micro à M. Hocine Azem, Secrétaire Nationale aux Relations Extérieures du MAK. Celui-ci, connu pour son verbe cru et fort, à peine pris le micro entre ses mains mit le feu aux poudres. « Il n’y a que les moutons et ceux convoitant le matériel qui peuvent être intéressés par la participation à ces élections, notamment avec ce nouveau code communal ». Il se trouve justement qu’il y avait parmi l’assistance la présence de certains individus nourrissant l’intention de porter candidats sur une liste des indépendants. D’ailleurs, avant le début du meeting, ils se sont identifiés comme tels. Ils ont eu également l’honnêteté de reconnaître que le rendez-vous du MAK ne pouvait que les déranger en ces moments et en ces lieux. C’est pourquoi, en entendant les propos « durs » de M. Hocine Azem, ils ont tiqué. Ils ont même demandé à prendre la parole au nom de la démocratie pour justifier leur « choix ». La famille militante et patriotique du MAK, la grande amoureuse de la démocratie, accepta même si c’était contraire aux règles d’un meeting. Il y aura en tout deux interventions des partisans de la participation aux élections locales. Le troisième personnage –car ils n’étaient que trois parmi l’assistance nombreuse à embrasser ces élections—refusera d’intervenir. Ces deux interventions, d’un piètre niveau, ne feront qu’ ajouter des points au MAK. Nous verrons cela plus loin. Donc, en ce qui le concerne, M. Hocine Azem, en parfait connaisseur des codes communal et wilayal, s’attellera à prouver que l’élu n’aura pour rôle que celui de « pantin » avec le nouveau code communal puisque le véritable décideur ne sera autre que l’administrateur, à savoir le chef de daïra et le wali.
Le Secrétaire National aux Relations Extérieures du MAK ira jusqu’à dire que les véritables décisions sont prises lors « des conclaves de généraux ». M. Hocine Azem ne se montrera pas tendre à l’endroit des militaires. Du coup, il n’hésitera pas à mettre en avant le principe selon lequel les grands ennemis et destructeurs de la Kabylie ne sont autres que « les généraux ». « Lors des dernières intempéries, chez-nous les présidents des APC n’obtenaient même de réponse des chefs de daïras et walis qu’ils tentaient de joindre par téléphone alors que dans les autres régions d’Algérie touchées par les intempéries, militaires et hélicoptères y étaient mobilisés », assure l’orateur. Après avoir longuement parlé sur les mœurs politiques algériennes, M. Hocine Azem déclare en substance que « le vote chez nous n’est que duperie ».
Dès lors, il plaidera par l’autodétermination de la Kabylie, « ère où l’élu pourra réellement jouer son rôle d’élu ». Quand il termine son intervention, voilà les deux partisans de participation aux élections qui prennent le micro. Le premier à prendre la parole n’a pas caché « la sympathie et le respect inconditionnels » qu’il a toujours nourris à l’endroit de M. Ferhat M’henni. L’homme, très mal à l’aise devant l’hostilité de l’assistance laquelle ne cesse de le huer, a commis plusieurs bourdes. Il a déclaré que la Kabylie ne doit pas laisser la voie libre au FLN et au RND et « ce qui arrivera si les indépendants et les partis politiques de la région ne participent à la course électorale ». Il s’est également trompé sur plusieurs points d’ordre historique. Il ne savait pas également que ce n’était pas M. Ferhat M’henni qui était à la tête du MAK. Il ne savait pas non plus que M. Ferhat M’henni dirigeait le Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK). A Un moment donné, sa confusion était telle qu’il a failli être sujet à une syncope. Comme échappatoire, il choisit d’abandonner la partie. Le second a fait pire que le premier. En effet, croyant bien dire, il n’a fait en réalité que développer et encourager le sectarisme. « En votant pour quelqu’un de mon village, je sais qu’il travaillera davantage au profit de mon village », dit-il médiocrement. En somme, les deux hommes viennent de dérouler « le tapis rouge » pour le président du MAK lequel a décidé d’apporter des éléments de réponses.
M. Bouaziz Aït-Chebib a commencé par citer le nom du véritable président du MAK (le sien) et rappelé les véritables fonctions de M. Ferhat M’henni. Ensuite, il a rétabli l’exactitude des faits relatifs à la période de la décennie I990, plus exactement lors de la grève du cartable. Débarrassé de « l’obligeance » d’épargner le FFS et le RCD, le président du MAK rappela que le premier parti cité a signé une alliance avec le RND à Béjaia et le second avec le FLN à Tizi-Ouzou. Très à l’aise dans sa position, M. Bouaziz Aït-Chebib citera simultanément les déclarations faites par Karim Tabou et le Dr Saïd Sadi par rapport au nouveau code communal. Karim Tabou a bien déclaré qu’ « à travers le nouveau code communal qui réduit davantage les prérogatives des élus, le pouvoir veut faire des communes ses postes avancés au sein de la société, et ce, dans le cadre d’une politique globale qui vise à faire de l’Algérie un vaste commissariat ». Quant au Dr Saïd Sadi, il a qualifié le nouveau code communal de « code pénal bis pour les élus ».
Le président du MAK avancera une multitude d’autres arguments quant à la justesse des positions du MAK. Pendant qu’il parlait, l’assistance chauffée à blanc, scandait « Ulac l’vot ulac ! », « Ulac l’vot ulac ! », « (..,,) ». Ayant jugé la mise au point considérée à sa juste valeur, le président du MAK passa le micro à M. Mohand-Ouamar Hachim. Celui-ci, à son tour, développa un discours dans le sens de la nécessité pour le peuple kabyle d’arriver à son autodétermination. L’homme puisa ses arguments dans les pages d’histoire et de la réalité d’aujourd’hui. L’intervenant n’hésita pas à identifier, comme l’ont fait les vielles femmes kabyles avant lui, le conflit armé opposant les forces du FFS aux troupes du gouvernement à la guerre « entre les Kabyles et les Arabes ».
Saïd Tissegouine pour Tamurt.info

