mercredi 5 décembre 2012

Bessaoud Mohand Arab L’insoumis Passionné par tout ce qui touche à l’ amélioration et au renouveau de sa culture, ce grand militant s’attela à organiser la semaine Amazighe en dotant chacun de ses jours d’un nom Amazigh bien propre vite adoptés par tout le monde ; il choisit lui-même la forme et les couleurs de l’emblème Amazigh ainsi que la confection en collaboration de Hemiche Med Saïd d’Agraw Imazighen du calendrier Amazigh. 05/12/2012 - 13:34 mis a jour le 05/12/2012 - 13:33 par Yahia Yanes Bessaoud Mohand Arab L’insoumis Bessaoud Mohand Arab, officier de l’ALN naquit en 1924 à Taguemount El Djedid (lesOuadhias), il est l’auteur de plusieurs œuvres dont le fameux « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », de chants patriotiques et chansons (Agujil, Massinissa, Nesla i yimaziγen, Ay asseggas…). Et des textes mis en musique et chantés par Takfarinas et Malika Domrane. (Ne wwet tafat s wudem, tenniv-iyi γileγ d ṣṣeḥ, makken i d-ffγeγ seg uxxam). Passionné par tout ce qui touche à l’ amélioration et au renouveau de sa culture, ce grand militant s’attela à organiser la semaine Amazighe en dotant chacun de ses jours d’un nom Amazigh bien propre vite adoptés par tout le monde ; il choisit lui-même la forme et les couleurs de l’emblème Amazigh ainsi que la confection en collaboration de Hemiche Med Saïd d’Agraw Imazighen du calendrier Amazigh. Nous lui devons aussi le réaménagement des signes de l’alphabet Tifinagh et la création des chiffres Amazighs. C’est lui qui a choisi la lettre (Z : amazigh) comme symbole des amazighs.C’est aussi sous sa direction que le premier journal amazigh (bulletin Agraw Imazighen) a été édité en 1967. Fondateur à Paris de l’Académie Berbère « Agraw Imazighen », il en devint le Président dés son inauguration en 1966 . Le 1er janvier 2002, le père de l’Académie Berbère, ce militant intraitable de la cause Amazigh, ce brillant officier de la glorieuse ALN s’éteint à l’hôpital Saint Mary’s de New Port en Angleterre. Il repose au cimetière d’Akaoudj en Kabylie où il est enterré le 12 janvier 2002 . * Bessaεud Muḥend Aεrab. Tεemmreḍ agraw meqqeṛ D agraw-nni ara k-id-yadren Albaz a mmi-s n Ğeṛğeṛ Mmi-s n Dihiya d Yugurten Iṭṭij n tidett-ik inqaṛ Mačči di zmiren a t-nekren Tifinaγ i wumi tegiḍ leqder D amusnaw kečč d anaẓur D agrawliw γef Lezzayer Γef uzref illan d ameḥquṛ Textareḍ lγurba s ṣṣbeṛ Wala ddel d yir amur. * * * * * * * * * * * * Fell-ak ad yaεfu Ṛebbi A dda Muḥend Aεrab Bessaεud. YAHIA YANES. (Enseignant, poète et écrivain)


Bessaoud Mohand Arab
Passionné par tout ce qui touche à l’ amélioration et au renouveau de sa culture, ce grand militant s’attela à organiser la semaine Amazighe en dotant chacun de ses jours d’un nom Amazigh bien propre vite adoptés par tout le monde ; il choisit lui-même la forme et les couleurs de l’emblème Amazigh ainsi que la confection en collaboration de Hemiche Med Saïd d’Agraw Imazighen du calendrier Amazigh.
05/12/2012 - 13:34 mis a jour le 05/12/2012 - 13:33 par Yahia Yanes
Bessaoud Mohand Arab L’insoumis
Bessaoud Mohand Arab, officier de l’ALN naquit en 1924 à Taguemount El Djedid (lesOuadhias), il est l’auteur de plusieurs œuvres dont le fameux « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », de chants patriotiques et chansons (Agujil, Massinissa, Nesla i yimaziγen, Ay asseggas…). Et des textes mis en musique et chantés par Takfarinas et Malika Domrane. (Ne wwet tafat s wudem, tenniv-iyi γileγ d ṣṣeḥ, makken i d-ffγeγ seg uxxam).
Passionné par tout ce qui touche à l’ amélioration et au renouveau de sa culture, ce grand militant s’attela à organiser la semaine Amazighe en dotant chacun de ses jours d’un nom Amazigh bien propre vite adoptés par tout le monde ; il choisit lui-même la forme et les couleurs de l’emblème Amazigh ainsi que la confection en collaboration de Hemiche Med Saïd d’Agraw Imazighen du calendrier Amazigh. Nous lui devons aussi le réaménagement des signes de l’alphabet Tifinagh et la création des chiffres Amazighs.
C’est lui qui a choisi la lettre (Z : amazigh) comme symbole des amazighs.C’est aussi sous sa direction que le premier journal amazigh (bulletin Agraw Imazighen) a été édité en 1967. Fondateur à Paris de l’Académie Berbère « Agraw Imazighen », il en devint le Président dés son inauguration en 1966 . Le 1er janvier 2002, le père de l’Académie Berbère, ce militant intraitable de la cause Amazigh, ce brillant officier de la glorieuse ALN s’éteint à l’hôpital Saint Mary’s de New Port en Angleterre. Il repose au cimetière d’Akaoudj en Kabylie où il est enterré le 12 janvier 2002 .
* Bessaεud Muḥend Aεrab.
Tεemmreḍ agraw meqqeṛ D agraw-nni ara k-id-yadren Albaz a mmi-s n Ğeṛğeṛ Mmi-s n Dihiya d Yugurten Iṭṭij n tidett-ik inqaṛ Mačči di zmiren a t-nekren Tifinaγ i wumi tegiḍ leqder D amusnaw kečč d anaẓur D agrawliw γef Lezzayer Γef uzref illan d ameḥquṛ Textareḍ lγurba s ṣṣbeṛ Wala ddel d yir amur. * * * * * * * * * * * * Fell-ak ad yaεfu Ṛebbi A dda Muḥend Aεrab Bessaεud.
YAHIA YANES. (Enseignant, poète et écrivain)
Passionné par tout ce qui touche à l’ amélioration et au renouveau de sa culture, ce grand militant s’attela à organiser la semaine Amazighe en dotant chacun de ses jours d’un nom Amazigh bien propre vite adoptés par tout le monde ; il choisit lui-même la forme et les couleurs de l’emblème Amazigh ainsi que la confection en collaboration de Hemiche Med Saïd d’Agraw Imazighen du calendrier Amazigh.
05/12/2012 - 13:34 mis a jour le 05/12/2012 - 13:33 par Yahia Yanes
Bessaoud Mohand Arab L’insoumis
Bessaoud Mohand Arab, officier de l’ALN naquit en 1924 à Taguemount El Djedid (lesOuadhias), il est l’auteur de plusieurs œuvres dont le fameux « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », de chants patriotiques et chansons (Agujil, Massinissa, Nesla i yimaziγen, Ay asseggas…). Et des textes mis en musique et chantés par Takfarinas et Malika Domrane. (Ne wwet tafat s wudem, tenniv-iyi γileγ d ṣṣeḥ, makken i d-ffγeγ seg uxxam).
Passionné par tout ce qui touche à l’ amélioration et au renouveau de sa culture, ce grand militant s’attela à organiser la semaine Amazighe en dotant chacun de ses jours d’un nom Amazigh bien propre vite adoptés par tout le monde ; il choisit lui-même la forme et les couleurs de l’emblème Amazigh ainsi que la confection en collaboration de Hemiche Med Saïd d’Agraw Imazighen du calendrier Amazigh. Nous lui devons aussi le réaménagement des signes de l’alphabet Tifinagh et la création des chiffres Amazighs.
C’est lui qui a choisi la lettre (Z : amazigh) comme symbole des amazighs.C’est aussi sous sa direction que le premier journal amazigh (bulletin Agraw Imazighen) a été édité en 1967. Fondateur à Paris de l’Académie Berbère « Agraw Imazighen », il en devint le Président dés son inauguration en 1966 . Le 1er janvier 2002, le père de l’Académie Berbère, ce militant intraitable de la cause Amazigh, ce brillant officier de la glorieuse ALN s’éteint à l’hôpital Saint Mary’s de New Port en Angleterre. Il repose au cimetière d’Akaoudj en Kabylie où il est enterré le 12 janvier 2002 .
* Bessaεud Muḥend Aεrab.
Tεemmreḍ agraw meqqeṛ D agraw-nni ara k-id-yadren Albaz a mmi-s n Ğeṛğeṛ Mmi-s n Dihiya d Yugurten Iṭṭij n tidett-ik inqaṛ Mačči di zmiren a t-nekren Tifinaγ i wumi tegiḍ leqder D amusnaw kečč d anaẓur D agrawliw γef Lezzayer Γef uzref illan d ameḥquṛ Textareḍ lγurba s ṣṣbeṛ Wala ddel d yir amur. * * * * * * * * * * * * Fell-ak ad yaεfu Ṛebbi A dda Muḥend Aεrab Bessaεud.
YAHIA YANES. (Enseignant, poète et écrivain)

