vendredi 24 janvier 2014

Elle a été inaugurée par le pouvoir au mois de juin dernier

Elle a été inaugurée par le pouvoir au mois de juin dernier
Six mois après son inauguration, la stèle est gagnée déjà par le délabrement. La photo de Matoub et les deux poèmes sont partiellement éclatés. La couleur du marbre avec laquelle a été construite commence déjà à palir. La stèle est d’une qualité médiocre.
24/01/2014 - 00:01 mis a jour le 23/01/2014 - 23:13 par R. Moussaoui
Le pouvoir central d’Alger n’honorera jamais un homme de bonne famille issu de la Kabylie. C’est une règle. Le cas de la stèle érigée à la mémoire de Matoub Lounès au mois de juin dernier par le pouvoir renseigne sur le mépris des décideurs envers le Rebelle.
Six mois après son inauguration, la stèle est gagnée déjà par le délabrement. La photo de Matoub et les deux poèmes sont partiellement éclatés. La couleur du marbre avec laquelle a été construite commence déjà à palir. La stèle est d’une qualité médiocre.
Renseignement pris, le coût de cette stèle est de 35 000 dinars, soit moins de 250 euros ! Cette stèle dite commémorative a été financée par un particulier que l’on dit entrepreneur des travaux public à Tizi Wezzu. Matoub Lounès,rifié sa vie pour la Kabylie ne mérite-t-il pas une stèle digne de ce nom ? C’est une insulte à sa mémoire de laisser le pouvoir le dénigrer de la sorte.
Dans quelques mois ce monument sera anonyme ! D’abord ce n’est pas sa place initiale. La place Matoub Lounès était le carrefour devant la cour de la Justice de Tizi Wezzu, mais le wali a préféré la déplacer vers un autre endroit, plus loin, pour ériger cette dite stèle entre des arbres, un lieu presque caché.
Le comble dans cette affaire c’est que même la sœur de Lounès, Malika, a accepté et a cautionné cette initiative humiliante envers Matoub Lounès. La place a été inaugurée par El Kachafa El Islamia (scouts musulmans) !
R.Moussaoui cet homme qui a sac

jeudi 23 janvier 2014

Matoub revient… - La Dépêche de Kabylie

COMMÉMORATION DU 58E ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DU REBELLE

Matoub revient…


La Fondation Matoub Lounès, présidée par Malika Matoubqui n’est autre que la sœur du rebelle, organise deux journées culturelles, les 24 et 25 janvier, pour commémorer le 58ème anniversaire de la naissance de feu Matoub Lounès qui naquit un 24 janvier 1956 dans le village de Taourirt Moussa, dans la commune d’Aït Mahmoud, dans la daïra de Béni Douala.
Le rebelle n’a pas perdu de sa notoriété malgré son lâche assassinat par les hordes terroristes, le 25 juin 1998 au lieudit «Tabarkoukt» au village Tala Bounane. Celui qui ce définissait comme le «patriote de toutes les patries opprimées» restera à jamais l’homme qui a consacré toute sa vie pour défendre les causes justes, celui qui disait tout haut ce que les autres pensait tout bas, comme il le disait, lui-même, dans l’une de ses chansons. Il s’est toujours battu pour ses idées et pour la reconnaissance de l’identité, de la langue et la culture amazighes. Lounés était un fervent patriote qui aimait l’Algérie d’un Amour «Réel». Il a chanté plus d’une chanson à la gloire de notre glorieuse révolution et de ses martyres tombés au champ d’honneur. En cette occasion, un programme a été mis sur pied par la fondation qui porte son nom, où il sera question d’une exposition continue de photos et d’objets ayant appartenu au rebelle, que les visiteurs pourront découvrir au niveau du siége de la fondation, les 24 et 25 du mois en cours. Des conférences, également au menu du programme de cette commémoration, auront lieu au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Dans la matinée du vendredi 24 janvier, vers 10h, il sera procédé au dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe du défunt, avec des prises de parole, et s’en suivra une «waâda» qui sera offerte par la famille du chantre à tous les visiteurs qui viendront honorer la mémoire de Lounès. Une série de conférences-débats sont au programme de la journée du 25 janvier au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou à partir de 13h. La première communication sera animée par Abdenour Abdeslam. Idir Ait Maamar présentera, quant à lui, une conférence intitulée «L’impact de l’assassinat de Matoub Lounès sur l’engagement de la jeunesse pendant les événements du printemps noire». Lynda Ouattah présentera, elle, une communication sur «La mort et l’espoir dans l’œuvre poétique de Matoub Lounes».
Karima Talis

mercredi 22 janvier 2014

Matoub, interview inédite de 1985.