mardi 2 octobre 2012

Mairie de Tizi-Ouzou : encore un prénom refusé à un nouveau-né kabyle De Tizi-Ouzou, par Saïd Tissegouine


Un nouveau-né de sexe masculin est venu en ce jour du 5 mai de l’année en cours égayer le foyer de ses parents. Sa naissance a eu lieu à la clinique S’bihi, sise en plein cœur de la capitale du Djurdjura. Comme tous les parents, le père et la mère de ce nouveau-né, après une longue réflexion, ont décidé de prénommer leur enfant SELYAN. Un prénom Amazigh, bien joli, masculin du prénom féminin : SILYA.
02/10/2012 - 10:58 mis a jour le 02/10/2012 - 13:10 par Saïd Tissegouine
Comme la clinique S’bihi est sise dans la circonscription communale de Tizi-Ouzou,SELYAN devait être inscrit sur le registre d’état-civil de la mairie de Tizi-Ouzou. Quelle ne fut la surprise du père répondant à l’appellation de Chabane Halim quand l’employée du service compétent en question lui fit savoir quelle ne pouvait inscrire l’enfant sur le registre de l’état-civil pour le motif que son prénom ne figurait pas sur la liste des prénoms algériens. Toutefois, l’employée appela son chef de service pour arrêter la décision qu’il fallait. Celui-ci, à son tour, avoua qu’il ne pouvait pas arrêter la décision d’inscrire un tel prénom sur le registre. Tout de même, il suggéra au père de l’enfant de s’adresser à la justice car, seule celle-ci est capable de trancher dans ce genre de cas.
C’est ainsi que le citoyen kabyle qui originaire du village de Sahel, commune de Bouzguène se retrouva devant le procureur de la république. Ce magistrat, après une longue réflexion, répondit par la négative au père de SELYAN. Cependant, celui-ci décida de faire valoir le droit de son enfant lequel est bien conforme à la déclaration universelle des Droits de l’enfant. C’est pourquoi donc il tenta de convaincre le magistrat. Celui-ci demanda alors à son interlocuteur de lui « apporter » un quelconque extrait de naissance mentionnant le prénom de « SELYAN ». Hélas, le citoyen Chabane Halim n’en trouva pas même s’il a effectué des recherches dans ce sens. C’est pourquoi, le procureur de la république maintient sa décision de refus.
Aussi, voilà presque 5 mois que cet enfant que ses parents ont prénommé SELYAN n’est pas inscrit au registre d’état-civil. En d’autres termes, officiellement SELYAN n’existe pas. Son père n’en désarme pas pour autant. En effet, il a décidé de porter l’affaire en justice pour faire valoir le droit de son enfant à un prénom, et ce, conformément à la charte universelle portant les Droits de l’enfant. De son côté, la section MAK de Sahel, alertée de ce cas d’iniquité, a décidé de soutenir le père de SELYAN en organisant un sit-in devant le tribunal le jour il examinera cette affaire. Notons en dernier qu’il n’y a qu’à Tizi-Ouzou où on refuse des prénoms sous prétexte qu’ils ne sont pas conformes à la liste des prénoms algériens.
Ce qui est curieux, c’est que beaucoup de prénoms qui sont loin d’être algériens mais à connotation arabe sont reconnus par l’administration algérienne. Et où le bât blesse, c’est souvent ces prénoms arabes reconnus comme « modernes » font penser à des leaders et des chefs d’organisations terroristes et criminelles.
Saïd Tissegouine pour Tamurt.info

