jeudi 6 février 2014

Matoub Lounes - Documentaire Complet





Publiée le 6 févr. 2014
Lounès Matoub, plus communément appelé Matoub Lounès, est un chanteur et poète kabyle, engagé dans la revendication identitaire berbère.
Il est né à Taourirt Moussa Ouamar le 24 janvier 1956, en Kabylie, Algérie. Il meurt le 25 juin 1998, assassiné sur la route de At Douala. Officiellement, cet assassinat est attribué au GIA. Mais le pouvoir algérien est accusé, notamment par sa famille de l'avoir assassiné.
Matoub acquiert un statut de martyr pour les régionalistes et militants kabyles, qui estiment que leurs droits sont bafoués.
A l'age de neuf ans, il fabrique sa première guitare à partir d'un bidon d'huile de moteur vide, et compose ses premières chansons durant l'adolescence.
Sa prise de conscience identitaire et culturel débute à la confrontation armée entre les Kabyles et les forces gouvernementales en 1963-1964.
En 1968, le gouvernement algérien introduit une politique d'arabisation dans le système éducatif au détriment du berbère. Matoub réagit en n'allant pas à l'école. Finalement, il quitte le système éducatif et devient autodidacte. En 1978, il émigre en France à la recherche de travail.
Arrivé en France, Matoub Lounès anime plusieurs soirées dans des cafés parisiens fréquentés par la communauté kabyle. C'est là qu'il se fait remarquer par le chanteur Idir qui l'aide à enregistrer son premier album, Ay Izem, qui remporte un vif succès.
En 1980, le poète se produit pour la première fois à l'Olympia en plein évènements du printemps berbère. Il monte alors sur scène habillé d'une tenue militaire pour manifester son soutien aux manifestants kabyles.
Il s'oppose à la politique d'arabisation et d'islamisation de l'Algérie. Il parle le kabyle, le français, et comprend l'arabe sans l'employer. C'est un partisan de la laïcité et de la démocratie, et s'est fait le porte-parole des laissés-pour-compte et des femmes.
Opposé à l'islamisme et au terrorisme islamiste, il condamne l'assassinat d'intellectuels. Il fut enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA (Groupe Islamique Armée), puis libéré au terme d'une mobilisation de l'opinion publique de la communauté kabyle. La même année, il publie un ouvrage autobiographique, Rebelle, et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.
Le 25 juin 1998, il est assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à At Douala en Kabylie à quelques kilomètres de son village natal (Taourirt Moussa). Les conditions de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes, tandis que toute la région connut plusieurs semaines d'émeutes.


lundi 3 février 2014

Contribution/ Lounès Matoub : sa première expérience sur scène


03/02/2014 - 16:00 par SIWEL - Agence kabyle d'information


TIZI-WEZU (SIWEL) — Dans une contribution à Siwel, Mokrane Roudjane, évoque la première expérience de Matoub Lounes sur scène.
Contribution/ Lounès Matoub : sa première expérience sur scène
Par Mokrane Roudjane

Il fit sa première entrée sur scène l’été de l’année 1970, comme tout débutant, à l’occasion d’une fête de mariage, au village de Timegnounin, dans le voisinage de Taourirt Moussa.
Il accompagna, comme tout novice, un aîné, le chanteur Tilwa en l’occurrence.
Natif du même village, le vieux Tilwa excellait dans l’art musical et passait pour le Maître de bien de jeunes chanteurs de la région. 

Tilwa était une école, un grand artiste qui aimait chanter les faiblesses et les souffrances de son époque, de son peuple. Il excellait dans l’analyse et l’expression des sentiments. Il chantait les blessures, encore fraîches, de la guerre, l’émigration qui vidait les villages, l’amour, la jeunesse…
Lounès Matoub avait, tout juste, quatorze an d’âge. Si jeune, il fît pour la première fois, connaissance avec le public. Une expérience des plus marquantes…
La fête – à l’occasion d’un mariage – battait déjà son plein à leur arrivée sur les lieux. L’atmosphère vibrait déjà à la force du bendir sous les coups de baguettes experts d’un meddah, le troubadour traditionnel. 