«Mesmar Djeha» confessait avant son assassinat : «Il faut que l’on sache que je n’ai plus peur» | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie


«Mesmar Djeha» confessait avant son assassinat : «Il faut que l’on sache que je n’ai plus peur»

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Said Mekbel, 54 ans, journaliste-chroniquer et directeur du quotidien Le Matin, a été assassiné de deux balles dans la tête samedi 3 décembre 1994 à Alger. Son assassinat faisait suite à une longue liste de journalistes algériens abattus dont le premier à être liquidé fut l’écrivain et journaliste Tahar Djaout. Entre novembre et décembre 1993, Said Mekbel s’est longuement entretenu avec Monika Borgmann, journaliste et cinéaste allemande aujourd’hui installée au Liban. Ces trois entretiens ont donné lieu en 2008 à un livre intitulé « Said Mekbel : une mort à la lettre ».

Au fil de ces entretiens, le chroniqueur, qui signait chaque jour un papier d’humeur sous la rubrique « Mesmar Djeha » dans les colonnes du Matin, interdit de parution depuis 2004, s’est prêté à confesse.
Said Mekbel raconte la vie au quotidien d’un homme condamné à mort; il raconte les assassinats de journalistes et d’intellectuels, les lettres de menaces qu’il recevait, les petites et grandes précautions qu’il prenait au jour le jour pour échapper à ses assassins, les angoisses et les terreurs qui le saisissaient de jour comme de nuit, ainsi que la liquidation méthodique de l’intelligentsia algérienne.
Said Mekbel raconte également ses déboires avec le régime algérien qu’il n’aura de cesse d’éreinter dans ses écrits aussi bien dans le journal Alger Républicain que dans les colonnes du Matin où il avait sa place en page 24.