Conférence de Mossa Ag Attaher à Agadir : "L'Algérie doit revoir sa position"


Conférence de Mossa Ag Attaher à Agadir : "L'Algérie doit revoir sa position"

30/09/2012 - 19:40

AGADIR (SIWEL) — Invité au festival du film amazigh Issni n-Ourgh d'Agadir, Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA auprès de la communauté européenne a indiqué que "l'Algérie doit revoir sa position vis-à-vis du conflit au nord du Mali"


Mossa Ag Attaher, membre du MNLA. PH/Siwel
Après un bref aperçu sur la situation dans les territoires de l'Azawad, Mossa Ag Attaher, qui s'exprimait, ce matin, lors d'une conférence de presse organisée à Agadir, au sud du Maroc, est revenu sur les différents pacte et accords signés entre les Touaregs du Mali avec les autorités maliennes. 

"Nous sommes les autochtones dans ces territoires", a-t-il souligné d'emblée avant de se rappeler d'une longue série de persécutions, de répressions et de tueries dont le peuple amazigh de l'Azawad est victime depuis l'indépendance du Mali en 1960. 

La longue marche du peuple touareg pour son émancipation du joug colonial, français, ensuite malien, est présenté avec des exemples de soulèvements qu'a connu ce peuple. 

M. Ag Atther a rappelé que l'Algérie et la France étaient les deux garants des deux pactes signés entre les représentants du MNLA et les autorités maliennes, mais ces deux "garants sont complices du Mali", a-t-il informé. 

Sur un autre plan, le confgérencier a souligné que les combattants du MNLA "ne sont pas des mercenaires d'El Kadhafi", et que ceux qui ont engagé la guerre contre le Mali le 17 janvier passé, étaient dans le territoire touaregs avant la chute d'El Kadhafi. 

"Le MNLA est la force vive de l'Azawad", a-t-il encore précisé en soulignant que les groupes armés opérant dans les territoire sont actionnés et subventionnés par des Etats étrangers. 

"Nous n'allons pas remettre en cause l'intégrité d'aucun pays voisin" a précisé M. Ag Atther qui a ajouté que "le combat du MNLA est la liberté du peuple touareg". 

Par ailleurs, il a invité l'Algérie "à revoir sa position, car, a-t-il souligné, "les groupes armés sont une menace grave pour la stabilité de la région", et que "l'Azawad est un Etat laïc et démocratique". 

La Suisse est le seul pays qui s'est engagé avec une solution globale, a informé Moussa Ag Attaher, qui ne perd pas espoir de voir plusieurs autres pays prôner une solution au problème des Touaregs. 

D'autre part, il a appelé à la solidarité avec le peuple Touareg, en ce moment difficile. 

Concernant les tentatives d'intervention armé dans la région, le conférencier n'a pas hésité à charger la France pour ses crimes en Afrique en rappelant qu'elle est l'unique responsable de la situation, car "elle est la créatrice de ces pseudo-États". 