Une foule de spectateurs enthousiasmés l’entourait. Parfois, quelques jeunes enhardis se jetaient au centre du cercle et exécutaient un tour de danse.
La scène, la tinda, était déjà prête et n’attendait plus que le Maître.
De la maison du marié, s’élevaient, par intermittences, des youyous, comme pour rappeler aux hommes que les femmes sont présentes et participent également, à leur manière, à cette fête.
Timidement, collé à lui comme son ombre, Lounès Matoub suivait son parrain. Vraisemblablement – on le serait à moins – il eut le trac… ce n’était plus un cercle de copains, auquel il était habitué, mais toute une foule, des adultes qu’il aurait en face à lui… Peut-être eut-il envie de fuir, d’abandonner… 

Le meddah, ayant remarqué que son cercle de spectateurs s’éclaircissait peu à peu, redoubla d’efforts, dans l’ultime espoir de les retenir. En vain. Le public, dès qu’il entendit les premières notes, le quittât pour aller écouter le célèbre Tilwa.
De bouche à oreille, on se posait déjà la question : qui est donc ce garçon assis à côté du Maître ? Il est si jeune ! Tous les yeux, de curiosité pour tout ce qui est nouveau, étaient braqués sur Lounès Matoub. Lui qui préféra, sans doute, qu’on oubliât jusqu’à sa présence, car tous ces yeux, fixés sur lui, le mettaient mal à l’aise. 

Visiblement, il faisait des efforts surhumains pour se concentrer sur ses cordes afin d’éviter les fausses notes. Il avait à cœur de faire, pour sa première apparition en public, une bonne prestation…
Le pauvre troubadour ou meddah, de guerre lasse, n’ayant que quelques enfants, plus chahuteurs que spectateurs, autour de lui, rangea son tambour et ses bâtons.
Dégoulinant de sueur - tous ces efforts ! -, bouillonnant de colère contre cette concurrence « déloyale » à ses yeux, se résigna à aller se plaindre auprès du maître des lieux, au moment où Tilwa et Lounès chantaient « A Jedjiga ». 

Paradoxalement, alors que le public applaudissait de satisfaction, à l’écoute de cette chanson, tube de cet été-là, le troubadour, lui, dans son courroux, se frottait les mains : il venait de trouver l’argument massue afin de faire taire ses concurrents…
« Jedjiga » (la fleur), titre d’une chanson exprimant l’éloge à l’amour, à la femme, à toutes les femmes, est aussi un prénom féminin et, par pure coïncidence, le prénom de la mariée du jour. Il n’en fallait pas plus pour crier à « l’indécence ». 

Le meddah fit donc son plein de chahut, influa sur la décision du maître des lieux… Le spectacle, à peine commencé, fut interrompu.
En descendant de la scène, plus pour affirmer un sentiment vrai, profond – ce sentiment qui le guidera tout au long de sa brillante carrière, jusqu’à sa mort – que pour s’excuser, Lounès Matoub eut, à l’adresse du public, ces mots :
- Je suis votre frère. » 

MR
(Extrait d’Abc Amazigh n°16 et d’Abc Amazigh, une expérience éditoriale en Algérie, volume 2) 