Dans cette série d’entretiens, « Mesmar Djeha » narre encore son arrestation en 1967, à l’époque, jeune journaliste à Alger Rep’, par la sécurité militaire ainsi que les tortures qu’il a subies pendant trois mois.
Said Mekbel avoue aussi qu’il soupçonne le général Toufik, de son vrai nome Mohamed Mediene, patron des services de renseignement algérien, d’être derrière certains assassinats de journalistes et d’intellectuels; il explique que le « grand malheur » de l’Algérie est la « corruption financière » et « morale ».
Avec l’autorisation de l’auteur de ces entretiens, nous publions des extraits de ce livre.
• Said Mekbel raconte Tahar Djaout
« Le courage que j’ai trouvé pour lutter et trouver la force de ne pas me laisser faire vient de l’injustice que j’ai éprouvée quand Tahar a été assassiné. Ça a été un moment de révolte. On ne peut pas dire de quelqu’un qu’il a été injustement assassiné. On n’a pas le droit de dire qu’il y a des morts justes et des morts injustes, mais celle de Tahar fait partie de ces morts vraiment cruelles. Elle m’a giflé, elle m’a réveillé. Et c’est un peu pour cette raison que je lutte et que je veux vivre. »
• Assassinat des intellectuels
« Si vous prenez tous ceux que l’on a assassinés, tous, de Lyabès à Flici, en passant par tous les autres, ce sont des gens qui ont toujours cherché, en plus de leurs métiers, à transmettre quelque chose à la jeunesse. Ces gens rencontraient les jeunes et organisaient beaucoup de conférences sur la drogue, sur la jeunesse, sur la poésie, sur la communication...On a cherché à éliminer ceux qui avaient le pouvoir de transmettre. Je pense que c’est un projet qui existe toujours. Il y a des gens qui ne veulent pas que l’on transmette un certain héritage de la civilisation. Je suis persuadé de ça. »
• Mardi, jour des mises à mort
« J’ai réfléchi et j’ai pu reconstituer un scénario. Les gens se rencontrent à la mosquée le vendredi. Le grand chef se réunit avec le petit chef et lui dit : « Cette semaine, tu vas me tuer X. » Ça, c’est le vendredi. Le samedi matin, le petit chef va rassembler sa petite bande et va répartir les tâches. Les tâches, c’est reconnaître les lieux, reconnaître la victime, trouver les armes. Le dimanche, celui qui est chargé d’une mission de reconnaissance se déplace sur les lieux pour reconnaître la rue, les obstacles et, si possible, rencontrer la future victime, recueillir des renseignements, voir si elle prend ou pas sa voiture, si elle sort d’un immeuble, etc. Tout ce qui est pratique. Le lundi, généralement, il y a une deuxième rencontre avec la bande pour voir s’il y a des armes, si la reconnaissance s’est bien passée. Si tous les renseignements sont recueillis, le mardi on assassine. Et le mercredi on se sauve. Il faut que les gens se sauvent le mercredi et le jeudi, pendant deux jours. Puis le vendredi, nouvelle rencontre à la mosquée. »
• Vaincre la peur de mourir
« Actuellement, je ne me protège plus. Je pense qu’il faut que l’on sache que je n’ai plus peur. Quand je dis que je ne me protège plus, non ! Ce que je devrais dire, c’est que je maîtrise mieux ce que je fais. Je ne me cache plus, je prends des risques et je veux qu’on sache que je n’ai plus peur. »
• La corruption, le grand malheur de l’Algérie
« J’ai conscience que je représente une minorité dans le sens où j’ai la chance d’appartenir à cette catégorie qui a les yeux ouverts sur le monde. J’ai la chance d’avoir fait quand même des études, d’avoir vécu dans d’autres pays, France, Italie, Allemagne, d’avoir fréquenté d’autres sociétés. Dans ce sens, je fais partie d’une minorité. Mais mes écrits suscitent des réactions populaires que je peux constater dans la rue. Par exemple, je paie très rarement mes repas dans les restaurants, parce qu’il y a toujours quelqu’un qui me reconnaît et qui paie mon repas.
Pour cela, je suis convaincu d’appartenir quand même à une majorité. Mais je ne partage pas les idées islamistes de cette majorité. C’est cela qui m’en sépare. Je partage cependant leur lutte contre l’injustice sociale, contre la corruption. Le grand malheur de l’Algérie, c’est la corruption. Il n’y a pas que la corruption financière, il y a aussi la corruption morale. Certains intellectuels sont corrompus. Et je crois que c’est cette corruption qui a atteint la famille, qui s’est répandue partout. C’est le grand mal. Et c’est pour ça que les idées des religieux gagnent du terrain, parce que la religion propose la propreté, la propreté morale, etc. Et le premier homme qui viendra chez nous pour réclamer la justice, il va gagner. »
• L’école, ce mal qui gangrène le pays
« Le drame de notre pays, c’est la gangrène qui a frappé l’école. Depuis 1969, 1970. Le mal a été fait à l’école lorsqu’on a choisi l’arabisation systématique. Il y a des apprentis sorciers qui ont mené le pays vers cette ruine. Cela a commencé à l’école. Les troupes du FIS, ce sont les troupes de l’école fondamentale. La justice maintenant, ce qu’elle est devenue, ce sont des juges de l’école fondamentale. Les militaires, bientôt, vont être les militaires de l’école fondamentale. Alors, dès que tous les militaires seront ainsi, il n’y aura plus rien. »
• Les islamistes internés dans les camps du sud d’Algérie
« J’étais le familier de [Sid Ahmed] Ghozali, l’ancien chef du gouvernement. Et c’est sous son gouvernement qu’on a ouvert les camps du sud. J’ai profité de cette situation pour faire libérer beaucoup de jeunes. Ceux que l’on a pu libérer se comptent par centaines. Des jeunes avaient été arrêtés un peu trop arbitrairement. Parmi les personnes qu’on a fait libérer, il y avait de vrais militants du FIS, des activistes.
Mais on est intervenu, parce qu’on connaissait leurs familles ou leurs proches. Je peux donc dire que j’ai fait souvent plus, pour les islamistes, que les islamistes eux-mêmes. J’ai fait ça par devoir. Mais souvent je reçois des lettres insultantes qui me reprochent de n’avoir rien dit ou d’avoir contribué à l’ouverture des camps. Ce sont ces injustices qui me révoltent un peu. Ce qui me touche aussi, c’est quand on porte des jugements sur ma personne, ce qui montre que les gens appliquent des clichés, de manière systématique, à tout le monde. »
• Jeune journaliste torturé en 1967 par la sécurité militaire
« Une fois, un de mes tortionnaires m’a dit, deux jours après m’avoir bien torturé : « Ah, c’est bien, tu as résisté, c’est bien, je te félicite. » Il te torture et après il te félicite. C’est toujours un rapport de force. Il ne faut jamais perdre sa supériorité sur l’autre. Et la seule arme que l’on possède, c’est la réflexion. Il faut sentir l’autre, appréhender comment lui te perçoit... Certains de mes rapports avec mes tortionnaires se sont transformés. Vers la fin, l’un d’eux m’a demandé si je pouvais lui faire une lettre pour son supérieur afin que l’on revoie sa situation.
Voilà, des tortionnaires qui viennent te voir pour que je leur écrive une lettre, c’est quand même terrible. C’est pour cela qu’il faut toujours être lucide. C’est pour apprécier ces moments. Parce que c’est là que ça bascule. Je crois qu’il y a un énorme courage intellectuel qui peut vaincre, à condition que tu restes toujours lucide. Ce qui est dur, c’est la douleur. Ce sont les premiers coups dans le ventre. Pour l’électricité, ce sont les premières décharges. Non, ce ne sont pas les premières d’ailleurs. Ce sont les deuxièmes. Les premières, c’est toujours une surprise.
Mais la deuxième fois, tu sais ce que c’est. Donc, ce sont les deuxièmes qui sont dures. Et par la suite, tu t’habitues vite. C’est tout. Alors, il faut gérer ta situation. Être lucide sans arrêt. Il faut essayer d’identifier tes tortionnaires, de voir si celui-ci a l’air méchant, s’il a l’air sadique, s’il te respecte. Il y en a qui savent que tu es diplômé, que tu es journaliste. Tu sens qu’ils te respectent. Mais d’autres, non. Il faut être lucide, c’est tout. »
Les intertitres sont de la rédaction


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mardi 4 décembre 2012

Monika Borgmann à DNA : « Said Mekbel, un homme d’une rare lucidité même face à sa mort » Mardi, 04 Décembre 2012, 20:17 | Farid Alilat


Monika Borgmann à DNA : « Said Mekbel, un homme d’une rare lucidité même face à sa mort »

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Alger, quartier d’Hussein-dey, samedi 3 décembre 1994. Said Mekbel, journaliste et directeur du quotidien Le Matin est abattu de deux balles dans la tête alors qu’il déjeunait dans un restaurant situé à quelques mètres du siège de son quotidien. Entre novembre et décembre 1993, une année avant son assassinat, Said Mekbel s’est longuement entretenu avec Monika Borgmann, journaliste et cinéaste allemande aujourd’hui installée au Liban.