"Une intervention de la CEDEAO est un enlisement dangereux dans la région", a-t-il répliqué, en assurant que le MNLA allait "défendre dignement son territoire". 

aai 
Siwel 301940 SEP12

vendredi 28 septembre 2012

Documentaire « Matoub Lounes, le combat éternel» : Quand Tahar Yami réinvente le Rebelle


Documentaire « Matoub Lounes, le combat éternel» : Quand Tahar Yami réinvente le Rebelle

27/09/2012 - 11:46

AGADIR (SIWEL) — Le documentaire de Tahar Yami sur le Rebelle « Matoub Lounes, le combat éternel» a déçu plus d'un lors de sa projection, hier-soir, à l'ouverture des travaux de la 6e édition du Festival international du film amazigh Issni N-ourgh à Agadir. 
un patchwork d'images et de séquences vidéos usitées depuis sa disparition sur la Toile étaient l'unique source du réalisateur


Affiche du documentaire de Tahar Yami sur Lounes. PH/DR
Tahar Yami ne s'est pas donné la peine et surtout le temps pour réaliser un documentaire digne de ce nom sur le Rebelle. « Toutes les vidéos et les images du doc trimballent sur Youtube depuis des années», a indiqué un présent à la cérémonie. 

Ni travail cinématographique, ni technicité requise pour le cinéma. Tahar Yami a joué sur l'image et la popularité du Rebelle auprès des Amazighs pour tenter de passer sa pilule, mais en vain, puisque l'assistance qui trépignait d'impatience de voir « des nouveautés » sur le Rebelle, était déçue par le travail de rafistolage réalisé et bâclé par Tahar Yami. 

« Même le passage de sa célèbre chanson D-aghuru a été amputée d'un passage où Lounes appelait à la décentralisation» (Dwas an cereg tamurt). Tahar Yami n'a pas jugé opportun d'adapter en français ce passage. « S'il avait la possibilité de censurer même la chanson, il le fera », dira un autre militant. 

En somme, Tahar Yami a raté une occasion de ne pas se distinguer par un travail médiocre présenté, pourtant à l'ouverture d'un festival international du film amazigh. « Matoub mérite mieux...», a ajouté un militant marocain. 

aai 
Siwel 271146 SEP12

mercredi 19 septembre 2012

Une femme cadre dans un ministère en a fait la confidence : le poisson pêché en Algérie serait toxique


Une femme cadre dans un ministère en a fait la confidence : le poisson pêché en Algérie serait toxique

19/09/2012 - 14:51

ALGER (SIWEL) — « Le poisson des eaux territoriales algériennes est exposé à des produits très toxiques dont le mercure », a déclaré une femme, cadre dans le ministère algérien de l’Environnement.


Aucun contrôle sur la qualité des produits de consommation. PH/DR
Aucun contrôle sur la qualité des produits de consommation. PH/DR
« Je n’achète jamais le poisson pêché sur les côtes algériennes », a indiqué cette femme. Pour cette femme, dont les responsabilités au sein de ce ministère lui permettent d’acquérir ce genre d’informations. 

« Le poisson de nos eaux territoriales est exposé à de fortes substances chimiques très toxiques », a-t-elle encore indiqué. Parmi ces produits, cette femme a évoqué « le mercure », qui serait à l’origine de cette situation. 

« Il n’y a pas de contrôle sur les entreprise émettrices de ces produits toxiques qu’elles déversent dans la mer », a-t-elle encore ajouté. Elle a évoqué, par ailleurs, les eaux usées, notamment celle venant d’Oued El Harrach à Alger comme un polluant très dangereux et autres déchets toxiques déversés dans la mer en toute impunité. 

Pour rappel, le ministère algérien de la Pêche et des ressources halieutique a été géré par un ministre islamiste. Ce même ministre a été impliqué dans plusieurs affaires de corruption, notamment dans l’affaire liée au thon rouge que ce département avait cédé à des sociétés turques. 

On évoque aussi la gestion des zones de pêches algériennes par des militants islamiste du MSP, avant que Bouteflika ne procède au remaniement de son gouvernement. 

aai 
Siwel 181451 sept 12 

mardi 18 septembre 2012

Trois musulmans font l’autodafé de livres juifs dans le cimetière du Mont des Oliviers – mais chuuuuuut !