Publiée le 24 nov. 2013
Matoub affirme qu'il ne croit plus à cette religion de Mohammed. Il affirme aussi qu'il n'a rien contre les Arabes de par le monde, mais il a une haine viscerale des amazighs qui prétendent être arabes.
tahar djaout ..........da mouloud mammeri
Lettre à Da L'mulud

par : Tahar Djaout
Lettre de Tahar Djaout à Mouloud Mammeri

Cette lettre a été écrite par Tahar Djaout après la mort ( 25 le 1989 février ) de Mouloud Mammeri en 1989 et a été publié par AWAL.

Comme il va être dur de devoir désormais parler de toi au passe! Quelques heures après ta mort, que ta famille et tes amis ignoraient encore, un universitaire qui venait d'assister a ce colloque d'Oujda d'ou tu revenais toi aussi m'entretenait de toi. Il me disait, entre autres, que tu avais passe sept heures a la frontière; trois heures et demie du cote algérien et autant du cote marocain. En dépit de ce que tu as donne a la culture maghrébine, tu demeurais un citoyen comme les autres, un homme qui n'a jamais demande de privilèges qui a, au contraire, refuse tous ceux qui lui ont été proposes. Depuis le prix littéraire qui a couronne ton premier roman et que tu as refuse d'aller recevoir, tu t'es méfie de toutes les récompenses parce que tu savais qu'elles demandaient des contreparties. Tu n'étais pas de ces écrivains qui voyagent dans les délégations officielles, dans les bagages des ministres ou des présidents, et qui poussent parfois le cynisme jusqu'a écrire, une fois rentres, des articles contre les intellectuels aux ordres des pouvoirs !

Tes rapports avec le pouvoir (tous les pouvoirs) ont été très clairs; une distance souveraine. Tu étais, au lendemain de l'indépendance, président de la première Union d'écrivains algériens. Mais le jour ou l'on était venu t'informer que l'Union allait passer sous l'autorité du Parti, tu avais remis le tablier avec cette courtoisie seigneuriale qui t'est coutumière. Tu n'acceptais aucune contrainte, aucun boulet a ton pied, aucune laisse a ton cou. Tu étais par excellence, UN HOMME LIBRE. Et c'est ce que AMAZIGH veut dire. Cette liberté t'a coûté cher. De toute façon, tu en savais le prix et tu l'a toujours accepte. Tu as été peut-être le plus persécute des intellectuels algériens, toi l'un des fils les plus valeureux que cette nation ait jamais engendres. Le soir ou la télévision avait annonce laconiquement et brutalement ta mort, je ne pus m'empêcher, en dépit de l'indicible émotion, de remarquer que c'était la deuxième fois qu'elle parlait de toi; la première fois pour t'insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n'avait aucun document a nous montrer sur toi; elle ne t'avait jamais filme, elle ne t'avait jamais donne la parole, elle qui a pérennise en des kilomètres de pellicule tant d'intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plume aux ordres du pouvoir.

Mais je vais clore la le chapitre navrant et long des brimades. Ce serait faire affront a ta générosité et a ta noblesse d'âme que de m'attarder a l'énumération des injustices, des diffamations qui glissaient sur toi comme de simples égratignures, qui te faisaient peut-être mal a l'intérieur mais ne transparaissaient pas. Tes préoccupations étaient ailleurs, tu avais autre chose a faire. Et puis, tu respectais trop les autres, même lorsqu'ils te faisaient du mal. Sans avoir jamais prétendu donner de leçon, ta vie, ton comportement, ton courage et ton intégrité constituaient en eux mêmes un exemple et une leçon. C'est pourquoi, toi l'homme modeste et brillant qui ne se montre gène et pris de court que lorsqu'il s'agit de lui-même, tu as toujours été au coeur de ce qui fait ce pays. Et les 200 000 personnes venues de toute l'Algérie escalader ces "chemins qui montent" pour t'accompagner a ton ultime demeure au coeur du Djurdjura témoignent en quelque sorte de cela. Toi l'homme pacifique et courtois, toi qui ne claques les portes que lorsqu'un pouvoir ou une chapelle quelconque tente de t'embrigader, tu as aide, non par des déclarations fracassantes, mais par ta lucidité, par ton travail intellectuel minutieux et soutenu, au lent cheminement de la tolérance et de la liberté.