SIWEL 03 1458 FEV14

SLIMANE AZEM azal i d as-tefka tmedyazt

SLIMANE AZEM

azal i d as-tefka tmedyazt

    
D acu  i d amedyaz ma yella mačči d win i d-yeqqaren tiqerḥanin?  Amek ara sen-semmi amedyaz i bu wawal yeknan ɣer tmurṣaḍ?  Amdyaz n tidet  d win i d-yefren  lqum akken ad as-yili d azamul.  Mačči d win i wumi gan iduba leqrar . Ɣef waya, n wawal  yeqqar  Pierre Ronsard: “ Ala Ṛebbi d  umedyaz i  yesnen lɣerza n tidet”. Agdud mi yufa ayen yebɣa ɣer bab n wawal yettara-t  nnig leɛnaya-s. Yeseḥbibir fell-as seg wamus, yettḥareb fell-as deg yir tagnit. Yeqqar Josepḥ Von Eichendorff : “ werǧin yezi s waɛrur umkan anda i s-teɣli timiṭ i umdyaz”. Aya yella acku akken i s-yenna Démosthène: “ cetla n yimedyazen d tilelit” imi akken i s-yenna si ljiha-s Alphonse de Lamartine: “ tiɣri  n yimedyazen d tiɣri n wid ur nezmir ad gren tiɣri”.
S wakka ad naf llan kra n yimdanen lulen-d akken ad ɛabbin iɣeblan n tmeti deg i ttidiren i wakken ad snefsusin fell-as( ɣef yimdanen-is)  taɛkemt n wussan,  taẓayt n yieaggasen . Imdanen am wigi ttwafernen sɣur taqedrit i wakken ad ad neǧren abrid nniḍen i tudert. Llan i wakken ad llin iberdan nniḍen i lɣaci, akken ad leqqmen asirem deg ulawen n yigduden deg uḍan d wussan ideg  teqfar lehna akked  tumert.  Amezruy di yal lqern yefka-d irgazen yettqazamen tiswiɛin n cedda akken ad gen lewhi i yiɣerfan umu yeɛreq anda yella yixef-nsen.  Imedyaten ɣef yirgazen  am wigi mačči d yiwen mačči d sin.  Imḥadiyen-agi ɣef i d-newwi awal zemren ad illin d imyura, d imedyazen, d icenayen,  d isertiyen neɣ d igrawliyen…maca ay akken yebɣu yella uḥric deg sefrurin tikta-nsen,  lebɣi-nsen, ama s lqesd neɣ melba lqesd, d yiwen:  azuzen n lejruḥ seg tasiwin n yigduden yettwarekḍen. Ay anda bɣun illin ttawin gar ifasen-nsen senjaq n lḥaq akken ad ɣeḍelen  yis ijga n  lbaṭel. 
Sliman Azem yella seg yimdanen( imusnawen)  i tefren tawenza akken ad iɛabbi weḥdes lḥif id yeɣlin ɣef ugdud anda id yuɣ aẓar  ama di lawan n trad akked urumi neɣ  di lawan id yellan deffir timunent n tmurt n Lẓẓayer. Seg assen deg yebda ccna  armi d-asmi iɣ-teɣder deg-s  tmattent ur yesusem xas akken anec-ten yewwi-as-d mačči d-izli  n iɣeblan akked iɛwiqen. Ur yessusem ara,  acku am akken is-yeqqar Matoub Lounes: “ ma tneṭqeḍ-d yedda leḥq-ik/ tasusmi ur as nezmir-ara”.  Tikti-agi ula d Sliman Azem s timmad-is yules-as-id deg ifyar-agi: “di lɛeqel-iw sexdameɣ/ acuɣer ttɛebbiɣ rennuɣ/ ufiɣ d ṣṣber i xtareɣ/ ad ṛzeɣ wala ad knuɣ” neɣ diɣ: “ llan wid yenṭaren/ ula d lhedra ulac/ rɣan ɣer daxel ṣṣebren/ ulawen-nsen di leɣcac/ yenza lḥeqq s yidrimen / ccfut fell-as ay arrac/” . Ifyar i-iffuk-iten  s tiɣri-agi laqayen: “ nekk meqqar la d qqareɣ/ ayen yellan deg ul-iw”  .   Ihi Sliman Azem iɛebba lḥif n timeti deg id illul , yerna-t ɣef lḥif id –as d tewwi twenza-s netta yedren tudert n imenfi xas akken ur yukir ur yenɣi yiwen am akken i t-yenna deg ifyar-agi :  : “ I lukan ay atmaten/ a neseḥseb a newzen/ weḥdi i rebbaɣ lḥif!”. Mi ara testeqsin leḥbab  acu n n tmara i t-yerran? Lejwab yekka-d imir kan: “ d luɣa-nneɣ iyi-ɣaḍen/ amek alarmi i tt-ḥaqren/ tettweɛzal tuɣal di rrif!”. 