Trois musulmans font l’autodafé de livres juifs dans le cimetière du Mont des Oliviers – mais chuuuuuut !

Publié le : 16 septembre 2012
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Si seulement un juif ou un chrétiens avait brûlé un Coran, le monde se serait encore enflammé. Mais qui, à part les lecteurs de JSSNews grâce à cet article, a apprit la nouvelle suivante: trois jeunes arabes ont été arrêté samedi soir pour avoir brûlé des livres saints juifs, dans le cimetière sacré du Mont des Oliviers à Jérusalem. Les nazislamistes ont essayé de brûler plusieurs livres des Psaumes, les livres écrits par le Roi David, dans ce cimetière historique.
Les trois auteurs, des adolescents musulmans d’environ 16 ans, résidents du quartier arabe à côté du cimetière, ont tous été arrêtés. Deux a avoué le crime. Un troisième a été également reconnu coupable bien qu’il nie les faits.
On se souvient d’une controverse et des violences dans le monde entier quand un chrétien de Floride avait brûlé un livre saint musulman, en 2010. L’incident avait provoqué la colère du le monde entier et de violentes émeutes de musulmans.
Le cimetière du Mont des Oliviers est une terre sacrée pour l’enterrement des juifs. Aujourd’hui, les plus hautes autorités rabbiniques y sont enterrés auprès des sages de la Torah. Le rabbin Yossef Shalom Elyashiv y a été inhumé cet été, quand il est décédé à l’âge de 102 ans. Rabbi Avraham Its’hak Hacohen Kook, le premier grand rabbin ashkénaze de l’Etat moderne d’Israël, y repose également.
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SALAFISME Tunisie : Abou Iyadh, au nez et à la barbe des autorités


18/09/2012 à 09h:41
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Seif Allah Ben Hassine, alias Abou Iyadh (à d.), le 20 mai 2012 à Kairouan. © AFP
Recherché depuis la violente manifestation devant l’ambassade américaine, vendredi 14 septembre à Tunis, le leader salafiste radical Abou Iyadh nargue les autorités. Avec un certain sens de l’esquive...
Il a pris son nom de guerre, Abou Iyadh al-Tounsi (« le Tunisien »), dans les camps djihadistes d’Afghanistan et du Pakistan. Depuis les scènes d’émeutes meurtrières survenues vendredi dernier devant l’ambassade des États-Unis, à Tunis, ce salafiste radical est activement recherché par les services de police.
De son vrai nom Seifallah Ben Hassine, Abou Iyadh est accusé d’avoir appelé à la manifestation anti-américaine qui a coûté la vie à quatre personnes et fait des dizaines de blessés. S’il n’était pas sur place vendredi après-midi, le leader du mouvement Ansar al-Charia aurait notamment donné des instructions à ses fidèles par téléphone.
Une descente a d’abord lieu chez lui, samedi matin. Sans succès. Le lendemain, dimanche, sa présence est signalée par un journaliste de Shems FM au cimetière El Jellaz, à Tunis. Abou Iyadh est venu assister aux funérailles d’un salafiste tué dans les affrontements de l'ambassade américaine. Malgré une forte présence policière sur place, l’ancien djihadiste parvient à s’échapper sans problèmes.
Lundi 17 septembre, le prédicateur à la longue barbe noire remet le couvert. À la mi-journée, il déboule en moto avec sa garde rapprochée à la mosquée El Fath, bastion salafiste situé dans le centre de la capitale tunisienne. Abou Iyadh monte à la tribune. Il réclame la démission du ministre de l’Intérieur,Ali Larayedh, qu’il tient pour responsable des violences de vendredi. Protégé par ses partisans, il prend ensuite la poudre d’escampette, se jouant avec une étonnante facilité de l’important cordon policier déployé à l’extérieur de la mosquée. Officiellement, les forces de l’ordre l’auraient plus ou moins laissé filer, afin de ne pas provoquer d’affrontements avec les nombreux salafistes présents dans et autour de la mosquée.
Une carrière de djihadiste international
Abou Iyadh gravite depuis de longues années dans les milieux islamistes radicaux. Il fréquente d’abord le Front islamique tunisien (FIT), branche armée d’Ennahdha, fondée en 1986 par un certain Rached Ghannouchi. Dans les années 1990, il prend la direction de l’Afghanistan et du Pakistan, séduit par les idéaux de guerre sainte et de djihad. Là-bas, il fonde avec Tarek Maaroufi sa propre cellule terroriste, le Groupe combattant tunisien (GCT), réputée proche d’Al-Qaïda. Le GCT restera célèbre pour avoir organisé l’attentat-suicide contre le commandant Massoud, assassiné par deux faux journalistes tunisiens quelques jours avant les attaques du 11 septembre 2001.
Le leader du GCT sera finalement arrêté en Turquie en 2003. Il est extradé vers la Tunisie, où il est condamné à soixante-quatre ans de prison. En mars 2011, il bénéficie de l'amnistie accordée aux prisonniers salafistes après la révolution. Abou Iyadh fait alors son retour sur la scène nationale, usant régulièrement de ses talents de provocateurs pour défendre l’application de la charia. Devenu trop dérangeant, il est désormais la cible numéro un du ministère de l’Intérieur tunisien. 