Ces trois entretiens ont donné lieu en 2008 à un livre intitulé « Said Mekbel : une mort à la lettre ». DNA a recueilli le témoignage de Monika Borgmann. Elle raconte ses rencontres avec l’auteur du célèbre billet « Mesmar Djeha ».
Monika Borgmann : " En 1993, j’étais journaliste free-lance au Caire, en Egypte. Je travaillais notamment pour le compte d’une radio allemande. Je suis partie cette année-là en Algérie pour réaliser des reportages sur le thème de l’assassinat des journalistes et intellectuels algériens. Je voulais savoir et comprendre pourquoi  certains avaient décidé de fuir le pays pour s’exiler et pourquoi d’autres avaient fait le choix d’y rester.
On m’avait alors présenté, dans le cadre de ce travail et pour lequel j’avais interviewé de nombreux journalistes algériens, Said Mekbel, chroniqueur et directeur du quotidien Le Matin. Said Mekbel avait accepté de se confesser longuement et nous avions réalisé trois entretiens. Tous au siège de son journal.
J’ai également rencontré sa femme ainsi que sa belle-fille. Je garde encore aujourd’hui chez moi les enregistrements audio que j’avais réalisés avec Said Mekbel.
J’ai publié à l’époque un article sur les assassinats de journalistes et d’intellectuels algériens, mais je n’avais pas tout raconté de nos entretiens avec Said Mekbel. Notamment la théorie qu’il avait développée sur ces assassinats préparés et méthodiques. J’ai considéré que cette théorie lui appartenait.
Une année après notre rencontre, Said Mekbel est assassine le 3 décembre 1994. J’ai réalisé que j’avais entre les mains son testament. A l’époque, j’étais encore sous le choc de sa mort, tétanisée, incapable de réfléchir sur la manière dont il fallait exploiter ces témoignages recueillis auprès d’un homme d’une extrême lucidité même face à la mort.
Je n’ai pas eu l’occasion de publier ces entretiens d’abord parce que personne n’en voulait, ensuite parce que j’étais très prise par d’autres projets. J’ai bien sûr entrepris des démarches dans le but de les publier, mais le projet n’a pas abouti.
Il aboutira en 2008 avec la publication de ce livre aux éditions Dar Al-Jadeed au Liban, ainsi qu'aux Editions Téraède en France.
J’ai rencontré un homme qui m’a extrêmement touchée. Je le suis encore 19 ans après ces rencontres. Said Mekbel m’a touchée, émue et bouleversée par la clarté de ses idées. J’étais stupéfaite par sa capacité d’analyses. Il avait cette aptitude à décrire jusqu’au moindre détail les circonstances de son assassinat. Sa voix posée, douce, le rendait, le rend encore, plus touchant.
En publiant ce livre, je sentais que devais quelque chose à Said Mekbel.


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Krim Belkacem, le film en tournage - La Dépêche de Kabylie


DRAÂ EL MIZAN DES SÉQUENCES RETRAÇANT UN PAN DE SA VIE, TOURNÉES DIMANCHE DANS LA VILLE

Krim Belkacem, le film en tournage

     
La journée de dimanche dernier restera, à jamais dans la mémoire de nombreux citoyens de la ville de Draâ El Mizan.

En effet, aux environs de midi, venant par la route de Boghni, un important convoi de véhicules,  civiles et militaires, précédé par celui de la gendarmerie qui ouvrait le passage, attira l’attention et la curiosité non seulement des badauds et des nombreux lycéens, mais même ceux qui étaient à l’intérieur des cafés, des restaurants et des magasins qui se mirent de la partie pour contempler ce défilé d’une douzaine de fourgons tollés aux châssis longs, des camions militaires, de véhicules spéciaux ainsi que des voitures de toutes marques, occupées par des hommes et des femmes en tenues civiles. Alors, chacun y allait de sa version. Il fallait donc attendre quelques instants pour que la nouvelle se répande comme une traînée de poudre à travers toute la ville, car les arrivants se sont arrêtés au centre-ville, plus précisément au carrefour de la station service et du café «Markès». En fait, il s’agissait de l’équipe de tournage du film retraçant la vie et le parcours du héros de la révolution, Krim Belkacem, conduite par le réalisateur Ahmed Rachedi. Aussitôt la délégation arrivée, les policiers durent fermer le boulevard Amirouche où sera installé le plateau de tournage, ainsi que la ruelle qui lui est perpendiculaire, une impasse baptisée Rue de la Paix. L’installation du matériel dura presque une heure, alors que les comédiens, ainsi que les figurants choisis parmi les jeunes de la ville commençaient à se concentrer. Pour la première séquence, qui est en fait la douzième du film, l’action se déroule au niveau de la Rue de la Paix, où deux jeeps militaires aux écussons de l’armée française étaient installées, alors que plus loin, au bout de la ruelle, un camion était stationné, tandis que des figurants aux tenues d’anciens harkis se mêlaient aux badauds qui ne voulaient, à aucun prix, rater une telle occasion d’assister à l’événement. «C’est vraiment fantastique. C’est la première fois depuis l’indépendance, alors que j’avais une dizaine d’année, que je revois de telles tenues et de tels véhicules qui me faisaient une peur terrible, et j’en tremble encore à les regardant », nous confie, presque en larmes, un citoyen qui se tenait debout devant un petit salon de coiffure. Pour les jeunes, ce spectacle inédit ne leur rappelle rien, sinon des scènes de cinéma et de télévision. «C’est vraiment fabuleux pour moi qui suis jeune, d’abord, j’ai la chance d’être parmi les figurants, ce qui est très important dans ma vie de désœuvré, ce sera un souvenir impérissable pour mes enfants et mes petits enfants, même si je n’apparaîtrait que dans deux séquences», nous déclare  Nabil, un jeune tout content de participer au tournage.  «C’est Krim Belkacem !» Ce cri fusa de nombreuses poitrines, comme s’il s’agissait d’une apparition divine, lorsque l’acteur principal qui campait le rôle du Lion du Djebel se tint au bout de la ruelle. Tous les yeux étaient braqués sur lui. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, la fascination prenait de l’ampleur. «Silence… ça tourne !», cet ordre se répercuta entre les techniciens et on vit s’avancer l’acteur principal, avant d’être accosté par un homme âgé qui sortait d’une échoppe, tenant deux paniers. Il lui fit remarquer qu’il y a un bon bout de temps qu’ils ne s’étaient pas rencontrés. Ils firent un bout de chemin ensemble. Cette séquence sera refaite trois fois, avant que Ahmed Rachedi ne soit satisfait. Les deux autres séquences seront tournées sur ce même plateau de la Rue de la paix et vont durer un temps interminable, surtout que les figurants n’ont pas l’habitude. Il avait donc fallu plus de trois heures pour mettre en boîte deux minutes de séquences de ce film, qui ont tout de même une très grande importance, d’autant plus qu’il s’agit de la réaction du colonialisme face au mécontentement des jeunes à la suite du truquage des élections de 1947. La quatrième et dernière séquence sera tournée au boulevard Amirouche où était installée la brigade de gendarmerie. Elle durera un peu plus d’une demi-heure, mais ne sera refaite que deux fois. Dans cette séquence, Krim Belkacem et ses amis descendront la rue, du côté de la gendarmerie, alors la patrouille motorisée de l’armée française remontait cette voie, mais sans qu’il n’y eut d’incident, dans l’indifférence la plus totale. Il était plus de dix huit heures quand le réalisateur décida d’arrêter le travail. Toute l’équipe poussa un grand ouf de soulagement, tout en remerciant la population de sa collaboration. Aussitôt, les techniciens commencèrent à ranger leur matériel dans un désordre indescriptible, d’autant plus que les jeunes n’hésitaient pas à saisir cette occasion pour prendre des photos avec les acteurs qui ont tous été ovationnés, à l’image de Malik Hamiche, Hakim Aoudjit, Ali Chikh ainsi que Nacer Mouhaouche. Par ailleurs, pour ce tournage, outre la mobilisation des éléments de la sûreté de daïra, l’aide matérielle de l’ANP a été plus qu’appréciable, de même que la mobilisation d’une ambulance de la protection civile et de nombreux citoyens activant dans le mouvement associatif.