Tudert n Sliman Azem d tagrawla mgal tamuḥaqranit, mgal lbaṭel, mgal adabu yerran aɣref ɣer ddew iḍaren-is, mgal wid yeggulen ad aɣbun isem n uqbayli akked idles amaziɣ sumata di tmurt-is. Werǧin iccuḥ akken ad yessewɛad s wawal widen igeẓren  ixef n ugdud. Kra yedder  werǧin yedduri timerzuga smecḥen imesbaṭeliyen, yeṭṭfen srima n tmurt, i yemdanen. Ɣef aya  agdud ifren-it  yerra-t   d- itiri wuɣur yettmuqul deg uḍan iberkanen akken ṭṭya n tafat ad-as-id iban anda i-tt-yuɣ lḥal. Anect-a yesfhem-it-id   Matoub Lounes deg ifyar-agi yecna ɣef uzamul n lḥeqq asmi id as yenna: “Mmi-s n ugni geɣran/ i ɛedbent lemḥen/di lɣerba yejreḥ wul-is/ ɛammi Sliman aɛzizen/ isem-is ɣer medden / d-itij mi ara d yebru i nnur-is/ yesakay widen yeṭṭsen/ akken ad fiqqen/d lmeḥna id yebdan tikli-s.” Teɛdda  yiwent n tallit, isem n Sliman Azem d-aseṭaf ad yettwabder. Medden, xas ma wwin-d awal-fell-as , s tufra kan deffir leḥyuḍ. Ha win id isalen!  Tizlatin-is tɛaddayen s ddew uffus. S tufra isen-t sallen lɣaci. Maca wi cqa , imi deg ul n leqbayel  isem-is akked  lɛaza-as ttwaḥerzen am akken id t-id yenna umedyaz: “ Sliman Ɛazem/ aɛni zemren a teɣbun/ ksed acu ur as-xedmen/ akken leḥbab a tettun/ yezdeɣ deg ulawen/  i syen-nni anwa ara t-yenfun?”. S tidet! Yal mi ara yenfel  lbatel ad yeffeɣ si tɣuza akken ad yeglu s lḥeqq yellan,    s yisem n Slimane Azem  i tendeh timeti, ɣer-s i ttɛanin widen yenṭaren. Akka am Ṣalah Saɛdawi is-yeqqaren: “ llah llah a ɛami Sliman/ Ɣeḍren-iyi s laman/ dḥiɣ-d d-aɣrib di tmurt-iw/”. Akka i tettwali timeti deg umedyaz, d itiri yesenɛaten iberden deg uḍan n lyali neɣ d lwali yesnusuyen cedda ɣef ulawen am akken is yenna Ait Meslayen: “ Sliman d lḥasnawi/ d lecxay ɣef id nḥafeḍ/ Si Muhend  u Mḥend a lwali/s-isefra-k iɣ-id sekreḍ/ yiwen, nedeh ma neɣli/ si lqeɛa aɣ-id refdem”. 
Asmi id yesufeɣ Lounis Ait Menguellet deg useggas n 1976 tizlit “ kêčč ṛṛuḥ nekk ad qimeɣ”  yakk leqbayel ɛaqlen anwa i teqsed tizlit. Anda ma teddiɣ ala win ara k yinnin ;”tesliḍ i tiɣri yegger Lounis i Slimane Azem?”. Ayen-nni  mačči d lmuḥal, imi deg isaggasen-nni yewɛer akken ad yebder umdan isem n Sliman Azem ɛinani. Yewɛar acku ddew leḥkem n ẓẓur id yesers ukabar awḥid FLN teḍra-t d Sliman Azem am akken i teḍra d yirgazen n tisertit  am Krim Belkacem, Hocine Ait Ahmed, Boudiaf isem-nsen yettuɣeba.  Amcum d win ara ten-id yedren. Ɣef aya, asmi id yecna Lounis tizlit “ Ṛṛuḥ ad qqimeɣ” nnig lewhma,medden nnan ayyuz i tebɣest n Ait Menguellet ɣef ayen-nni. Tiɣri n Lounis i Slimane Azem tekka-d si tasa,  ifyar yesexdem  Lounis d wid yettceliḥen deg ulawen, yesendafen aggasen iḥuzan ixef-is : “ ma tseḍher-ḍ  i mmi-k/ ur ḥadreɣ-ara/ awid deg allen-ik/ ayen ur ẓreɣ -ara/ menneɣ amkan-ik/ulukan sseɛa/ ṛṛuḥ di laman / ur tedduɣ ara/…tin akken ara izewǧen/xas ḥḍer i tmeɣra/ asmi it-id xeḍben / ɣileɣ mačči akka/ wina akken ara tt-yaɣen/ manneɣ-as