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Tunisie : Abou Iyadh, au nez et à la barbe des autorités | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique 

lundi 17 septembre 2012

Kabylie : les martyrs du Printemps noir reviennent cette semaine - Le Matin DZ - Les idées et le débat


Kabylie : les martyrs du Printemps noir reviennent cette semaine

Par Le Matin DZ | Il y a 1 heure | 333 lecture(s) | Réactions (0)
Qui cherche à pourrir la Kabylie? Le redéploiement des brigades de gendarmerie qui, plus d'une décennie après le Printemps noir, est toujours un mépris aux martyrs du Printemps noir. Mépris aussi des autorités face à une région qui a compté ses morts l'hiver 2011, a vu ses oliveraies, sa faune, sa flore détruites par des incendies criminels, fait l'objet de bavures et de provocations des forces de sécurité...
"Il suffit du bout de bois d’un esclave, pour faire, dans le ciel de Dieu et dans le cœur des hommes, le plus énorme incendie." Mouloud Mammeri 
Bavures militaires, incendies criminels, provocations policières contre des militants politiques ou d'associations culturelles, institutions publiques sourdes aux revendications des citoyens: la Kabylie est en passe de revivre un Printemps noir dont les principaux acteurs n'ont cessé d'être l'objet de dénigrements multiformes: corrompus, achetés par le pouvoir dont le seul but est de porter atteinte à un mouvement citoyen qui, malgré le complot des "aârouc taïwan" et les répressions mutliformes, n'a pas abdiqué. 
Ce qui s'est passé, ce dimanche dans la région de Mizrana, où les populations villageoises ont détruit les deux édifices des brigades de gendarmerie contre l'installation desquelles elles s'étaient auparavant opposées, est le signe avéré que le printemps noir de 2001, le refus d'intercepter la plateforme de la Soummam par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sont toujours vivaces au sein de la population et que le vent de contestation ne s'est pas transformée en brise de la compromission. Depuis 2001, plus d'une décennie s'est écoulée sans que, pourtant, l'on ne signale des actions de contestation contre le redéploiement timide mais progressif des brigades de gendarmerie là même où elles ont été rasées par les populations. Depuis, restée fermée à toute visite d'Abdelaziz Bouteflika, la Kabylie, ses trois wilayas, Tizi-Ouzou, Béjaia, Bouira, n'a pas éteint les braises de la révolte et l'assassinat des cent vingt six jeunes ( 126) tirés à vue par les gendarmes, est resté impuni depuis.
Après avoir enregistré un fort taux d'abstention au scrutin législatif du 10 mai dernier et, s'apprêtant à réaliser le même score aux communales en dépit de la participation du RCD et de FFS, la Kabylie reste dans le collimateur du pouvoir et cela s'est traduit par plusieurs faits troublants qui ont attisé la colère des citoyens afin de créer un climat d'insécurité, un chaos qui se justifierait par les urgences de la lutte antiterroriste où les groupes d'Al Qaïda au Maghreb islamique, malgré les multiples barrages fixes et occasionnels, l'implantation de postes avancés de l'Anp dans la région de Mizrana, à Adekkar ou à l'entrée des villes comme Bouira ou Béjaia, sèment la terreur, en témoigent les récentes incursions de groupes armés dans les bars ou encore la multiplicité de faux barrages durant lesquels les terroristes mènent leurs prêches, rackettent les citoyens et les incursions dans les villages pourtant "surveillés" par les garnisons militaires.