Samedi 15 décembre 2012 à 14h30 à Paris lundi 3 décembre 2012


Rassemblement en faveur de l'indépendance de l'Azawad
Samedi 15 décembre 2012 à 14h30 à Paris
lundi 3 décembre 2012
par Masin
Dans le cadre de son action de solidarité avec l’Azawad et la lutte des Touaregs pour l’accès à leur indépendance, Tamazgha appelle à un rassemblement en faveur de l’indépendance de l’Azawad le samedi 15 décembre 2012 à 14h30 devant l’Assemblée nationale. 
Place du Président Édouard Herriot, Paris 7ème.
Métro : Assemblée nationale (L12) ou Invalides (L8 et 13/ RER C).


Devant l’obstination de la Communauté internationale, et à sa tête la France, à s’opposer à l’indépendance de l’Azawad, Tamazgha appelle l’ensemble des Imazighen ainsi que les citoyens du monde épris de justice et de liberté à se mobiliser aux côtés des femmes et des hommes qui se battent depuis janvier 2012 afin que l’Azawad accède à son indépendance et se débarrasse ainsi d’un État malien hérité du colonialisme français qui a fait preuve, cinquante ans durant, de racisme, de haine et de politique génocidaire envers les Touaregs.


Au moment où le MNLA subit, d’une part, de fortes pressions afin de renoncer à son projet initial, et, d’autre part, une offensive militaire des groupes islamistes soutenus et assistés par l’État algérien et le Qatar, une mobilisation en faveur de l’indépendance de l’Azawad s’impose. Et c’est pourquoi Tamazgha tient à sortir, encore une fois, dans la Rue parisienne pour dire à celles et ceux qui se battent dans l’Azawad que nous sommes à leurs côtés et que nous ne pouvons les abandonner ; aussi pour dire à la Communauté internationale que les Touaregs ne sont pas seuls.

Par la même occasion, nous appelons l’ensemble des Imazighen, notamment en pays amazighs, à se mobiliser activement en faveur de l’indépendance de l’Azawad et apporter soutien à ceux qui se battent sur le terrain.

Ce rassemblement sera également l’occasion de dénoncer, devant l’Assemblée nationale, l’attitude méprisante et anti-amazighe de la France que nous condamnons énergiquement.

Toutes et tous devant l’Assemblée nationale le samedi 15 décembre 2012 à 14h30 pour dire :

Vive l’Azawad indépendant

APPEL 

Rassemblement de Solidarité avec l’Azawad et le MNLA à Paris.

Samedi 15 décembre 2012 à 14h30
Devant l’Assemblée Nationale

Place du Président Édouard Herriot, Paris 7ème.
Métro : Assemblée nationale (L12) ou Invalides (L8 et 13/ RER C).

Soyons nombreuses et nombreux à ce rassemblement !Montrons au monde que nous ne lâcherons jamais celles et ceux qui mènent le combat pour la liberté et la dignité des Azawadiennes et Azawadiens !

Dénonçons l’attitude de la France responsable du drame touareg !

Toutes et tous devant l’Assemblée nationale le samedi 15 décembre 2012 à 14h30 !


Solidarité avec les Touaregs de l’Azawad...

A l’occasion de l’anniversaire de son assassinat Le MAK se recueille devant la tombe de « Saïd Mekbel » Aziz Ait-Amirouche pour Tamurt.info


A l’occasion de l’anniversaire de son assassinat
Sur initiative d’ un collectif de citoyens, des cadres du MAK, des hommes de culture, des amis et sa famille ; un rassemblement s’est tenu devant le théâtre régional de Vgayet et ce avec la présence d’une forte délégation du mouvement autonomiste, conduite par son Secrétaire Général, M. Djennadi Farid et le Président de son Conseil National, M. Mouloud Mebarki.
04/12/2012 - 00:05 mis a jour le 04/12/2012 - 00:54 par Aziz Ait-Amirouche
Ce rassemblement avait pour objectif de rendre hommage à l’intellectuel engagé, Saïd Mekbel, assassiné le 03 décembre 1994.
Accompagnée d’une foule nombreuse, la délégation du MAK s’est rendue vers le cimetière « Sidi Muhend Amuqran » au centre-ville de Vgayet, pour se recueillir et déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du martyr de l’Algérie plurielle réconciliée avec son Amazighité.
Une prise de parole a été entamée devant la tombe de « Saïd Mekbel ». Ils étaient nombreux à prendre la parole sur place, dont les organisateurs, ses amis, ainsi que le SG du MAK, M. Farid Djennadi. Les intervenants ont tous été unanimes, sur le fait que si « Saïd Mekbel » a été enterré à « El Alia », il aurait été oublié. Fort heureusement la Kabylie, qui l’a enfanté, honorera toujours sa mémoire et son noble combat.
Dans son allocution, le SG du MAK, M. Farid Djennadi, qui s’exprimait au nom du président du MAK et du président de l’ANAVAD, MM. Bouaziz Ait-Chebib et Ferhat Mehenni, a insisté sur la nécessité d’entretenir la mémoire collective du peuple Kabyle en perpétuant les idéaux et le combat des grands militants à l’image de « Saïd Mekbel » dont les écrits resteront à jamais des éclaireurs de consciences.
Hormis la présence de l’ex-député du RCD, M. Boubkeur Derguini, arrivé avant la fin du recueillement, le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) était la seule organisation politique ayant participé à cette commémoration d’une façon officielle.
Notons enfin, qu’un récital poétique a été organisé sur la tombe de « Saïd Mekbel ».
Addenda : Qui est « Saïd Mekbel » ?
Saïd Mekbel, journaliste et intellectuel Kabyle, né le 25 mars 1940 à Vgayet. Chroniqueur satirique, connu sous le pseudonyme de « Mesmar Dj’ha », il a été assassiné à Alger, le 03 décembre 1994, dans un attentat attribué aux islamistes. Il a été connu pour son humanisme et son idéal pour la liberté et son engagement pour l’Amazighité. Selon le site Rue89.com et dans une « confession » recueillie par la journaliste Allemande « Monika Bergman », il explique que les meurtres des intellectuels, étaient commandités par le parton du DRS, le général « Toufik ».
Aziz Ait-Amirouche.