lehna/ ṛṛuḥ di laman/ ur tedduɣ ara”. Di lǧera n Lounis, Matoub diɣ yegger tiɣri i yitri n lfen  n tmurt n leqbayel Slimane Azem. Tiɣri n Matoub teččur d urrif akked chani ɣef lbaṭel i-iḥuzan win akken tettɛuzzu tmeti wakali. Matoub ur yedrig tamselt netta is-yaqaren: “ ufiɣ-t yedaray  ussan/ win i-iwela s yeḥku/iṭij-is d  yiḍ i  t-yernan/ kul-ass yettraǧǧu/ iḥer ad yezzi ɣer umkan  / deg Agni Yeɣran/ ẓran fell-asen i yettrru / muḥal aten-yettu” . Tiɣri yeddem Matoub  teɣza di lbaṭel yellan, yugi wul-is ad yeqbel neffu n Slimane Azem: “ semaḥt-as ɣef acu id yenna/ǧǧet-tt a n-yuɣal/ d wid i-iḥub i-icedha/ ma d lebɣi-s imal/ allaɣ-is lehna ur tebɣa / yura-d s tlufa/ teẓrut tenǧer s tḥamel/ si lbaṭel aderɣal/” am akken is yettkemil kra n tsadarin ɣer zdat: “  aten ibedd am uɣanim/ yetthuzu-t waḍḍu/ ɣef ul-is yedleq nsim/ ma d-iẓri-s yettru/ass-a aten yuɣal d-idmim/ a tamurt mmi-m / lxaṭer-is yugi akem-yettu/ fell-am yesfru” . 
Matoub Lounes  d Lounis Ait Menguellet  ksen aɛjar n tsusmi iḥuzan Slimane Azem d-isaggasen yakken.  Uɣalen medden umnen d-akken lbaṭel yezmer ad yettwikes ɣef win rran d azamul n lheqq, d bab n tmusni, d-amedyaz –nsen. Deg isagassen n tmayin nnulfaten-d tisfifin, uɣalent ( xas dima s tufra) ttnuzun-t di leswaq seg wa ɣer wa, seklasen medden ayen isen-id yecna uɛazem-nsen. Maca lbaṭel ɣer ass-a ur yettwaṣfeḍ ɣef ucenay ḥamlen leqbayel imi tamṭelt-is tella-d di lbarani. Ulac aɣmis id yemeslayen ɣef tamtelt-is di lawen-nni. S tizlit “ tamselt n  Sliman”  yecna Matoub Lounes  id yewweḍ yir asali imdanen. Di tazwara n-usefru d neqma id yettmaslayen am deg yifyar-agi qesiḥen:  “ d-acu id yi-ǧǧen akka/ teẓram tɛemdem/ terra-m i yimmi-w ṣrima / yis i ttudeqqem/ tura tjemeɛ-iyi Franṣa/ beddleɣ nekwa / fiḥel a ttwehmem” . Temeslay-d neqma uqbel a tezger ɣer usḥisef: “ aṭas i tṣebreḍ/ aṭas i tɛetbeḍ/ tagara…d aɣrib i tmeṭleḍ!” acku “Tefɣeḍ tamurt ur d tezziḍ/ aẓar ur teǧǧiḍ/ anwa ara yilli d awrit-ik?/ taɣawsa tebɣiḍ ur tt-teqiḍi-ḍ/ ” lbaṭel tuggi-ḍ/ si zikk teẓri-t d axṣim-ik/ mačči d  yiwen id tesaki-ḍ/ tesfreḍ tecniḍ/ xas tekfiḍ mazal isem-ik/…. iruḥ dayen/ dayen ur as-tselem/ siwa ayen iɛadden ifut!/” . Di ccew tenquqel tmurt, tḥulfa i tadyant yeḍran: “ yefsi udfel di Ǧreǧra/ fɣent  tiregwa/fallent yakk wehmen medden/ aṭas ur nummin ara / ɣilen tikelt-a/ am tikelt deg iten-kelxen/ la ttrun lfehmin meṛṛa/ tewḍed ɣer lḥara/ tcebḥed tidet s lekfan!” . Yir asali yenneḍ di lḥara imi: “ Agni yeɣran/ teẓriḍ ayen yellan/ win akken id t-rebbeḍ yemmut!” Yemmut Slimane Azem, terreẓ teqbaylit deg ifer. Mača lawan yessen amek ara d yer ttar, at lḥaq wergîn ad ɣbun imi ass-a yugar zikk-nni wamek mazal yella  Slimane Azem gar-nneɣ. Mazal-it gra-nneɣ  s-isefra yexdem. Ɣer ass-a yisen i  nettawli abrid icudden ixef-nneɣ ɣer yixef-is.  Isefra iɣ-id yettmeslayen s teqbaylit ɣef teqbaylit am  akken is yenna umedyaz: “ Ur yemmut lḥeq / xas yeɣba ad –ad yuɣal/ asen ad yeṭerḍeq/ as ikkes i znad ucakal/ lbaṭel ad ifalaq/ad yeɣbu ur d yettuɣal!”