La lutte antiterroriste en Kabylie semble être contreproductive dans la mesure où, tout au long de l'année 2011, l'ANP dans cette région s'est signalée par des bavures meurtrières qui ont soulevé l'indignation des populations.
Au danger terroriste, maintenu, il faut le dire sous perfusion et par lequel s'est justifiée le redéploiement des brigades de gendarmerie dans plusieurs localités, s'est ajouté, l'hiver 2011, l'abandon totale des autorités locales et nationales des populations restées bloquées par la neige qui a fait plusieurs victimes. Ce drame n'a pas fait réagir le chef de l'Etat et la population, livrée à elle-même, n'a pu sortir de l'enfer glacial que par ses propres moyens rudimentaires, sous le silence complice et le mépris des autorités du pays, comme si la Kabylie n'en faisait pas partie ou qu'elle payait le prix de ses rébellions. Après avoir été abandonnée aux rigueurs de l'hiver, elle est, cet été 2012, livrée aux flammes qui ont ravagé sa principale substance, les oliveraies, détruit pour longtemps sa faune, sa flore et menacé plusieurs villages qui ont dû être désertés. Plusieurs citoyens, appartenant à des associations ont accusé l'armée de se livrer à ces actes de pyromanes dans le seul but de créer un vent de panique en Kabylie, sous le prétexte que ces incendies participent d'une stratégie de lutte contre les maquis terroristes dont l'implantation est pourtant identifiée par les forces de sécurité alors que les incendies se sont déclarées, le plus souvent, hors des zones suspectées protéger les groupes d'Al Qaïda au Maghreb islamique. Même certains élus locaux de la région se sont posés la question de savoir si derrière ces feux de forêts qui se sont propagés à une allure telle qu'ils ne pouvaient être le fait de la canicule, il n'y aurait pas, la main des militaires et à quelles fins. Là aussi, alors que la Kabylie brûlait comme au temps du napalm durant la guerre de libération, les autorités ont laissé faire, aucun gros moyen technique de lutte contre les feux ravageurs n'y a été dépêchés. Voir la Kabylie "brûler" dans tous les sens du terme et se taire. Voilà ce qu'a été la devise du pouvoir qui, lors de l'hiver qui lui a couté des morts, lançait ses réformes et lors de l'enfer des flammes organisait ses législatives.
D'autres faits, isolés, mais sans doute symptomatiques d'un pourrissement que l'on cherche à installer au sein des populations, s'ajoutent dans leur caractère révoltant. Nonobstant les fréquentes revendications socio-économiques de nombreux villages laissés-pour-compte, des provocations avérées par les forces se sécurité poussent les populations à s'insurger et à faire justice elles-mêmes à défaut de se voir protégées. La semaine dernière, à Adekkar, dans la wilaya de Béjaia, les populations villageoises, ont bloqué la daïra où s'étaient réfugiées des éléments de l'An accusés de porter atteinte à l'honneur de jeunes villageoises qui traversent leur lieu de campement. La venue sur les lieux de la protestation du commandement du secteur n'a pu éteindre la colère des citoyens. Par ailleurs, le site de l'Agence Kabylie d'information Siwel, tribune du parti autonomiste kabyle, le MAK, rapporte plusieurs intimidations, violences et arrestations dont font l'objet ses militants avec photos à l'appui.
Sur le plan de la vie politique dans la région, celle-ci se traduit par des démissions collectives au sein du FFS depuis sa participation aux législatives et, sans nul doute, l'annonce du RCD dans la course aux locales après avoir boycotté les législatives, va aviver les tensions dans une Kabylie les martyrs du printemps noir reviennent cette semaine.
R.N