lundi 3 décembre 2012

Cinéma. Krim Belkacem : Quand L’art Ressuscite Le Passé


Cinéma. Krim Belkacem : Quand L’art Ressuscite Le Passé

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Par Amar Cheballah
Après « l’opium et le Bâton » tourné à la fin des années 60, le réalisateur Ahmed Rachdi revient en Kabylie pour un autre tour de magie sur l’histoire récente de notre pays. C’est au moment ou les programmes de l’Education nationale peinent à laisser un espace à certaines grandes figures du 1er novembre 1954, qu’Ahmed Rachdi brise les tabous en terminant hier, dans la vallée du Djurdjura, son second film sur le 1er novembre 1954 : Krim Belkacem. Avec les mêmes acteurs qui ont tourné Mustapha Benboulaid, Ahmed Rachdi s’est emparé d’une époque pour instruire une autre, la notre, en proie à des bouleversements et à des changements imprévisibles. « Mon but n’est pas d’occulter ou d’effacer tel ou tel autre acteur du mouvement national. Il nous a semblé intéressant de montrer comment le cinéma, art populaire par excellence, peut aider à la compréhension des turbulences et des agitations de notre époque », dira Ahmed Rachedi en guise de réponse a certains qui lui reprochaient d’avoir descendu en flammes Messali Hadj .
Naturellement, tout comme pour un instituteur dans sa classe, le cinéma dans les mains de ce réalisateur, en est venu à compter dans la représentation du passé national, devenant tout à la fois un moyen d’expression de l’histoire ainsi qu’une source pour l’historien.
Sujet d’inspiration inépuisable pour les réalisateurs algériens, la guerre d’Algérie a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques. C’est qu’elle a tout pour fasciner le cinéma : invasion française, guerres des tribus contre la colonisation, femmes et hommes providentiels (Fathma N’Soummer, Aissat Idir, Cheikh Bouamama) despotiques (généraux Clauzel, St Arnaud, Lamoricière, Pélissier…) leaders du mouvement nationaliste incompris, pas toujours sans peur et sans reproche, l’insurrection du 1er novembre 1954… Le septième art s’est saisi avec jubilation des héros, connus ou méconnus, des rébellions et des révolutions, des grandes batailles, reconstituant de plus en plus fidèlement les décors d’un autre temps, ses modes, ses attentes et ses espérances.
Certains personnages clés de l’histoire d’Algérie, pourtant, n’ont donné lieu à aucun film. C’est le cas de Messali, l’Emir Abdelkader, Imache Amar ou Abane Ramdhane et Med Lamine Debaghine. La première raison est bien souvent financière : plus que les autres, les films historiques nécessitent des coûts de production considérables. La seconde est de plus en plus politique. En effet, il serait dangereux, voire suicidaire, pour des réalisateurs algériens de tenter une évocation historique de l’Emir Abdelkader, fondateur de l’Algérie que nous connaissons aujourd’hui ou encore de Messali véritable inspirateur du 1er novembre 1954 après le Congrès d’Hornu en décembre 1953, banni des programmes scolaires par l’Éducation Nationale…
Le cinéma réinvente souvent le passé… Où s’arrête la réalité et où commence la fiction ? Plutôt que de donner un éclairage sur une époque révolue, un film constitue avant tout un témoignage sur son propre temps. Quand Ahmed Rachedi (depuis quelques jours au Djurdjura) choisit d’adapter Krim Belkacem, il se soucie bien peu de l’histoire et moins encore de Krim, Ben boulaid, Abane et Messali. En fait, son premier souci est d’évoquer la folie meurtrière de la colonisation et de ses massacres depuis l’arrivée du général de Bourmont sur les cotes algériennes jusqu’au général de Gaulle contraint à accepter par les armes en 1962 l’indépendance de l’Algérie. Peu importe, à vrai dire ! Qu’il soit le reflet de la société dans laquelle il a été créé ou une tentative de reconstitution d’une époque lointaine, le cinéma est devenu aujourd’hui l’un des moyens les plus pertinents pour raconter l’Histoire. Il redonne vie aux événements historiques, il rend visible le passé…
L’accroissement du nombre de films historiques témoigne également d’un besoin grandissant de mémoire. Dans une civilisation dominée par la vitesse qui balaye sur son passage les repères les plus solides, la nécessité se fait sentir, individuellement et collectivement, de trouver des bouées auxquelles se raccrocher, non seulement dans l’espace – nos «racines» – mais aussi dans le temps. Ces œuvres sont en quelque sorte des balises, surtout si elles commémorent des événements fondateurs auxquels il nous faut, plus qu’autrefois, nous référer afin de mieux faire face au présent. Et aux défis de l’avenir.
*Krim Belkacem est né en 1922 à Tizra Aissa, dans le douar des Ait Yahia Moussa. Succédant à Belounès Said et Ould Hamouda Amar en Kabylie à la fin des années 19 40, il se liera d’amitié à Mustapha Ben boulaid. Dés septembre 1954, lors de rencontres avec BenM’hidi à Ighil Oumanchar, il fera basculer la Kabylie dans les rangs du CRUA. Il est l’un des principaux artisans des Accords d’Evian. Krim Belkacem est mort assassiné en Allemagne en 1971.

jeudi 29 novembre 2012

Fondation Matoub Lounès : La soeur du Rebelle apporte des précisions quant à l'invitation de Nna Aldjia par un parti politique en lice pour les élections 29/11/2012 - 17:35


Fondation Matoub Lounès : La soeur du Rebelle apporte des précisions quant à l'invitation de Nna Aldjia par un parti politique en lice pour les élections

29/11/2012 - 17:35

TAOURIRT MOUSSa (SIWEL) — Invitée, récemment, par un candidat aux élections locales de Wagnoun, pour assister à un meeting électoral, Nna Aldjia, par la voix de Malika Matoub apoporte des clarifications.