mercredi 29 janvier 2014

Ferhat Mehenni Yennayer 2964 à Hôtel de ville de Paris



Publiée le 29 janv. 2014
Ferhat Mehenni Yennayer 2964 à Hôtel de ville de Paris

Les ravisseurs exécutent Amirouche Mebrek | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie



Il a été enlevé vendredi soir dernier à At Zmenzer
Amirouche Mebrek - Tamurt.info
Amirouche Mebrek - Tamurt.info
La victime a été tuée à l’arme blanche, probablement hier soir. Son corps porte plusieurs coups de couteaux au niveau de différentes parties de son corps.
29/01/2014 - 11:37 mis a jour le 29/01/2014 - 12:24 par Saïd F.
Le corps du jeune Mebrek Amirouche, 38 ans, enlevé vendredi soir par un groupe armé à At Zmenzer, 15 km au sud de Tizi Ouzou, a été retrouvé ce matin sans vie, dans un ravin de la région d’Agueni Gueghrane au lieu-dit Azuguer.
La victime a été tuée à l’arme blanche, probablement hier soir. Son corps porte plusieurs coups de couteaux au niveau de différentes parties de son corps.
Une onde de choc s’est emparée de toute la population de Tizi Wezzu.
Les ravisseurs ont exigé une rançon de 300 millions de centimes contre sa libération alors qu’Amirouche n’est qu’un simple commerçant ambulant.
Les habitants de la région d’At Zmenzer n’ont pas répondu à ce chantage et ont refusé d’abdiquer. Le jeune Amirouche, père d’un enfant de trois ans, a été enlevé dans la région de Ouadhias par un groupe armés et encagoulés vendredi soir.
Les services de sécurité n’ont même pas bougé le petit doigt pour sauver la victime, laissant ses proches et les habitants de la région livrés à eux même.
Saïd F, pour Tamurt.info

Les gendarmes connaissaient l’un des ravisseurs d’Amirouche | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie



De l’aveu même du colonel de la gendarmerie Doual Djilali
Les journalistes ont tous respecté les directives de ce colonel et n’ont soufflé aucun mot à ce sujet dans la presse ce matin. Malheureusement, le jeune Amirouche a été tué hier soir et a été retrouvé mort ce matin !
29/01/2014 - 11:57 mis a jour le 29/01/2014 - 12:58 par Saïd F.
Lors d’une conférence de presse animée hier au siège du commandement de la gendarmerie de Tizi Wezzu par le colonel Doual Djilali, ce dernier a fait une déclaration des plus surprenantes à la trentaine de journalistes présents pour couvrir l’affaire du jeune Amirouche Mebrek, enlevé à Ath Zmenzer vendredi dernier par un groupe armé.
« Nous savions qui est derrière cette affaire. Le chef de ce groupe armé, nous l’avons identifié. Il s’agit d’un repris de justice notoirement connu. C’est lui qui a planifié et dirigé ce kidnapping. Nous avons même localisé approximativement la victime et les ravisseurs. L’affaire connaîtra un dénouement ce soir ou plus tard demain matin. Mais je vous supplie de ne rédiger aucun mot sur ce que je viens de dire, sinon les ravisseurs vont exécuter l’otage », a déclaré hier le premier responsable de la gendarmerie à Tizi Wezzu à la presse.
Les journalistes ont tous respecté les directives de ce colonel et n’ont soufflé aucun mot à ce sujet dans la presse. Malheureusement, le jeune Amirouche a été tué hier soir et a été retrouvé mort ce matin !
Les dires de ce colonel sont vérifiés sur le terrain, mais les auteurs ne sont pas arrêtés. Pourquoi les services de sécurité ne sont pas intervenus à temps puisque le lieu de la séquestration d’Amirouche était connu et que le chef de ce groupe armé a été identifié et surveillé même de près de surcroit ?
S’agit-il d’une bavure professionnelle ou d’un acte délibéré des services de sécurité ?
La dernière thèse est la plus probable. Les services de sécurité ne se sont jamais intervenus pour libérer aucun otage à Tizi Ouzou dans pas moins de 80 affaires de kidnapping enregistrées depuis 2006 dans cette région de Kabylie.
Aujourd’hui, tout un pays, la Kabylie, pleure son enfant assassiné.
Saïd F, pour Tamurt.info

Tizi Ouzou : Amirouche Mebrek, kidnappé à At Zmenzer est retrouvé mort 29/01/2014 - 11:53

Tizi Ouzou : Amirouche Mebrek, kidnappé à At Zmenzer est retrouvé mort

29/01/2014 - 11:53



IWADIYEN (SIWEL) — Selon des sources proches des services de sécurité algériennes, six jours après son kidnapping à At Zmenzer, le corps sans vie du jeune commerçant kabyle de 38 ans, Amirouche Mebrek, a été retrouvé aujourd’hui, mercredi 29 janvier, par des éléments de la gendarmerie algérienne dans la région d’Iwadiyen ( Ouadhias)


Amirouche Mebrek avait été kidnappé, vendredi 24 janvier ,par un groupe non identifié, à At Zmenzer. Ces ravisseurs avaient ensuite pris contact avec la famille pour réclamer une rançon contre libération de l'otage. Un phénomène particulièrement courant en Kabylie qui cumule pourtant sur son territoire un nombre impressionnant de forces de sécurités. 

zp, 
SIWEL 291153 JAN 14
 

ÉVOCATION

Slimane Azem ou le complice des modestes

Par : R. Salem
Il y a 31 ans disparaissait Slimane Azem, à l’âge de 65 ans. Tout comme cheikh El-Hasnaoui, il est considéré comme le père de la chanson kabyle de l’exil.