15/09/2012 à 10h:56
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Un homme amputé, sur son lit d'hôpital, le 11 septembre à Gao. © Capture d'écran d'une vidéo tournée le 11 septembre 2012/AFP
Les premières images de victimes d'amputations pratiquées par les islamistes à Gao, dans le nord du Mali, ont été diffusées vendredi par l'AFP, qui s'est procuré une vidéo tournée sous le contrôle des islamistes dans un hôpital de cette ville le 11 septembre.
Cette vidéo, obtenue par l'AFP auprès d'un journaliste malien à Bamako, a été tournée par un caméraman local avec l'accord des jihadistes, le lendemain de l'amputation de cinq hommes présumés voleurs pratiquée au nom de la charia (loi islamique). Un journaliste de l'AFP a reconnu les lieux filmés.
Selon des sources locales, ces amputations avaient été effectuées par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), qui contrôle Gao.
La vidéo débute par un plan du panneau situé à l'entrée de l'hôpital de Gao et portant son nom, Hangadoumbo Moulaye Touré. Le drapeau jihadiste, noir et portant en caractères arabes la profession de foi de l'islam ("Il n'y a de Dieu que Dieu"), y a été accroché.
Un véhicule tout-terrain beige portant un calicot jihadiste à côté de sa plaque d'immatriculation est garé devant des chambres.
A l'intérieur, trois hommes, jeunes, sont allongés sur des lits. Leur main droite et leur pied gauche ont été sectionnés et leurs blessures bandées. A l'arrivée de la caméra, ils cachent leur visage derrière leur main valide ou en tournant la tête.
Capture d'écran d'une vidéo tournée le 11 septembre 2012 montrant un homme amputé, sur son lit d'hôpital à Gao
© AFP
"Volonté de Dieu"
"Ce que nous leur avons infligé, c'est Dieu qui nous l'a commandé (...). La volonté de Dieu a été accomplie et les péchés de ces gens ont été effacés", assène un jihadiste portant un keffieh. Il dit s'appeler Aliou Mahamar, se présente comme "commissaire islamique de Gao" et s'exprime en sonraï, une des langues parlées au Mali et dans la région.
Il entame ensuite avec un des amputés un dialogue à base de références religieuses qu'il ponctue régulièrement de "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, en arabe).
"Nous préférons être châtiés dans ce monde ici bas et être absous de nos pêchés", affirme la victime, sans qu'il soit possible de déterminer si ses paroles lui ont été dictées ou pas.
Privé de deux membres, l'homme est désormais réduit à la mendicité et à la merci des nouveaux dirigeants de la communauté, comme il le fait lui-même remarquer en montrant au jihadiste sa main coupée et en lui disant: "Toi qui es le chef, il ne faut pas nous oublier, nous aurons besoin de manger durant notre convalescence".
Au total, cinq hommes accusés de vol ont été amputés le 10 septembre à Gao, selon une source médicale sur place. Le Mujao, auteur des amputations, est un groupe dissident d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui détient neuf otages européens. Des dirigeants d'Aqmi sont régulièrement vus dans ces zones du nord du Mali.
"Vol de moto"
La première amputation publique effectuée par les islamistes dans le Nord remonte au 8 août à Ansongo. Il s'agissait d'un homme accusé d'avoir volé une moto, qui a été mutilé par des hommes du Mujao.
Le 29 juillet, des membres d'Ansar Dine avaient lapidé à mort, en public, à Aguelhok (nord-est) un homme et une femme auxquels ils reprochaient d'avoir eu des enfants sans être mariés.
D'autres couples jugés "illégitimes", des hommes accusés d'avoir bu de l'alcool, de fumer, ou encore d'être des voleurs ou des violeurs ont aussi été fouettés en public par les islamistes dans plusieurs villes, notamment à Tombouctou (nord), où ils ont aussi détruit des tombeaux de saints musulmans vénérés par la population.
Les autorités maliennes, des organisations de défense des droits de l'Homme et l'ONU ont dénoncé ces agissements, mais se sont révélées impuissantes à y mettre un terme.
Profitant d'un coup d'Etat militaire le 22 mars qui a déstabilisé le pouvoir à Bamako, les islamistes ont pris le contrôle du nord du Mali entre fin mars et début avril, en même temps que des rebelles touareg qu'ils ont, depuis, évincés de ces zones.
Le 1er septembre, le Mujao a pris sans combats Douentza, ville stratégique de la région de Mopti, dans le centre du pays.


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