Qui peut oublier les débuts de l'année 80 ? Des hommes qui nient une partie de la culture de ce peuple (tout le monde heureusement a oublie leurs noms, car ce ne sont pas des noms que l'histoire retient) t'interdisent de prononcer une conférence sur la poésie kabyle. De partout, de Bejaia, de Bouira, de Tizi-Ouzou, la Kabylie se lève pour défendre ses poètes. Et c'est toute l'Algérie qui, peu a peu, année après année, rejettera les baillons, les exclusions, les intolérances, la médiocrité et qui un jour d'octobre descendra dans la rue pour l'affirmer en versant une fois encore son sang. Toi, l'humaniste sceptique et indépendant qui n'a jamais assené de vérité, qui n'a jamais juge personne, tu étais, presque malgré toi, en amont d'une prise de conscience.

Et voici que nous devons désormais nous passer de ta présence chaleureuse et brillante, de ta superbe intelligence, de ta bonne humeur a toute épreuve, de ton endurance physique (on peut difficilement t'imaginer malade, par exemple) qui te faisait faire des centaines de kilomètres par jour pour aller donner bénévolement une conférence et remonter tout de suite après dans ta voiture. Tu es mort au volant de ta 205 (une voiture de jeune) comme le jeune homme fougueux que tu as toujours été. Sois rassure, Da Lmulud, la dernière image que je garderai de toi ce n'est pas celle, émouvante, du mort accidente que j'ai vu mais celle de ce jeudi 16 février ou nous nous étions retrouves avec d'autres amis a Ighil-Bwamas pour discuter du tournage d'un film. Tu étais élégant et alerte comme toujours, en tennis. Tu étais le premier au rendez-vous. Tu nous plaisantais sur notre retard, disant que tu croyais te tromper de jour. Tu étais aussi le premier a repartir, toujours disponible et toujours presse. Tu avais beaucoup de choses a faire, a donner a cette culture que tu as servie généreusement, sans rien demander en retour, supportant au contraire avec dignité les brimades que ton travail t'attirait. Tu étais impatient en ce jeudi 16 février comme si tu savais déjà que le temps pressait. Je te vois monter dans ta 205 et démarrer bruyamment sur la route difficile tandis que nous étions encore a bavarder. C'était la dernière fois que je devais te voir vivant.

La jeunesse assoiffée de culture et de liberté t'a toujours reconnu comme l'une de ses figures symboliques, quelques intellectuels et artistes t'ont toujours témoigne amitié, respect ou admiration dans les moments les plus difficiles. Mais ces derniers mois, c'est tout le monde intellectuel et médiatique algérien qui a commence a comprendre ton importance et qui a recherche ton point de vue. C'est vrai que certains medias, qui avaient peur de "se compromettre", te sont demeures fermes jusqu'a ta mort. Mais que de projets auxquels des gens voulaient t'associer ! que de journaux t'ont interviewe ! Et toi, porte et comme enivre par cette brise de liberté, tu te démenais, tu prenais ta voiture, sillonnais les routes et te rendais partout ou l'on te sollicitait. Oran, Ain-El-Hammam (ou tu devais rendre hommage a Si Mohand ou Mhand et ou l'on t'avait offert un burnous), Bejaia. Et enfin Oujda. Au mois de janvier, a Bejaia, ta conférence sur la culture berbère a draine tellement de monde qu'aucun édifice ne pouvait le contenir. Et c'est dans le stade de la ville que des milliers de gens t'ont écoute et ont discute de leur culture. Quelle belle revanche sur l'interdiction de ta conférence en 1980 ! Quel trajet parcouru depuis cette date sur le chemin de l'expression libre !

Je te revois a cette époque ou nous préparions l'entretien qui allait paraître aux éditions Laphomic. Je me rappelle la vivacité de ton intelligence, ton sens de la repartie, ta pudeur et ta gène lorsque nous sortions du domaine de l'esthétique ou des idées et que je te demandais de parler de toi-même ( ton combat nationaliste, par exemple, ton militantisme au MTLD, ce que tu as souffert durant la guerre, tu ne les évoquais jamais même lorsqu'on te contestait ton passe ou qu'on t'en fabriquait un autre ). Je me rappelle surtout ta jeunesse indéfectible. Je nous revois prenant des glaces dans l'un de ces innombrables salons de thé qui encombrent la rue Ben M'hidi ou dans le café "Le Véronèse" a Paris.

Tu seras toujours près de nous, éternel jeune homme des Ath Yenni et d'Algérie.
Qim di lehna
Tahar Djaout
Lettre à Da L'mulud
par : Tahar Djaout
Lettre de Tahar Djaout à Mouloud Mammeri

Cette lettre a été écrite par Tahar Djaout après la mort ( 25 le 1989 février ) de Mouloud Mammeri en 1989 et a été publié par AWAL.