Fondation lounes Matoub 
Taourirt Moussa Ath Mahmoud 
Tizi Ouzou Kabylie 

Clarification 

Je tiens à saluer la population d’Ath Ouaguenon et leur engagement à restaurer la stèle de Lounès qui a été vandalisée par des personnes hostiles à l’attachement que porte la Kabylie à son intransigeance pour la cause Amazigh et à son dévouement indéfectible à sa terre natale. 

Malgré les diverses tentatives politiciennes auxquels nous avions été confronté depuis quatorze ans, nous avons continué à résister aux chants des sirènes et « des perdreaux » qui piègent les jeunes Kabyles pour qu’ils soient anéantis ou absorbés par l’idéologie arabo-islamique du régime d’Alger. 

Quand aux échéances électorales nous les avions rejetés de puis un certain 25 juin 1998 à Tala Bounane. Les Kabyles ne sont pas dupes ils savent reconnaître le grain de l’ivraie. 
Nous ne sommes pas amnésiques, la vérité sur l’assassinat de Lounès est toujours à l’ordre du jour et son combat continue grâce à tarwa lahlal loin de la perfidie ( aguru). 

La Présidente Malika MATOUB 

SIWEL 
29 1735 NOV12

mercredi 28 novembre 2012

MATOUB Lounès " Ak°it ay arrac nneɣ "sous-titres kabyle et français[algérie-kabylie] - YouTube


Ajoutée par  le 10 sept. 2011
Ak°it ay arrac nneɣ ( Réveillez-vous, compagnons ! )
Le poème évoque l'insurrection menée par la Kabylie contre la dictature de Ben Bella en 1963, sous la responsabilité politique du FFS (Front des forces socialistes) et de Hocine Ait-Ahmed. Elle s'est achevée par le ralliement au régime de certains chefs militaires et par la mort de plusieurs centaines de Kabyles, sans parler des actes de barbarie commis par l'armée selon certains témoins, ainsi le viol. Sur ce dernier point, on pourra lire le témoignage direct d'Amar Ouardane dans son livre «  La Question berbère dans le mouvement nationale algérien, 1926-1980, Épigraphe/Dar el Ijtihad, Alger, 1993, p. 99.

Notes et Traduction des paroles en Français:YALLA SEDDIKI
dans "Lounès Matoub: Mon nom est combat.chants amazighs d'algerie.éditions La Decouverte.


Matoub Lounès : Le Cardinal de la Chanson Berbère | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