Trente et un ans sont déjà passés depuis que Slimane Azem quittait à jamais cette vie évanescente, à l’aurore du 28 janvier 1983, à l’âge de 65 ans, pour rejoindre l’Eternel. Natif du village Agouni Gueghrane, au pied du Djurdjura, le 19 septembre 1918 dans une famille modeste, Slimane Azem côtoya très jeune les bouleversements de l’expulsion et du chagrin en quittant le giron de la Kabylie qui l’a enfanté. Ayant déserté à 12 ans les bancs de l’école, son statut social le contraint à trimer dans une ferme appartenant à un colon afin de satisfaire les besoins de sa famille. À peine adolescent, il s’envola, en 1937, pour la France où il devait accepter, malgré lui, son triste destin, puisque forcé à l’exil. Faisant face à un monde qui se montrera bien souvent très tenace et cruel envers lui, Da Slimane sera aussitôt recruté dans une aciérie de Longwy, dans le département de Meurthe-et-Moselle au nord-est de la France, où il a travaillé durant 2 ans, avant d’être mobilisé à Issoudun (département de l’Indre).
À sa réforme, en 1940, il rejoindra le métro qu’il évoquera plus tard dans ses lamentations sur l’exclusion, avant de se voir réquisitionné pour le Service du travail obligatoire (STO) pour coudoyer les quartiers de travail de la Rhénanie – une région de l’ouest de l’Allemagne qui doit son nom au Rhin qui la traverse – de 1942 à 1945. À son retour à Paris, il s’affairera dans la gestion d’un café dans le 15e arrondissement. Alors qu’il se produisait pour la première fois en compagnie d’un orchestre amateur, il a été découvert par Mohamed El-Kamal, célèbre chanteur et spécialiste du jazz, qui l’encouragera à se lancer dans son propre répertoire, tout en l’invitant à prendre part à une tournée avec son groupe. En 1951, Da Slimane signe l’enregistrement de sa première chanson, A Moh a Moh, dédiée au poète kabyle Si Moh Ou Mhand. Et c’est ainsi que Madame Sauviat – seule disquaire spécialisée de l’époque – le présente à Ahmed Hachlaf, qui était directeur artistique du répertoire arabe auprès de l’édition Pathé-Marconi.
Dans une thématique tant évocatrice qu’expressive, Slimane Azem, avec plus d’une centaine de mélodies, d’une diversité existentielle incontestable, a chanté, par la suite, l’identité, la patrie, l’exil, les valeurs sociales ainsi que le sort qui s’est longuement acharné sur sa personne, à tel point qu’il était interdit d’antenne en Algérie, cette terre qui l’a vu naître.
Dans un élan philosophique, Da Slimane s’interrogeait perpétuellement sur le sens de la vie, les tourments de l’humanité, mais aussi les pressentiments spirituels, le respect mutuel, la reconnaissance de l’autre et divers sujets consubstantiels à la vie politique.
Un almanach qui incarne, par narration, celui du célèbre poète Si Moh ou Mhand qui marqua la poésie kabyle du XIXe siècle. Un répertoire qui évoque aussi l’image de la société qu’il interprétait,  celle caractérisée par une dislocation illustrée, des bouleversements véhiculés par l’incurie humaine et le musellement des valeurs identitaires et culturelles. Cependant, si l’exil a, certes, fait souffrir Slimane Azem, qui avait vécu dans l’éloignement de la Kabylie natale tel un cauchemar et une expérience chimérique, cette situation difficile lui a tout de même inspiré les plus beaux hymnes à la patrie et des vers inégalés sur la claustration de l’émigré et les déboires auxquels il est contraint. De son exil oscillant, néanmoins concepteur d'une moralité berceuse à nulle autre pareille, Slimane Azem était en perpétuelle quête d'une terre intérieure jamais fixée dans sa fécondité mélodique. Ce drame personnel marque son répertoire musical qui s’articule autour de plusieurs thèmes : l’exil bien évidemment [A Rebbi kec D amaiwen (les oiseaux migrateurs)], mais également la bonne morale [Berka yi tissith n chrab (que je cesse de boire du vin)], la tradition ou la nostalgie (Algérie mon beau pays)… Dans la foulée, soulignons que Slimane Azem est à l’origine de nombreux sketchs comiques avec son comparse cheikh Nordine, comme Madame, encore à boire !,  chanté en français et en kabyle. Tout comme cheikh El-Hasnaoui, il est considéré tel le père de la chanson kabyle de l’exil. D’ailleurs, le premier disque d’or qui lui a été discerné en 1971, en sa qualité de chanteur algérien, en compagnie de Noura, est témoin de cette carrière ô combien glorieuse. Au cours des années 1970, il s’installe à Moissac, un hameau qui lui rappelait sa Kabylie natale et son village Agouni Gueghrane, où il avait le loisir de cultiver et d’entretenir ses figuiers. Nonobstant, la fixité mélodique est paradoxalement le fruit de cette errance harmonieuse qui remplit l'âme meurtrie de son village qui n’a même pas eu la chance d’accueillir sa dépouille, puisque, comble de l’incurie, sa tombe se trouve au cimetière de Moissac (Tarn et Garonne), en France. “À vous les jeunes de mon pays, donnez-moi votre parole d'honneur de continuer ce chemin que j’ai entrepris, bien qu’il soit sinueux, pour me remémorer comme si j'existais toujours”, telle est la dernière expression de Da Slimane, adressée, juste avant sa mort, aux jeunes de sa Kabylie natale. Comme disait Kateb Yacine, “on peut retirer ses terres à un homme, mais on ne peut retirer la terre du cœur d'un homme !”.

R. S