Comme il va être dur de devoir désormais parler de toi au passe! Quelques heures après ta mort, que ta famille et tes amis ignoraient encore, un universitaire qui venait d'assister a ce colloque d'Oujda d'ou tu revenais toi aussi m'entretenait de toi. Il me disait, entre autres, que tu avais passe sept heures a la frontière; trois heures et demie du cote algérien et autant du cote marocain. En dépit de ce que tu as donne a la culture maghrébine, tu demeurais un citoyen comme les autres, un homme qui n'a jamais demande de privilèges qui a, au contraire, refuse tous ceux qui lui ont été proposes. Depuis le prix littéraire qui a couronne ton premier roman et que tu as refuse d'aller recevoir, tu t'es méfie de toutes les récompenses parce que tu savais qu'elles demandaient des contreparties. Tu n'étais pas de ces écrivains qui voyagent dans les délégations officielles, dans les bagages des ministres ou des présidents, et qui poussent parfois le cynisme jusqu'a écrire, une fois rentres, des articles contre les intellectuels aux ordres des pouvoirs !

Tes rapports avec le pouvoir (tous les pouvoirs) ont été très clairs; une distance souveraine. Tu étais, au lendemain de l'indépendance, président de la première Union d'écrivains algériens. Mais le jour ou l'on était venu t'informer que l'Union allait passer sous l'autorité du Parti, tu avais remis le tablier avec cette courtoisie seigneuriale qui t'est coutumière. Tu n'acceptais aucune contrainte, aucun boulet a ton pied, aucune laisse a ton cou. Tu étais par excellence, UN HOMME LIBRE. Et c'est ce que AMAZIGH veut dire. Cette liberté t'a coûté cher. De toute façon, tu en savais le prix et tu l'a toujours accepte. Tu as été peut-être le plus persécute des intellectuels algériens, toi l'un des fils les plus valeureux que cette nation ait jamais engendres. Le soir ou la télévision avait annonce laconiquement et brutalement ta mort, je ne pus m'empêcher, en dépit de l'indicible émotion, de remarquer que c'était la deuxième fois qu'elle parlait de toi; la première fois pour t'insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n'avait aucun document a nous montrer sur toi; elle ne t'avait jamais filme, elle ne t'avait jamais donne la parole, elle qui a pérennise en des kilomètres de pellicule tant d'intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plume aux ordres du pouvoir.

Mais je vais clore la le chapitre navrant et long des brimades. Ce serait faire affront a ta générosité et a ta noblesse d'âme que de m'attarder a l'énumération des injustices, des diffamations qui glissaient sur toi comme de simples égratignures, qui te faisaient peut-être mal a l'intérieur mais ne transparaissaient pas. Tes préoccupations étaient ailleurs, tu avais autre chose a faire. Et puis, tu respectais trop les autres, même lorsqu'ils te faisaient du mal. Sans avoir jamais prétendu donner de leçon, ta vie, ton comportement, ton courage et ton intégrité constituaient en eux mêmes un exemple et une leçon. C'est pourquoi, toi l'homme modeste et brillant qui ne se montre gène et pris de court que lorsqu'il s'agit de lui-même, tu as toujours été au coeur de ce qui fait ce pays. Et les 200 000 personnes venues de toute l'Algérie escalader ces "chemins qui montent" pour t'accompagner a ton ultime demeure au coeur du Djurdjura témoignent en quelque sorte de cela. Toi l'homme pacifique et courtois, toi qui ne claques les portes que lorsqu'un pouvoir ou une chapelle quelconque tente de t'embrigader, tu as aide, non par des déclarations fracassantes, mais par ta lucidité, par ton travail intellectuel minutieux et soutenu, au lent cheminement de la tolérance et de la liberté.

Qui peut oublier les débuts de l'année 80 ? Des hommes qui nient une partie de la culture de ce peuple (tout le monde heureusement a oublie leurs noms, car ce ne sont pas des noms que l'histoire retient) t'interdisent de prononcer une conférence sur la poésie kabyle. De partout, de Bejaia, de Bouira, de Tizi-Ouzou, la Kabylie se lève pour défendre ses poètes. Et c'est toute l'Algérie qui, peu a peu, année après année, rejettera les baillons, les exclusions, les intolérances, la médiocrité et qui un jour d'octobre descendra dans la rue pour l'affirmer en versant une fois encore son sang. Toi, l'humaniste sceptique et indépendant qui n'a jamais assené de vérité, qui n'a jamais juge personne, tu étais, presque malgré toi, en amont d'une prise de conscience.