Ce patriote de toutes les patries opprimées né le 24 janvier 1956 en Kabylie et que les chasseurs de lumières ont assassiné le 25 juin 1998 dans un guet-apens. Cela s’es t passé au lieu dit " Tala Bounane " entre Tizi-Ouzou et son village natal situé au cœur de Kabylie qu’il n’a jamais songé à quitter ainsi que son pays qu’il aimait. Matoub Lounès n’était pas seulement un grand chanteur et poète mais aussi et surtout un défenseur et un symbole hors du commun de toutes les causes justes.
28/11/2012 - 08:57 mis a jour le 27/11/2012 - 17:28 par Yahia Yanes
Grand admirateur du père spirituel de la chanson berbère, le grand Slimane Azem, Matoub Lounes est devenu une icône de la jeunesse kabyle et un grand symbole à l’instar des : Feraoun, Mammeri, Djaout ,Azem, Lhasnaoui, Kateb, Jean Amrouche et tant d’autres encore. Il est simplement considéré comme un Che Guevara ou un Martin Luther King. Armé du vers, son unique arme, il disait tout haut ce que d’autres pensait tout bas. Ce chantre de l’amazighité, le maquisard de la chanson revendicatif et contestataire comme disait Kateb Yacine, était un homme de principe et d’action, l’anticonformiste qui défrayait la chronique, qui n’a jamais plié devant rien. Il était et demeurait l’éternel insoumis et rebelle.
Mitraillé de sang froid, par les gendarmes, en octobre 1988, il fut atteint de plusieurs balles qui lui ont traversé le corps, blessé grièvement, il subira 17 interventions chirurgicales. Ensuite enlevé et séquestré par un " groupe armé " pendant 15 jours en 1994. Il ne fut libéré que sous la pression de la population kabyle. Celui qui était une figure charismatique et rassembleuse, était conscient des menaces qui pesaient sur sa personne. La mort le guettait à tout moment, c’est lui qui disait un jour :
"Je suis un mort en sursis ; je suis conscient du danger permanent qui pèse sur moi de la part de groupes armés et des terroristes islamistes, du pouvoir sans compter tous ceux que je dérange et me détestent. Je sais que je vais tomber entre leurs mains, il est probable qu’ils m’auront un jour ou l’autre. Cependant, quoi qu’il arrive, l’Algérie est ma partie, je préfère mourir parmi les miens et si on m’assassine, qu’on me couvre du drapeau national et que les démocrates m’enterrent dans mon village. Ce jour-là, j’entrerai définitivement dans l’éternité."Matoub a abreuvé son public de vers vindicatifs, porte-voix et défenseur acharné de la cause berbère ce qu’il lui vaut une estime populaire et acquiert une dimension nationale et internationale. Matoub Lounès disait : " Si je peux choisir, je choisirai de mourir pour mes idées, en effet, mieux vaut mourir pour la liberté, la démocratie, et l’Algérie libre."
Entre la famille qui recule et la famille qui avance, son choix a été vite fait en s’investissant dont celle qui avance comme son grand ami le célèbre écrivain et poète Tahar Djaout ,premier journaliste et intellectuel algérien assassiné à Alger, le 26 mai 1993 à l’âge de 39 ans.
Matoub était l’artisan du mot choisi, du verbe ciselé, celui qui joignait le geste à la parole, bien sûr, les poètes sont ceux qui inventent, disent et font. Il a bercé des millions de gens avec sa voix rauque, celle des humbles, celle que nous continuerons d’entendre longtemps et à jamais. Il a payé de sa vie en bravant la mort, les monstres et le pouvoir, il demeurera pour nous tous ce symbole de la résistance, la lutte et la défense de toutes les causes justes.
Cet homme invincible qui demeure l’emblème du courage et du sacrifice était une cible facile pour ses assassins. Il disait dans une chanson en hommage au grand Tahar Djaout : " même s’ils ont effacé des étoiles, jamais le ciel n’en sera dépourvu." L’héritier du père spirituel de la chanson berbère, Slimane Azem, était une légende vivante, populaire, une personne mythique, qui jouissait d’une grande popularité alors qu’il était interdit d’antenne et sur les ondes des médias algériens. Cet enfant prodige de Kabylie était un républicain né et démocrate dans l’âme. Telle une étoile qui brille au milieu d’un amas et qui illumine le foyer des artisans des vers à l’instar du grand Slimane Azem, Youcef Oukaci, Si Mohand ou Mohand, Lounis Ait Menguellet, Jean Amrouche et tant d’autres encore que l’on ne peut pas tous les citer tant la liste est longue.
Son engagement dans la chanson débute en 1978, lors de sa première K 7’’ Yal Lferh-iw’’. Par la suite, une pléiade de cassettes tout les ans, des fois en deux volumes tant sa production était prolifique et ce jusqu’à sa mort. Matoub a tout chanté, la misère, la faim, l’injustice, l’amitié, la fraternité pour tout les Algériens. N’est-ce pas Matoub qui disait dans une chanson : " A mes frères ! à l’Algérie entière ! Des montagnes du DjurDjura jusqu’au fin fond du désert, montrons notre courroux.
Montrons que nous nous aimons, mais sans porter atteinte aux consciences. Mais porter un coup fatal, décisif, à ces soi-disant opposants ; A ces fainéants de la nation qui se pavanent dans les salons de l’Occident Et qui nous embourbent de boue de désillusion. Et à ces gens sans entente qui sèment le trouble et la honte sur cette terre prospère,
Très chère, où beaucoup de mères ont souffert.
Qu’ils se taisent !
Qu’ils se taisent !
Mais qu’ils se taisent ! "
Le poète en est le porte-drapeau, n’est-ce pas ? Un éveilleur de
conscience bien sûr. En se souvient que la poésie a enflammée toute la
Kabylie lors de l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri sur la poésie berbère ancienne qui a même déclenchée quasiment une révolution.
En effet, c’est ce qui a donné naissance au " Printemps berbère " dont Lounès était un des artisans et une cheville ouvrière de ce mouvement, tant par ces actions que par ses animations de plusieurs galas à l’occasion de chaque commémoration de cet événement important qu’est l’anniversaire de cette date 20 avril 1980.
C’est encore lui qui a toujours combattu pour le triomphe de son identité et composa une chanson pour les détenus du printemps berbère "Yehzen El Oued Aissi ", chanson devenue un hymne pour la jeunesse kabyle assoiffée de liberté, attachée à sa langue, culture et démocratie. Si aujourd’hui, je parle sur ce ton, c’est que Matoub Lounès, en toute objectivité, était quelqu’un de bon, gentil et serviable, de grand aussi, non seulement par la bonté et la grandeur de sa renommée mais par ses innombrables talents.
Mouloud Mammeri avait été très touché par les paroles de Jean Amrouche lorsqu’il lui dit notamment : " Je conçois et raisonne en français, mais je ne peux que pleurer en berbère. " En plus de tous ses hommages parvenus de par le monde, sache bien Lounés, que nous avons tous pleuré dans toutes les langues et comme disait aussi Pierre de Ronsard :
"Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses ".
Un poète peut-il mourir ? Non, certes ! les gens de ta trempe ne meurent jamais.
Comme disait Dda Lmulud à propos du célèbre poète Si Mohand u Mhand  :"il y a des gens qui sont vivants, on dirait qu’ils sont morts et ils y a des gens qui sont morts et qui demeurent toujours vivants ."
" Illa walbεd illa ulac-it, illa wayed ulac-it illa ", Keçç a Lwennas ulac-ik, tellid. "
En dépit des difficultés qui se sont dressées dans ton chemin, je suis sûr et certain que ton combat aboutira et les choses retrouveront leurs véritables places.
Ces poèmes que j’ai composé pour toi Lounès, sont un hommage d’un poète à un autre poète.
Yahia Yanes (*)
(*) L’auteur publiera plusieurs recueils de poèmes notamment des poèmes pour Matoub Lounès.
* Lwennas Matub.
Yal zzman yesεa irgazen
Di ccan n umezruy rnan
Zerεen si yal d asirem
Γas akken γef wakal yerγan
Si zik illan yimcumen
Si zik illan wid yelhan
Tagrawla tbedd gar-asen
S at Ṛebbi lxiṛ yettwaḍman.(1)
* * * * * * * * * * * * *
Ssu-yas sbuḥru-yas
A mlaεyun
Iεebba anezgum aṭas
Siwa win t-isrun.
* * * * * * * * * * * * *
Tawrirt a t-in γer yuzzel
Bu cceṛ mi akken t-yegguni
Deg yirebbi-m mi akken yeẓẓel
Ḥeznen lemluk deg yigenni
Ḥeznen lemluk deg yigenni
Amek ur ḥeznen d lbaṭel
S kra n win illan d aḥeqqi
Twejd-as temḍelt inṭel.
* * * * * * * * * * * * *
Ğeṛğeṛ a win si issawel
Bu txida-s deg-k i t-yuṛğa
Deg yirebbi-k mi akken yeẓẓel
Imeγban ḥeznen meṛṛa
Imeγban ḥeznen meṛṛa
Amek ur ḥeznen d lmuḥal
S kra n win irfeden tirugza
Deggren-t sanda ur d-ittuγal.
* * * * * * * * * * * * *
Lezzayer a tin i ḥemmel
Aεdaw-im deg-m it-yeγdeṛ
Deg yirebbi-m mi akken yeẓẓel
Ḥeznen leḍyur d laεwanseṛ
Ḥeznen leḍyur d laεwanseṛ
Amek ur ḥeznen a tamurt
S kra n win i kem-ibnan yenṭer
Mi nγan argaz n tefsut.
* * * * * * * * * * * * *
Uqbel a k-yeddem wakal
Ddmeγ awal-ik inu
Cegεeγ itbir iḍal
Leḥlu ma yeqqel d asennan
Cceṛ iγleb-it lxiṛ
Yensa urgaz idder ufennan
Lebda a t-id-nettfekkiṛ
Lwennas ẓẓel di ṛṛeḥma
D abrid n yizerfan akk i netbeε. (2)
Yahia Yanes pour Tamurt.info
(1) Ce poème est déjà publié avec mon introduction dans la revue Tiziri n° 44 de l’association culturelle n’Imazighen de Belgique.
Sous le titre d’un ouvrage en préparation au grand poète et chanteur Matoub Lounes ‘’ Le Cardinal de la Chanson Berbère.’’ (Tome 1)
(2) Vous trouverez ce poème dans mon ouvrage : ‘’ Tijmilin ‘’ (Hommages) (Recueils de poèmes Kabyles de l’auteur.