Et voici que nous devons désormais nous passer de ta présence chaleureuse et brillante, de ta superbe intelligence, de ta bonne humeur a toute épreuve, de ton endurance physique (on peut difficilement t'imaginer malade, par exemple) qui te faisait faire des centaines de kilomètres par jour pour aller donner bénévolement une conférence et remonter tout de suite après dans ta voiture. Tu es mort au volant de ta 205 (une voiture de jeune) comme le jeune homme fougueux que tu as toujours été. Sois rassure, Da Lmulud, la dernière image que je garderai de toi ce n'est pas celle, émouvante, du mort accidente que j'ai vu mais celle de ce jeudi 16 février ou nous nous étions retrouves avec d'autres amis a Ighil-Bwamas pour discuter du tournage d'un film. Tu étais élégant et alerte comme toujours, en tennis. Tu étais le premier au rendez-vous. Tu nous plaisantais sur notre retard, disant que tu croyais te tromper de jour. Tu étais aussi le premier a repartir, toujours disponible et toujours presse. Tu avais beaucoup de choses a faire, a donner a cette culture que tu as servie généreusement, sans rien demander en retour, supportant au contraire avec dignité les brimades que ton travail t'attirait. Tu étais impatient en ce jeudi 16 février comme si tu savais déjà que le temps pressait. Je te vois monter dans ta 205 et démarrer bruyamment sur la route difficile tandis que nous étions encore a bavarder. C'était la dernière fois que je devais te voir vivant.

La jeunesse assoiffée de culture et de liberté t'a toujours reconnu comme l'une de ses figures symboliques, quelques intellectuels et artistes t'ont toujours témoigne amitié, respect ou admiration dans les moments les plus difficiles. Mais ces derniers mois, c'est tout le monde intellectuel et médiatique algérien qui a commence a comprendre ton importance et qui a recherche ton point de vue. C'est vrai que certains medias, qui avaient peur de "se compromettre", te sont demeures fermes jusqu'a ta mort. Mais que de projets auxquels des gens voulaient t'associer ! que de journaux t'ont interviewe ! Et toi, porte et comme enivre par cette brise de liberté, tu te démenais, tu prenais ta voiture, sillonnais les routes et te rendais partout ou l'on te sollicitait. Oran, Ain-El-Hammam (ou tu devais rendre hommage a Si Mohand ou Mhand et ou l'on t'avait offert un burnous), Bejaia. Et enfin Oujda. Au mois de janvier, a Bejaia, ta conférence sur la culture berbère a draine tellement de monde qu'aucun édifice ne pouvait le contenir. Et c'est dans le stade de la ville que des milliers de gens t'ont écoute et ont discute de leur culture. Quelle belle revanche sur l'interdiction de ta conférence en 1980 ! Quel trajet parcouru depuis cette date sur le chemin de l'expression libre !

Je te revois a cette époque ou nous préparions l'entretien qui allait paraître aux éditions Laphomic. Je me rappelle la vivacité de ton intelligence, ton sens de la repartie, ta pudeur et ta gène lorsque nous sortions du domaine de l'esthétique ou des idées et que je te demandais de parler de toi-même ( ton combat nationaliste, par exemple, ton militantisme au MTLD, ce que tu as souffert durant la guerre, tu ne les évoquais jamais même lorsqu'on te contestait ton passe ou qu'on t'en fabriquait un autre ). Je me rappelle surtout ta jeunesse indéfectible. Je nous revois prenant des glaces dans l'un de ces innombrables salons de thé qui encombrent la rue Ben M'hidi ou dans le café "Le Véronèse" a Paris.

Tu seras toujours près de nous, éternel jeune homme des Ath Yenni et d'Algérie.
Qim di lehna
Tahar Djaout

jeudi 16 janvier 2014

Zedek Mouloud - Inédit 2014 (uffan ibγiγ)



Publiée le 12 janv. 2014
Le chanteur kabyle, Zedek Mouloud connu pour la finesse de ses mélodies et la douceur de sa voix, écrit, compose et chante avec un style qui lui est propre. Il respire l'originalité, l'authenticité et le poids des mots.

Fin et subtil quand il aborde les thèmes sentimentaux, direct et presque sans détours quand il traite des sujets où l'engagement est de mise.

La poésie du chanteur qui touche au politique, au sentimental et au vécu social, est à méditer par tous ceux qui partagent les valeurs que défend ce chanteur.

Zedek dans le rétro, c'est déjà une quinzaine d'albums en plus de 20 ans de carrière.

La dimension poétique de l'œuvre du chanteur Zedek Mouloud a été l'objet d'une étude à l'université de Tizi-ouzou.

Ile de la Réunion: Bientôt un jardin baptisé au nom de Chikh El Hasnaoui

Ile de la Réunion: Bientôt un jardin baptisé au nom de Chikh El Hasnaoui
16/01/2014 - 09:58

ÎLE DE LA RÉUNION ( SIWEL) - Un jeune Kabyle,Youva n Thala Hamou,vient de rendre hommage au grand maître de la chanson kabyle, Chikh El hasnawi,de son vrai nom Khelwat Mohhamed. Et aussi,Youva nous apprend qu’un jardin portera désormais le nom de Chikh . Cette nouvelle reconnaissance témoigne du respect que manifestent les étrangers à notre culture. Hélas, nous constatons avec regret que Chikh El Hasnaoui à l'instar de Slimane Azem et bien d'autres grands noms kabyles ne bénéficient d'aucune reconnaissance chez eux en Kabylie alors qu'ailleurs, il y a même des rues qui portent leurs noms.

Ile de la Réunion: Bientôt un jardin baptisé au nom de Chikh El Hasnaoui
Par ce geste, Youva, ce militant qui porte la Kabylie dans son cœur, nous rappelle le devoir d'entretenir note mémoire sans rien attendre du pouvoir algérien qui ne jure que par notre disparition et nous éveille sur l'impératif de doter le pays kabyle de son propre Etat afin de le réconcilier avec sa véritable identité et assurer son développement en tant que peuple et nation.

mercredi 8 janvier 2014

Matoub Lounès Uzu n tayri sous-titré



Mise en ligne le 14 oct. 2008
http://matoub.rebelle.free.fr/
Chanson de Matoub Lounès "Uzu n tayri" (Le couteau de l'amour). Vidéo sous-titrée en kabyle avec la traduction française de la chanson.
(Transcription en Tamazight et traduction/adaptation en français de Yalla Seddiki - Matoub Lounès, Mon nom est combat).

samedi 4 janvier 2014

La Kabylie dans la révolution : de l’instrumentalisation à la trahison

La Kabylie dans la révolution : de l’instrumentalisation à la trahison

Mots clés : 
Par Le Matin DZ | 05/07/2012 11:52:00 | 11385 lecture(s) | Réactions(44)
De nos jours, on assiste au retour aux vieux réflexes racistes ou régionalistes de la part des courants ou clans islamo-arabistes qui nichent dans les hautes sphères du régime.
Le colonel Mohand OulhadjLe colonel Mohand Oulhadj
Dès la fin des années quarante (crise berbériste de 1949), le courant anti-algérianiste et exclusionniste, mené par un Messali qui se ressourçait d’un panarabiste et d’un panislamisme raciste et intolérant, affichait déjà son anti-amazighisme par la marginalisation des Kabyles militant au sein du PPA pour cause de sentiments affichés par ceux-ci en faveur de leur langue maternelle. Plus tard, il y avait eu même des assassinats au sein des militants kabyles. Cela aurait dû suffire pour réveiller tous les doutes à propos de la destiné des Kabyles dans la future Algérie indépendante. Mais, l’amour des Kabyles à leur patrie les avait empêchés de s’unir pour leur propre cause. Ainsi, bien des militants kabyles avaient accepté de s’effacer et d’enfourcher le cheval de batail islamo-arabiste de Messali pour défendre une Algérie qui ne serait jamais la leur. 
Toujours dans leur torpeur, les Kabyles se sont donné à fond dans la guerre dite de libération de 1954. L’histoire rapporte que la wilaya III avait même dû exporter quelques-uns de ses combattants vers d’autres wilayas pour pouvoir déclencher la guerre contre l’armée française. Puis, vint le Congrès de la Soummam et le problème de l’identité de la future Algérie ressurgit. L’hostilité affichée par les adeptes d’une Algérie arabe envers la charte issue de ce grand congrès était un deuxième signe d’une grande trahison qui se profilait à l’horizon. Hélas, prisonniers de leur propre patriotisme, les Kabyles continuaient à se sacrifier même quand des combattants de valeur comme Abane et Amirouche tombaient dans des embuscades douteuses.
Puis peu après 1962, date de libération du joug colonial, un Ben Bella nassirien jusqu’à la moelle déclara de la tribune de la présidence dont il s’était appropriée que «nous sommes des Arabes, des Arabes, des Arabes !», affichant ainsi avec une telle violence verbale que les Berbères en général et les Kabyles en particulier étaient des citoyens de second degré dans leur propre pays. Cette énième gifle avait enfin fait son effet au sein des Kabyles, du moins pour quelque temps. Car en 1963, Aït Ahmed et le colonel Mohand Oulhadj reprirent le maquis pour relibérer l’Algérie. Pour désunir les Kabyles et casser cette révolte, Ben Bella avait alors recouru avec une grande malignité au patriotisme kabyle. En provoquant une fausse guerre avec le Maroc, le régime de Ben Bella avait réussi à vider la Kabylie d’une partie de ses combattants (le colonel Mohand Oulhadj et ses troupes s’étaient dépêchés aux frontières algéro-marocaines). L’autre partie, restée avec Aït Ahmed, subit alors une véritable descente punitive où des centaines de combattants épargnés par les feux de l’armée française étaient tués.
En 1970, ce fut le tour du chef de la diplomatie algérienne aux Accords d’Évian, le valeureux moujahid  Krim Belkacem ; comme reconnaissance à tout son combat pour l’Algérie, il eut été étranglé dans une chambre d’hôtel en Allemagne. 
Puis depuis les années 80, un franc combat identitaire, qui avait laissé son lot de victimes (emprisonnement et assassinat de militants) était mené essentiellement par les Kabyles en Kabylie et en Algérois. Le Printemps Berbère (1980) et le Printemps Noir (2001-2004) étaient deux périodes qui avaient rapporté bien des acquis à l’Algérie en général et à la cause amazighe en particulier. Du moins pour quelque temps encore. Car de nos jours, on assiste au retour aux vieux réflexes racistes ou régionalistes de la part des courants ou clans islamo-arabistes qui nichent dans les hautes sphères du régime et qui ont des hommes de main dans la société algérienne, aussi bien parmi les arabophones que parmi les berbérophones. Nul n’ignore que la  concentration du terrorisme et du banditisme actuellement en Kabylie n’est qu’un plan bien préparé destiné à punir et à assujettir cette région trop consciente, trop revendicatrice, trop gênante. 
En conclusion, tant que les Berbères en général et les Kabyles en particulier ne jouissent pas de tous leurs droits sur cette terre arrosée de leur sang, cette date du 5 juillet 1962 ne signifie rien pour eux.
D. Messaoudi

vendredi 6 décembre 2013

Smaïl Medjeber rend hommage à Saïd Mekbel

Smaïl Medjeber rend hommage à Saïd Mekbel

06/12/2013 - 14:46

VGAYET (SIWEL) — Au lendemain de "l’élection"; (je mets ce mot entre guillemets, car il n’a pas le sens exact d’une élection), de Liamine Zeroual, en Algérie, Saïd Mekbel a publié, sur le quotidien Le Matin, une caricature d’Ali Dilem, avec cette phrase : "Zorro est arrivé"
La lettre « Z » coïncidant, en plus, avec la première lettre du nom de « Zerroual ». Ce jour-là, en allant le voir à son bureau, à Hussein-Dey, je le rencontre à l’entrée, il me dit : "Tu sais d’où je viens, Smaïl ?" A ma réponse négative, il me dit :" Je viens du cabinet de la présidence. J’ai été convoqué parce que j’ai publié la caricature de Dilem, avec la phrase qui les dérange "Zorro est arrivé"."


Le 3 décembre 1994, Said Meqbel est assassiné de deux balles dans la tête dans un restaurant à Alger. Said Mekbel succombera à ses blessures le lendemain à l'hôpital et sera enterré en Kabylie, au cimetière de Sidi Mohand Amokrane, à Vgayet (PH/DR).
Le 3 décembre 1994, Said Meqbel est assassiné de deux balles dans la tête dans un restaurant à Alger. Said Mekbel succombera à ses blessures le lendemain à l'hôpital et sera enterré en Kabylie, au cimetière de Sidi Mohand Amokrane, à Vgayet (PH/DR).
Au lendemain de "l’élection"; (je mets ce mot entre guillemets, car il n’a pas le sens exact d’une élection), de Liamine Zeroual, en Algérie, Saïd Mekbel a publié, sur le quotidien Le Matin, une caricature d’Ali Dilem, avec cette phrase : "Zorro est arrivé"
La lettre « Z » coïncidant, en plus, avec la première lettre du nom de « Zerroual ». Ce jour-là, en allant le voir à son bureau, à Hussein-Dey, je le rencontre à l’entrée, il me dit : "Tu sais d’où je viens, Smaïl ?" A ma réponse négative, il me dit :" Je viens du cabinet de la présidence. J’ai été convoqué parce que j’ai publié la caricature de Dilem, avec la phrase qui les dérange "Zorro est arrivé"." Des reproches lui ont été faits avec une grande véhémence, pour cela. Six mois après, le triste jour du 3 décembre 1994, Saïd Mekbel sera assassiné, à deux pas de son bureau.

Quotidiennement, comme il me l’avait dit, il se savait en danger de mort. Chaque soir, il n’était pas sûr d’arriver jusqu’à chez lui. C’était pour cette raison, le sachant donc en danger, je lui avais proposé, en cas de nécessité et urgence, de venir se réfugier chez moi, à la Cité Amirouche, à Hussein-Dey, pas loin de son bureau. Je me souviens aussi que, lui ayant demandé de sponsoriser une rencontre culturelle amazighe qui aura lieu à Bejaïa, en lui offrant un espace publicitaire, il me dit :
-En plus c’est à Bejaïa ? Tu me fais un double piège, Smaïl. Bejaïa !
Je ne savais pas encore qu’il était natif de Bejaïa, et donc il ne pouvait pas refuser de faire quelque chose pour sa belle région de naissance, d’une part, et, d’autre part, pour la culture amazighe. Il offrit donc ce bel espace à l’association qui organisa cet événement culturel. Saïd Mekbel était d’une simplicité et d’une modestie exemplaire. Il restera, pour l’éternité, un GRAND et INCORRUPTIBLE HOMME de la PLUME LIBRE.

Je m’incline devant lui, devant sa Mémoire.

Brèf récit biographique de Saïd Mekbel :

Saïd Mekbel naquit le 25 mars 1940 à Bejaïa, en Kabylie.

En 1974, il obtient le diplôme d'ingénieur électromécanicien, spécialisé en mécanique des fluides.
1974 -1975, il sera professeur d’écoulement des fluides compressibles au centre de Ben Aknoun et Conférencier technique à l’école technique de Blida.
1975 – 1976, il fait une année à l’école des applications du gaz à Paris.
Il poursuivra ses études à la Faculté des Sciences d'Alger et obtient son doctorat d'ingénieur en mécanique des fluides qu'il soutient en 1978. Puis sera nommé Ingénieur Chef de Région Années 80, il sera professeur associé à l’école polytechnique d’El Harrach (ENP) et membre du jury d’examen de l’IAP de Boumerdes, période durant laquelle, en amateur, il s'adonnera à la photo et montera son laboratoire chez lui.
Il fut Chroniqueur satirique connu sous le pseudonyme Mesmar Dj'ha
Il fera ses premières armes à Alger Républicain où il se fait critique de cinéma.
Sur les conseils d’Henri Allez, alors directeur de publication, il participe à la chronique satirique de L’Ogre ouverte à tous les journalistes du quotidien, qu’il reprendra ensuite sous le nom d’El Ghoul, au même moment il crée sa propre chronique... Mesmar Djeha.
Il reste à Alger Républicain jusqu’au 19 juin 1965 date de la prise de pouvoir d'Houari Boumédiène coïncidant avec l’interdiction du journal à paraître.
En 1989, à l’appel d’anciens d’Alger Républicain, il reprend la plume pour faire renaître la chronique d’El Ghoul, qu'il accompagnera souvent de ses propres caricatures.
Il participe au journal satirique El Manchar.
En 1991, il quitte Alger républicain. Avec une équipe de journalistes qui créent en septembre de la même année, Le Matin où il réapparaît avec Mesmar j’ha, qu’il décide de planter en haut à droite de la 24.
En avril 92, Il crée son propre bimensuel satirique Baroud qu’il arrête après une dizaine de numéros suite à des problèmes administratifs.
1993, il collabore à l'hebdomadaire Ruptures. En septembre de la même année, il sera nommé directeur de la publication du quotidien le Matin.
Saïd Mekbel échappe à un premier attentat le 8 mars 94 à la sortie de son domicile.
Le 3 décembre 1994, il est de nouveau victime d'un attentat dans un restaurant proche du journal à Hussein-Dey. Touché de deux balles dans la tête, Said Mekbel succombera à ses blessures le lendemain à l'hôpital d’Ain Naâdja d’Alger.
Il sera enterré, au cimetière de Sidi Mohand Amokrane, à Béjaia.
Son dernier billet « Ce voleur qui », publié le jour-même de son assassinat, fera le tour de la presse mondiale. (Source Wikipedia)


Par Smaïl Medjeber
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